L'Objet du délit
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277 critiques spectateurs

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Gonzague Steenkiste
Gonzague Steenkiste

31 abonnés 48 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 15 juin 2026
Au début de cette semaine je m'enthousiasmait pour Vivaldi et Moi, un film que je considère comme une bonne synthèse entre film musical, film historique, film à thèse et comédie dramatique.

Que dire de L'Objet du Délit et de ce qu'a voulu faire Agnès Jaoui pendant 2 heures 15 ?

Un film musical autour de l'opéra  Les Noces de Figaro?
Grotesque avec ces acteurs doublés, et l'opéra qui semble être ici un alibi.

Un film sur le mouvement Me Too ? On peut se poser la question de ce qu'elle veut en faire :

La condamnation d'un mouvement contestataire et féministe?

Un exutoire contre certains excès, une diversion ?

Dans le film, elle se représente dans la position hiératique d'une femme prenant de l'âge, ayant une reconnaissance établie et incapable de révolte, ne souhaitant que de se positionner avec condescendance comme au dessus de toutes et tous.
Elle joue donc le rôle d'une cantatrice figée...et finalement inutile.
Elle semble juste se soulager et confirmer son rôle de statue du commandeur en n'intervenant jamais.

Beaumarchais dans les Noces de Figaro, voulait dénoncer les privilèges liés aux conditions sociales et au sexe.

Jaoui, ici semble nous dire exactement le contraire.
Aujourd'hui les rôles seraient inversés et ce serait les femmes, les sans grades qui auraient le pouvoir. Les hommes, ceux qui décident avec l'argent ne seraient plus que des victimes ou de grands enfants inoffensifs.
Je vous laisse donc juger de la teneur de son propos...

Je préfère donc Vivaldi et moi, qui malgré une action se passant il y a trois siècles, critique au moins le patriarcat, la violence que l'homme peut exercer sur la femme et son emprise hier comme aujourd'hui.

Agnès Jaoui se fourvoie dans la construction d'une mise en scène boursouflée et sans rythme, un peu comme le spectacle d'opéra dont elle veut présenter les difficultés. 
Des tensions, des défections, des mauvaises intentions de départ,de la mésentente des protagonistes, elle semble vouloir dire qu'on peut en tirer un chef d'oeuvre, un peu comme par magie !

Pas sûr du tout pour ce coup là, la concernant.
Même la scène finale de l'opéra de Mozart servant de fin du film est d'un grotesque sans nom avec une mise en scène idiote et démagogique .
Marina Zanconato
Marina Zanconato

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 juin 2026
Petit traité des différents points de vue post #metoo autour d'un même évènement ; wokistes vs universalistes ou plus simplement les vieux vs les jeunes.
On ne peut s'empêcher de penser à la polémique il y a quelques années au sein d'un comité d'actrices dont faisait partie Agnès Jaoui : agression sexuelle ou pas agression sexuelle ?
C'est ici transposé dans l'univers de l'opéra et c'est un régal. Bien vu, complexe et léger. Sur tout le chemin du retour, j'ai chantonné Les Noces de Figaro et je suis restée jusqu'à la fin du film. Ça vaut bien 5 étoiles !
NineLou22
NineLou22

8 abonnés 86 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 juin 2026
Une réussite ! On retrouve la "patte" d'Agnès Jaoui qui met en présence des personnages aux antipodes sur fond des coulisses (fort intéressantes) de la préparation des Noces de Figaro. Confrontation du passé avec un opéra quelque peu sous l'égide du marivaudage à l'heure de Met too et du tribunal médiatique qui semble mettre une chappe de plomb sur les rapports hommes/femmes. La confrontation entre passé et présent est poussée jusqu'à l'absurde. Sans nier la souffrance des femmes victimes, le film nous fait entrevoir tous les angles d'observation du sujet. Daniel Auteuil est excellent en chef d'orchestre quelque peu lâche, le personnage joué par Agnès Jaoui tente de garder son bon sens quand le chaos survient et Claire Chust est la personne ad hoc pour jouer une metteuse en scène à la fois persuadée du bien-fondé de sa mise en scène, à vraie dire originale ,et maladroite au possible. Le film est également servi par de nombreux seconds rôles très bien interprétés. Comme dans les précédents films d'Agnès Jaoui, à nous de nous faire une opinion. Difficile de ne pas rire aux éclats devant certaines scènes épiques qui nous rappellent que tout n'est pas forcément noir ou blanc. Une certaine dédramatisation à prendre avec des pincettes, chaque cas dans la réalité étant particulier, mais un film qui fait du bien et que je recommande aussi aux amoureux de l'opéra.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 16 juin 2026
Un film ennuyeux. La promesse d’une intrigue autour d’une accusation d’agression sexuelle n’est pas tenue, puisque celle-ci n’arrive que dans la deuxième moitié du film. Le film aurait pu s’attarder sur d’autres histoires en parallèles mais il ne fait le choix de s’attarder que sur cette accusation d’agression sexuelle. On ne comprend pas ce que certaines scènes viennent faire dans ce film. C’est décousu…
SYLVIE B.
SYLVIE B.

