Exit 8
Note moyenne
3,1
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The CritizMan
The CritizMan

67 abonnés 337 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 août 2025
Ma critique complète du film sur ma chaîne YouTube : thecritizman.

Exit 8 de Genki Kawamura réussit son pari d’adapter le jeu vidéo du même nom en conservant son atmosphère hypnotique et angoissante : le scénario, bien ficelé, tient en haleine grâce à une tension maîtrisée et une progression qui exploite habilement la mécanique répétitive de l’œuvre originale, tandis que les personnages, suffisamment travaillés pour dépasser le simple rôle de pions narratifs, apportent une réelle humanité à ce huis clos étrange ; si l’on peut reprocher quelques longueurs qui freinent parfois le rythme et diluent légèrement l’impact dramatique, l’ensemble reste une adaptation convaincante, respectueuse de son matériau de base, qui parvient à transposer sur grand écran la paranoïa immersive et le malaise subtil du jeu.
Naughty Doc

1 050 abonnés 536 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 mai 2025
Une des meilleures adaptations JV en live qu'on ai vu : Exit 8 est une transposition assez littérale du matériau de base (un passager du metro tente de s'échapper d'un couloir surnaturel qui est en boucle infinie), si bien qu'on retrouve les mêmes anomalies (l'homme qui marche, les objets du décor qui bougent, le couloir qui s'inonde..) et un schéma narratif qui ne dévie pas franchement de sa feuille de route à mi-parcours. Pourtant Genki Kawamura (producteur de Kore-eda, Hosoda, Shinkai..) renouvelle sa mise en scène (utilisation de la vue subjectif, de plans-séquences amples pour jouer avec le hors-cadre) et le point de vue pour offrir un petit traitement cathartique central. Rien d'exceptionnel (Silent Hill l'a déjà fait etc) mais ça a le mérite de conter quelque chose. Pas mal in fine
Cinememories

604 abonnés 1 677 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 mai 2025
Les séances de minuit de la Croisette ne sont pas exclusivement consacrées aux œuvres cherchant à divertir les cinéphiles en manque de sommeil, mais bien à les maintenir éveillés – jusqu’au bout de la nuit, s’il le faut. Exit 8 s’inscrit dans cette logique, avec un concept aussi fort que poignant entre les mains de Genki Kawamura, un auteur fasciné par la vie et la mortalité. C’est dans ce contexte qu’il insuffle progressivement de la profondeur à un récit dont les règles du jeu, qu’il adapte, prennent une toute autre dimension.

Sorti en 2023 et téléchargé plus de 1,5 million de fois, The Exit 8 est un jeu de simulation de marche minimaliste et à succès, conçu par Kotake Create. Inspiré des couloirs souterrains japonais et des espaces liminaux, il place le joueur dans une boucle temporelle : traverser un couloir à l’infini jusqu’à en sortir, à condition d’identifier correctement d’étranges « anomalies ». Si quelque chose d’étrange se manifeste, le joueur doit faire demi-tour ; sinon, il continue sa progression jusqu’à atteindre la huitième sortie. La moindre erreur est fatale et renvoie au point de départ. Un parcours sans faute ni hésitation est nécessaire pour espérer briser cette boucle infinie et enfin s’échapper de ce couloir qui ne mène nulle part.

Le diable se cache dans les détails, et c’est précisément ce qui fait du décor la pièce maîtresse de cette immersion dans un univers étrange et oppressant. On y suit « un homme perdu », incarné par Kazunari Ninomiya. Son jeu exprime toute la fragilité de son personnage, ce qu’il avait déjà démontré dans Lettres d’Iwo Jima ou La Famille Asada. Le personnage est renfermé sur lui-même, à l’image de ces navetteurs qui empruntent chaque jour les transports en commun, sans enthousiasme. Sa vie est faite de répétitions, et le premier plan-séquence du film nous offre un aperçu du réseau souterrain qu’il parcourt chaque jour, avec lassitude et en silence.

Mais lorsqu’une première « anomalie » vient perturber sa routine – l’annonce de la grossesse de sa compagne – il se retrouve confronté à un choix : rebrousser chemin dans sa bulle mentale ou accepter et célébrer cet événement en avançant vers lui. En bon romancier, Kawamura construit son récit autour de thèmes qui lui sont chers : le sens de la vie, les liens familiaux, la difficulté de choisir. Déjà au cœur de son livre Deux milliards de battements de cœur et de son précédent film N’oublie pas les fleurs – centré sur une femme âgée atteinte d’Alzheimer –, ces thématiques trouvent ici une nouvelle résonance. L’expérience du jeu devient alors une métaphore de l’errance mentale et émotionnelle, une manière de représenter les dilemmes intimes dans un monde qui valorise l’effacement de soi.

