The Plague
Note moyenne
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Didier Bonneville
Didier Bonneville

1 abonné 11 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 4 juin 2026
Film à l ambiance malsaine des pré ado en pension sans adultes avec des jeux sur la maltraitée. Le scénario n est pas crédible.. Pas d adultes que des garçons un problème de contagionpeut crédible ambiance sonore pénible aucun intérêt
selenie

7 460 abonnés 6 689 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 juin 2026
Charlie Polinger débute son film dans une immersion clinique et réaliste d'un stage de water-polo mais très vite il impose un virage vers le thriller psychologique jusqu'à initier des éléments du fantastique. Mais dans un premier temps on reste surtout perplexe par les enfants qui semblent obnubilés uniquement par le sexe et la jouissance (?!). Autant en 2026 après deux décennies de smartphone, de réseaux sociaux et d'internet ou pourrait en débattre on est loin de trouver ça convaincant, probant ou légitime pour ce film dont l'histoire est censé se dérouler en 2003 et c'est peu de le dire. La vraie force du film est cette façon de disséquer le processus du harcèlement, une mécanique qui fait froid dans le dos accentuer par une mise en scène clinique qui prend son temps et une bande-son inspiré du film d'horreur qui accentue la tension puis la sensation que le drame peut surgir à tout instant. L'autre excellent point repose sur les enfants qui ne surjouent jamais, qui oscillent toujours entre le naturel joueur en plan large et les instants figés où les regards ou les petits tics en disent si long. On est un peu décontenancé par le choix de la scène finale, comme une petite leur d'espoir qui ne correspond pas à la lente descente aux enfers que raconte pourtant le film.
Site : Selenie
69Ciel
69Ciel

1 abonné 46 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 juin 2026
Le réalisateur a choisi de traiter un sujet difficile, voire malaisant mais avec un tel brio qu'on ne peut qu'applaudir ! Unité de lieu, d'action, le temps d'un stage d'été, tous les ingrédients d'une tragédie d'adolescence....Un personnage de "méchant" ambivalent qu'on aimerait aimer... Casting juste, superbe réalisation, photographie magnifique, images sous l'eau claustrophobiques, musique étrange subaquatique... je ne taris pas d'éloges sur ce film.. Expérience nécessaire !
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

182 abonnés 589 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 juin 2026
Ai vu « The Plague » (La peste) du metteur en scène américain Charlie Polinger dont c’est le premier film. Le film a été présenté au Festival de Cannes 2025 dans la sélection Un Certain Regard et a obtenu le Grand Prix du jury et Prix de la Critique au Festival de Deauville, la même année. Polinger réussit avec maestria a créer un univers personnel qui mêle le thriller, le drame psychologique avec un brin de fantastique. Lors d’un stage de water-polo, nous suivons un groupe de jeunes adolescents entre 12 et 13 ans. Le réalisateur observe à la loupe comment dans un groupe, un individu prend le rôle de leader et comment celui-ci désigne une victime qui sera le bouc-émissaire. Jake (magnifique tête à claques Kayo Martin) propage la rumeur que le solitaire et un peu étrange Eli (Kenny Rasmussen) a la peste. Tout le groupe va le mettre à l’écart, le brimer… Ben (incroyable Everett Blunck) refuse de croire à cette rumeur, mais parce qu’il a un défaut de prononciation et qu’il est végétarien il à lui-même peur de devenir la prochaine cible du groupe impitoyable. Polinger filme dans la piscine d’entrainement avec une caméra sub-aquatique les jeunes garçons comme un banc de requins sauvages et inquiétants. Tout le film est dans un monochrome superbe de bleu-gris argenté. La métaphore est assez bien vue, lors de ce stage il faut absolument surnager à tout prix. Celui qui prend la tasse se noiera socialement. Un seul adulte est présent dans le casting, c’est Joel Edegerton en entraineur qui sort des sentiers battus. Le scénario est implacable et très bien construit. La musique apporte encore plus d’étrangeté et d’inquiétude par des choeurs contemporains à capella. La mise en scène est toujours inventive même si parfois elle peut être un peu répétitive et complaisante. La grande force de ce premier film est un casting hallucinant où les jeunes comédiens sont confrontés à une partitions délicate et subtile. Everett Blunck est une véritable révélation. Il est magnétique, très puissant dans son jeu et hypnotise le spectateur avec son visage polymorphe. Je suis impatient de revoir cet acteur qui a une très belle carrière devant lui. Un film brillant, fort et complexe qui décortique sans manichéïsme les phénomènes de la rumeur et du harcèlement scolaire. J’ai adoré.
ben desiles
ben desiles