32 abonnés 220 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 juin 2026
Ce film traite de la violence faite aux femmes. Une comédienne de l'opéra que monte une jeune star des réseaux. est victime de violence et s'en émeut, le montage est perturbé et tout s'emmêle à cause de la réaction "exagérée" de la comédienne. Ce film dénonce les excès des femmes dans ces affaires, excès ou pas
M_wombat
M_wombat

33 abonnés 146 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 mai 2026
Un film sur une "confrontation" de générations avec la délicatesse d'Agnes Jaoui. Un bon casting et quelques saillies de dialogues mais l'ensemble est trop long..... Aujourd'hui rare sont les films de moins de 2h
remyll
remyll

266 abonnés 585 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 juin 2026
Pardon Pardon Pardon : j’ai revu le film ce soir, et je modifie profondément mon texte initialement vraiment inapproprié.

Beaucoup de passages très amusants. Le contexte du mouvement « Me too » rapporté au secteur des chanteurs lyriques est disséqué avec l’œil coquin, amusé, sincère et quelque peu désabusé d’Agnès Jaoui, et c’est très bien vu.

Lorsqu’un brillant ténor italien se voit accusé « d’agression sexuelle » pour des gestes considérés comme inappropriés et même scandaleux (!) lors d’une scène des « Noces de Figaro » où la passion amoureuse est supposée s’exprimer à la fois en chants et en gestes sur scène par les chanteurs lyriques : on frise le ridicule complet. Mais bon….

Le film est EXCELLENT
k6daine
k6daine

1 abonné 21 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 juin 2026
Rarement vu un film aussi brillant sur les relations hommes femmes à l’ère de MeToo. La star d’un opéra qui ne fait qu’obéir aux indications de sa metteuse en scène (influenceuse aux milliers de vue Instagram) se voit accusé de « geste inapproprié », et c’est parti pour un film drôle, pétillant, chantant, où tous les acteurs et actrices jouent leur partition à merveille. Le meilleur film d’Agnes Jaoui depuis le Goût des Autres. J’ai bien envie de le revoir pour ne me concentrer que sur les dialogues. Bravo Agnès Jaoui !
selenie

7 466 abonnés 6 699 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 juin 2026
Dans un monde post-#MeToo dominé par un féminisme woke aussi intolérant que castrateur le sujet du féminisme dans sa globalité et des violences sexuelles est une gageure d'autant plus quand il est abordé par le prisme de la comédie chorale. Au lieu de placer son récit dans un film dans le film cette fois elle choisit l'"opéra dans le film", un art assez rare dans le genre et dont on apprécie d'autant plus le choix comme mise en abyme. Dès le départ on remarque le bel équilibre entre les gags de situations et les dialogues ciselés, on s'amuse des réactions plus ou moins subtils, parfois en arrière-plan et souvent à peine perceptible, et on savoure les répliques parfois cinglantes et/ou très souvent au double sens et plus ou moins évocatrices. La force du film réside dans son équilibre, laissant la place à toutes les voix et toutes les opinions où on remarque surtout comme chacun et chacune a une perception bien différente des choses, dont celle qui frappe le plus les esprits, les féministes qui accusent avec hystérie en partant du principe qu'elles ont raison, les autres torts, et que dans ce cas la présomption d'innocence ne vaut pas. Rarement on aura vu un film aussi impartial et lucide sur ces sujets, d'autant plus remarquable que Agnès Jaoui est une féministe de gauche mais qui a su percevoir les nuances du féminisme, qui dénonce les violences et/ou les maladresses des hommes sans pour autant taper sur toute la virilité ou tout le machisme inhérent à la gent masculine. Un film plein d'acuité, juste et pertinent, mais aussi drôle, tendre avec une légère pointe d'espoir avec ne prime, ne l'oublions pas, une magnifique partie opéra...
Site : Selenie
traversay1