Le cinéaste japonais propose ainsi au spectateur de découvrir l’origin story de « l’homme qui marche », tout en préservant le gameplay et les décors du jeu comme toile de fond. Mais c’est en ajoutant une dimension intime et sociale à ce personnage vidé de toute humanité que Kawamura déjoue habilement les attentes des spectateurs en quête de subtilité et d’émotion. Les joueurs peuvent témoigner de la capacité du jeu à susciter de véritables frissons, certaines anomalies étant même inspirées de Shining. Fort heureusement, Kawamura ne cède pas à la facilité des jumpscares ou de l’humour déplacé, contrairement à d’autres œuvres comme Happy Birthdead ou, plus récemment, Until Dawn : La Mort sans fin, qui exploitent elles aussi le motif de la boucle temporelle, souvent au détriment de l’aspect dramatique. Dans Exit 8, les protagonistes n’ont qu’une seule vie, et ne peuvent pas tenter indéfiniment de résoudre leurs problèmes. Et c’est justement dans cette fragilité que réside la force du film : une œuvre atypique, ludique dans sa forme mais grave dans son propos, qui donne un visage humain à un avatar solitaire et fait de l’errance numérique un miroir de nos impasses intérieures.

Le film repose pourtant sur un équilibre fragile. Son rythme lent, reflet d’une société japonaise étouffée par le culte du travail et la pression sociale, pourra en désarçonner certains. La structure cyclique finit par lasser, et les spectateurs les plus attentifs devineront parfois les anomalies avant « l’homme perdu ». Mais cette lenteur est assumée et convient parfaitement à une séance de minuit hantée par l’introspection de héros du quotidien auxquels on peut pleinement s’identifier. Ce choix narratif reflète le vide existentiel dans lequel évolue un homme ordinaire, aux prises avec une décision fondamentale – devenir père dans un monde qui ne laisse plus de place à l’intime.


Pour « l’homme perdu », le temps est compté. Son sens de l’observation et de l’orientation est aussi crucial que ses choix et sa détermination. Le couloir de métro lui renvoie ce qu’il refuse de voir depuis le début. Peut-il seulement assumer sa future parentalité, alors que la société japonaise tend à réprimer ce rôle en enfermant ses citoyens dans un culte du travail et de la performance ? Avec Exit 8, Genki Kawamura critique justement cet individualisme ambiant et évoque les traumatismes d’une nation proche de l’effondrement sous le poids de ses propres normes. Il le fait de manière ludique, bien que le rythme en pâtisse par moments – conséquence d’une représentation volontairement morne d’une société sans âme. Le spectateur aura souvent un coup d’avance sur les anomalies ou sur le déroulé d’un scénario simplifié, mais ce choix narratif convient à une séance de minuit hantée par l’introspection de héros du quotidien auxquels on peut pleinement s’identifier.

Une belle surprise pour les cinéphiles insomniaques de Cannes, et bien au-delà.

Retrouvez toutes nos critiques du festival de Cannes 2025 sur Le Mag du Ciné.
Guillaume LR
Guillaume LR

46 abonnés 165 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mai 2025
Vu au festival de Cannes 2025.
Sans connaître le jeu vidéo dont est tiré le film, ni le réalisateur ni avoir rien lu sur le film, j'ai découvert le scénario pendant le visionnage.
La première séquence tournée en vue subjective met tout de suite dans l'ambiance, et le travail sur la bande son est incroyable. Dur de parler du film sans spoiler. Mais la maîtrise technique, tant dans les idées de mise en scène qu'en photographie porte toutes les interprétations possibles à ce long cheminement qui boucle sans fin...
Du simple temps passé à scroller au choix d'accepter de (re)devenir père, en passant par la force de se pardonner, les anomalies sont autant d'obstacles à la redemption des personnages jusqu'à un final bouleversant.
Une vraie surprise qui, si on lit au-delà du simple niveau du film horrifique (qui n'est pas là pour nous faire peur, j'en conviens), va vous transporter dans un long dédale introspectif.
Saltabanque22
Saltabanque22

29 abonnés 130 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 mai 2025
Film vu en avant-première au festival de Cannes. Un bon moment de passer, je cherchais aussi les anomalies pendant le film ! Scénario agréable au travers des différents personnages.
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