56 abonnés 120 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 juin 2026
Bien que le film soit étiqueté "thriller", on est à la limite du film d'horreur. Le réalisateur sait manifestement qu'avec les pulsions sadiques qui les animent, des adolescents retenus dans un camp de vacances peuvent être plus effrayants encore que des créatures surnaturelles. Belle réflexion sur les peurs les plus archaïques qui nous animent face à l'étrangeté d'autrui.
Ufuk K

620 abonnés 1 740 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 juin 2026
"The Plague" récompensé l'an dernier au festival de Deauville (Grand Prix) est un thriller psychologique moyen dans l'ensemble. Le réalisateur américain Charlie Polinger livre avec son premier long-métrage une œuvre visuellement réussie et portée par de jeunes talents, mais qui s'avère malheureusement trop timide dans sa narration du harcèlement scolaire, laissant une impression de profondeur émotionnelle esquivée et une déception globale.
Jipéhel
Jipéhel

102 abonnés 625 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juin 2026
Rumeur et harcèlement

Le tout 1er intérêt du thriller de l’américain Charlie Polinger est de nous apprendre que son titre signifie « la peste » dans la langue de Molière et de Ribéry. Mais ce serait tout à fait injuste de réduire ces 97 minutes à cet aspect plus que prosaïque, car voilà un 1er film bluffant et d’une très grande originalité. Dans un camp d’été, la rumeur d’une peste se propage. Quand Ben refuse d'y croire, les frontières de la réalité se brouillent et un jeu impitoyable se déclenche entre les garçons. Tout est nouveau ici, le cadre, le thème et la réalisation pleine de surprises. A découvrir dès que possible ce drame qui a obtenu le Grand et le Prix de la Critique à Deauville.
De très nombreux films consacrés au passage à l’âge adulte, en particulier aux garçons, penchent du côté de la comédie ou de la nostalgie. Visiblement pour ce cinéaste, l’âge de 12 ans ressemblait davantage à un enfer d’anxiété sociale. Pour traduire ce mal-être, Polinger explore la violence et la vulnérabilité de l’enfance d’une manière inédite. L’action se situe dans un camp de vacances consacré aux sports nautiques, water-polo pour les gars, natation synchronisée pour les filles. 1ère originalité. C’est dans ce huis-clos que le scénario explore les dynamiques de pouvoir, la peur de l’humiliation, et on sent même que certains dialogues sentent l’expérience vécue. On retrouve les codes du film d’horreur, de la masculinité et du coming-of-age story. Le titre revêt plusieurs significations : le passage à l’adolescence à travers quelques éléments de film de genre, l'apparition d'un véritable problème de peau, etc. Toutefois, la véritable peste qui est traitée dans ce film, celle qui ronge et infeste ce cercle de jeunes garçons, correspond la tentation de devenir à leur tour des harceleurs pour ne pas être exclus. Quel que soit notre parcours de vie, le besoin de s’intégrer dans un groupe est un sujet universel qu’on peut retrouver à tout âge. La photographie – entre autres les plans sous-marins -, est parfaitement maîtrisée. Quant à l’aspect sinistre et désert des locaux illustre le manque d’humanité qui traverse le film.
Mais, le gros point fort est évidemment la direction d’acteurs qui est stupéfiante. Joel Edgerton – seul adulte du casting -, est entouré par une cohorte de jeunes acteurs qui promettent tous beaucoup, citons- en une bonne part, avec Everett Blunck, Kayo Martin, Kenny Rasmussen, Elliott Heffernan, Lucas Adler, Lennox Espy, Caden Burris… Ce film qui m’a fait penser à des titres comme Les Désarrois de l'élève Törless de Volker Schlöndorff ou le magnifique Un monde de Laura Wandel, se révèle d’une intensité terrifiante et bouleversante qui parle à tout le monde. A part son final, un tantinet faiblard, il y a peu de choses à reprocher à Charlie Polinger sont on attend le prochain film avec impatience.
RedArrow

