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3,0
Publiée le 4 février 2026
Ben arrive dans un camp d'été sur les sports aquatiques avec l'espoir de se faire accepter. Un sentiment naturel qui va passer par un dilemme auquel un enfant ne devrait pas être confronté. Manger ou être mangé, Ben doit choisir un camp dans ce cadre hostile où le seul adulte à l'écran ne fait pas grand-chose pour maintenir l'ordre. Une absence, notamment lors des scènes de nuit, qui renforce le pouvoir de domination de ces brutes. Pour autant, Charlie Polinger ne tombe pas dans la facilité de la violence physique gratuite. Son histoire est plus nuancée même s'il s'agit d'une mission de destruction de la part de cette bande. L'impact est surtout psychologique à travers la confusion autour de cette maladie de peau qui crée une psychose dans le camp. L'idée de la peste est bonne, mais trop sous-développée pour rendre cette allégorie de l'horreur corporelle pertinente ou marquante. On en revient toujours au même point et c'est répétitif sur la durée. "The Plague" est parfois dérangeant, mais ce n'est jamais un film coup de poing. Au final, c'est pas mal et très bien incarné par les jeunes acteurs.
Au cinéma, la puberté est un passage souvent traité sous forme de récit d'apprentissage, comme une période instable, certes, mais ouverte à tout le champ des possibles. Fort de sa propre et douloureuse expérience de préadolescent au début des années 2000, Charlie Polinger brosse un tableau plus terrifiant de cet âge ingrat, accentué encore par la notion de groupe en huis clos, avec ses mécanismes sournois, en l'occurrence pour un stage d'été de water-polo. Peu de choses à voir avec Palombella rosa, donc, et une atmosphère tendue, à base de harcèlement, en guise de parcours, aux confins du fantastique, de l'épouvante et de l'horreur corporelle. Un film assez convaincant dans l'ensemble, si l'on prend le parti d'adhérer à sa dimension de conte horrifique et assez remarquablement interprété, alors que les adultes sont absents du film, hormis Joel Edgerton, dans un rôle peu important, comme pour symboliser que ce qui se trame dans le groupe de garçons est voué à y rester, à commencer par la cruauté concomitante à la vie commune. Si le film a des qualités intrinsèques indéniables, il se caractérise cependant, et c'est un reproche, par une stylisation extrême, tant dans l'image (des squales dans la piscine) que dans ses stridences sonores. Il arrive que le réalisme de certaines scènes soit ainsi court-circuité par un maniérisme quelque peu exagéré, au risque de désincarner son propos.
Une critique bien soignée sur le thème du harcèlement entre adolescents, ici dans le cadre d'un camp de water-polo. Le film nous décrit bien le « fonctionnement » de cet harcèlement, à travers une pseudo maladie contagieuse qu'ils appellent « La Peste ». Entre envie de s'intégrer, culpabilité, violence, jugement des autres ou encore haine d'autrui, ce thriller se révèle être efficace grâce à une ambiance et une bande son anxiogène. Une découverte marquante. Mon blog : cinephile critique
"The Plague" est un récit troublant et sensoriel autour d'un adolescent de douze ans progressivement marginalisé par ses camarades. Ce qui commence comme un jeu d’exclusion ritualisé devient peu à peu une mécanique psychologique ambiguë, d’autant plus que le garçon finit par douter lui-même de la nature de cette mise à l’écart. La frontière entre blague collective et réalité menaçante se brouille jusqu’à installer un malaise constant. La mise en scène est l’un des grands atouts du film. Le réalisateur filme le camp de water-polo comme un espace clos, presque étouffant malgré les piscines et les extérieurs. Le jeune Everett Blunck impressionne particulièrement dans le rôle central. Son jeu repose sur une vulnérabilité contenue, une incompréhension silencieuse qui rend son personnage profondément touchant. Une œuvre envoûtante et parfois inconfortable, qui transforme un simple jeu cruel en expérience psychologique troublante.
