Woman And Child
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Fenêtre sur salle
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129 abonnés 411 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mars 2026
 WOMAN AND CHILD - Saeed Roustaee | ⭐ 8,5/10

Certains le disent moins puissant que La Loi de Téhéran ou Leila et ses frères. Peut-être, mais Woman and Child reste une véritable claque. Un film qui serre la gorge et ne la relâche plus.

Présenté à Cannes, il aurait largement mérité un prix du scénario tant le récit est haletant. Chaque scène semble enclencher la suivante avec une précision implacable. On entre dans une mécanique sociale et familiale dont il devient impossible de s’extraire. Le film avance comme un engrenage qui broie lentement.

Roustaee n’a pas son pareil pour ausculter le patriarcat et les rapports de force qui structurent la société iranienne. Son regard, toujours aussi frontal, ne se contente pas de dénoncer le régime : il en montre les effets concrets, intimes, dans la vie quotidienne. Et ce qui frappe ici, c’est la manière dont certaines femmes participent elles aussi à cette mécanique d’oppression, volontairement ou par nécessité. Le constat n’en est que plus glaçant.

Au centre, un portrait de femme d’une force rare. L’actrice principale, en état de grâce, porte le film avec une intensité bouleversante. Sa colère, sa fatigue et sa dignité crèvent l’écran. La mise en scène est d’une précision chirurgicale et est impressionnante de maîtrise et d'intensité, notamment lors de la scène qui constitue le climax du film (même si elle intervient assez tôt), un modèle de réalisation qui hante longtemps.

L'on pourra reprocher au film une certaine surenchère dramatique, une tentation d'aller de manière trop prononcée vers le mélo. Mais cette intensité fait aussi sa puissance et rappelle les meilleures heures du cinéma d'un autre cinéaste iranien, Asghar Farhadi (Une Séparation ou Le Client), et cette même sensation d'être pris aux tripes, enfermé avec les personnages dans un engrenage que l'on ne parvient plus à arrêter.

L'on ressort éprouvé, mais surtout admiratif. Woman and Child confirme, s’il le fallait encore, la vitalité et la force du cinéma iranien contemporain : un cinéma courageux, politique et particulièrement intense.

Ma page ciné instagram : fenetre_sur_salle
Isaly13
Isaly13

52 abonnés 102 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 mars 2026
Un film qui en dit beaucoup, une fois de plus, sur la société Iranienne. Mais on est loin des deux précédents films du réalisateur qui étaient des réussites incontestables. Peut-être parce que son personnage féminin central est peu « aimable » et, malgré ses souffrances, on ne peut éprouver de l’empathie à son égard. Au final, elle ne se comporte pas mieux que les gens qu’elle combat.
Joce2012
Joce2012

262 abonnés 750 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 février 2026
Très beau film comme tous les films iraniens car on voit la profondeur de l'être humain dans ses réactions fassent à la vie courante, interprations à la hauteur des acteurs qui nous plongent dans leurs sentiments et leurs chemins de vie
Guillaume LR
Guillaume LR

43 abonnés 157 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mai 2025
Vu au festival de Cannes 2025.
On attend maintenant le "nouveau Roustaee" comme on attend d'autres réalisateurs...
Le film de découpe en trois parties. Je ne vais pas spoiler si vous ne lisez pas le résumé, mais le premier tiers du film sert à présenter les personnages et les liens qui les unissent. On se demande un peu où veut aller le réalisateur, tout en appréciant d'entrer doucement dans cette famille.
Et puis le drame arrive. Et là on comprend tout le génie de l'écriture en quelques plans. Le thème du film, c'est plus que la famille, le lien maternel. Woman and Child parle avant tout de culpabilité. Les scènes du début sont là pour nous présenter tous les coupables potentiels. Ou en tout cas les responsables. Celles et ceux qui s'en veulent, ou qui ne se remettent pas en question. Et le film prend alors une force qu'il n'avait pas jusque là.
Techniquement la caméra se permet beaucoup de choses et on est en immersion dans cette escalade de coups bas et de rancœur. Le casting est encore une fois parfait et je ne serai pas étonné qu'il soit récompensé.
J'ai trouvé toutefois que la fin choisie par Saeed Roustaee était un peu ratée. Trop excessive dans les comportements et qui tente de jouer sur la carte d'un suspense auquel je n'ai pas cru une seconde... Dommage c'est pour moi la seule fausse note.
Simon Bernard
Simon Bernard

