Le Crime du 3e étage ressuscite les films d’Alfred Hitchcock (Fenêtre sur cour, Sueurs Froides et même Psychose le temps de la fameuse scène de douche) pour un petit film aussi sincère que neurasthénique. Il a une sympathie évidente pour son trio principal Laetitia Casta / Gilles Lellouche / Guillaume Gallienne, et pour les œuvres du maître du suspens. Malheureusement, il n’échappe pas à un rythme mou de la gâchette, des citations étouffantes (les personnages disent « c’est comme dans Fenêtre sur cour ! » environ quinze fois, il y a un sosie d'Alfred Hitchcock qui débarque pour nous expliquer le principe du suspens ou encore d'un méchant de cinéma… La subtilité est assassinée), et surtout à un scénariste qui est le véritable criminel, facilement démasqué. La scène d’infiltration en devient complètement risible : oublier la sonnerie du téléphone, c’est déjà ballot, mais le mettre en vibreur plutôt qu’en muet, avec la complice qui rappelle alors qu’elle a vu que la première sonnerie a alerté le méchant ? Qui a écrit ça ? Mais ce n'est rien comparé au final lunaire qui balance les flics comme un deus ex machina abusif (
« Oh le méchant ! / Police nationale, on vous arrête ! »… Mais, mais, mais… D’où sortent les flics ? Comment sont-ils arrivés en une minute, et pourquoi ont-ils cru les racontars de l’héroïne sans rien vérifier ? Et surtout : pourquoi laissent-ils deux personnes se latter la tronche à coups d’épées, sans intervenir ?)
, leur présence tient du miracle, ou du scénariste fainéant. On plaide coupable, votre Honneur, on a rigolé d’incrédulité. Heureusement, les notes d’humour (volontaires, cette fois-ci) sont agréables, avec un petit délire autour d'un roman "polisson" historique (un running-gag assez dispensable, mais les séniors de la salle y ont réagi à chaque fois), ce couple qui se rabiboche grâce à cette enquête est mignon, surtout joué par (les adorables) Lellouche et Casta, et une scène, encore une fois lunaire, nous a montré que Gallienne pouvait slamer sur Hamlet. Et ça, c’est un twist que même Hitchcock n’aurait pu prévoir.