Woman And Child
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Eric Dugelay
Eric Dugelay

9 abonnés 182 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 mai 2025
Woman and Child confirme le talent de Roustaee

Saeed Roustaee n’a que trente-cinq ans mais il va vite. Woman and Child, son troisième long métrage, est aussi fort que les deux premiers, La loi de Téhéran et Leila et ses frères. On y retrouve la marque de fabrique du réalisateur, de petites touches amères toujours subtiles au détour d’un scénario audacieux et maitrisé. Roustaee campe le lien familial et parental dans une classe moyenne téhéranaise désireuse d’émancipation où l’homme jouit d’un statut d’intouchabilité quelles que soient les horreurs infligées à son gynécée. Ajouté au talent des acteurs, petits et grands, cela donne un film à couper le souffle.
Quentin Lauby
Quentin Lauby

12 abonnés 7 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 mai 2025
Difficile de ne pas être déçu après la claque Leïla et ses frères.
J'ai le sentiment d'un film qui manque quelque peu son sujet : la vengeance comme exutoire à la douleur du deuil.
Conjugué à quelques faiblesses d'écriture cela tend à me sortir du film et de ses enjeux.
Thibault DUTT
Thibault DUTT

1 abonné 9 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 mai 2025
Élever un homme bien

Dans Woman and Child, Saeed Roustaee nous plonge au cœur d’un foyer iranien en tension, mené par Mahnaz, infirmière et mère célibataire, qui tente de faire au mieux dans un monde d’hommes défaillants. Centré sur son fils Aliyar, jeune cancre insolent à la Truffaut, le récit bascule dans un drame à rebondissements et une quête de vérité.

La mise en scène dessine un monde cloisonné : grilles d’école, portes vitrées, étages d’immeubles et d’hôpital… autant de frontières physiques qui séparent les espaces, les corps, les rôles. Dans ces labyrinthes domestiques ou hospitaliers, seules les femmes connaissent les chemins. Elles soignent, enseignent, protègent. Les hommes, eux, s’agitent, lâches, accrochés aux derniers restes de leurs petits pouvoirs. Mais l’avenir ne leur appartient plus.

Pour passer la censure, Roustaee va jusqu’à voiler ses actrices dans l’intimité des foyers. Et pourtant, son discours est limpide : ces lois n’entravent plus le désir d’émancipation qui gronde chez les femmes et la jeunesse.

Reste un film un peu trop bavard, un peu trop long, dont la virtuosité de mise en scène et le montage rapide n’atteignent pas toujours la fulgurance de La Loi de Téhéran ou de Leila et ses frères. Mais la sincérité du propos, elle, ne faillit jamais.

Et vive les tatas !
Cinéphiles 44

1 702 abonnés 4 704 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 mai 2025
"Woman and Child" de Saeed Roustaee s’inscrit dans la lignée de ses précédents films ("La Loi de Téhéran", "Leila et ses frères"), en explorant les tensions familiales et les contraintes sociales qui pèsent sur les femmes en Iran. Le film suit une infirmière veuve, qui élève seule ses enfants. Alors qu’elle s’apprête à épouser son petit ami Hamid, son fils Aliyar est renvoyé de l’école. Un accident tragique vient bouleverser leur vie, poussant Mahnaz à entamer une quête de justice pour obtenir réparation. Parinaz Izadyar incarne Mahnaz avec une intensité remarquable, exprimant la douleur et la détermination d'une mère confrontée à l'adversité. La mise en scène de Roustaee est sobre et peut parfois atténuer l'empathie que le spectateur éprouve pour les personnages, en maintenant une certaine distance émotionnelle.
Cinememories

605 abonnés 1 690 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 mai 2025
Leïla et ses frères nous avaient laissé en larmes en 2022. Ce portrait de famille, plongé dans les affres de la culture iranienne, était reparti bredouille de la Croisette, malgré le soutien inestimable du public et de la critique. Voir Saeed Roustaee revenir en compétition officielle cette année laissait espérer le meilleur. Pourtant, Woman and Child nous arrive avec une pointe de déception, sans pour autant faire vaciller ce que l’on apprécie dans son cinéma. Là encore, il creuse la veine familiale pour en extraire les fractures sociales nourries par le patriarcat. Une approche toujours aussi fine, mais qui manque ici d’ampleur et de radicalité.