1 884 abonnés 1 686 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juin 2026
Le silence sous l'eau d'une piscine. Puis le fracas des petits corps qui y plongent. Ceux d'une équipe de water-polo de pré-adolescents, dont les jambes ne cessent de remuer pour rester à la surface de l'eau mais aussi, et c'est là toute la symbolique qui ne quittera plus "The Plague", de se débattre pour juguler un mal-être où la cruauté d'autrui peut parfois engloutir sa propre quête de soi.

Récemment débarqué de Boston, Ben intègre ce camp d'entraînement de water-polo où il découvre que la plupart des élèves se sont ligués contre l'un des leurs, Eli, accusé d'être atteint de "la Peste" à cause de ses éruptions cutanées. Si, par souhait de se conformer aux comportements de la bande d'enfants (et plus particulièrement à celui de Jack, son exécrable leader), Ben accepte d'abord de participer au rejet perpétuel que subit Eli de la part de ses camarades, il devient vite très dur pour lui de l'accepter.

Doté d'une bande originale et d'une narration particulièrement anxiogènes, "The Plague" n'est pas à proprement parler un film de genre mais il est pourtant réalisé comme un thriller psychologique glaçant, où le pire menace d'arriver à tout instant. Nous mettant instantanément dans la peau du parfait outsider que représente son jeune héros Ben, Charlie Polinger nous convie à son intégration mouvementée à l'intérieur de ce qui peut s'apparenter à la hiérarchie d'une meute pré-pubère, gouvernée par les comportements puérils et leurs débordements plus ou moins conscients de groupe, où la recherche d'identité et d'acceptation en son sein passe par des discussions/défis futiles, des blagues nauséabondes aux accents virilistes (un groupe voisin de nageuses adolescentes est le centre de gravité de leurs remarques sexuelles débridées) et, surtout la destruction de l'autre si celui-ci ne choisit pas de se conformer aux règles établies ou présente une quelconque différence. Un système de caste ignoble donc, couvé dans l'entre-soi de l'enfance sur lequel les adultes n'ont aucune emprise malgré leurs règles et leurs leçons de morale (la position de l'entraîneur joué par Joel Edgerton, seul véritable socle et rempart adulte présent dans le le film, ne fait que se fragiliser au fil des évènements).

Devenu le bouc-émissaire de la bande de Jack à cause de simples problèmes de peau (que l'on imagine facilement imputable au stress permanent qu'il subit du fait des brimades), l'isolement au quotidien d'Eli le conduit, lui, à adopter des comportements de plus en plus étranges et anti-conformistes pour le commun des mortels, ce que le film traduit de façon très intelligente par une forme de spirale où son statut de "pestiféré" ne peut qu'amplifier son impossible remontée à la surface de sa solitude, le condamnant toujours plus à devenir un "freak" infréquentable aux yeux de tous.

Passé l'introduction de Ben à l'intérieur de la violence de ce système entretenue savamment par Jack en alpha se délectant de son statut de meneur, le regard plus rationnel du garçon va évidemment en faire aussi une anomalie toute désignée par sa compassion grandissante pour Eli et ainsi nous entraîner à assister peu à peu à sa déchéance vis-à-vis du groupe.
Écartelé entre le besoin de se forger une identité à travers l'aliénation de la meute et sa nature autrement plus sensible (juste humaine et éclairée) qui le place de facto à sa marge, la "contamination" dont va être victime Ben entraîne "The Plague" vers de véritables sommets d'une noirceur implacable, traitant le déboussolement identitaire brutal de son jeune héros comme une perte de repères quasi-schizophrénique, adulte, littéralement traduite par un final d'une puissance folle où, au discours de reproches sous couvert d'auto-analyse suivra une géniale séquence dévastatrice, une forme de transe en parallèle d'une autre, signature d'un point de non-retour que l'on savait presque inéluctable dans la montée en puissance des évènements.

