Le sempiternel quiproquo
Sans doute, mais, dans la série « incroyable mais vrai », Gérard Jugnot, pour écrire et réaliser ces 92 minutes, s’est inspiré de faits réels. Arrêté par erreur et confondu avec l’homme le plus recherché de France, Serge Martin, paisible retraité, devient la cible des médias. Pris dans un tourbillon sans fin, il va tout tenter pour prouver son innocence et retrouver sa vie... si c’est encore possible ! Ce n’est certes ni un chef d’œuvre, ni la comédie de l’année, mais cette sympathique comédie ne mérite certes pas la volée de bois vert qui s’abat sur elle. A remarquer, une fois de plus, que seuls 11 critiques professionnels se sont déplacés pour voir le film en salle. Sans doute, les autres, toutes idées préconçues en bandoulière, n’ont pas daigné faire leur travail. En tout cas, comme moi, beaucoup de spectateurs ont ri durant la séance. On était un peu venu pour ça, non ?
Le film s’inspire de la véritable histoire de Guy Joao, confondu par erreur en 2019 avec le fugitif Xavier Dupont de Ligonnès. Ce qui fait mouche, ici, essentiellement, c’est la satire des chaînes info de l’immédiateté et des réseaux sociaux qui peuvent pourrir la vie de tout un chacun en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire. Tout ce vilain monde cultive jusqu’à plus soif l’art du buzz hystérique. La police aussi en prend pour son grade et est donc loin d’en sortir indemne. Quant à l’attitude de nos proches dans de pareilles affaires, elle met en péril toutes les idées qu’on peut avoir sur l’amitié. Quand le doute s’insinue, toute une vie peut s’écrouler en un instant. L’autre point fort du camarade Jugnot, c’est qu’il arrive toujours à instiller une part d’humanité et de tendresse dans ses comédies. Alors pour la dénonciation de tout ce qui nous pourrit la vie 24/24 et 7/7, et pour la performance d’un casting inspiré dans l’ensemble, ce film vaut d’être vu.
Gérard Jugnot, plus Jugnot que jamais, son comparse de toujours, Thierry Lhermitte, et tous les autres, François Dureloup, Jean-Pierre Daroussin, Michèle Laroque, Zabou Breitman, François Morel, Reem Kherici, Laurent Gamelon, font très bien leur boulot. Un seul regret, la présence de Philippe Lacheau, qui, de toute évidence a du mal à se fondre dans un moule différent de celui de la bande à Fifi. Laissez-vous faire, il n’y a pas de mal à se faire du bien.