Dès les premières scènes, Woman and Child affiche une certaine retenue, rendant le film moins percutant et moins viscéral que ses prédécesseurs. La condamnation de Roustaee, survenue après les succès de La Loi de Téhéran et de Leïla et ses frères, a sans doute ralenti son élan artistique. Malgré une censure féroce imposée par le régime islamique, que Jafar Panahi a su contourner dans Un simple accident, le cinéaste livre une œuvre au-dessus de la moyenne, dans une sélection cannoise particulièrement relevée. Roustaee, en vétéran, tient son rang et continue d’imposer le respect, même si ce quatrième long-métrage apparaît comme une pièce mineure dans une filmographie encore en maturation.

Le film reprend une structure proche de Leïla et ses frères : une présentation progressive des personnages, des enjeux familiaux, avant qu’un événement ne fasse tout basculer. Les conflits intergénérationnels ne sont plus les moteurs du récit, mais restent un point d’accroche initial. Aliyar (interprété par Sinan Mohebi), adolescent rebelle et indomptable, nous entraîne dans son quotidien fait de paris illégaux et de débordements propres à l’adolescence. Électron libre, il bouleverse autant les dynamiques scolaires que domestiques. La vitalité de ces lieux semble dépendre de son agitation. Mais doit-on le juger comme un enfant ou comme un adulte ? Telle est la question posée en filigrane, notamment après une expulsion temporaire.

Cette mise en place, cependant, traîne en longueur. Trop verbeuse par endroits, elle peine à atteindre le cœur émotionnel du film. Ce dernier s’incarne dans le combat désespéré d’une mère épuisée, qui se jette à corps perdu dans une lutte où elle ne trouvera ni répit ni véritable soutien.

Mahnaz, infirmière veuve, souhaite se remarier. Ce point de départ rappelle Life and a Day, premier long-métrage de Roustaee, où Parinaz Izadyar occupait déjà le rôle principal. Ici encore, elle brille dans un rôle tout en nuances. Mahnaz n’est ni une martyre, ni une femme brisée : elle est une femme debout, qui hurle dans sa tête, comme le décrit si bien le cinéaste.

Le film dépeint avec froideur des rapports de pouvoir dans le mariage, notamment à travers le personnage du fiancé, campé par un Payman Maadi glaçant, incarnation d’une masculinité manipulatrice. Roustaee, fidèle à son esthétique, enferme ses personnages dans des cadres oppressants – travellings en intérieur, jeux de barreaux, reflets, frontières physiques – soulignant la solitude grandissante de Mahnaz, progressivement dépossédée de tout : ses biens, ses souvenirs, et jusqu’à son droit à être mère.

Après un basculement dramatique saisissant, le film prend des allures de pamphlet contre le patriarcat. Mahnaz se débat pour obtenir justice, enchaîne les démarches vaines, et affronte une justice structurellement déséquilibrée, qui protège les hommes au détriment des femmes. Mais le propos ne tombe jamais dans le manichéisme. Roustaee pointe également la complicité passive de certaines femmes, intégrées dans ce système patriarcal qu’elles contribuent à maintenir. Cette complaisance, ancrée dans les traditions, fait primer l’image et l’honneur familial sur l’équilibre moral ou le bien-être individuel. Les figures masculines, quant à elles, restent dans la droite lignée de celles des films précédents : lâches, silencieuses, fuyantes.

Le film s’achève sur une scène d’une justesse bouleversante. Par un simple échange de regards, une forme de dialogue intérieur se tisse, intime et puissant. Ce moment de grâce symbolise le chemin accompli par Mahnaz, et ouvre enfin une brèche dans le silence – un espoir ténu, mais réel. Et de ce geste, naît un ultime plan, où l’amour et le pardon se rejoignent dans une même image, donnant ainsi tout son sens au film. C’est sobre, maîtrisé, profondément émouvant. On en redemande.