Cette histoire méritait donc bien d'être racontée comme Charlie Polinger l'aborde, par le prisme d'une vision de l'horreur sociale brute et parfois trop insoupçonnée qui peut gouverner les plus jeunes sous les œillères que se met le monde adulte à leur égard. On sort de "The Plague" comme infecté par le marasme de tortures psychologiques subies par Ben, à terre, décontenancé... Le signe d'un film décidément pas comme les autres, ayant réussi à nous engloutir avec lui sans que l'on puisse se débattre à notre tour.
The CritizMan
The CritizMan

62 abonnés 306 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 3 juin 2026
THE PLAGUE de Charlie Polinger est le genre de film qui ne dure qu’1h35… mais qui donne l’impression d’en faire 2h30. Le rythme est poussif, les scènes s’étirent sans véritable progression et l’ensemble peine à maintenir l’intérêt sur la durée.

Le plus frustrant reste son impression d’inachèvement. Le scénario semble constamment préparer quelque chose sans jamais réellement aller au bout de ses idées. Plusieurs pistes sont lancées puis abandonnées, laissant la sensation de regarder un brouillon plutôt qu’une œuvre pleinement aboutie.

À cela s’ajoute une pauvreté d’idées assez marquante. Malgré un concept qui pouvait laisser espérer une réflexion ou quelques propositions originales, le film tourne rapidement en rond et recycle des éléments déjà vus sans leur apporter de véritable valeur ajoutée.
Chilou
Chilou

5 abonnés 85 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 juin 2026
Poussif et mou du genou. Psychologie de bazar à la Dolto avec des pré ados hormonés . Les gosses jouent néanmoins pas mal et les prises de vues aquatiques sont plutôt réussies. Sinon bof
Joce2012
Joce2012

264 abonnés 761 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 juin 2026
Terrifiant, scotchant, ce film est un chef d'œuvre dans la mise en scène, le scénario et les interprétations, il touche des sujets importants et le ressenti des sentiments est présent à tout moment
noodles2
noodles2

115 abonnés 115 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juin 2026
je m'attendais a voir un film sur une pandémie au sein d'une école, alors qu'il s'agit d'un huit clos sur le Harcèlement scolaire filmé comme un quasi film d'horreur.
On pense à Sa Majesté des mouches bien entendu, mais aussi à Éléphant de Gus Van sant (la caméra qui suit de dos les ados) à Full Metal Jacket aussi (pas besoin d'expliquer pourquoi.) . Le film très anxiogène et angoissant ne laisse pas indifférent et nous rappelle que l'adolescence est pour beaucoup qui l'ont vécu une partie de non plaisir absolue !
Chapeau à la direction d'acteurs, tous les protagonistes et les 2 rôles principaux particulièrement sont tout a fait bluffant d'intensité et de justesse
velocio

1 543 abonnés 3 519 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 3 juin 2026
Le harcèlement scolaire : un sujet important, assez souvent traité au cinéma, parfois de façon remarquable comme dans "Después de Lucía", film de 2012 de Michel Franco ! Mais pourquoi le réalisateur américain Charlie Polinger a-t-il chois d'en faire un film qui tourne au fantastique, qui se rapproche d'un film d'horreur ? Pourquoi, surtout, l'avoir rendu particulièrement malsain ? Pourquoi, surtout, l'avoir rendu rendre si ennuyeux ?
Cinememories

596 abonnés 1 673 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 juin 2026
La peste n’a pas besoin d’exister pour faire des dégâts, il suffit qu’un groupe décide d’y croire. Révélé à Un Certain Regard en 2025, The Plague est un thriller tendu sur la mécanique du harcèlement chez des garçons de douze ans : comment la violence s’organise, se légitime, se transmet et ce qu’il en coûte de la regarder sans bouger.