Quelque part entre Carrie au bal du Diable et Black Swan, version water-polo masculin juvénile, The Plague est une claque qu'on n'a pas vu venir. Les gamins sont tous (sans aucune exception) formidables, ils portent l'intensité du film à chaque seconde, l'histoire oscille joliment entre ostracisation réaliste et cruelle, et conte fantastique ("la Peste", cette fable racontée par les gosses, qui justifie l'acharnement contre leur victime, et à laquelle on finit par croire malgré nous... Il sont forts, ces gamins), tout cela pour de l'eczéma dégénératif... Sauf qu'en bon sujet dermato, on sait que l'eczéma sort surtout en cas de stress, et là, le film prend tout son sens... La tension est plus que palpable, les gamins sont excellents pour créer le malaise, la victime a une bonne tête de souffre-douleur (il le fait trop bien), et le héros pris en étau entre bourreaux et victime est une subtilité bienvenue (il n'a pas envie de devenir le nouveau "pestiféré", et qui peut le lui reprocher ?). Quelques scènes font mal (quand spoiler: la victime pète un câble et se mutile... Vu deux fois en festivals, à chaque fois : un silence de mort dans la salle), et le final est l'apothéose de tout ce qui n'allait pas (spoiler: l'un des voyous est récupéré par son père, et on sent qu'il se lâchait car à la maison il est loin de se marrer... La victime se fait saigner abondamment, le coach est paumé, et le héros se met à tourner, tourner, tourner, pour oublier tout ce bazar : quelle fin, mes aïeux, quelle fin). Aussi, le mixage-son est à souligner pour créer le malaise, les prises de vues sont souvent à contempler (oh, le beau plan inversé pour regarder de la nat' synchro comme on ne l'a jamais vue), et on ne peut que se prosterner devant le jeu d'acteur des gamins, tous absolument parfaits. Tout ça pour une histoire d'eczéma, on est mal à l'aise, on se gratte tiens... Aurait-on la Peste ?
Alors que le monde passe au ralenti en pleine pandémie de Covid, Charlie Polinger a le malheur de contracter le virus et se retrouve en quarantaine chez ses parents, dans la chambre qu'il occupait durant sa jeunesse. Pendant ce séjour particulier, il retrouve le journal qu'il tenait dans son adolescence, et un passage en particulier le bouleverse. Celui d'un camp d'été entre garçons, qui lui renvoie une foule de souvenirs et déclenche naturellement l'inspiration de celui qui n'est pas encore passé dans le grand bain. C'est d'ailleurs l'image forte du long-métrage, tous ces corps s'agitant sous l'eau alors qu'à la surface tout semble tranquille. Métaphore éloquente de cet âge où la puberté montre ses premiers signes mais ce n'est pas la seule. Et la seconde fait littéralement passer The Plague dans une sphère, beaucoup plus angoissante. Polinger observe les mécanismes derrière les brimades, humiliations et le harcèlement qui pourrissent la vie d'innombrables enfants. L'empathie se place instantanément du côté d'Eli, la tête de turc de la petite troupe, et de Ben qui tente de s'intégrer sans prendre parti. En choisissant l'idée d'une contamination pour illustrer les comportements sociaux dans un groupe de garçons de douze ans, le réalisateur renvoie autant aux comportements inconscients de jeunes adolescents qui entrainent les autres qu'aux coups infligés et aux marques laissées sur le corps de leurs cibles. Pour de nombreux spectateurs, la séance sera éminemment difficile. Polinger utilise des codes qui renvoient au cinéma d'épouvante, avec ces décors austères, ces couleurs désaturées, et le ton résolument cru du long-métrage (en plus des renvois à Full Metal Jacket). Mais c'est aussi parce que le récit fera forcément écho au passé de chacun. The Plague a en plus la chance de compter une distribution phénoménale, avec les brillants Everett Blunck, Kenny Rasmussen et Kayo Martin. Comme vous l'aurez compris, c'est plutôt un bon film. Mais pas des plus agréables à regarder. En tout cas, il pourrait très bien servir de support pour des ateliers au sein des établissements scolaires car il donne à réfléchir.
