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Polof
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5,0
Publiée le 3 septembre 2025
Vu à Nîmes en avant-premières, un très beau film, portrait bouleversant d'une communauté gitane espagnole sous le joug de l'expulsion, stigmatisée et livrée à elle-même. À travers le regard de l’enfance, le film explore aussi les fractures intergénérationnelles, entre ceux farouchement attachés à leur mode de vie, et ceux tenté de céder aux injonctions d'assimilation. Les comédiens tous non professionnels et issus de cette communauté sont exceptionnels, l'image est superbe et le décors digne d'un véritable western.
« Ciudad sin sueño » n’idéalise pas la réalité des marges madrilènes : le film prend pour cadre un bidonville rongé par la pauvreté, où le quotidien est rythmé par la violence, le trafic de drogue et l’absence de perspectives économiques. S’il ne manque pas d’afficher ces duretés, il refuse toute complaisance du misérabilisme social, permettant de saisir ses éclats de vie et de résistance à travers une esthétique puissante et parfaitement maîtrisée.
« Ciudad sin sueño » séduit par sa force poétique et son regard profondément humain. Le film parvient à captiver grâce à une mise en scène sensible, qui transforme un sujet social difficile en expérience visuelle et émotionnelle riche. Sa beauté tient autant dans la délicatesse de son approche que dans la sincérité qu’il dégage, évitant tout pathos pour privilégier l’émotion juste. L’interprétation, marquée par une intensité naturelle et sans artifice, ajoute une vérité bouleversante à l’ensemble. Ce geste de cinéma généreux et engagé propose une plongée immersive qui touche autant par son esthétique que par sa chaleur, laissant une impression durable et lumineuse.
Il y a de jolies choses dans cette comédie dramatique ( la poésie, la liberté, la famille, les émotions, un zest d’humour) C’est bien interprété, avec de jeunes acteurs et de plus anciens remplis de sagesse ( une ou deux jolies répliques) et les décors sont ceux du bidonville où la seule activité est de tuer le temps, parfois avec des produits illicites….la mise en scène est élégante, le rythme soutenu et délicat, il y a des moments d bonheur qu’on peut ressentir chez ces gens ( gitans) qui nous donnent une petite leçon de vie, à leur manière….UN petit film que je conseille sans insister, pour le bonheur subtil, qu’il offre aux spectateurs.
Remarquable travail d'épure et de mise en correspondance qui hisse la chronique d'une petite communauté très pauvre et menacée vers une création bouleversante. Ni idéalisation béate ni pathos excessif mais une observation aiguë et maîtrisée des personnages et de l'action. Splendide.
Ce film est un rare portait sur la communauté gitane de Madrid, d'une justesse qui te bouleverse. La direction d'acteur (amateurs) est saisissante et l'image (de Rui Poças) est d'un réalisme cru. Guillermo Galoe est un de ces jeunes cinéastes qui faut absolument suivre.
Le jeune acteur qui joue Tonino a un indéniable charisme qui aurait envoûté Pasolini, mais cela ne suffit pas à pallier la minceur du scénario. Le film peut faire penser à "Affreux, sales et méchants" d'Ettore Scola, mais chez E. Scola, il y avait une histoire et l'on riait. Ici on a une succession de scènes tirées du quotidien d'un campement de gitans qui va être expulsé. Des chiens coursent un lièvre, des enfants capturent une iguane, des femmes bavardent chez la coiffeuse. Les images sont belles, mais ça s'arrête là.
Plus qu'une surprise, un véritable chef d'oeuvre ! Entre "les bêtes du sud sauvages" et "MUD" ce film nous plonge dans un monde sans cliché et passionnant.
Un film inspiré, d'une incroyable véracité, avec des idées de mise en scène qui pullulent, et un enjeu clair qui manque souvent aux films sociaux de cette qualité.
Premier long métrage de Guillermo Galoe et qui recueillent un avis très favorable de la critique...sur un scénario un peu lâche, on sent que le réalisateur s’est immergé six années dans cette Canada Réal, à Madrid, le plus grand bidonville d’Europe...et que sa fiction n’est pas « sur » mais « avec » les habitants de ce bidonville. spoiler: Ce qui fait penser au film « Mange tes morts » du français Jean-Charles Hue, qui s’était immergé dans une famille yéniche ou au « Loin de vous j’ai grandi » de la réalisatrice Marie Dumora, plus présenté comme un documentaire qu’un film de fiction.spoiler: ..et on peut se poser la question pour « Ciudad sin Sueno », tant la fiction se nourrit de l’approche rugueuse du documentaire. Tonino (Antonio Fernández Gabarre) a quinze ans, et vit en témoin le démantèlement en cours de son cadre de vie et de sa communauté rom, tout en disant adieu à son enfance. Alors il redouble de vitalité dans son quotidien, entre transmission des aînés, débrouille, bande de copains, dont son meilleur ami Bilal (Bilal Sedraoui), flirt naissant, course de lévriers et fascination pour les oiseaux. cela a beau être un bidonville, c’est aussi un espace de liberté...Tonino y fait courir sa chienne lévrier ...mais le filet se resserre...arrivent des promoteurs et leurs engins de destruction, Bilal doit s’exiler à Marseille...son grand père ferrailleur , le paî, vend sa chienne chérie Atomica à la baronne locale du crack qui règne sur une cour d’addicts...Son propre père prépare en douce l’aménagement de sa famille dans une barre d’HLM...adieu communauté chaleureuse ...Guillermo Galoe a travaille avec des acteurs non professionnels dans un environnement difficile sans eau ni électricité...Tonino crève l’écran , intense même dans son mutisme...le grand père , dur et tendre irradie le film ...Toutefois, en voulant représenter comment Tonino et Billal , voit l’univers à travers des filtres et des couleurs fascinants, que la mise en scène propulse sur grand écran, Guillermo Galoe use et abuse de ce procédé...Ce premier film qui s’avère enlevé et émouvant a reçu le prix de la société des auteurs et compositeurs dramatiques , à la semaine de la Critique à Cannes...
Entre fiction et documentaire, l'immersion dans ce quartier pauvre, en voie de disparition près de Madrid, est intéressante et surtout proposée d'un point de vue tout à fait original. Mais la part fictionnelle du film est bâtie sur un scénario trop faible pour retenir l'attention dans la durée. Ce qui provoque vite des temps d'ennui, une impression de longueurs.
Magnifique premier film qui nous emporte au sein du plus grand bidonville d'Europe théâtre de multiples histoires de vie, la photographie est superbe, les acteurs non-pro sidérants de naturel et un envoutant univers sonore enrobe le tout, en bref une pépite indé qui fait vraiment du bien !