448 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
107 critiques spectateurs
5
38 critiques
4
22 critiques
3
11 critiques
2
10 critiques
1
9 critiques
0
17 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
CREOTIVEMEDIA
122 abonnés
407 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 2 septembre 2026
Palestine 36 revient sur un moment déterminant de l’histoire palestinienne : la grande révolte arabe de 1936-1939, déclenchée alors que la Palestine se trouve sous mandat britannique. Annemarie Jacir choisit d’aborder cette période non comme une simple reconstitution historique, mais à hauteur d’hommes et de femmes confrontés aux bouleversements politiques, sociaux et humains d’un territoire dont l’avenir est en train de se décider.
En 1936, la contestation contre l’administration britannique et les transformations qui traversent la Palestine prend une ampleur nouvelle. Les revendications d’indépendance se renforcent et la résistance s’organise. Dans ce contexte de tensions grandissantes, le film suit plusieurs trajectoires individuelles prises dans un mouvement historique qui les dépasse.
L’écriture d’Annemarie Jacir trouve précisément sa force dans cette articulation entre destin collectif et expériences personnelles. Plutôt que de transformer ses personnages en simples représentants d’un événement historique, la réalisatrice s’intéresse à leurs choix, leurs hésitations, leurs liens familiaux et aux conséquences très concrètes de l’engagement politique sur leur quotidien.
Cette approche permet à Palestine 36 d’éviter la froideur de la reconstitution académique. La grande Histoire demeure constamment présente, mais elle se manifeste dans les villages, les maisons, les conversations et les déplacements. Le film rappelle ainsi qu’une révolte ne se résume jamais à ses dirigeants ou à ses affrontements : elle bouleverse également ceux qui tentent simplement de continuer à travailler, aimer et protéger leur famille.
Hiam Abbass apporte au récit une présence remarquable. Son jeu, d’une grande économie, inscrit immédiatement son personnage dans cette mémoire collective que le film cherche à préserver. Kamel El Basha possède une intensité tout aussi importante, tandis que Jalal Altawil contribue à cette dimension chorale où plusieurs générations et sensibilités se confrontent.
La mise en scène privilégie les paysages et les espaces collectifs sans sacrifier l’intimité des personnages. Annemarie Jacir accorde une importance particulière aux lieux, à la terre et à la manière dont les individus y sont enracinés. Cette dimension géographique devient naturellement politique : lorsqu’un territoire est au cœur d’un conflit, habiter quelque part constitue déjà une question d’appartenance.
La réalisatrice prend également le temps d’exposer la complexité de la période. Le mandat britannique, les aspirations nationales palestiniennes et les différentes stratégies de résistance constituent l’arrière-plan d’un récit qui demande une certaine attention. Cette densité historique pourra parfois donner au film une dimension didactique, mais elle permet surtout de restituer une période rarement représentée au cinéma avec une telle ampleur.
Le regard porté sur 1936 résonne inévitablement avec l’histoire qui suivra. Le film n’a cependant pas besoin de constamment souligner ces correspondances : la connaissance du devenir de la région donne naturellement aux événements une dimension tragique supplémentaire.
Ambitieux, ample et profondément ancré dans la mémoire palestinienne, Palestine 36 réussit à conjuguer fresque historique et destins individuels. Annemarie Jacir restitue un épisode essentiel et encore trop peu connu de l’histoire du territoire sans perdre de vue ceux qui l’ont vécu. Porté notamment par la présence remarquable de Hiam Abbass, un film historique dense et nécessaire, qui fait de la mémoire l’un de ses principaux enjeux.
Le début est un peu lent mais cette page d'histoire permet de comprendre le début du conflit arabes/juifs Tous les personnages ont de la consistance : on ressent leur peur, leur colère ou leurs doutes. La violence est souvent plus suggérée que montrée : la finesse d'une femme réalisatrice peut-être ? Les archives intégrées au film lui donnent une puissance supplémentaire
La mise en scène de la réalisatrice Palestinienne Annemarie Jacir, le casting, le scénario, la photographie, les effets visuels, …, tous les aspects de « Palestine 1936 » sont maitrisés et rendent poignants, cette période de l’histoire d’un peuple progressivement dépossédé de ses terres ancestrales, puis dévalorisé et invisibilisé. Le récit interroge sur le choix à faire entre la lutte et la résistance passive lorsqu’on subit une agression. Dans ce cas, ni l’une ni l’autre n’ont porté leurs fruits, le combat étant bien trop inégal. Un film éprouvant mais magnifique à voir absolument.