Pouvant s'inscrire dans la lignée de classiques comme «Carrie au bal du Diable» ou d'œuvres plus récentes comme «Morse» et «Un Monde», ce premier film signé par l'américain Charlie Polinger et se déroulant dans un camp de water-polo pour garçons au début des années 2000, s'avère être une plongée assez glaçante dans l'engrenage du harcèlement scolaire (un sujet qui me tient tout particulièrement à cœur, ayant moi-même développé un court-métrage sur la même thématique. D'ailleurs, si jamais vous connaissez une boîte de production qui serait intéressée par un film de genre au sujet sociétal, faites-moi signe. En vous remerciant d'avance. Fin de la parenthèse).
Thriller horrifico-psychologique à l'ambiance formelle particulièrement soignée (à l'image de ses scènes aquatiques, hypnotisantes et oppressantes à la fois) et pouvant compter sur un casting de jeunes acteurs pour le moins prometteurs, Polinger nous y dépeint l'adolescence masculine comme une étape de transition (transformation des corps, éveil sexuel), mais aussi comme un âge fragile comme cruel, avec ses rituels cherchant à humilier et exclure celui qui s'avère être "différent" aux yeux du groupe.
Ici, la "peste" dont il est question dans le titre, est une métaphore de ce harcèlement de groupe, se propageant sur le corps du jeune Ben à mesure que les rumeurs sur sa personne grandissent et qu'il se retrouve de plus en plus moqué et rejeté par le reste de ses "coéquipiers". Un protagoniste à l'écriture volontairement ambiguë, à la fois victime mais aussi complice "malgré lui" de cette même spirale paranoïaque et injuste qui s'auto-alimente et semble ne pas connaître de véritable issue. Un personnage "différent" pas si différent des autres, craignant le rejet et voulant rester dans la meute. Un personnage se retrouvant obsédé par ce que les autres peuvent penser de lui. Un personnage tentant de garder la tête hors de l'eau, mais coulant progressivement, par la faute des autres, mais aussi un peu de la sienne.
Malgré quelques questionnements sur le déroulé de l'histoire (comme la quasi-absence d'adultes pour encadrer/surveiller tous ces mineurs) et une partie finale qui se termine un peu trop rapidement, trop facilement, et à laquelle il m'a manqué une touche de radicalité supplémentaire, «The Plague» reste un premier film sensoriel et solide, impeccablement mis en images, cernant et décortiquant avec justesse un fléau sociétal qui n'est pas prêt de s'épuiser, malheureusement.
Récompensée par le Grand Prix et le Prix du Public au dernier Festival de Deauville, cette œuvre immersive et dérangeante vient faire rimer marginalisation et contamination, et nous démontre une nouvelle fois que la période de l'adolescence constitue encore et toujours un terreau fertile pour le cinéma, tous genres confondus.
«Obsession» était le film horrifique du mois de mai. «The Plague» sera-t-il celui de ce mois de juin ? Il y a des chances. 7,5/10.
La masculinité toxique à l'adolescence (la très jeune adolescence ici) : The Plague montre un internat de sportifs (water-polo) dans lequel un bouc-émissaire est harcelé. Un nouveau venu va intégrer le groupe puis être ostracisé à son tour. Sur des choix musicaux et esthétiques particulièrement réussis (on pense au Gus van Sant de la grande époque), ce drame bouleverse malgré ses maladresses.
Un bon Film, sur la violence Psychologique de l'adolescence, de ses actes, de ses mots et surtout sur ses histoires de rumeurs, qui peuvent faire très mal et emmener ses personnages très loin !
Thriller psychologique d'une justesse et d'une rigueur formelle impressionnantes. Le film réussit parfaitement son pari : instaurer de bout en bout un climat d'inconfort et de suspicion permanente qui bouscule profondément le spectateur. Cette atmosphère pesante doit énormément à la performance de son très jeune casting qui fait preuve d'une maturité de jeu remarquable. Avec beaucoup de finesse, sans jamais tomber dans le voyeurisme, le scénario décortique les mécanismes invisibles du harcèlement, la perversité des dynamiques de groupe et la fragilité mentale à l'aube de l'adolescence. Une proposition de cinéma indépendante, austère mais marquante. Pour prolonger la réflexion sur ce huis clos aquatique, vous pouvez jeter un œil à la Bande-annonce officielle de THE PLAGUE, qui pose parfaitement l'ambiance et montre un aperçu de l'intensité dramatique portée par ces jeunes acteurs.