206 abonnés 689 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mai 2025
Manhaz travaille à l'hôpital comme infirmière. Elle est veuve et a deux enfants dont un adolescent à problèmes : Aliyar. La petite famille met un fort accent sur l'éducation et les devoirs à la maison et Aliyar est un très bon élève malgré son comportement turbulent. Un jour, le petit-ami de Manhaz la demande en mariage. Ne souhaitant pas inquiéter ses enfants, elle ne leur en parle pas.

spoiler: "Woman and Child" commence doucement. On entre dans la relation entre une mère et son fils, et force est de constater que le gamin est ingérable. Lorsque l'événement majeur vient briser totalement l'intrigue, on découvre une autre personnalité à cette femme en quête de réponses mais surtout de justice. J'ai trouvé intéressante et moderne cette fresque d'une famille iranienne. La fin est particulièrement marquante en terme de deuil et de choix de faire la paix avec le reste du monde par la mère. C'est une nouvelle rupture dans sa vie vers un horizon plus apaisé.
Noël C
Noël C

18 abonnés 103 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 mars 2026
L’art du cinéma iranien ! Ce quasi documentaire nous plonge sur le quotidien d’une famille (la grand-mère, ses deux filles d’une trentaine d’années et les deux enfants de 8 et 14 ans) sans tomber dans la caricature, … ni la censure !Ce film nous fait entrer, avec un regard discret, souvent à hauteur d’enfant, dans une école professionnelle, dans un hôpital, dans un palais de justice où se côtoient toujours “ceux d’en haut� et “ceux et celles d’en bas� (prisonniers en habit rayé, filles voilées entourées d’hommes, etc.)
Le rythme soutenu, le décor (un grand immeuble moderne et “normal� d’une grande ville qui pourrait être dans n’importe quel pays occidental) nous font oublier parfois qu’on est en Iran… mais nous comprenons vite qu’ici la liberté (économique, éducative, familiale, …) n’est pas acquise de naissance: elle doit se conquérir dans l’adversité et sans jamais user de la violence, avec des femmes qui construisent, instruisent, malgré la démission et parfois l’hostilité des hommes …
Bravo pour ce film fin et émouvant!
JB D
JB D

9 abonnés 35 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 février 2026
J’avoue avoir été surpris des nombreuses critiques dénonçant le mélodrame en découvrant « Woman and Child », un film proprement époustouflant, dérangeant, et oui : émouvant.

Quelque chose me perturbe dans l’idée reçue qu’un film politique ne puisse pas aller chercher, avec une efficacité certaine (deux gros mots!), une émotion conséquente, et en quoi activer des mécanismes d’empathie serait d’emblée une grossièreté.

Chez Roustaee, ce n’est pas la volonté de faire pleurer dans les chaumières qui l’a animé jusqu’ici dans sa jeune filmographie, on le sait : « Leila et ses frères » pouvait nous faire croire au mélodrame mais se drapait plutôt d’un romanesque tout littéraire, et néanmoins politique. Le problème de Roustaee est probablement d’arriver après la longue formule Farhadi (la roue de Farhadi, j’oserais dire), et d’être un jeune cinéaste très doué et vite adoubé, de par sa grammaire cinématographique, et de par son acuité politique et psychologique. Soit deux choses qui effraient comme un épouvantail d’arrogance ou une maîtrise suspecte, d’autant plus que cela s’inscrit dans un cinéma dont la volonté première n’est pas poétique.

Justement la psychologie, vieux démon du cinéma me dit-on, n’est pas toujours l’ennemi du bien. Roustaee n’est pas un cinéaste punitif et moralisateur, et encore moins le cinéaste du martyr féminin. A l’évidence « Woman and Child » confronte une idée sèche et alarmante de ce qu’une femme peut vivre dans la société iranienne d’aujourd’hui, mais il ne lui fait pas porter le masque unifié de la victime.