4 509 abonnés 5 410 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 juin 2026
Jean-Pierre Bacri n'étant plus là, hélas, nous ne saurons jamais ce qu'aurait donné L'objet du délit avec sa contribution au côté d'Agnès Jaoui. Cette dernière ne se fera pas que des amis avec ce film choral, véritable plongée dans un chaos opératique déclenché par un geste inapproprié à moins que ce ne soit une véritable agression sexuelle. Les avis des témoins et surtout de ceux ou celles qui n'ont rien vu divergent, c'est le moins que l'on puisse dire, dans cet air du temps plutôt vicié dans les rapports entre les hommes et les femmes, au sein duquel il est fortement conseillé de prendre parti, sans barguigner. La réalisatrice observe ce microcosme désorienté avec malice et délectation, entre néoféministes, hommes déconstruits et tenants du monde d'avant. Le film frise délibérément la caricature pour mieux épingler, Agnès Jaoui se réservant une position médiane au côté d'un vieux singe qui ne fait plus de grimaces (Daniel Auteuil, somptueux). Dans cette cacophonie que le film rend plutôt bien, avec des excès maîtrisés, Mozart n'en peut mais et c'est aux répétitions de l'os de Figaro que nous sommes conviés, le plaisir de la musique parvenant quand même à adoucir quelque peu les mœurs. Sur le fond et dans les situations exposées, ce ne sont pas les nuances qui prédominent, mais le récit reste plus que tenu, notamment grâce à l'interprétation et à la dynamique de troupe, malgré tout. Il y a de sévères dissonances dans ce tableau collectif, ma non troppo.
velocio

1 547 abonnés 3 521 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 mai 2026
Lorsqu'on sort de la représentation d'un opéra ou d'une pièce de théâtre, lorsque la "troupe" vient et revient sur scène se faire applaudir, lorsque les membres de cette troupe sont tout sourire et se congratulent, on n'a aucune idée de ce qui a pu se passer pendant les répétitions. Même si ce n'est pas ce qu'il y a de plus important dans ce film d'Agnès Jaoui, présenté hors-compétition au tout récent Festival de Cannes, "L'objet du délit" nous montre que, en amont de la représentation, tout n'a pas été forcément un long fleuve tranquille. S'il fallait rapprocher ce film d'un autre film, ce serait de "Fjord", la Palme d'or 2026. En effet, ces 2 films abordent des sujets importants, la maltraitance des enfants et les agressions sexuelles subies par les femmes, et, dans les 2 films, est posée la question de savoir s'il arrive qu'on aille trop loin dans la défense des enfants et des femmes. Celles et ceux qui ont vu ces 2 films comprendront ce que je veux dire en parlant d'aller trop loin ! Question posée sans que le réalisateur et la réalisatrice tranchent de façon évidente. Dans "L'objet du délit" on suit le travail effectué pendant les répétitions de l'opéra "Les noces de Figaro" qui doit être joué dans les carrières de Lacoste, dans le Vaucluse. Sur ces répétitions plane la menace d'une révélation que compte faire une actrice lyrique : 10 noms d'hommes l'ayant agressée sexuellement dans le passé, ce qui inquiète fort Igor, le chef d'orchestre, qui a peur de faire partie de ces 10 noms. Et voilà qu'en plus, le baryton italien Piazzoni, l'interprète du comte Almaviva, est accusé de s'être permis des gestes inappropriés envers l'interprète de Suzanne lors d'une répétition. Sans donner de réponse, le film interroge sur les difficultés à mettre en scène une œuvre datant d'une époque où les hommes avaient tous les droits, y compris le droit de cuissage, si le metteur en scène ou la metteuse en scène omet de mettre les choses à plat dès le début avec les interprètes. Souvent drôle, le film parle aussi du rôle que peuvent jouer des hommes dans le cadre du mouvement féministe et de cette tendance à faire appel à des gens connus, des influenceurs par exemple, pour essayer d'attirer des spectateurs alors que ces gens connus n'ont aucune expérience dans ce qu'on leur demande de faire. Ayant elle-même fait des mises en scène d'opéras, Agnès Jaoui connait bien ce milieu et cela se sent. Dans la distribution, j'ai particulièrement apprécié la prestations de Eye Haïdara, que je connaissais peu, et de Claire Chust que je ne connaissais pas du tout, et qui sont excellentes. On terminera en précisant qu'Agnès Joaoui, qui a dédié son film à Jean-Pierre Baccri, n'a pas manqué de se faire plaisir et de nous faire plaisir en filmant quelques scènes de "les noces de Figaro" jouées par la "troupe" dans les carrières de Lacoste.
islander29

