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Ahmed. M
5 critiques
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4,5
Publiée le 19 janvier 2026
Très bon film montrant les racines de l'occupation depuis 1936.
Basé sur des documents et images d'archives (commission William PEEL, manifestation de palestinien chrétien et musulman contre les confiscations des terres, les tortures par les britanniques .... )
La déclaration à la radio par la commission PEEL démontre que les arabes sont un peuple ouvert tolérant et accueillant, ce qui permettra aux juifs (martyrisés, chasser, persécuter depuis des décennies en Europe) de virer en paix sur ces terres.
Le sujet du film, peu traité, est tout à fait au cœur des enjeux géopolitiques actuels. Le film aurait eu tout à gagner d'une approche moins manichéenne. La beauté du cinéma, c'est effectivement de raconter un point de vue, une émotion, une sensation: ici, la sensation de dépossession. dans cette perspective, est-il pour autant nécessaire de faire l'économie des faits? spoiler: Le spectateur éclairé aura tout loisir de consulter les archives concernant les prises de paroles radiophoniques, et la correspondance du Grand Mufti de Jérusalem, Amin Al Husseini, leader de la Cause, avec les dirigeants du monde de cette époque, afin de se faire une idée plus précise de cette époque, et des enjeux du conflit.
Je trouve que ce film adopte un point de vue historique très discutable. Le traitement des faits me paraît orienté et manque, selon moi, de nuance et de rigueur. J’ai eu le sentiment d’assister davantage à un film engagé qu’à une œuvre réellement équilibrée sur le plan historique. Cela m’a amené à m’interroger sur les intentions qui ont guidé sa réalisation...
Si ce documentaire impressionne par la qualité de ses archives, il souffre d'un certain déséquilibre narratif. En se focalisant presque exclusivement sur la révolte arabe, la mise en scène finit par occulter une réalité essentielle : la présence juive (le Yichouv) n'est pas une simple pièce rapportée du mandat britannique, mais une composante autochtone et millénaire de cette terre.
Le bât blesse dans l'absence de perspective sur la légitimité historique de cette présence. Le film tend à présenter le mouvement sioniste comme un projet extérieur, omettant sa dimension de mouvement de renaissance nationale.
Concernant la Commission Peel de 1937, le film montre bien le refus arabe mais survole le fait que l'acceptation juive du partage représentait une concession territoriale majeure au profit de la paix. En résumé, c'est une œuvre visuellement riche mais historiquement partielle. À force d'omissions sur l'antériorité juive, le film risque d'imposer une vision binaire d'un conflit pourtant bien plus complexe. Utile pour les images, mais à compléter par d'autres sources pour une vision d'ensemble.
L’émotion de comprendre grâce a ce film que cette destruction systématique a commencé il y a plus d’un siècle. La colonisation est un crime contre l’humanité et nous entraîne dans un cercle infini d’horreur. L’humanité doit se réveiller de ces methodes
Comprendre l’origine même du conflit, la trahison britannique. Et l’oppression coloniale meurtrière. C’est si triste de voir que ce peuple ce fait opprimer depuis si longtemps sans aucune justice
Deux peuples pour une seule terre. Le conflit israélo-palestinien plonge, on le sait, ses racines dans l'histoire. La Palestine faisait partie de l'empire ottoman puis, après sa chute, fut placée sous protectorat britannique. Quelque Arabes y cohabitaient avec des Juifs de plus en plus nombreux qui, pour certains, venaient y réaliser la promesse millénariste de retour en Terre promise remise au goût du jour par le sionisme de Theodor Herzl. La cohabitation ne fut pas facile, les premiers reprochant aux seconds de s'arroger des terres qui ne leur appartenaient pas. Le colon britannique essaya maladroitement de tenir la part égale entre les deux parties.