« Les corps ne mentent jamais. Dans la scène d'ouverture de The Plague, de jeunes garçons nagent sur place dans une piscine. Une contreplongée symbolique les observe battre des jambes pour ne pas se noyer, leurs têtes décapitées en apparence par la surface de l'eau, de simples corps en suspension, livrés à une physique implacable. C'est toute la mécanique du film en une image : tenir à flot dans un milieu qui vous dépasse, ou périr. »

« Et tout comme dans Un monde de Laura Wandel, le film expose avec efficacité la cruauté frontale et sous-jacente d'une masculinité en cours de construction. Et elle est brutale précisément parce qu'elle se cherche encore. Polinger convoque une adolescence désabusée et névrosée pour en étudier la complicité toxique, sans jamais réduire ses personnages à des archétypes. Eli n'est pas qu'une victime, c'est aussi un personnage complet, fascinant, presque insaisissable. Et Ben, lui, est pris en otage par les conventions sociales administrées par Jake, garçon de douze ans aux accents de gourou dont le pouvoir de persuasion sidère autant qu'il inquiète. »

« C'est là le vrai sujet moral du film : Ben endosse à la fois la casquette de victime et celle du déni. Il ne veut pas devenir l'un de ces garçons, mais il savoure ce que ça fait d'en être un. Ce déchirement, entre le besoin d'appartenance et ses propres codes moraux, est le moteur dramatique le plus puissant de The Plague, et il ne retombe jamais dans la facilité d'une résolution morale trop nette jusqu'à, presque, la fin. »

« Pourtant, The Plague n'en reste pas moins une œuvre d'une maîtrise formelle fascinante, dont la puissance dans la représentation du harcèlement et de ses mécaniques dépasse largement ces imperfections. Polinger filme l'enfance masculine sans nostalgie ni complaisance, avec la rigueur froide de celui qui sait exactement ce qu'il cherche à dire. Et quand les lumières se rallument, on réalise que l'on a, comme Ben, battu des jambes tout au long du film pour ne pas couler, sans jamais être tout à fait certain d'avoir vraiment touché le fond. »

Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Cadreum
Cadreum

62 abonnés 804 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 juin 2026
The Plague est le premier long métrage de Charlie Polinger, présenté à Cannes dans la section Un Certain Regard en 2025 puis à Deauville. Le film, tourné pour des raisons économiques en Roumanie, prend pour décor un camp d’été consacré au water‑polo masculin, au début des années 2000. À première vue, il s’agit d’un récit préadolescent : Ben, 12 ans, garçon sensible et un peu gauche, tente de trouver sa place dans un groupe où la hiérarchie des corps, de la performance et de l’appartenance sociale décide de tout. Mais très vite, Ben découvre alors les règles tacites du camp (humiliations ritualisées, virilités en formation, micro‑pouvoirs) jusqu’à tomber sur le jeu cruel qui structure la dynamique du groupe : l’ostracisation d’Eli, l’enfant « bizarre » à qui les autres attribuent « la peste ». Toucher Eli, c’est être contaminé ; le perdre de vue, c’est risquer d’être exclu à son tour. Pris entre son empathie naturelle et la terreur de perdre son statut, Ben se débat entre le désir d’appartenir et la peur de devenir complice.

Polinger montre la mécanique de manière de cette exclusion. D'abord, la scène inaugurale dans la piscine est le premier moment où « la peste » circule. C’est là que Jake (leader du groupe) désigne Eli comme porteur de la maladie et explique à Ben, mi‑ravi mi‑sadique, que « son cerveau va devenir de la purée » s’il le touche. Ces mots agissent comme un patient zéro symbolique : un mot, un rire, un regard suffisent à imposer une règle invisible. Ben, encore flottant entre empathie et désir d’intégration, intériorise immédiatement cette menace. La scène fonctionne comme un baptême négatif : l’eau, censée égaliser les corps, devient le milieu où la hiérarchie se fabrique.

Plus tard, au réfectoire, la mécanique de la stigmatisation se durcit. Eli s’assoit seul, et lorsqu’un contact accidentel se produit (son plateau frôle celui de Ben) le groupe réagit comme si un virus venait d’être libéré. Les garçons reculent, rient, se moquent. Jake orchestre la scène comme un petit chef de meute, transformant un contact en preuve de contamination. Ben, pris au piège, hésite une seconde de trop : ce temps mort suffit à l’exposer. La scène montre comment la « peste » se propage par la peur d’être associé au mauvais corps, par la terreur de perdre sa place dans la hiérarchie.

