Depuis Le Premier Jour du reste de ta vie, j’ai une vraie affection pour le cinéma de Rémi Besançon. Alors forcément, quand il s’attaque à un hommage au maître absolu du suspense, Alfred Hitchcock — mon réalisateur favori depuis mon adolescence — difficile de ne pas être au rendez-vous.
Avec Le Crime du 3e étage, on n’est pas dans un remake, mais bien dans une relecture sous forme d’hommage à Fenêtre sur cour. L’intrigue reprend les bases du classique, tout en les adaptant avec une certaine modernité. Et surtout, le film joue à fond la carte du clin d’œil.
Laetitia Casta évoque clairement Grace Kelly, autant dans son élégance que dans son attitude, ce qui renforce encore ce pont entre les deux œuvres. De son côté, Gilles Lellouche ne cherche pas à imiter James Stewart, et c’est plutôt une bonne chose : il impose son propre style, plus brut, plus contemporain.
Visuellement, la mise en scène est soignée, avec des plans pensés pour rappeler l’univers d’Hitchcock sans tomber dans la copie pure. On sent un vrai travail de cinéphile, presque ludique, dans la manière de recréer une tension à partir d’un espace clos.
En revanche, j’ai été moins convaincu par Guillaume Gallienne, dont le jeu m’a semblé trop théâtral. Il souffre forcément de la comparaison avec les figures du cinéma hitchcockien, et le décalage se fait sentir.
Malgré cela, le rythme tient bien, et l’ensemble reste prenant. Le film va même jusqu’à pousser le clin d’œil avec une apparition à la manière des caméos d’Alfred Hitchcock, un détail qui ravira les amateurs.
Un hommage respectueux et appliqué, qui ne dépasse jamais son modèle mais qui témoigne d’un vrai amour du cinéma.