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Hugo C.
9 abonnés
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3,5
Publiée le 30 septembre 2025
Grâce aux plans séquences fixes magnifiquement mis en scène, on sonde l’intériorité de personnages brisés par le régime ; en quête de vengeance, ils doutent de rendre la violence qui leur a été infligée.
Brillant. Une palme d'or bien méritée pour une œuvre qui allie des situations cocasse à une histoire politique qui donne des frissons. Une belle reussite
Je suis impressionnée par le talent du réalisateur qui réussit à nous tenir en haleine à partir d'une histoire simple (un ancien détenu qui tombe sur son bourreau), et en y ajoutant l'élément (le doute) qui va tout bousculer. Comme dans les films iraniens qui sortent en France, la dénonciation du régime est au centre. Mais les questions débattues sont universelles. Et concernent tous les spectateurs où qu'ils se trouvent. Film d'autant plus remarquable qu'il a été tourné dans des conditions difficiles. La scène finale est très forte. Et bravo pour le courage de toute l'équipe qui entoure le réalisateur.
Sujet très bien amené et bien traité. Réalisation excellente avec notamment, deux scènes absolument exceptionnelles : dans le désert et l’avant-derniere scène.. très grosse performance d’ acteurs dans ces deux scènes. On notera que le réalisateur n’attaque pas directement le régime, mais plutôt les tortionnaires qui s’appuient dessus.
Fidèle au cinéma iranien: incisif, dense, chargé d'émotions. Mais c'est surtout une œuvre d'art d'un courage politique fou, s'attaquant à la corruption institutionnalisée aux fondements du regime, et allant s'immiscer jusque dans les âmes. Le tout, sublimé par au moins 2 plans séquences dignes d'une tragédie de Racine. Quand on sait les risques encourus, ça force le respect et ça décroche une Palme d'Or.
Dilemme entre vengeance et justice Les dialogues sont ciselés Les acteurs sont magnifiques Que cette vie est difficile dans ce pays. Les personnages sont touchants
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3,5
Publiée le 17 décembre 2025
« Dieu l'a sûrement mis sur notre route pour une raison. » À la suite d'un accident avec un chien, deux hommes se croisent sans se voir mutuellement. Vahid n'aurait même pas eu besoin de le voir puisque le simple bruit de la jambe prothétique lui rappelle les pires moments de sa vie. Pour lui, c'est une chance d'obtenir justice ou plutôt de se faire justice et il ne veut pas laisser passer cette occasion... Un désir de vengeance qui s'accompagne de doutes qui ne font que retarder son envie de passer à l'acte. C'est sur ce choix difficile, ce dilemme moral, que Jafar Panahi construit son nouveau film avec des personnages qui se joignent en cours de route. Évidemment, le réalisateur va toujours plus loin que son sujet pour évoquer la vie sous le régime, la société patriarcale, la corruption, la bureaucratie ou encore la condition des femmes. S'il évite le thriller de vengeance standard, j'aurais bien aimé voir quelque chose de plus torturé et de moins lisse quand il s'agit de cette décision. Palme d'or à Cannes, "Yek tasadef sadeh" est un bon film, mais pas plus malgré une dernière image glaçante.
J’avais beaucoup aimé Ceci n’est pas un film et Taxi Téhéran, les deux seuls Panahi que j’avais pu voir en salle. J’étais donc très curieux de découvrir celui-ci, surtout après la pluie de prix récoltés partout, et cette première Palme d’or enfin décrochée.
Le film est profondément politique, une charge puissante et courageuse contre le régime iranien, mais aussi une vraie chronique de vengeance qui tient en haleine du début à la fin. La mise en scène est splendide, épurée mais percutante, et le scénario est parfaitement maîtrisé, inspiré de l’expérience personnelle du réalisateur en prison, ce qui rend le tout encore plus fort.
C’est tour à tour émouvant, dur, cruel, drôle et même absurde, mais jamais gratuit. Les personnages sont bien écrits, l’humanité traverse chaque plan, et le tournage clandestin en Iran donne une dimension encore plus forte à l’ensemble.
Bref, un grand film, lucide et bouleversant, et une Palme d’or totalement méritée pour un cinéaste qui continue de se battre, film après film.