La scène des douches marque le point de non‑retour. Cet espace devient l'endroit révélateur des angoisses de Ben. Les garçons s’écartent d’Eli comme d’un contaminé, dessinant autour de lui une zone de quarantaine improvisée. Jake pousse Ben à « prouver » qu’il n’a pas la peste, et le test prend la forme d’un rituel humiliant où il doit choisir entre défendre Eli ou sauver sa propre peau. Polinger filme ce moment comme un quasi‑jump scare moral : un plan serré sur le visage de Ben, un son qui se coupe, un geste trop brusque… et la bascule se produit. Ben, paniqué, commet un acte qui le rapproche des autres garçons tout en le trahissant lui‑même. C’est la scène où la peste n’est plus Eli, mais ce que Ben accepte de devenir pour appartenir.

Ce qui est prodigieux dans The Plague, c’est la conviction avec laquelle les enfants adhèrent au mythe de la contamination. Ben en est l’exemple le plus évident. Au début, il rit nerveusement lorsque Jake lui explique la règle — toucher Eli, c’est attraper « la peste » — mais il suffit d’un contact accidentel, d’un regard insistant du groupe, pour qu’un doute réel s’installe. Dans la scène du dortoir, lorsqu’il croit avoir été en contact plus tôt : il palpe son propre corps, vérifie sa respiration, et l’on voit Ben glisser de la rationalité à la panique. Ce n’est pas qu’il croit vraiment à une maladie, il croit à la possibilité d’être exclu, et cette peur-là est suffisamment réelle pour contaminer tout le reste. C’est ainsi que la « peste » devient une croyance incarnée, un virus psychique (même visible à force de persuasion) qui s’attrape par mimétisme, par solitude, par désir d’appartenir.

Au milieu du film, le coach réunit les garçons pour leur montrer une vidéo de matchs professionnels, censée illustrer « l’esprit d’équipe ». Mais la scène se retourne contre son intention : les garçons ricanent, se bousculent, détournent chaque image en prétexte à la moquerie. Ben, assis au deuxième rang, tente de suivre les consignes, mais Jake lui murmure des commentaires venimeux à l’oreille, testant sa loyauté. Lorsque le coach s’emporte « Vos actions ne sont pas neutres ! » la phrase résonne mais personne n’entend. La scène marque un tournant : l’autorité adulte, pourtant bien intentionnée, se révèle impuissante (manque de savoir) à enrayer la contagion sociale qui circule entre les enfants.

La musique et l’eau forment dans The Plague un diptyque sensoriel qui structure toute la mise en scène. La partition de Johan Lenox, saturée de voix hachées, de nappes étouffées et de pulsations irrégulières, épouse l’état intérieur de Ben, oscillant entre immersion et suffocation. Aussi l’eau, omniprésente, est le véritable langage du film : elle égalise les corps mais révèle les hiérarchies, elle protège et menace, elle absorbe les cris et renvoie les peurs.

Aussi le film ne construit pas des méchants univoques, mais comme les maillons d’une chaîne où chaque acte violent n’est jamais que la répercussion d’un mal antérieur. Même Jake peut être pris en pitié lorsqu'on le voit interagir avec son père. Ainsi la cruauté que l’on croit gratuite se révèle nourrie par une blessure, une peur, une humiliation.

Le film se révèle d’autant plus impressionnant qu’il repose presque entièrement sur une troupe d’enfants. Everett Blunck, dans le rôle de Ben, habite son personnage — ses épaules rentrées, ses regards fuyants, ses micro‑tensions disent plus que n’importe quel dialogue. Kayo Martin, en Jake, trouve un équilibre entre charme enfantin et cruauté instinctive. Kenny Rasmussen, en Eli, apporte une douceur maladroite qui rend son isolement d’autant plus insoutenable. Même Joel Edgerton, pourtant adulte parmi eux, adopte une retenue qui laisse toute la place aux enfants.

The Plague est brillant parce qu’il parvient à condenser, dans un dispositif d’apparence simple, la facilité avec laquelle une communauté fabrique son propre mal, par peur, par conformisme et par désir d’ordre. Charlie Polinger filme avec précision la manière dont un espace formateur peut devenir le terreau d’une « épidémie » de haine et d’exclusion, nourrie autant par les gestes violents que par les silences complices.
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