La cruauté de la vie, le manque d'argent oblige Clara à vendre la maison de son enfance sans tenir compte de l'avis de sa mère. C'est un choc brutal émotionnel pour Maria ? Clara insiste, il y a urgence, elle ne comprend pas qu'on puisse être attaché à un lieu dépassé par le temps. Nous si. Du coup Maria se retrouve résidente à l'hospice espagnole pour personnes âgées. Ses journées sont d'un mortel ennui. Par un malin subterfuge, elle s'en échappe et retourne chez elle. Son appartement a été vidé de ses meubles. Alors, voyant ces hommes passionnés de football, elle a une idée pour se faire de l'argent et récupérer sa vie.
Par cette occasion, elle découvre l'amour, qu'elle avait complètement oublié. Elle trouve le bonheur, elle est une femme heureuse. Jusqu'au jour où l'appartement est vendu. Cette fois-ci, elle refuse de quitter son écrin de vie, elle compte profiter de ses jours heureux, déterminée à rester dans cette ville qui l'a vue vivre depuis sa naissance. Ma note sera de 3,28 sur 5. Pour ce magnifique portrait de femme d'âge mûr, qui met une claque au jeunisme cinématographique.
La belle au Bois Dormant conteuse imaginaire et pour la page Facebook « Je fais mon Cinéma »
RUE MALAGA de Maryam Touzani
Il y a des films qui nous racontent une histoire… et puis il y a ceux qui viennent doucement déplacer notre regard. Avec Rue Malaga, Maryam Touzani me parle de vieillesse, de solitude, de transmission, de désir, de mémoire… mais surtout de cette chose que le cinéma a trop souvent oubliée : une personne âgée est encore une personne qui ressent, qui désire, qui rêve et qui peut aimer.
Pendant très longtemps, au cinéma, les vieux ont été cachés, caricaturés ou transformés en personnages comiques. On les retrouvait volontiers dans les rôles de grands-pères bougons, de vieilles dames acariâtres, de domestiques pittoresques ou de voisins dont la fonction principale était de faire rire. Dans la comédie française, les vieillards de Louis de Funès sont souvent réduits à des figures burlesques, tandis que les personnages âgés des films de Fernandel ou de Bourvil appartiennent eux aussi à une tradition où la vieillesse devient facilement un ressort comique.
Et quand elle n’était pas moquée… elle était parfois tout simplement invisible. Comme si, passé un certain âge, le cinéma considérait que les histoires d’amour, de sensualité ou de désir ne nous concernaient plus. Quelle drôle d'idée ! Car vieillir ne signifie pas cesser d'être vivant.
Et c'est précisément ce que j'ai ressenti devant Carmen Maura. Quelle femme ! ❤️ Elle est magnifique.
Pas « magnifique malgré son âge ». Magnifique avec son âge. Son visage porte les années, les expériences, les blessures et les souvenirs. Et pourtant, son regard possède encore cette lumière, cette malice, cette présence qui font qu'une personne peut être profondément séduisante.
Oui, Carmen Maura a encore un sacré pouvoir de séduction ! Et j'aime énormément que le film ne cherche pas à effacer les marques du temps. Il ne transforme pas son personnage en jeune femme par magie. Il lui laisse sa maturité, sa fragilité, ses contradictions. Parce que la séduction n'est pas seulement une affaire de jeunesse, de peau lisse ou de silhouette parfaite. La séduction, c'est aussi une voix, un regard, une intelligence, une façon de sourire, une présence. Et peut-être même que les années peuvent lui donner une profondeur nouvelle.
Ce qui m'a particulièrement touchée dans Rue Malaga, c'est cette manière de regarder les personnes âgées sans condescendance. Elles sont au centre de leur propre histoire. Moi qui suis une grande rêveuse, qui aime les artistes et les histoires qui font battre un peu plus fort le cœur, je trouve cela terriblement important. Le cinéma a longtemps voulu nous faire croire que l'amour appartenait aux jeunes. Maryam Touzani nous rappelle simplement qu'il appartient aux vivants. À tous les vivants. Ma note sera de 4,05 sur 5. Parce que tant qu'il y aura dans un regard une étincelle, une envie de rire, de rencontrer quelqu'un, de partager un secret ou simplement de sentir encore le monde autour de soi… Alors il y aura encore du cinéma et de la beauté.