En fait, et c’est là où le film est puissant et politique, c’est que le portrait qui est fait de cette femme n’est pas simplement soumis aux embûches qui s’accumulent au premier regard. Mahnaz devient petit à petit une figure vengeresse dont la nécessité de justice équivaut à être une citoyenne dans ce monde. Pendant un temps, on peut croire que l’engrenage est (virtuosement) programmé par Roustaee : pauvres femmes succombant systématiquement aux sales types, et comment l’organisation d’une société corrompue et violemment patriarcale en porte la responsabilité. Oui, mais : plus le film avance et fait sentir sa longueur, plus il devient le flambeau d’un personnage devenu ange exterminateur. Il
n’y a qu’à voir comment l’actrice principale (Parinaz Izadyar) y joue génialement de son regard : plus le film se déroule, plus ses yeux deviennent noirs et haineux. Son visage se durcit, sa douceur se pétrifie, son feu intérieur déborde et explose.
La psychologie est là, justement à plein feu : elle ne débouche que sur une ambiguïté, ce qui est je crois le propre d’un regard nuancé et d’une véritable profondeur identitaire.
Le plan final, à la fois doux et cruel, ne dit rien d’autre.

Entre temps, le film aura mis en scène avec une force émotionnelle peu commune, le combat d’une intégrité et d’une dignité à retrouver. Et je crois qu’être remué dans ses tripes et dans ses larmes par un film qui regarde le monde bien en face, est probablement le gage d’un grand talent qui a enfin éclôt.

L’ange exterminateur, Mahnaz, est un personnage de cinéma inoubliable, aussi parce qu’il n’est pas qu’un personnage mais une conscience collective mise à l’épreuve de notre intelligence émotionnelle, et non d’un système pré-établi. Enfin, signe de sa jeune sagesse, Roustaee nous montre que le simple regard d’un enfant peut avoir la puissance du pardon et de la justice.

En cela « Woman and Child » est, me semble-t-il, un grand film.
selenie

7 446 abonnés 6 656 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 février 2026
La première partie est donc focalisée sur la gestion de fils et de son futur mariage, puis une césure arrive avec un drame qu'on ne voit pas forcément venir et qui nous broie le coeur. Malheureusement c'est à partir de là que le scénario s'emballe au rythme de Mahnaz/Izadyar pour un récit qui part un peu dans tous les sens, qui veut trop raconter de choses trop vite et pas toujours de façon cohérente ou vraisemblable... SPOILERS voir site !... tout est d'ailleurs parasité par un conflit intra-familial et intra-conjugal au point qu'on a l'impression peu agréable que le réalisateur-scénariste a raccroché deux scénarios bien distincts. Enfin on s'agace d'une mère qui ne comprend jamais que son ado est un voyou, qui ferme les yeux plus ou moins forts, ou bien est-elle réellement aussi naïve (et pas que pour son fils) ?! Mais la situation des femmes en Iran est ainsi bien montrée, des actrices magnifiques qui offrent toute leur dignité à des femmes dont il ne reste que la résilience comme semblant de liberté. Le scénario est trop fouilli dans la seconde partie pour convaincre pleinement mais ça reste un film émouvant à conseiller.
Site : Selenie
Yves G.

1 846 abonnés 4 021 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 février 2026
Veuve dans la quarantaine, Mahnaz élève avec sa mère et sa sœur cadette, son fils et sa fille. Elle entretient en secret une liaison avec Hamid, un séduisant ambulancier. Les deux amants souhaitent régulariser leur situation.

Le cinéma iranien est décidément d’une étonnante richesse. La Palme d’or attribuée l’an dernier au film de Jafar Pahani, "Un simple accident", en atteste. Mais l’arbre, pahanien, ne doit pas cacher la forêt, iranienne. Derrière lui se dresse une foule de réalisateurs remarquables. Le plus connu est sans doute Ashgar Fahradi : c’est son film exceptionnel, Une séparation, qui en 2011 a donné au cinéma iranien une notoriété qu’il n’avait jamais eue jusqu’alors aussi grande que fût la réputation des Kiarostami, Makhmalbaf ou Ghobadi. S’ensuivit une décennie prodigieuse marquée par une exceptionnelle vitalité avec des réalisateurs aussi remarquables que Mohammad Rassoulof ("Un homme intègre", "Le diable n’existe pas", "Les Graines du figuier sauvage"), Ali Abbassi ("Les Nuits de Mashhad"), Mani Haghighi ("Les Ombres persanes", "Pig") Ahmad Bahrami et son diptyque "The Wasteland/ "The Wastetown" ou précisément Saeed Roustaee ("La Loi de Téhéran", "Leila et ses frères"), le réalisateur de "Woman and Child".