C'est dans ce contexte qu'éclate en 1936 une rébellion. Elle réclame la fin de l'immigration sioniste et la création d'un Etat arabe indépendant. Elle se heurte à une violente réaction des Britanniques et plusieurs milliers de morts. Son issue politique sera la proposition de la Commission Peel de mettre un terme au mandat britannique et de créer deux Etats, juif et arabe.
C'est cette histoire en partie enfouie et pourtant déterminante qu'a choisi d'exhumer la réalisatrice palestinienne Annemarie Jacir. J'avais vu d'elle en 2018 "Wajib", qui se déroulait de nos jours à Nazareth. Pour raconter la révolte arabe de 1936, elle choisit la fresque et le film choral. Cette approche permet de rendre compte des différentes facettes de la révolte.
Elle nous montre les Palestiniens des villes et les Palestiniens des champs. Les premiers forment une élite éclairée qui hésite entre la collaboration et la résistance. C'est le couple formé par l'homme d'affaires Amir et son épouse féministe Khouloud. Les seconds se voient spoliés de leurs terres et sévèrement réprimés dès qu'ils expriment la moindre revendication. C'est Khalid (on reconnaît l'acteur palestinien Saleh Bakri qu'on reverra bientôt dans "Ce qu'il reste de nous") qui prend le maquis, le père Boulos, un pope, et Hanan (Hiam Abbas) la matriarche.
"Palestine 36" nous parle des Arabes, de leur oppression et de leur lutte, et des Britanniques, dont les différentes tendances sont personnifiées par les trois personnages du haut-commissaire (Jeremy Irons), du diplomate arabophile (Billy Howle) et de l'officier sadique et millénariste (Robert Aramayo). Les Juifs en sont absents, se réduisant à des silhouettes muettes observées de loin par les Arabes. Invisibilisation malsaine qui confine au négationnisme ? ou reflet du clivage qui existait à l'époque entre deux populations qui s'ignoraient absolument ?
Un film à la limite du documentaire historique, brillant, essentiel et nécessaire ! 2h d'histoire à mettre en parallèle aux 90 années écoulées depuis ces événements : l'oppression ininterrompue du peuple palestinien. Du grand cinéma engagé qui rappelle que le droit international devrait s'appliquer à tous !
Film très intéressant sur une période peu connue de l'histoire de la Palestine où la Grande Bretagne a contribué à la confiscation de terres palestiniens et à la répression féroce des Palestiniens qui protestaient
"Palestine 36" fait partie de ces films qui ont tendance à me laisser partagé entre 2 sentiments plus ou moins contradictoires. Il y a tout d'abord la satisfaction de voir un film qu'on sent destiné au grand public et qui montre que nous avons été trop longtemps l'objet de mensonges à propos de la création de l'état d'Israël, qui montre que la Palestine n'était pas du tout un territoire vide d'habitants, qu'on y trouvait des villages, de nombreux habitants et des terres cultivées par des paysans, qui montre donc que ce qui s'est passé est tout simplement une colonisation, une colonisation qui a commencé avant la 2ème guerre mondiale et qui a été encouragée par le comportement des britanniques. Par contre, à côté de cela, il y a le regret d'assister à un film dont le traitement est à la fois très (trop) hollywoodien et beaucoup trop brouillon. Par ailleurs, on s'amusera de constater que, dans la distribution, Jeremy Irons et Hiam Abbass sont mis en avant alors que l'une comme l'autre ont vraiment des rôles mineurs, les rôles les plus importants étant tenus par Saleh Bakri, Yasmine Al Massri, Jalal Altawil et Robert Aramayo.
Intéressant au plan thématique, mais desservi par un scénario choral trop en surface. Le montage qui repose trop souvent sur des plans courts mis trop vite bout à bout me paraît problématique au plan formel et me semble être l'aspect le moins réussi de " Palestine 36".
Film au sujet puissant, que je recommande malgré l'aspect formel ( la photo est par contre réussie ) et technique de cette réalisation qui me semble manquer de finition. Un peu dommage pour porter un tel sujet !