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Imagine un couloir. Pas n’importe lequel : un boyau de béton carrelé, froid, sans fin, saturé de néons blafards. Tu marches. Pas de sortie. Pas d’air. Juste cette règle absurde : traquer l’anomalie. Si tu en vois une, tu retournes en arrière. Si tu n’en vois pas, tu continues. Si tu te trompes… retour à la case départ. Une boucle sans issue.
C’est ça, Exit 8. Un cauchemar en forme de labyrinthe mental, mis en scène par Genki Kawamura, qui transforme une simple station de métro en purgatoire existentiel. À l’écran, Kazunari Ninomiya – fragile, incrédule – devient l’ombre d’un homme englouti par un jeu cruel dont il ignore les règles profondes.
Ce film, c’est une énigme qui ronge le spectateur. Chaque pas est suspect, chaque détail peut être l’erreur fatale : une main trop raide, un reflet qui ne correspond pas, une ombre qui cligne. Et toi, spectateur, tu deviens paranoïaque, guettant le faux mouvement, piégé toi aussi dans ce corridor sans fin.
La mise en scène est d’une précision chirurgicale. Le moindre plan, le moindre bruit métallique de néon, le moindre silence est un piège tendu. Kawamura convoque Kafka, mais version japonaise, trempée dans l’esthétique des jeux vidéo horrifiques et des légendes urbaines nippones. C’est à la fois une fable existentielle et un film d’épouvante minimaliste.
Il y a dans Exit 8 quelque chose de profondément universel : l’angoisse de l’erreur irréversible, la peur de marcher dans un monde truqué. C’est un cauchemar qui prend la forme la plus banale – un couloir de métro – pour mieux révéler la mécanique absurde de nos vies répétitives.
On sort de la séance hébété, avec cette sensation que nous aussi, nous guettons nos anomalies, que chaque jour nous risquons de nous tromper de pas et de tout recommencer.
Ma note : 14 sur 20.
Un film qui glace, qui hante, qui fissure la routine pour laisser passer l’ombre du vertige.