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Miguelithor
8 abonnés
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3,0
Publiée le 2 novembre 2025
spoiler: [LA PIRE PALME D'OR DEPUIS LONGTEMPS ?]
Ce film nous plonge au cœur d'un polar poignant qui mène l'enquête sur l'identité d'un bourreau issu du régime iranien. L'œuvre se déploie comme une fresque oppressante d'un pays qui étouffe sa population. Le récit se concentre sur les réactions des victimes lorsqu'elles recroisent inopinément leur tortionnaire, explorant ainsi les multiples manières de gérer le conflit intérieur et les différentes approches de sa résolution. Si le film se révèle relativement académique dans sa construction, il pèche par une mise en scène trop sage, réaliste et simpliste qui ne brille pas par son audace. Cependant, quelques trouvailles formelles, comme la métaphore du chien qui encadre l'histoire du début à la fin, témoignent d'une intention louable. La narration, plutôt linéaire, peine à capter l'attention dans un premier temps. C'est en son milieu que le film prend véritablement son envol, exploitant avec force le côté émotionnel des thématiques abordées : les conséquences dévastatrices de la répression d'un régime sur une population, le désarroi et le traumatisme liés à la torture, ou encore la vengeance exacerbée face à l'autoritarisme. La fin est particulièrement réussie, car elle est glaciale, ouverte et terriblement marquante. Au final, ce film est correct sans être transcendant. Il se révèle même une Palme d'Or assez oubliable, manquant du souffle nécessaire pour s'imposer durablement.
J'ai trouvé ce film symboliquement fort, car il pose la question de la vengeance : est-on légitime d'utiliser la violence contre ceux qui l'ont commise et répandue ? Chacun se fera sa propre réponse, car le film n'en donne pas vraiment une. Mais tout laisse à penser qu'il existe pire châtiment que les coups.
D'un point de vue filmique, je n'ai pas trouvé cette Palme d'or particulièrement novatrice. Toutefois, j'ai beaucoup apprécié la tension créée par le hors-champ (sonore et visuel). Dès le début du film, on nous annonce la couleur. Une route, un chien qui passe, un simple accident. Mais qu'on nous empêche de voir : seuls les sons guideront notre interprétation, tout comme ces prisonniers de guerre qui vécurent des semaines dans le noir et que les bruits de leur tortionnaire hantent encore...
C'est un film qui vaut la peine d'être vu, mais on aurait pu s'attendre à plus d'originalité dans le langage cinématographique pour une Palme d'or. S'il est vraiment intéressant, vous l'aurez compris, c'est pour ce questionnement politique et moral qu'il propose. Bien sûr, l'acte courageux de son réalisateur, qui l'a tourné en secret pour ne pas être censuré, ne fait qu'accroître la beauté de son geste artistique.
Vu grace au club des 300 un film que j'ai aimé sans l'adorer car je ne sais pas comment l'assimiler. En effet ce n'est pas une comédie mais certaines scènes prêtent à sourire. Le sujet est trop sérieux pour en rire même si on ne part pas d'une histoire réelle.
Prenant et haletant, Un simple accident pose un scénario simple mais efficace en Iran, comme Jafar Panahi le fait si souvent. Un homme retrouve son supposé tortionnaire, mais il ne connait pas son visage. Doit-il laisser la rage s'exprimer, vérifier que c'est la bonne personne ou faire la paix intérieure ? Des questions auxquelles Jafar Panahi essaye de répondre, tantôt avec une certaine justesse, tantôt dans une parodie de ce que les personnages sont censés être. On retient surtout la fin, cette scène foudroyante qui fait imaginer tout un tas de choses, des plus moches aux plus belles. En revanche, la Palme d'Or est peut-être excessive pour un film qui a des qualités, mais qui se laisse parfois tomber dans ses propres clichés.
Un simple accident – de Jafar Panahi, Palme d’or à Cannes. Un film bouleversant et d’une grande finesse. Sous l’apparence d’un simple drame, il dévoile les ravages qu’une dictature théologique peut infliger à notre humanité. La figure du mâle, ici incarnée par un bon père de famille en situation de handicap, rend la critique encore plus puissante, plus dérangeante. Ce film nous rappelle la situation de l’Iran, le combat des femmes iraniennes pour leur liberté, et combien nous les avons oubliées. Il nous renvoie aussi à nos propres contradictions, dans une société où refuser le voile peut parfois être perçu comme une forme d’intolérance. Allez voir ce film. Il nous parle de nous, de notre humanité, et de ce qu’il en reste quand la peur gouverne
On ne comprend pas au début pourquoi il veut tuer cet homme. Et puis on comprend qu’il doute et comment il va retrouver 4 personnes qui lui confirmeront s’il s’agit d’un ancien tortionnaire…
Bouleversant,un hymne à l'humanité plus forte que l''atmosphère est de plus en plus pesante avec une suite de personnages différents,plus une touche de !Par contre,la fin,libre à nous de l'écrire.
