Woman And Child
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traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 février 2026
Comment rendre l'air d'un récit irrespirable, simplement par ses dialogues et de quelques ellipses bien senties ? Il suffit de demander au cinéma iranien, en général, et à Saeed Roustaee, en particulier, dont le Woman and Child représente un thriller émotionnel à haute tension, qui 'n'en finit pas d'aller crescendo au risque de susciter quelque apnée chez ses spectateurs. Il s'agit bel et bien d'un mélodrame, d'une traversée de l'enfer pour son héroïne principale, que d'aucuns jugeront peut-être un peu trop riche en péripéties dramatiques et éventuellement trop féministe, aussi ? Soyons sérieux, s'il pousse le bouchon très loin et joue avec nos nerfs, au point d'envisager pire encore que les situations décrites, c'est parce qu'il y a une qualité et une maîtrise de l'écriture confondante et une mise en scène aussi efficace et charnue qu'un Scorsese ou un Schatzberg des années 70. D'une intensité constante, Woman and Child est interprété notamment par des actrices de 3 générations successives, avec Parinaz Izadyar, sublime d'humanité et de cruauté, dans le rôle principal. Dans ses meilleurs moments, le film rappelle indéniablement le cinéma d'Asghar Farhadi, mais en plus âpre et en plus machiavélique, si tant est que cela puisse être possible.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 février 2026
Veuve, une petite quarantaine, infirmière dans une clinique, Mahnaz a 2 enfants, Aliyar, un garçon intelligent et très turbulent de 13 ans, et Neda, une petite fille de 7 ans. Elle sort avec Hamid, un ambulancier de 48 ans, mais ils ne sont pas d’accord sur la suite à donner à leur liaison : considérant par expérience que le mariage détériore une relation amoureuse, Mahnaz ne souhaite pas épouser Hamid alors que lui affirme qu’il l’aimera encore plus en tant que mari. En plus, il procède à un chantage affectif en affirmant à Mahnaz que son propre père est vieux et malade et qu’il ne voudrait pas mourir avant d’avoir vu naitre ses petits-enfants. A force, Mahnaz va finir par céder et par accepter qu’un mariage puisse être envisagé, la première étape étant une visite de la famille de Hamid à la sienne. Une visite pour laquelle Hamid et Mahnaz ont leurs exigences : Mahnaz préfère attendre le bon moment pour annoncer à ses enfants qu’elle va se remarier et Hamid souhaite cacher à ses parents que Mahnaz est déjà la mère de 2 enfants. Mahnaz et ses enfants habitant avec sa mère et Mehri, sa sœur, il est donc nécessaire que les enfants soient absents le jour de la visite et il faut en plus faire disparaitre de la maison familiale tout ce qui pourrait apporter la preuve d’une présence enfantine. Concernant l’absence des enfants, tout a été organisé par Mahnaz et Neda, sa meilleure amie, sauf que Aliyar, qui devait être en voyage scolaire, s’est fait exclure de son collège et qu’il faut trouver un plan B. Comme quoi, une exclusion temporaire d’un collège peut entrainer une succession d’évènements de type « effet papillon » et se terminer tragiquement ! Deux films iraniens étaient en compétition lors du dernier festival de Cannes, deux films abordant la vengeance de façon quasiment opposée :" Un simple accident", de Jafar Panahi, qui s’est vu décerner la Palme d’or, et "Woman and child" qui n’a obtenu aucune récompense. On est en droit de se demander si le contraire n’aurait pas été plus judicieux ! Suite de la critique sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film. Film vu au Festival de Cannes.
Audrey L

