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Hervé Granjean
1 abonné
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5,0
Publiée le 11 octobre 2025
Coup de poing cinématographique. Panahi nous a habitué a des bons films mais là il se surpasse. son rapport au temps et à l'image fait du bien dans un monde où les gens ne peuvent plus regarder une vidéo de 30 secondes. Film profond et sensible. A voir absolument.
Une situation intéressante qui voit un homme reconnaître ou penser reconnaître son bourreau. Et ensuite des thèmes abordés comme l'auto-justice, le doute, la paranoïa, voire le pardon au travers du portrait d'une société Iranienne ancré dans un système religieux totalitaire , ou tout le monde cherche a s'en sortir comme il peut. Tout cela s'avère intéressant, mais malgré des qualités d'interprétations et de mise en scène, il est difficile de s'enthousiasme pour la palme d'ir 2025 tant le film semble tendre a une analyse programmatique et previsible, sans vrai souffle. Le film intéresse mais n'emballe pas. On appréciera quand même cette fin ouverte quis dit beaucoup des traumas laissés aux citoyens de ce qui fut jadis une des plus grandes civilisation du monde.
Film pour cinéphile pointu. Cannes a (encore) récompensé cette année un film peu abordable, même austère et formellement très répétitif. Plusieurs personnes sont sorties avant la fin à la séance où j'étais. Si la peinture de la société iranienne est féroce spoiler: (corruption /extorsion systématique ), j'ai trouvé ce film très long avec beaucoup trop de plans séquence en caméra fixe et très bavard. Les conditions extrêmes dans lesquelles ce film est réalisé expliquent probablement cette économie de moyens.
Plus d'une heure 40 (si je décompte les quelques minutes d'entrée en matière nous conduisant au garage) de bavardages tendus que Panahi propose dans ce travail introspectif sur le fonctionnement de l'âme humaine autour de cette réflexion : pourra-t-on reconstruire une société si les victimes usent de la même violence que leurs bourreaux ? En écrivant celà, je ne spoile rien. À vous de recevoir le message comme vous le sentirez (forme et fond). Quant à moi, je suis obligé de reconnaître que j'attends bien, mais alors bien autre chose du cinéma. Du début à la fin, me suis profondément ennuyé (ne suis pas sorti car j'étais avec ma compagne). Le cinéma passe nécessairement, obligatoirement par un travail sur l'image, la photo. Or, cette règle d'or ne peut pas être observée par le travail de Panahi dans les conditions de tournage qui s'imposent à lui. Tout miser sur la force du texte ne peut pas répondre au cahier des charges du cinéma. Et que le milieu artistique puisse s'honorer de rendre hommage au réalisateur en lui attribuant la Palme d'Or ne changera rien au quotidien du peuple iranien puisque le Droit International consacre le principe du non-droit d'ingérence.
Ce film, minimaliste dans sa réalisation vu le tournage en Iran, m'a surprise par sa profondeur philosophique.. joué comme une comédie de Chaplin, c'est la question d'Anna Harendt sur le mal qui surgit ! Sur la différence entre le bourreau (le serait-il s'il n'était a la base un fonctionnaire entièrement dévoué a la cause de ses dirigeants) et la victime qui veut se venger ou celle qui demande réparation. Entendre un bourreau avouer est-ce suffisant ?
Sujet lourd mais ô combien éternel dans ce qui constitue le cheminement mental de victimes d’atrocités par rapport à leurs bourreaux. Ce film retrace avec justesse ce travail individuel et collectif qui demande aux belligérants de se confronter à leur propre humanité souillée par l'obscurantisme et la barbarie. Film poignant, intelligent, talentueux avec des acteurs à la hauteur de l’enjeu de cet exposé riche en rebondissements
On connait les combats de Jafar Panahi contre le régime des mollahs et son savoir-faire pour tourner des films qui disent sa colère, dénonce leur tyrannie tout en les mettant en garde sur la révolte qui gronde. SI Un simple accident est prenant comme un thriller, si quelques parenthèses pleines d’humour apportent un peu de répit dans le récit, le propos reste bien entendu grave, politique, mais porte surtout une profonde réflexion sur le sens du pardon. Plein de malice pour éviter la censure Jafar Panhi réalise clandestinement un road trip en van dans les rues de Téhéran, convoquant tour à tour absurdité et horreur, pour mieux explorer la définition de la légalité dans une société gangrénée par la corruption et corsetée par des lois abscondes ? Comment maitriser sa colère, ses envies de vengeance, ses pulsions les plus brutales pour surtout ne pas devenir l’égal de ses bourreaux ? Avec audace et maitrise il renvoie chacun face à sa conscience.
Le nouveau Panahi, palme d'or de cette année, est un film au propos politique fort. Tourné clandestinement, un simple accident est néanmoins extrêmement soigné en termes de mise en scène. Le scénario qui évoque la jeune fille et la mort de Polanski , sans être d'une grande originalité, regorge de scènes tantôt humoristiques tantôt grave. Un simple accident est un film libre tourné dans un cadre rigide. Rien que pour cela, il mérite d'être vu.
Ni prêche ni discours, Un simple accident avance comme un pamphlet lucide et désespérément humain. Panahi filme la vengeance, non comme une réponse, mais comme un poison lent. Il interroge la possibilité de la justice dans un pays rongé par la peur et la corruption, tout en refusant la haine comme unique é par une mise en scène d’une rigueur exemplaire et une conscience politique brûlante, Un simple accident transcende son contexte national pour devenir un film universel sur la dignité, la vengeance et le pardon. Un chef-d’œuvre de courage et d’humanité et sans doute « une Palme d’or tout sauf accidentelle ». Film de l'année.
Un film d une intelligence rare. Une palme d or largement méritée. Et des acteurs parfaits Les scènes de début et de fin sont par ailleurs incroyables.
Vu en VO au Katorza de Nantes le 9 octobre 25. Victime, puis bourreau, se trompe-t-on de vengeance ? ... Un film qui saisit aux tripes et parvient à nous tirer quelques rires par moments. Une réussite totale dans l'interprétation et la réalisation, la séquence de l'arbre vers la fin est particulièrement marquante ! Bravo ! Palme d'or méritée !
Je mets 5* car c'est vraiment un chef-d'œuvre ! C'est magistral et génial. Malgré les (et peut-être même grâce aux) contraintes de tournage : film quasi clandestin tourné avec des moyens vraiment minimaux, quasiment tout est genial ici. La trame et le propos humaniste subtil : comment victimes et tortionnaires peuvent-ils cohabiter dans un même pays ? Quelle réparation ou justice possibles : vengeance ? pardon ? repentir ? ... Les acteurs, les dialogues... La vitalité des scènes, entre théâtre et psychodrame. Le mélange réussi entre drame, suspense et burlesque, entre gravité et humour comique. On ne s'ennuie pas une seconde. On est ému et touché. Et on ne sort pas déprimé du film, malgré la gravité dramatique du sujet ! Au contraire, j'en suis ressorti serein et confiant, alors que je trouve toute l'actualité très anxiogène. Alors que son film est interdit en Iran, Jafar Panahi propose ici en filigrane un scénario plausible et fédérateur de l'après dictature religieuse actuelle et donc une voie de sortie autre que l'inversion de la violence et le chaos (bien vite récupéré par d'autres forces du mal...). Prophétie auto-réalisatrice ? Certainement... Allez voir ce film pour que cela arrive, et pour vous faire du bien !