Remarquable de bout en bout. Jafar Panahi réussit à allier thriller, drame et comédie pour un résultat vraiment bluffant. Car oui, contre toute attente et contre toute logique (car le sujet du film est on ne peut plus dramatique), on se surprend à rire plusieurs fois pendant la projection. À l'inverse, on reste sidéré devant certaines scènes bouleversantes et anxiogènes. Palme d'Or entièrement méritée. D'autant plus que le film, critique ouverte du régime iranien, a été tourné clandestinement à Téhéran.
Plus qu’un film sur la vengeance, Un simple accident est une méditation sur le pouvoir de filmer quand tout est interdit, un manifeste pour ceux et surtout celles que le régime réduit au silence. Panahi fait du cinéma un acte d’émancipation collective, une réponse à la violence d’État et à la domination masculine. Un chef-d’œuvre où l’engagement politique se confond avec la compassion, et où la caméra, humble et obstinée, redonne aux femmes d’Iran et à tous les résistants leur place dans la lumière.
Dans "Un simple accident", Jafar Panahi n’accuse pas, il observe. Il installe ses personnages dans un espace suspendu, celui du doute : ont-ils vraiment reconnu la voix de leur bourreau ? Ce flou devient le cœur battant du film. Tout se joue dans l’ombre, dans ce qu’on devine plus qu’on ne voit. Panahi filme la vengeance comme une tentation tragique, la justice comme une ligne brisée. Sans effets ni éclats, il compose une œuvre d’une puissance tranquille, où l’absurde côtoie l’effroi, où chaque silence pèse le poids d’une nation bâillonnée. Magistral.
« Un simple accident » est un film iranien par son histoire très liée à celle du pays, son lieu de tournage et son équipe de tournage mais davantage un film français par son financement. D’ailleurs, il va représenter la France aux prochains Oscars après avoir obtenu la Palme d’Or au dernier Festival de Cannes. C’est une critique en règle d’un régime avec foi (il ne s’agit pas d’une erreur dans l’expression) ni loi. Mais, avec l’enlèvement de cet homme, le bien et le mal sont séparés par une frontière qui devient très floue. Malgré la gravité de l’histoire (que faire subir à son bourreau si on le retrouve ?), il y a quelques bons gags propres à la culture du pays liés à l’argent, qu’il soit extirpé pour des pourboires ou de la corruption. D’ailleurs, à se demander avec cette distribution continue de bakhchich, quel est le niveau de vie des iraniens puisqu’ils « dépensent » sans compter et quand il n’y a plus de cash, il y a toujours la carte bancaire (ironie)… La fin du film est extraordinaire : un grand moment de Cinéma ! Ce film a bien plus de mérite, dans la dénonciation, qu’« Une bataille après l’autre » sorti au Cinéma la semaine précédente. Voir les deux permet de les comparer. Malheureusement, « Un simple accident » aura moins de public au box-office que celui avec Leonardo DiCaprio en tête d’affiche.
Excellent film ! On attend un peu au début pour comprendre l’intrigue mais les acteurs sont excellents, très bonne mise en scène et très subtile fin! Bravo!
Ce film soulève plus de questions sur la peine de mort et se faire justice soi-même que sur la vie en Iran (une simple ponctuation où on verra quelques exemples de corruption). La mise en scène n'en demeure pas moins redoutable et diablement efficace.
Dans un pays comme l’Iran où il y a autant de bourreaux que de victimes quand deux citoyens se croisent l’un peut reconnaître les yeux de son tortionnaire. La plupart des réalisateurs du monde font leur travail sans contraintes, pas dans la république islamique, et le mot courage n’est pas usurpé quand on parle de Jafar Panahi qui tourne ses films sans autorisation et qui continue à habiter dans son pays. Le problème est que dans son œuvre je préfère l’invisible, le geste politique, au visible, le film que j’ai trouvé plutôt barbant.