806 abonnés 2 857 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 juin 2025
Une femme élève seule ses deux enfants, dont le premier ne cesse de faire le guignol, au point qu'il se fait renvoyer de son école. Problème, Madame voulait justement entamer des rendez-vous amoureux avec un homme susceptible de devenir le nouveau papa de la maison (en Iran, être une mère veuve n'est pas chose aisée... Alors, au-delà de retomber amoureuse, on comprend bien vite que se recaser est une nécessité pour elle et ses enfants). Que faire, pour ne pas avoir le clown de service dans les pattes ? Allez, un petit séjour chez le papy paternel, juste le temps du rendez-vous... Et c'est le drame. Comme une baffe que l'on n'a pas vu venir, Woman and Child nous laisse la joue rougie (et mouillée : l'actrice Parina Izadyar est viscérale, on pleure avec elle), l'air hagard et chancelant, dans la suite du scénario qui oscille entre la douleur incommensurable spoiler: du deuil de son enfant
et l'enquête pour savoir ce qu'il s'est réellement passé. Et, sans vouloir verser dans de l'accroche de roman de gare : "Vous n'êtes pas prêt pour les révélations tardives...". On lutte émotionnellement (comme l'héroïne) avec tous les non-dits, tout ce qui échappe maintenant à la vie rêvée de cette mère : le prétendant spoiler: qui se barre...avec la sœur cadette de l'héroïne
, on en aurait retourné une table. On sent son cœur se serrer face à tout ce qu'elle n'a pas le droit de verbaliser : légalement, d'abord, puisqu'aux yeux de la Justice iranienne - cette vaste blague - le petit garçon spoiler: battu au sang est "tombé" du balcon, tout seul...
(La table, elle est encore dans le coin ?) Mais aussi, et ne l'oublions pas, elle se tait pas égard pour sa fille qui est déjà en chute libre mentale. Cette mère bout intérieurement, nous-même sommes en train d'attaquer les accoudoirs, lorsque la dernière scène (dont on ne vous révèlera absolument rien, puisqu'elle se vit frontalement) est une autre claque inattendue, mais cette fois-ci dans la douceur la plus pure, la plus tragiquement belle et poétique, qui repousse d'un revers de main la facilité misérabiliste et nihiliste de ne pas voir qu'il reste encore de l'espoir et du bonheur même dans le pire moment d'une vie. On délaisse alors les accoudoirs esquintés pour agripper un Kleenex et souffler un coup, tout en décernant notre Palme d'or personnelle à ce drame humain à fleur de peau.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 mai 2025
"Woman and Child" de Saeed Roustaee s’inscrit dans la lignée de ses précédents films ("La Loi de Téhéran", "Leila et ses frères"), en explorant les tensions familiales et les contraintes sociales qui pèsent sur les femmes en Iran. Le film suit une infirmière veuve, qui élève seule ses enfants. Alors qu’elle s’apprête à épouser son petit ami Hamid, son fils Aliyar est renvoyé de l’école. Un accident tragique vient bouleverser leur vie, poussant Mahnaz à entamer une quête de justice pour obtenir réparation. Parinaz Izadyar incarne Mahnaz avec une intensité remarquable, exprimant la douleur et la détermination d'une mère confrontée à l'adversité. La mise en scène de Roustaee est sobre et peut parfois atténuer l'empathie que le spectateur éprouve pour les personnages, en maintenant une certaine distance émotionnelle.
Naughty Doc

1 040 abonnés 530 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 mai 2025
Après La Loi de Téhéran et l'excellent Leïla et ses frères, Saeed Roustaee revient avec un drame plus intime et désenchanté encore. Woman and Child est un récit en 2 temps : présentant d'abord une infirmière mère d'un enfant brillant (mais turbulent), avant que cette unité familiale ne soit peu à peu détruite par un funèste évènement.
Et même si le tout pourrait tomber dans les travers du mélodrame, Roustaee renverse la balance avec une quête de justice face à un patriarcat iranien insidieux.
La mise en scène est toujours aussi fluide d'intelligence, le casting impeccable, mais la trame suit in fine un petit programme (pas déplaisant) qui manque de mordant malgré une excellente scène finale.
Simone Gentile
Simone Gentile

11 abonnés 104 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 février 2026
Roustaee propose une fois de plus un film à la Farhadi, mais avec une écriture moins fine et des personnages bien plus creux.
Christian RZ
Christian RZ

87 abonnés 266 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mars 2026
Le Film adresse de façon frontale la condition des femmes et leur combat pied à pied, pour leur émancipation, dans un drame familial, de grande intensité
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 567 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mars 2026
Ai vu « Woman and child » de Saeed Roustaee, un réalisateur iranien que j’adore et dont je suis le travail de près. Ce dernier film a été présenté au Festival de Cannes en Compétition Officielle. Pour sauver en priorité « les femmes et les enfants d’abord » c’est ce que l’on crie sur un paquebot qui échoue. Roustaee nous démontre par ce film imparable que « les femmes et les enfants d’abord» sont les victimes du patriarcat et de la République Islamique. Mahnaz (éblouissante Parinaz Izadyar) est veuve, mère de deux enfants et infirmière. Alors qu’elle prépare son mariage avec Hamid (Payman Maadi acteur fétiche du réalisateur) Alyar son fils ainé (incroyable Sinan Mohebi) est renvoyé de l’école. A partir de cet évènement, une mécanique infernale va se mettre en marche où Mahnaz va être partagée entre désir de justice, de vengeance et l’apprentissage de la résilience. Saeed Roustaee est un très grand metteur en scène dont les cadrages dénoncent bien plus encore que le scénario. Les femmes sont filmées à travers des grilles, les barreaux des balcons de leurs habitations, des tissus opaques, des vitres qui insonorisent leur voix… L’apprentissage de l’anglais se fait en écrivant sur des vitres, et les enfants jouent et courent dans la cour intérieure de leur immeuble, filmée en plongée comme s’ils étaient au fond d’un puit. Alyar est un adolescent de 13 ans plein de vie qui se sent aussi libre qu’un oiseau qui nous fait penser à un autre moineau, Antoine Doinel magnifiquement ressuscité dans ce film iranien. Mais cette sensation de liberté aura un prix que les hommes lui feront ravaler. Même si le film est plus démonstratif que « La loi de Téhéran » et « Leila et ses frères » (un vrai chef d’oeuvre) il n’en demeure pas moins d’une grande puissance et un très grand film. Roustaee détourne les règles du système iranien très contraignant pour faire un cinéma politique, dénonciateur et humaniste. Cette parabole du peuple iranien qui veut s’extraire du joug qu’il subit depuis des décennies est à voir absolument.
Raw D
Raw D

