Premier long métrage de Guillermo Galoe et qui recueillent un avis très favorable de la critique...sur un scénario un peu lâche, on sent que le réalisateur s’est immergé six années dans cette Canada Réal, à Madrid, le plus grand bidonville d’Europe...et que sa fiction n’est pas « sur » mais « avec » les habitants de ce bidonville.
Ce qui fait penser au film « Mange tes morts » du français Jean-Charles Hue, qui s’était immergé dans une famille yéniche ou au « Loin de vous j’ai grandi » de la réalisatrice Marie Dumora, plus présenté comme un documentaire qu’un film de fiction.
..et on peut se poser la question pour « Ciudad sin Sueno », tant la fiction se nourrit de l’approche rugueuse du documentaire. Tonino (Antonio Fernández Gabarre) a quinze ans, et vit en témoin le démantèlement en cours de son cadre de vie et de sa communauté rom, tout en disant adieu à son enfance. Alors il redouble de vitalité dans son quotidien, entre transmission des aînés, débrouille, bande de copains, dont son meilleur ami Bilal (Bilal Sedraoui), flirt naissant, course de lévriers et fascination pour les oiseaux. cela a beau être un bidonville, c’est aussi un espace de liberté...Tonino y fait courir sa chienne lévrier ...mais le filet se resserre...arrivent des promoteurs et leurs engins de destruction, Bilal doit s’exiler à Marseille...son grand père ferrailleur , le paî, vend sa chienne chérie Atomica à la baronne locale du crack qui règne sur une cour d’addicts...Son propre père prépare en douce l’aménagement de sa famille dans une barre d’HLM...adieu communauté chaleureuse ...Guillermo Galoe a travaille avec des acteurs non professionnels dans un environnement difficile sans eau ni électricité...Tonino crève l’écran , intense même dans son mutisme...le grand père , dur et tendre irradie le film ...Toutefois, en voulant représenter comment Tonino et Billal , voit l’univers à travers des filtres et des couleurs fascinants, que la mise en scène propulse sur grand écran, Guillermo Galoe use et abuse de ce procédé...Ce premier film qui s’avère enlevé et émouvant a reçu le prix de la société des auteurs et compositeurs dramatiques , à la semaine de la Critique à Cannes...