Et voilà c'est fait ! Il manquait une Palme d'or au palmarès (très fourni) de Jafar Panahi et "Un simple accident" a comblé ce vide. Ce long métrage est dans la droite lignée de ses précédentes oeuvres. Un film assez intimiste et minimaliste. Peu de personnages, peu de lieux avec toujours cette sensation de proximité avec les protagonistes et l'action. Pour ce qui est de la forme, le réalisateur conserve une mise en scène soignée tout en faisant dans la sobriété. Panahi garde également son ton critique à l'égard du pouvoir iranien malgré les coups de pression. Ici, le cinéaste met des victimes de la puissance étatique et religieuse face à leur tortionnaire. L'occasion de libérer un peu plus la parole du peuple, de pointer du doigt cette violence étatique, ces absurdités et la corruption omniprésente. Un propos à la fois piquant et intelligent enrobé d'une atmosphère tout en tension. Un film typique du réalisateur qui n'en reste pas moins un très bon cru.
Vu en avant-première avec Allo Ciné. Comme souvent dans le cinéma iranien on démarre sur un rythme posé, lent, presque contemplatif. Mais ici l’originalité du scénario est qu’il aborde l’actualité sous un prisme indirect, très différent, en frontal. Un film très pensé, très structuré qui va confronter un bourreau des services policiers de renseignement à ses victimes, des ex-détenus qu’il avait torturé. Et cette rencontre serait le fruit : du pur hasard, de la fatalité, du destin ou de la volonté de Dieu . C’est déjà un des premiers postulat et/ou questionnement du film. Les ex-victimes vont se regrouper et enlever ce tortionnaire, dans un esprit de revanche et de punition. Par hasard. Mais la situation est complexe et chacun va réagir différemment à cette « opportunité de vengeance », extrême ou pas, et le principe du « pardon » va se poser pour certains d’entre eux. De beaux plans séquences qui prouvent la haute technicité de Jafar Panahi . Celui de l’ouverture est superbe, caméra frontale au volant posant astucieusement le thème du « hasard », ou celui du plan final resserré sur deux visages qui s’affrontent et se confrontent dans la pénombre, abordant le thème du pardon. Il y a aussi beaucoup d’humour, car ces anti-héros, confrontés à ce face à face inattendu, se comporteront souvent en « Pieds Nickelés ». Cet humour permet de prendre une certaine distanciation avec le fond assez noir, la description et le récit des tortures, et l’évocation détournée de la terrible situation politique de ce pays .
Ce film iranien explore frontalement le duel entre vengeance et pardon, et pose une vraie question : jusqu’où la violence peut-elle mener ? Pendant près d’1h50, on tente de percer le mystère de cet homme insaisissable. C’est prenant, souvent captivant, mais pas au niveau d’un véritable chef-d’œuvre — on pouvait en attendre davantage pour une Palme d’or. Cela reste malgré tout un très bon film, solide et marquant.
Des sentiments très partagés suite à la découverte de la Palme d'Or 2025.
Une séquence d'ouverture haletante et à la mise en scène impressionnante, un dernier quart d'heure incroyable d'intensité menant à une scène finale magistrale - un hors champ suspendu et insoutenable. Mais entre les deux, un film très irrégulier qui alterne scènes fortes et d'autres au ton beaucoup plus léger, dont l'intérêt questionne parfois.
Le scénario, pourtant bâti sur un double dilemme passionnant — reconnaître ou non le coupable, punir ou pardonner — peine à maintenir l’émotion et la tension sur la durée.
Il interroge néanmoins avec pertinence et finesse la frontière entre justice et vengeance, la culpabilité et la possibilité du pardon dans une société meurtrie par la violence politique et la corruption (idée géniale de la carte bleue).
Reste le débat du moment : le film méritait-il une Palme d’Or ? Il est tentant de penser que depuis la prise de parole de Juliette Binoche — présidente du jury cette année — pour réclamer la libération de Panahi en 2010, le choix du palmarès semblait écrit d’avance. Hypothèse plausible, mais peut-être un peu réductrice. Et à ceux qui jugeraient l’œuvre trop « simple » ou pas assez « ample » pour accéder à la plus haute distinction, l'on rappellera que si la Palme récompensait uniquement la virtuosité ou la flamboyance, des films comme Mommy ou 120 Battements par minute l’auraient remportée avant lui.
Malgré ses défauts, et même si le film est sans doute moins puissant que les précédents du réalisateur iranien, la Palme d'Or 2025 récompense ici non seulement un geste politique fort — le film a été tourné clandestinement — mais également un talent pour conjuguer mise en scène rigoureuse et thriller moral profondément humain, à défaut d'être haletant.
Film base sur les dérives religieuses dans un état islamique mais c ‘est du cinéma ;les gentils sont vraiment trop gentils Le film est bien fait le suspens bien construit
Une pamphlet politique et une réflexion sur le pardon. Le film est puissant. Les acteurs sont excellents et il y a des moments de thrillers virtuose. Pourtant c'est encore et toujours le même type de film iranien mis en avant par l'occident pour les mêmes raisons.