12 abonnés 13 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 12 mars 2026
Horrible film avec d‘horribles personnages, ici le cynisme et la misanthropie flirtent avec le pathos, le film veut vous faire pleurer aux forceps, difficile pourtant de succomber aux larmes devant des personnages aussi ignobles. Ya t‘il un message dans ce film? Nul ne le sait devant le grand n‘importe quoi d‘une série d‘intrigues qui feraient passer n‘importe quelle telenovella pour un film des freres Dardennes. Certains ont parlé d‘humanité à propos de ce film, s‘ils ont raison que l’on m‘exclue de l‘Humanité à jamais.
Eric Dugelay
Eric Dugelay

8 abonnés 162 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 mai 2025
Woman and Child confirme le talent de Roustaee

Saeed Roustaee n’a que trente-cinq ans mais il va vite. Woman and Child, son troisième long métrage, est aussi fort que les deux premiers, La loi de Téhéran et Leila et ses frères. On y retrouve la marque de fabrique du réalisateur, de petites touches amères toujours subtiles au détour d’un scénario audacieux et maitrisé. Roustaee campe le lien familial et parental dans une classe moyenne téhéranaise désireuse d’émancipation où l’homme jouit d’un statut d’intouchabilité quelles que soient les horreurs infligées à son gynécée. Ajouté au talent des acteurs, petits et grands, cela donne un film à couper le souffle.
mathieu leblanc
mathieu leblanc

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 février 2026
Étonnant Roustaee. Avec La loi de Téhéran, il lorgnait vers Friedkin. Leïla et ses frères, Dostoïevski. Et avec ce Woman and Child... vers Demain nous appartient.
Eleni
Eleni

19 abonnés 146 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 mars 2026
On ne peut pas nier à l'auteur de "La loi de Téhéran" son réel talent de cinéaste. Mais "Woman and child", bien réalisé donc, est un film cynique, brutal, insistant et dans lequel presque tous les personnages sont profondément antipathiques.
Quel est le message au travers de tout ce fiel noir et gratuit ? On comprend encore moins le propos à la fin du film, écrite en forme de miracle, où d'un coup de baguette magique tout bascule en "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil".
CINÉ FEEL
CINÉ FEEL

82 abonnés 285 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 mars 2026
Une déception. J’avais beaucoup aimé La loi du Téhéran, thriller politique nerveux, rythmé et passionnant. J’avais adoré Leila et ses frères, un véritable opéra où le contexte patriarcal iranien était décortiqué de manière implacable sans pour autant que ses nombreux personnels du film ne perde de leur chair. Ils étaient dépeints de manière subtile , sans schématisme. Hélas ce n’est pas le cas ici. Tous les hommes sont monstrueux, le sort s’acharne sur son héroïne de manière systématique. On finit par avoir l’impression d’assister à un soap opéra tv, à une vulgaire série attrape larmes. Eh oui, le mélodrame a ses codes et sa subtilité, mais ce n’est pas le cas ici. Gros manque de subtilité dans le scénario aiord que la mise en scène est splendide de même que l interprète principale qui pour sa performance méritait un prix à Cannes.
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 février 2026
Même s’il y a deux « époques », dans ce film, avant le drame, et après le drame, force est de s’appuyer sur le scénario très solide et écrit….La première époque est assez monotone, la deuxième beaucoup plus vivante, avec une mise en scène qui devient attrayante, aérée d’extérieurs, de plans urbains, et même de musique, ce qui n’arrivait pas dans la première partie du film. Mettons aussi en lumière le jeu d’acteurs ( actrices souvent) qui voisine un grand professionnalisme, même enfants…..le réalisateur Saeed Roustaee par ce film s’invite chez les grands réalisateurs iraniens du 21ème siècle ( Panahi, Farhadi, Kiarostami, etc) et montre un talent de réalisation et de précision, qui le rend presque incontournable…..Le genre de film qui fait réfléchir, et qui montre par sa psychologie, que nous nous ressemblons tous sur terre, que les français sont très proches humainement des iraniens, Bref du cinéma qui unit les gens et les caractères….Je conseille vraiment…..
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 mai 2025
Leïla et ses frères nous avaient laissé en larmes en 2022. Ce portrait de famille, plongé dans les affres de la culture iranienne, était reparti bredouille de la Croisette, malgré le soutien inestimable du public et de la critique. Voir Saeed Roustaee revenir en compétition officielle cette année laissait espérer le meilleur. Pourtant, Woman and Child nous arrive avec une pointe de déception, sans pour autant faire vaciller ce que l’on apprécie dans son cinéma. Là encore, il creuse la veine familiale pour en extraire les fractures sociales nourries par le patriarcat. Une approche toujours aussi fine, mais qui manque ici d’ampleur et de radicalité.