Retrouvez toutes nos critiques du festival de Cannes 2025 sur Le Mag du Ciné.
traversay1

4 533 abonnés 5 465 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 février 2026
Comment rendre l'air d'un récit irrespirable, simplement par ses dialogues et de quelques ellipses bien senties ? Il suffit de demander au cinéma iranien, en général, et à Saeed Roustaee, en particulier, dont le Woman and Child représente un thriller émotionnel à haute tension, qui 'n'en finit pas d'aller crescendo au risque de susciter quelque apnée chez ses spectateurs. Il s'agit bel et bien d'un mélodrame, d'une traversée de l'enfer pour son héroïne principale, que d'aucuns jugeront peut-être un peu trop riche en péripéties dramatiques et éventuellement trop féministe, aussi ? Soyons sérieux, s'il pousse le bouchon très loin et joue avec nos nerfs, au point d'envisager pire encore que les situations décrites, c'est parce qu'il y a une qualité et une maîtrise de l'écriture confondante et une mise en scène aussi efficace et charnue qu'un Scorsese ou un Schatzberg des années 70. D'une intensité constante, Woman and Child est interprété notamment par des actrices de 3 générations successives, avec Parinaz Izadyar, sublime d'humanité et de cruauté, dans le rôle principal. Dans ses meilleurs moments, le film rappelle indéniablement le cinéma d'Asghar Farhadi, mais en plus âpre et en plus machiavélique, si tant est que cela puisse être possible.
Guillaume LR
Guillaume LR

46 abonnés 168 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mai 2025
Vu au festival de Cannes 2025.
On attend maintenant le "nouveau Roustaee" comme on attend d'autres réalisateurs...
Le film de découpe en trois parties. Je ne vais pas spoiler si vous ne lisez pas le résumé, mais le premier tiers du film sert à présenter les personnages et les liens qui les unissent. On se demande un peu où veut aller le réalisateur, tout en appréciant d'entrer doucement dans cette famille.
Et puis le drame arrive. Et là on comprend tout le génie de l'écriture en quelques plans. Le thème du film, c'est plus que la famille, le lien maternel. Woman and Child parle avant tout de culpabilité. Les scènes du début sont là pour nous présenter tous les coupables potentiels. Ou en tout cas les responsables. Celles et ceux qui s'en veulent, ou qui ne se remettent pas en question. Et le film prend alors une force qu'il n'avait pas jusque là.
Techniquement la caméra se permet beaucoup de choses et on est en immersion dans cette escalade de coups bas et de rancœur. Le casting est encore une fois parfait et je ne serai pas étonné qu'il soit récompensé.
J'ai trouvé toutefois que la fin choisie par Saeed Roustaee était un peu ratée. Trop excessive dans les comportements et qui tente de jouer sur la carte d'un suspense auquel je n'ai pas cru une seconde... Dommage c'est pour moi la seule fausse note.
Naughty Doc

1 051 abonnés 541 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 mai 2025
Après La Loi de Téhéran et l'excellent Leïla et ses frères, Saeed Roustaee revient avec un drame plus intime et désenchanté encore. Woman and Child est un récit en 2 temps : présentant d'abord une infirmière mère d'un enfant brillant (mais turbulent), avant que cette unité familiale ne soit peu à peu détruite par un funèste évènement.
Et même si le tout pourrait tomber dans les travers du mélodrame, Roustaee renverse la balance avec une quête de justice face à un patriarcat iranien insidieux.
La mise en scène est toujours aussi fluide d'intelligence, le casting impeccable, mais la trame suit in fine un petit programme (pas déplaisant) qui manque de mordant malgré une excellente scène finale.
Simon Bernard
Simon Bernard

209 abonnés 689 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mai 2025
Manhaz travaille à l'hôpital comme infirmière. Elle est veuve et a deux enfants dont un adolescent à problèmes : Aliyar. La petite famille met un fort accent sur l'éducation et les devoirs à la maison et Aliyar est un très bon élève malgré son comportement turbulent. Un jour, le petit-ami de Manhaz la demande en mariage. Ne souhaitant pas inquiéter ses enfants, elle ne leur en parle pas.

spoiler: "Woman and Child" commence doucement. On entre dans la relation entre une mère et son fils, et force est de constater que le gamin est ingérable. Lorsque l'événement majeur vient briser totalement l'intrigue, on découvre une autre personnalité à cette femme en quête de réponses mais surtout de justice. J'ai trouvé intéressante et moderne cette fresque d'une famille iranienne. La fin est particulièrement marquante en terme de deuil et de choix de faire la paix avec le reste du monde par la mère. C'est une nouvelle rupture dans sa vie vers un horizon plus apaisé.
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