Excellent film qui met la lumière sur un moment peu connu de l’histoire. Le cinéaste a eu l’intelligence de mêler des images de l’époque - version colorisée- avec des images filmées tournées avec un grain similaire et colorisées également. Mêlant ainsi la fiction et l’histoire pour donner encore plus de sens au propos. Cela met également en lumière le rôle du Royaume Uni dans ce conflit insoutenable qui perdure aujourd’hui. Personne, aucun peuple ne devrait être traité ainsi. Un film essentiel.
Les commentaires négatifs à ce film semblent uniquement être le fruit de personnes qui ne connaissent que trop peu la réalité des faits historiques qui se déroulent aujourd'hui et se sont déroulés hier en Palestine.
Ils se plaignent de la véracité historique? Voici donc un livre à lire (200 pages) Ilan Pappé, historien israélien critique du régime d'apartheid et de la politique de nettoyage ethnique mise en place par Israël "Brève histoire du conflit israélo-palestinien".
Très beau film qui rend hommage à la Palestine et ce qu'il en reste à présent aujourd'hui. Et d'une tristesse incroyable quand on sait quelles seront les conséquences pour le peuple Palestinien (La bande de Gaza représente 2 % de la Palestine sous l"occupation du gouvernement britannique de l"époque)
L'action était certes un peu lente par moment mais revient aux origines de la violence et le traitement des différents personnages et de leur tragique destin (par exemple ; spoiler: les nombreux crimes de guerre comme personnes bombés dans leur logements lors des destruction de ville ) tout comme leur trajectoire montre bien que les Palestiniens ne peuvent et n"essaient que de se défendre.
Il y a des sujets qui méritent de l'intelligence et de la subtilité. Le conflit israélo-arabe en fait partie. Mais dans ce film, il n'y a absolument aucune subtilité ! Annemarie Jacir a réalisé un film à charge, sans nuance. Elle en a le droit, tout artiste est légitime à dénoncer ce qui lui parait inacceptable. Par contre, tronquer l'histoire, n'en filmer que les facettes qui donnent à voir le monde à sa façon, est un procédé manipulateur et propagandaire. C'est ici totalement le cas. Ce film est pro-arabe et hypocritement antisémite (les Juifs sont peu cités mais présentés comme ceux qui manipulent les colons anglais... vous savez Balfour, Herzl, le protocole de la montagne de Sion, le complot juif, tout ça tout ça...). On est à ce niveau de réalisme historique ! C'est dire. Annemarie Jacir croit-elle vraiment aider la cause palestinienne en maltraitant l'histoire et en cherchant à manipuler les spectateurs ?! Ici, pas de Fayçal Ben Hussein ni de Chaim Weizmann, les accords de paix n'ont jamais existé, il n'y a que des gentils d'un côté et des méchants de l'autre. D'ailleurs, elle a mis Hadj Amin al-Husseini, le grand mufti de Jérusalem, dans le camp des gentils, oui ce religieux adorable qui n'était que douceur et amour... pour ses amis nazis. J'ai parlé "d'artiste" au début de cette critique. Soyons franc : Annemarie Jacir n'est pas une artiste. Elle est au cinéma ce que Patrick Sébastien est à la musique ; la mise en scène et la réalisation sont dignes d'un film de famille. Ce "film" n'est pas un raté, c'est un scandale.
Une fresque bouleversante et nécessaire sur une tragédie trop souvent oubliée
Palestine 36 n’est pas simplement un film historique : c’est un électrochoc. Une œuvre poignante qui plonge le spectateur dans une période charnière, souvent méconnue, mais dont les conséquences résonnent encore aujourd’hui avec une intensité troublante.
Le film dépeint avec une grande justesse la vie des Palestiniens dans les années 1930, pris dans un engrenage politique qui les dépasse totalement. Ce qui frappe, c’est la manière dont il humanise des populations trop souvent réduites à des chiffres ou à des slogans. Ici, ce sont des familles, des visages, des destins brisés. Leur souffrance n’est jamais caricaturale, elle est brute, silencieuse, et profondément injuste.
Mais là où le film prend toute sa force, c’est dans sa mise en lumière du rôle des autorités britanniques. Sans tomber dans la simplification, il montre clairement comment les décisions prises sous le mandat britannique ont contribué à semer les graines d’un conflit durable. Entre promesses contradictoires, gestion coloniale et aveuglement politique, le film met en évidence une responsabilité historique trop rarement abordée avec autant de clarté.
La réalisation est sobre, presque pudique, ce qui renforce encore l’impact émotionnel. Pas de surenchère, pas de manipulation : juste des faits, des vies, et une réalité difficile à regarder en face.
