Un film pas vraiment policier. Pas une comédie du tout : ça n'est pas amusant de voir le monde du point de vue de cette petite partie du Monde, de cette petite partie de l'Afrique, du Cameroun, de Yaoundé. J'ai été terriblement ému de cette histoire-témoignage adapté d'un documentaire. C'est ce qu'il faut voir, je pense, dans ce film : un témoignage et un point de vue, celui de Thomas Ngijol assumant un point de vue tout personnel.
C'est une fenêtre sur le Cameroun de Yaoundé dans certains quartiers autour d'une famille privilégiée. Regardons-le d'un point de vue sociologique, d'un point de vue historique, politique et humain. C'est terrible, c'est violent, c'est sombre et la quasi absence d'optimisme règne. Les ordures sont dans les rues, comme il y a 30 ou 40 ans, l'électricité est coupée, manquant de fiabilité comme il y a 30 ou 40 ans.
Le portrait conçu dans ce film, en suivant le commissaire, est saisissant. Ce sont des images de la cellule familiale, des espérances des jeunes, du désespoir dans parents, de l'état de survie du service public, de l'état de décrépitude de l'hôpital, de la corruption nécessaire pour survivre, de la drogue qui submerge et anéantie une génération. Si vous voulez voir un scénario à rebondissement, des explosions et des effets spéciaux, des phénomènes "actor studio", des bagarres épiques, allez voir ailleurs du côté du Spiderman, ou du re-re-nouveau Superman. Ici, lorsque les coups sont filmés, parce qu'il y en a du chicotage, ils prennent les tripes et arrachent les larmes. Les personnages sont terriblement vrais, les acteurs sont dans le vrai et touchants.