Maya, donne-moi un autre titre
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Maya, donne-moi un autre titre" et de son tournage !

Un projet né d’un échange père-fille

Michel Gondry a commencé par concevoir un petit dessin animé lorsque Maya avait trois ans, pour son anniversaire. Le cinéaste lui demandait un titre et elle voyait le résultat quelques temps plus tard. Il se rappelle : "J’intégrais des personnages de sa vie quotidienne : ses grands-parents, son chat, sa maman. Je faisais dériver son quotidien vers le fantastique. C’était comme une histoire au coucher : sa maman lui lisait les titres et les dialogues puis elle me faisait des retours sur les réactions de Maya. Ce qu’elle avait aimé, ce qui lui faisait un petit peu peur."

Une esthétique artisanale, bricolée mais assumée

Contrairement à l’esthétique lisse des films Pixar, Michel Gondry assume une approche manuelle, artisanale et « imparfaite ». Il utilisait des techniques simples, chez lui, parfois avec un smartphone, une planche de bois, un cageot et une bouteille d’eau pour équilibrer son banc-titre. Cela donnait un rendu « esquissé », presque naïf, qui selon lui permettait de mieux faire ressortir la poésie et l’imaginaire. Il voulait que l’on voie comment le film était fabriqué, et que cela inspire d’autres à se lancer eux-mêmes dans l’animation.

Blanche Gardin, une narratrice inattendue mais évidente

Après Pierre Niney, qui prêtait sa voix au premier film, Michel Gondry a choisi Blanche Gardin pour raconter cette suite. Leur collaboration n’est pas un hasard : les deux comédiens ont tourné ensemble dans le film précédent du metteur en scène, Le Livre des solutions.

Une aventure collective avec la classe de Maya

Pour l’un des courts-métrages du film, Michel Gondry a invité toute la classe de sa fille à participer. Chaque élève a créé un personnage avec une personnalité distincte (un dragon, un rhinocéros, des personnages petits ou bizarres…), et les enfants ont voté pour les décors. Le réalisateur a ensuite animé les 25 personnages dans une histoire commune. Il dit avoir fait attention à n’en privilégier aucun, allant jusqu’à chérir les plus maladroits. Ce processus lui a permis de « les assimiler à des humains » et de se sentir lié émotionnellement à eux.

Une évolution parallèle entre les histoires et l’âge de Maya

Michel Gondry a commencé ces films alors que Maya avait 3 ans, et il a continué jusqu’à ses 9 ans. Il a donc adapté la complexité et le ton des histoires à son évolution. Les premières histoires étaient simples et poétiques, les suivantes plus élaborées, avec parfois des métaphores plus profondes, comme une mer polluée… au ketchup. Maya aussi, en grandissant, a affiné ses retours, rendant le processus plus riche. Il parle d’un véritable rituel mensuel entre eux, qui obligeait l’imagination à se renouveler constamment.

L’implication émotionnelle… et la peur du rejet

Michel Gondry confie avoir été bouleversé quand, après des années de travail, Maya lui a soudainement dit qu’elle ne voulait plus de nouveaux films. Cela a provoqué chez lui un grand vide. Il travaillait sur ces films la nuit, insomniaque, en écoutant des podcasts de littérature russe. Heureusement, Maya a changé d’avis peu après, mais cet épisode montre combien le projet était intimement lié à leur relation, et à son besoin de lien et de transmission. Maya reste d’ailleurs fière de ces films et aime encore que sa mère les lui lise.

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