Disons le d’emblée et sans ambages, ce film est d’un ennui profond et surtout d’une lourdeur abyssale. Déception, étonnement, alors qu'Agnès Jaoui nous a habitués à plus de finesse et de connivence. Mais que vient donc faire le génial Mozart, sa musique intemporelle dans cette galère ? D’insupportables longueurs dans le récit, le scénario patine - on pourrait aisément amputer aux trois quarts ce pensum prétentieux, vulgaire même par moments, et alléger le cabotinage inutile, voire ridicule de Mme Jaoui...- les cheveux dans le dos jusqu’aux fesses, à un certain âge, ça ne passe plus non? il n’est plus possible de jouer les ondines ni les fausses jeunes coquettes... même si sa pondération est la bienvenue. Autodérision? - A voir.
En tout cas, pas l'ombre d'un argumentaire sérieux en vue ? qui aurait pu être construit sur un sujet dépassant et transcendant l'opéra et ses codes, les époques, la représentation littéraire aussi, et les débats socioculturels, et ce, de manière plus subtile, mais plutôt des querelles de comptoir entre des personnages caricaturaux, et sans consistance aucune, ou des prises de position hésitantes. Est-ce volontaire pour marquer l'outrance? On hésite, on balance, on est dans le doute...
Le motif principal du 'délit' paraît fabriqué, incompréhensible d’ailleurs, pour justifier à propos - mais là plutôt mal à propos -, des prises de position à la mode, version féministe contemporain, et MeToo, hors sujet et plaqué sur un opéra qui n’a vraiment rien demandé. Serait-on d’ailleurs presque à la limite du contresens? l’absurde et le grotesque ne sont pas loin dans cette hystérie courroucée, ou pleurnicheuse, c’est selon, et les deux très mal jouées de plus. Auteuil, chef d’orchestre couard et sans relief ne sauve pas le propos, dommage, car il est crédible dans son costume de chef. Quant à la mise en scène, là, on reste sans voix... les phallus étaient-ils vraiment utiles pour confondre... quoi d'ailleurs? le réel sujet des violences sexuelles ne prête pas vraiment à rire.
Pauvre Mozart, pauvre Beaumarchais, pauvre Da Ponte, et enfin pauvre Jean-Pierre Bacri, paix à son âme, auquel cette mauvaise farce est dédiée en hommage posthume. C’est d’un navrant à peine supportable, pas vraiment drôle, même si certains spectateurs y trouvent à rire ? Une démonstration en semelles de plomb... Il reste à fermer les yeux et attendre dans l’obscurité que passent deux heures.