Maria Angeles, une Espagnole de 79ans mène une vie pleine de charme à Tanger rue de Malaga. Elle fait partie de cette population espagnole de Tanger, elle y est née, elle est parfaitement intégrée, elle est en parfaite harmonie avec la population marocaine, elle prend énormément de plaisir à s’occuper de ses fleurs sur son balcon et à écouter des disques sur son vieil électrophone. Pour tout dire, il ne lui viendrait pas à l’idée de quitter son appartement de la rue Málaga… ! Certes, elle se plaint de ne pas voir plus souvent ses petits enfants qui habitent à Madrid avec sa fille Clara, leur mère, une infirmière divorcée, mais, pour autant, il n’est pas question pour elle de passer de l’autre côté du détroit de Gibraltar… Et pourtant Clara, qui ne supporte plus de payer un loyer pour se loger et qui est confrontée à un manque d’argent pour acheter un appartement proche de son lieu de travail, lui annonce qu’elle envisage de mettre en vente l’appartement de la rue Málaga. Elle en a parfaitement le droit, cet appartement étant à son nom…Elle laisse à sa mère le choix entre la rejoindre à Madrid ou intégrer une maison de retraite réservée aux vieux espagnols de Tanger… Mais Maria Ángeles n’est pas née de la dernière pluie et cet épisode qui semblait partir pour s’apparenter à un véritable séisme dans la vie de Maria Ángeles va, au contraire, lui permettre de vivre une nouvelle jeunesse avec la naissance d’un nouvel amour avec Abslam, un antiquaire, malgré un très mauvais début de relation…La réalisatrice Maryam Touzani, elle-même née à Tanger dresse un portait généreux de cette quasi octogénaire … Maryam Touzani ne pouvait décemment rater le portrait haut en couleurs de cette vieille dame nostalgique que seul un bulldozer pourrait déloger, à moins que ce ne soit la volonté de son ingrate de fille…et son film devient une comédie irrésistible, emportée par le tempérament de l'immense Carmen Maura, et une œuvre d'une tendresse infinie pour toute cette communauté espagnole en harmonie avec la population marocaine…mais délaisse ostensiblement l’autre personnage principal du film, Clara. Le conflit légitime entre une mère et sa fille passe ainsi au second plan, s’effaçant derrière des séquences trop anecdotiques. Tant et si bien que la réalisatrice refuse jusqu’au bout de prendre parti, laissant au spectateur le soin d’écrire lui-même la fin de son histoire dans un dénouement trop indécis...