Delépine semble à la peine sans son complice Kervern. Ce road trip manque de la loufoquerie habituelle du duo, et les scènes s'enchaînent dans une monotonie propice à l'ennui. Le choix de l'aspect ratio 3:56 pose question.
On est face à un objet bizarre, un film qui avance à la vitesse d'un marcheur fatigué mais qui, contre toute attente, empêche de zapper. C'est l'histoire d'un mec qui a l'air d'un paumé magnifique, traînant sa valise comme un boulet ou un trésor, et on se demande constamment si on regarde un génie ou un illuminé. Le film joue sur ce fil : il t'installe dans un ennui qui pourrait être mortel, puis te balance une "lumière", une preuve de talent brut ou une compétence inattendue qui te cloue au fauteuil juste au moment où tu allais lâcher. C'est là que le personnage de Darius gagne son respect, parce qu'il n'est pas la coquille vide qu'on croit. Mais le problème, c'est que ces moments de grâce sont rares, beaucoup trop rares. On se retrouve à bouffer des kilomètres de vide pour quelques secondes de fulgurance, ce qui rend l'expérience assez frustrante. Au final, c’est un film qui a le mérite de ne pas te prendre pour un âne avec des ficelles archi-vues, mais qui manque de coffre pour transformer son concept en chef-d’oeuvre. Ça mérite la moyenne pour l'audace et le savoir-faire caché du bonhomme, mais ça s'arrête là parce que l'équilibre entre la contemplation et l'action est trop instable. On en ressort avec l'impression d'avoir vu un truc singulier, mais un peu chiche en sensations fortes.
L'affiche promet une inspiration de Jacques Tati, et effectivement on retrouve la légèreté, l'humour absurde et poétique, Samir Guesmi est parfait pour ce rôle. J'ai bien aimé le jeu intense d'Olivier Rabourdin aussi, en patron cynique de Totem Energies. Le format du film est original, encore plus étiré que du 2/39 (cinémascope), si bien que ma vieille télé n'a même pas pu l'afficher correctement, mais j'ai quand même apprécié cette fable écologique avec une lenteur assumée. Le Le tout est étrange, et le scénario est minimaliste, mais la durée courte du film permet d'accepter ces bizzareries, notamment les plans subjectifs des animaux (le point de vue d'une abeille par exemple).
Mon seul regret, la violence qui brise la cohérence de cet univers contemplatif, et qui n'était vraiment pas nécessaire.
Scénario, complètement loufoque, très étrange, voire incompréhensible. Je ne vois pas l’intérêt de ce film, une vraie perte de temps, j’ai rien compris.
Vu en plein air, le format, le rythme, les détails et tout ce chemin parcouru à travers ce qu'est notre pays aujourd'hui ! Un conte qui transporte vers une issue rêvée.