La réussite de ce cinéma tient à la combinaison de deux facteurs.
Le premier est conjoncturel : ce cinéma nous confronte à une société patriarcale régie par un pouvoir théocratique qui étouffe les citoyens et au premier chef les femmes. Les cinéastes iraniens, souvent au péril de leur vie, s’emploient courageusement à la dénoncer. Jafar Pahani, qui joue au chat et à la souris avec le régime qui l’embastille régulièrement, est devenu leur porte-drapeau.
Le second est structurel : ces films brillent par l’inventivité et la richesse de leur scénario.

C’est le cas tout particulièrement de ce "Woman and Child", au titre pourtant bien pauvret. À la lecture de son résumé et au visionnage de sa bande-annonce, on pense que son histoire se résumera aux amours contrariées de Mahnaz et de Hamid et se conclura peut-être (ou peut-être pas) par leur mariage. Mais après une demi-heure, le film prend une direction que rien ne laissait imaginer.

En résulte ("Woman and Child" dure plus de deux heures) une suite quasi-ininterrompue de rebondissements qui nous tiennent en haleine au risque de nous donner le tournis. Son héroïne, admirablement interprétée par Parinaz Izadyar, qu’on avait déjà vue dans "La Loi de Téhéran" et dans "Pig", n’est pas d’une pièce : si on compatit à son chagrin, sa dérive nous glace. Un petit bémol sur la scène finale qui n’était certes pas prévisible mais qui n’était pas inéluctable comme les bonnes fins doivent l’être.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 mars 2026
Quelques mois après le formidable Un simple accident, revoilà le cinéma iranien sur nos écrans, avec le nouveau film de Saeed Roustaee, auteur du formidable Leïla et ses frères.

On retrouve ici la patte du réalisateur : un effet choral, des dilemmes moraux (que serait le cinéma iranien sans cela ?), des rebondissements abondants (presque trop), un beau portrait de femme en lutte avec le patriarcat traditionnel et une réalisation nerveuse.

On est littéralement happé par le scénario, un peu plus fouillis que d'habitude chez ce réalisateur, mais qui ne révèle ici sa saveur que sur la longueur du film.

En accompagnant le parcours de cette femme blessée, le spectateur aura l'occasion d'explorer de nombreux sentiments, en même temps que les personnages du film : culpabilité, désir de vengeance, besoin de justice. Il aura aussi une bonne vision de la société iranienne contemporaine et de ses problèmes, corruption et patriarcat en tête de liste.

Woman and child se termine sur un plan de toute beauté, ourdi de jeux de transparence et d'ouvertures, baignant dans une atmosphère (enfin) apaisée, dans laquelle la sororité apporte un peu de douceur.
lionelb30

535 abonnés 2 905 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 mars 2026
Histoire pas mal qui permet surtout de découvrir l’Iran et ses modes de vie au quotidien. Pas vraiment facile.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 février 2026
Il est certain qu’après « Leila et ses frères » et « La loi Téhéran » , Saeed Roustaee , mis à l’index par le régime, a baissé d’un ton . Dans un environnement confortable ( hôpital nickel, architecture design … ) il nous présente une famille joliment installée. Elle parait vivre d’un bonheur longue distance, quand un mariage avorté suivi d’un accident tragique vient chambouler son bel ordonnancement. Au cœur de la tragédie, la maman, une infirmière veuve qui élève ses deux enfants, et se voit confrontée à des situations quasiment inextricables quand la mauvaise foi et l’injustice viennent contrarier sa volonté d’exister . Une autorité masculine, de plus en plus rétive et lâche (l’amant, le beau-père, le directeur de l’école ) l’accule dans ses retranchements où elle puise la rage et le désir de vaincre. C’est de cette révolte , féminine, dont nous parle Saeed Roustaee, en reprenant les cris d’une mère courage, aux accents déchirants , à la furie éclatante . « Les graines du figuier sauvage » ont une nouvelle pousse .
Lien privé
vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 mars 2026
Encore une très bonne surprise du cinéma iranien et qui, pour une fois, n’évoque pas directement l’étouffoir religieux des ayatollahs. On pénètre ici dans l’intimité d’une famille éduquée, citadine et d’un milieu social plutôt favorisé. Mahnaz, admirablement interprétée par la très belle Parinaz Izadyar, est une femme active, engagée et qui n’hésite pas à affronter les hommes qui se mettent en travers de sa route.
Après une présentation plutôt longuette et désordonnée des personnages et de la situation de départ, le film prend enfin un vrai départ après le drame et dès lors, passe d’un rebondissement à l’autre sans aucun répit. Il est difficile de ne pas être ému au fur et à mesure des différentes péripéties, notamment en raison du vrai talent des acteurs, enfants y-compris et d’un scénario intelligent même si sans doute très écrit.
Il faut aller voir ce film du déjà très talentueux Saeed Roustaee qui rejoint sans hésiter le club fourni des grands réalisateurs iraniens. Une petite récompense à Cannes n’aurait pas été volée !
Direct-actu.fr
Direct-actu.fr

