Ce film est présenté au Cinéma de la plage au Festival de Cannes 2026.
Michel Leclerc rêvait depuis longtemps de réaliser un film de cape et d’épée dans l’esprit des grandes aventures populaires françaises. Le cinéaste cite notamment les œuvres de Jean-Paul Rappeneau, Gérard Oury ou Philippe de Broca comme influences majeures. L’idée a véritablement pris forme lorsqu’il a fusionné un projet autour de la Fronde avec son envie de raconter les coulisses d’une troupe de théâtre itinérante.
Le réalisateur s’est amusé à réunir dans une même intrigue Louis XIV, Cyrano, Molière, Madeleine Béjart et D’Artagnan, comme une sorte d’équipe de super-héros historiques. Michel Leclerc explique avoir adoré jouer avec notre mémoire collective et détourner légèrement la vérité historique. Le film revendique d’ailleurs d’emblée son ton fantaisiste avec la phrase : « Une histoire vraie… sauf pour les historiens. »
Michel Leclerc cherchait un Cyrano à la fois physique et profondément sensible. Après avoir travaillé avec Artus sur Les Goûts et les couleurs, il a été convaincu que l’humoriste possédait cette dualité rare entre puissance et fragilité. Le comédien a également surpris l’équipe par son aisance dans les scènes de combat, tout en apportant une intériorité très éloignée de son image habituelle.
Le casting du rôle principal a nécessité de longues recherches. La directrice de casting Dorothée Auboiron a vu environ 150 enfants avant que Michel Leclerc ne découvre Niels Hamel-Brochen. Le jeune acteur devait relever un défi complexe puisqu’il interprète à la fois Louis XIV, son sosie… et parfois des personnages joués par ces deux figures.
Pour recréer le Palais Royal du XVIIe siècle, l’équipe a dû tourner dans plusieurs lieux différents, notamment à Fontainebleau, Vaux-le-Vicomte et dans divers hôtels particuliers. Michel Leclerc compare d’ailleurs la fabrication du film à un immense puzzle visuel. L’objectif était ensuite de donner au spectateur l’impression d’un univers parfaitement fluide et cohérent.
Michel Leclerc voulait que la caméra circule constamment entre les personnages, comme un regard qui espionne les coulisses d’une scène. Les décors ont même été conçus avec des perspectives volontairement “faussées” afin de favoriser les jeux de regards et les dissimulations. Le metteur en scène privilégiait aussi les longs plans continus pour laisser les comédiens évoluer librement ensemble.
Si Franck Dubosc rêvait de jouer D’Artagnan depuis l’enfance, il avoue pourtant avoir très peur des chevaux. Michel Leclerc a alors transformé cette contrainte en gag de mise en scène : le personnage sort du cadre à pied avant de réapparaître immédiatement à cheval, dans un pur esprit burlesque. Une solution inventée directement pour contourner l’appréhension du comédien.
Une grande partie du film a été tournée en plein été dans la campagne sarthoise. Michel Leclerc souhaitait créer une ambiance lumineuse et chaleureuse rappelant les tableaux de Renoir, avec une troupe vivant presque en permanence en extérieur. La photographie d’Alexis Kavyrchine a renforcé cette sensation de liberté, de fête et de mouvement permanent.