Dès les premières scènes, Woman and Child affiche une certaine retenue, rendant le film moins percutant et moins viscéral que ses prédécesseurs. La condamnation de Roustaee, survenue après les succès de La Loi de Téhéran et de Leïla et ses frères, a sans doute ralenti son élan artistique. Malgré une censure féroce imposée par le régime islamique, que Jafar Panahi a su contourner dans Un simple accident, le cinéaste livre une œuvre au-dessus de la moyenne, dans une sélection cannoise particulièrement relevée. Roustaee, en vétéran, tient son rang et continue d’imposer le respect, même si ce quatrième long-métrage apparaît comme une pièce mineure dans une filmographie encore en maturation.

Le film reprend une structure proche de Leïla et ses frères : une présentation progressive des personnages, des enjeux familiaux, avant qu’un événement ne fasse tout basculer. Les conflits intergénérationnels ne sont plus les moteurs du récit, mais restent un point d’accroche initial. Aliyar (interprété par Sinan Mohebi), adolescent rebelle et indomptable, nous entraîne dans son quotidien fait de paris illégaux et de débordements propres à l’adolescence. Électron libre, il bouleverse autant les dynamiques scolaires que domestiques. La vitalité de ces lieux semble dépendre de son agitation. Mais doit-on le juger comme un enfant ou comme un adulte ? Telle est la question posée en filigrane, notamment après une expulsion temporaire.

Cette mise en place, cependant, traîne en longueur. Trop verbeuse par endroits, elle peine à atteindre le cœur émotionnel du film. Ce dernier s’incarne dans le combat désespéré d’une mère épuisée, qui se jette à corps perdu dans une lutte où elle ne trouvera ni répit ni véritable soutien.

Mahnaz, infirmière veuve, souhaite se remarier. Ce point de départ rappelle Life and a Day, premier long-métrage de Roustaee, où Parinaz Izadyar occupait déjà le rôle principal. Ici encore, elle brille dans un rôle tout en nuances. Mahnaz n’est ni une martyre, ni une femme brisée : elle est une femme debout, qui hurle dans sa tête, comme le décrit si bien le cinéaste.

Le film dépeint avec froideur des rapports de pouvoir dans le mariage, notamment à travers le personnage du fiancé, campé par un Payman Maadi glaçant, incarnation d’une masculinité manipulatrice. Roustaee, fidèle à son esthétique, enferme ses personnages dans des cadres oppressants – travellings en intérieur, jeux de barreaux, reflets, frontières physiques – soulignant la solitude grandissante de Mahnaz, progressivement dépossédée de tout : ses biens, ses souvenirs, et jusqu’à son droit à être mère.

Après un basculement dramatique saisissant, le film prend des allures de pamphlet contre le patriarcat. Mahnaz se débat pour obtenir justice, enchaîne les démarches vaines, et affronte une justice structurellement déséquilibrée, qui protège les hommes au détriment des femmes. Mais le propos ne tombe jamais dans le manichéisme. Roustaee pointe également la complicité passive de certaines femmes, intégrées dans ce système patriarcal qu’elles contribuent à maintenir. Cette complaisance, ancrée dans les traditions, fait primer l’image et l’honneur familial sur l’équilibre moral ou le bien-être individuel. Les figures masculines, quant à elles, restent dans la droite lignée de celles des films précédents : lâches, silencieuses, fuyantes.

Le film s’achève sur une scène d’une justesse bouleversante. Par un simple échange de regards, une forme de dialogue intérieur se tisse, intime et puissant. Ce moment de grâce symbolise le chemin accompli par Mahnaz, et ouvre enfin une brèche dans le silence – un espoir ténu, mais réel. Et de ce geste, naît un ultime plan, où l’amour et le pardon se rejoignent dans une même image, donnant ainsi tout son sens au film. C’est sobre, maîtrisé, profondément émouvant. On en redemande.

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