371 abonnés 479 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 février 2026
Woman and Child s’inscrit dans la continuité du cinéma de Saeed Roustaee, un cinéma du réel où la cellule familiale devient le lieu principal des tensions sociales. Le film suit Mahnaz (Parinaz Izadyar), infirmière élevant seule ses enfants tout en cherchant à reconstruire sa vie affective auprès de Hamid (Payman Maadi). Ce point de départ intime ouvre progressivement vers une réflexion plus large sur la responsabilité, la transmission et la manière dont les institutions influencent les trajectoires individuelles.

Le récit repose sur une mécanique dramatique fondée sur les choix et leurs conséquences. L’équilibre fragile de la protagoniste révèle comment les compromis du quotidien finissent par structurer l’existence. Roustaee observe cette réalité sans emphase, privilégiant la précision des gestes et l’intensité des regards. La présence de Mehri (Soha Niasti), sœur à la fois proche et déstabilisante, renforce cette idée que la famille est un espace de solidarité mais aussi de rivalité. Les générations plus âgées, incarnées par la mère (Fereshteh Sadr Orafaee) et le grand père (Hassan Pourshirazi), rappellent la persistance des normes et le poids du collectif dans les décisions privées.

Le film propose également une observation fine des rapports entre femmes et hommes. La relation entre Mahnaz et Hamid illustre une dynamique où l’affectif se mêle à la négociation. L’amour n’est jamais isolé des contraintes sociales, ce qui crée une tension permanente. Le lien mère fils, central dans le récit, incarne quant à lui la dimension morale du film. Il symbolise la responsabilité, la culpabilité et la difficulté de protéger dans un environnement instable. Cette approche permet au cinéaste de traiter le deuil, la justice et la reconstruction comme des processus longs, traversés par l’ambivalence.

Visuellement, Roustaee privilégie les visages et les silences. Cette mise en scène donne au film une dimension presque sensorielle, où l’émotion naît autant de ce qui est montré que de ce qui reste hors champ. Le casting joue un rôle essentiel dans cette démarche. Parinaz Izadyar porte le récit avec une intensité contenue, tandis que Soha Niasti apporte une complexité émotionnelle qui empêche toute lecture simpliste. Sinan Mohebi, dans le rôle d’Aliyar, incarne l’innocence confrontée aux tensions adultes, donnant au film une profondeur supplémentaire.

Le projet trouve son origine dans des expériences personnelles du réalisateur, ce qui explique la précision des situations et la sensation de vérité. Roustaee cherche moins à dénoncer qu’à montrer, révélant comment les contradictions d’une société se manifestent dans les gestes ordinaires. Le film devient alors le portrait d’un pays en équilibre instable, partagé entre héritage et transformation.

Sans recourir au spectaculaire, Woman and Child construit une tragédie contemporaine attentive aux micro tensions, aux regards et aux silences. Le résultat est un drame humain qui interroge la place des femmes, le rôle de la famille et la manière dont chacun tente de préserver une forme de dignité au cœur des contraintes collectives.


Vu en décembre en projection de presse
capirex
capirex

186 abonnés 791 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 mars 2026
Très intéressant film venu d'Iran que ce Drame poignant et sans concession réalisé par Saeed Roustaee où une mère se bat contre une Société qui dénie aux Femmes leurs droits fondamentaux !
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