Que ce soit dans sa gestion de la tension, ou dans l'immersion qu'il provoque, POLINGER développe un moment de cinéma à fleur de peau, très radical autant dans la forme que dans le fond, une vraie proposition de mise en scène à hauteur d'enfant, aussi violente que révélatrice
Parmi les nombreux films consacrés au harcèlement scolaire, The Plague parvient à trouver une voie singulière, en choisissant de traiter ce sujet en empruntant aux codes du film d’horreur pour transformer une contamination imaginaire en métaphore des mécanismes d’exclusion.
Le film impressionne d’abord par sa maîtrise. Pour un premier long métrage, la mise en scène affiche une assurance remarquable. La tension s’installe progressivement, presque insidieusement, jusqu’à devenir étouffante. Le cinéaste joue habilement avec les codes du body horror : plaques sur la peau, démangeaisons, corps qui se transforment, sons inquiétants qui viennent envahir l’espace sonore. Certaines séquences sont même suffisamment inconfortables pour donner envie de détourner le regard.
Ce qui fonctionne le mieux reste sans doute la façon dont le film capte ce moment fragile de l’adolescence où l’appartenance au groupe devient une question de survie. The Plague parle autant du harcèlement que du conformisme, de la honte et de cette peur panique d’être celui que les autres considèrent comme différent.
Les trois jeunes interprètes principaux sont remarquables. D’un côté, le harceleur, parfaitement intégré, populaire, toujours souriant, tellement à l’aise dans ses baskets qu’il peut tout se permettre (autour de lui, d'autres adolescents composent un groupe inquiétant, justement parce que le réalisateur a l'intelligence de ne pas les faire ressembler à une bande de bourreaux caricaturaux). De l’autre, le garçon rejeté, dont l’isolement finit peu à peu par modifier le comportement et renforcer encore son exclusion. Entre les deux, un personnage tiraillé, désireux d’appartenir au groupe dominant tout en conservant une forme d’empathie pour celui qui en est victime.
L'ensemble n’échappe pas néanmoins à certaines limites. Son habillage, très travaillé, finit parfois par prendre le dessus sur son propos. Et à un peu trop accentuer ses effets de style, le film révèle un côté un peu "poseur".
The Plague s’impose comme un film tendu, original et souvent saisissant, qui parvient à aborder un sujet grave sans lourdeur démonstrative.
Je ne suis pas rentré dans le film, assez malsain et lent. On attend on attend et il ne se passe pas grand chose. La mise en scène est assez irritante (les plans, la musique). Dommage
Plongée dans une colonie de water-polo avec des adolescents projetés sous l'eau comme des torpilles dès la première scène. Dans le groupe, il y a le leader, Jake, une petite fripouille qui saisit immédiatement les défauts chez les autres, ici un problème d'élocution, là une personnalité bizarre. Il choisit ses ouailles, trie dans le paquet, et ceux qui n'adhèrent pas à la dictature du groupe, comme Eli, deviennent les pestiférés, les malades, les victimes de cette fameuse peste qui les rend infréquentables. Le héros, lui, doit vite prendre parti : le confort du groupe, ou le risque de la solidarité avec les plus faibles, comme ces animaux qu'il défend avec son végétarisme. On devine très vite le sous-texte ou la métaphore sur le harcèlement scolaire, sur la force d'attraction du groupe, sur le courage d'assumer ses différences. The Plague nous dit la violence de savoir s'accepter quand on ne ressemble pas aux autres. Rien de bien nouveau ici. Mais de quelle manière nous le dit-il...
Que d'idées de cinéma dans ce The Plague, de plans marquants, de séquences magistrales, appuyées par une musique électronique angoissante. Les corps sont des formes indistinctes et effrayantes sous l'eau. La piscine, les couloirs, les vestiaires deviennent des cadres à haut potentiel horrifique. On se sent oppressés, brutalisés. Les textures révulsent, les bruits inquiètent, les regards vous hantent.
Les références à Shining et à Black Swan confirment l'ambition de ce primo réalisateur qu'il faudra absolument suivre : que le film renouvelle, ne serait-ce qu'un peu, l'héritage des grands cinéastes. À son échelle, il y parvient sans aucun doute.