Palestine 36 est un film courageux, qui ne cherche pas à diviser mais à rappeler. À rappeler que derrière chaque conflit, il y a des décisions humaines, et surtout des conséquences humaines. C’est un devoir de mémoire, mais aussi une invitation à réfléchir avec nuance à l’histoire et à ses héritages.
Un film à voir absolument, pour comprendre, ressentir, et ne pas oublier.
Ce film nous offre une belle reconstitution de la Palestine des années 30, sous mandat britannique. D'un côté, Jérusalem, grande ville trépidante, avec sa bourgeoisie occidentalisée, de l'autre des villages rustiques, où la vie paysanne se déroule encore comme au Moyen-âge, entourés de coteaux cultivés en terrasses et de collines verdoyantes. Entre les deux mondes, navigue le jeune Yusuf qui côtoie le faste des invitations cosmopolites en ville, d'un côté, et de l'autre, la lutte grandissante des paysans pour se maintenir sur leurs terres. L'année 36 n'est pas choisie au hasard. C'est l'année où a éclaté la "grande révolte" arabe en vue de l'indépendance, que le mandat britannique a réprimé dans le sang.
A l'aide d'images d'archive et de décors minutieux, ce film historique braque la lumière sur les éléments de divergence entre Arabes et immigrés juifs, déjà conflictuels à l'époque. Les acteurs sont excellents, le ton toujours juste, les dialogues pertinents. 4/5
En revenant au moment charnière de la révolte arabe sous mandat britannique, Annemarie Jacir ambitionne la fresque autant que le geste de mémoire, mais choisit d’en passer par une forme épique et collective qui évacue l’intime au profit de trajectoires entremêlées. Yousef n’y est jamais un centre, plutôt un corps à travers lequel circule le récit. La mise en scène assume une subjectivité palestinienne qui donne au conflit une lisibilité immédiate, quitte à en arrondir les contours. L’histoire devient récit, et l’adversaire se réduit souvent à une silhouette tenue à distance, privée de parole, presque abstraite. Ce déséquilibre construit une force perceptive indéniable, mais il simplifie dans le même mouvement ce qu’il cherche à éclairer, troquant la complexité du réel contre l’efficacité du geste.
Cette tension se prolonge dans la reconstitution historique. Les décors, les costumes, les textures matérielles oscillent entre précision et approximation. L’insertion d’images d’archives colorisées accentue encore cet écart : ces fragments du réel viennent se greffer sur la fiction pour la légitimer, mais au lieu de produire une continuité, ils introduisent une rupture. L’archive, en quelque sorte, résiste à la fiction.
Palestine 36 n’est pas un film parfait, et ne cherche sans doute pas à l’être. Son ambition en constitue à la fois la force et la limite. En s’inscrivant dans une tradition où le cinéma devient un espace de résistance, il affirme une nécessité, mais à force de vouloir clarifier, il en vient parfois à simplifier. Et si le film laisse une impression d’inachevé, c’est peut-être moins par manque d’accomplissement que parce qu’il se confronte à une histoire qui, elle, ne cesse de se prolonger.
Film dur et utile! Une fois passé le premier quart du récit, où l'on est un peu perdu dans la profusion de personnages et de scènes qui s'enchaînent dans tous les sens, le film monte en puissance jusqu'à un final particulièrement poignant. L'ensemble a une vraie valeur documentaire, permettant d'offrir un éclairage sur ce qui s'est passé en Palestine en 1936, ouvrant la voie à une suite encore plus dramatique, et bien loin d'être finie, voire pire encore, 90 ans plus tard. L'ensemble est très bien réalisé, et les petites images d'époque colorisées, un peu déroutantes au début, apportent finalement un vrai plus. Seule petite réserve: le film ne raconte que le point de vue des palestiniens, avec les (très) méchants anglais, et les colons envahisseurs . Jetant un léger doute sur une certaine forme de manichéisme pour ceux, dont je suis, qui ne maitrisent pas parfaitement cette partie de l'histoire. Mais cela ne retire rien aux très grandes qualités de ce film, autant cinématographiques qu'historiques.
Beau film mais dure à encaisser surtout par les temps qui courent. On comprend mieux l’opportunisme des Juifs et l’hypocrisie des Rosbifs anglais. Mais les palestiniens ont également leur responsabilité dans cette perte d’indépendance dû à leur mésentente interne. Belle réalisation et reprise de vieux documents de l’époque. Jivss as go
« Palestine 36 » est un film absolument magistral, à la fois brûlant d’actualité et profondément ancré dans l’histoire, qui mérite largement l’enthousiasme qu’il suscite.
Un film émouvant sur un peuple martyr qui n'a pas fini de souffrir. J'espère qu'il permettra de prendre conscience de l'injustice et de l'horreur que subissent les Palestiniens.