Je suis allé voir Exit 8 sans connaître le jeu dont il est tiré. Mon avis vient donc sans aucun contexte, et je me trompe peut-être complètement sur le fond du film, mais il m’a profondément marqué et fait réfléchir.
À première vue, il s’agit de l’histoire d’un homme pris dans une boucle étrange, dans un dédale de couloirs de métro. À chaque “station”, il doit repérer une “anomalie”, un détail qui ne colle pas. S’il en voit une, il doit faire demi-tour. S’il n’en voit pas, il continue d’avancer. Mais s’il se trompe, il est renvoyé au tout début.
Rapidement, on comprend que le film ne parle pas uniquement de logique ou de boucle temporelle. La première scène donne le ton : un homme hurle sur une femme avec un bébé dans le métro. Le héros assiste à la scène, mais ne réagit pas, comme tout le monde autour de lui. Juste après, il reçoit un appel de son ex. Elle est à l’hôpital, enceinte, sur le point d’avorter. Elle lui laisse le choix : qu’est-ce qu’il veut faire ? Et, encore une fois… il ne choisit pas. C’est à ce moment-là que commence sa boucle.
Pour moi, le cœur du film est là : l’indécision face à un choix fondamental. Le personnage est enfermé dans ce labyrinthe parce qu’il refuse d’affronter la réalité et de prendre position. Il avance, recule, rate des détails, recommence… parce qu’il fuit sa responsabilité.
À un moment, un petit garçon apparaît. Il symbolise l’enfant à naître.
Le garçon aide le héros à progresser, l’accompagne… puis ils sont séparés. Lorsque le héro réussit enfin a trouver la sortie, il est de nouveau confronté à l’appel de son ex : “Tu as pris ta décision ?” Et encore une fois, il ne répond pas clairement.
La dernière scène revient à celle du début : le métro, la femme, le bébé, l’agression. Sauf que cette fois, le héros s’apprête à intervenir. Est-ce enfin la fin de la boucle ? Rien n’est dit, mais tout laisse à penser que le simple fait d’agir, enfin, est peut-être la clé.
Pour moi, Exit 8 n’est pas un thriller classique, ni un film de science-fiction. C’est une métaphore forte sur la peur de choisir, sur la responsabilité qu’on repousse, sur la fuite en avant. C’est un film sur ce que ça signifie vraiment “avancer” dans la vie.
Prendre une mauvaise décision peut te faire tout perdre. Une bonne décision te fait avancer. Mais ne pas décider du tout… te fait tourner en rond.