1 039 abonnés 2 696 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 juin 2026
Quelle bonne surprise. Agnès Jaoui, accorde beaucoup d’importance à la convivialité, et son film le prouve….Quelle belle valeur, dans un film subtil et interprété avec beaucoup de bonheur, on le sent.
Le scénario rend hommage aux acteurs, actrices, mais aussi à L’Opéra, sous la houlette du génial Mozart. ( Les Noces de Figaro)….On sera donc gratifié à al fin du film, d’une sublime morceau d’Opéra. Pour le reste l’intrigue est minimaliste, mais les dialogues font qu’on est accroché, à cette troupe de théâtre et à ses déboires….Le casting est à la hauteur ( Agnès Jaoui, Daniel Auteuil, Jacques Weber) et une kyrielle de jeunes acteurs plutôt prometteurs…. Vive le théâtre, donc, le film fonctionne comme une pièce. Et Vive l’inspirante Agnès Joui, qui nous prouve son talent de film en film. Dommage que ses films soient trop rares. J’ai aimé la dédicace finale à Jean Pierre….J’espère que tout là haut, il y a des salles de cinéma.
Loïck G.

394 abonnés 1 832 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 juin 2026
C’est un film assez complexe dans ses intentions, et qui malgré tout mène cahin-caha son projet jusqu’au bout . Célébrer le travail créateur de tout saltimbanque, en impliquant la communauté artistique dans ses propres dérives. Voire les harcèlements et agressions sexuels . Pour en parler et surtout débattre de l’attitude de tout un chacun, , via #Metoo, Agnès Jaoui se saisit de l’opéra de Mozart « Les Noces de Figaro » . Résumons : un comte entend déflorer la jeune Suzanne avant qu’elle ne se marie avec Figaro. Des coulisses aux répétitions, la question de savoir si l’œuvre est de portée féministe interfère au cœur même de la troupe intergénérationnelle. Où le célèbre baryton se permet d’aller bien au-delà des convenances avec sa jeune partenaire. Le problème est ainsi posé et débattu .Dans la confusion et la confrontation, l’art parait donner le la d’un diapason enfin commun à tous. Ce qui explique peut-être la nuance apportée à une fin plutôt heureuse, voire facile, quand elle n’est pas en contradiction avec la profondeur du film. L'affiche est parfaite.
missfanfan
missfanfan

112 abonnés 891 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 juin 2026
Bon en allant voir le film je savais à quoi m'attendre la dernière demie heure est un peu moyenne ,pour le reste j'ai trouvé ce film très bon Daniel Auteuil est comme le bon vin il se bonifie en vieillissant et ses moment trop rares avec Agnès Jaoui parfait ,si on excepte Aye Ahydara toujours médiocre actrice et quelques grosse ficelles la distribution était très bonne après c'est au goùt de chacun
eduboisgeoffroy
eduboisgeoffroy

66 abonnés 106 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 mai 2026
L’Objet du délit, d’Agnès Jaoui, est un film d’une grande intelligence d’écriture et de mise en scène. On y retrouve cette manière très particulière qu’a Jaoui d’aimer ses personnages, même lorsqu’ils se trompent, lorsqu’ils se défendent mal, lorsqu’ils ne savent plus très bien comment se situer dans le monde. La présence de Jean-Pierre Bacri, à qui le film est dédié, semble affleurer partout : dans l’ironie douce-amère, dans la précision des dialogues, dans cette attention portée aux contradictions humaines.

Le film s’inscrit dans un après-#MeToo troublé, non pas pour distribuer des bons et des mauvais points, mais pour regarder le désordre que la parole libérée provoque dans les relations entre hommes et femmes. Les hommes y sont parfois perdus, dépassés, incapables de comprendre que certaines attitudes ne peuvent plus être considérées comme de simples jeux de séduction. Les femmes, elles, portent des blessures anciennes, des colères légitimes, mais aussi parfois des jugements trop rapides, des paroles qui se referment avant même que le dialogue ait pu commencer.

Tout cela se joue en miroir du montage des Noces de Figaro de Mozart. L’opéra devient un espace de tension, de projection, presque un laboratoire des rapports sociaux. Sur scène comme dans la troupe, les voix cherchent leur place. Certaines s’élèvent, d’autres se brisent, d’autres encore n’arrivent plus à s’accorder.

La troupe vacille lorsqu’une jeune chanteuse accuse un ténor italien d’agression sexuelle, tandis que le chef d’orchestre redoute d’être à son tour mis en cause par une ancienne cantatrice qu’il a harcelée. À cela s’ajoute un producteur misogyne, persuadé que les vieilles habitudes de domination et de séduction peuvent encore survivre en 2026. Mais le film ne se contente jamais d’une lecture simple : il montre aussi un ténor condamné trop vite, privé de parole et de chant, alors même que son innocence finit par apparaître autrement, notamment à travers la découverte de son homosexualité.

Ce qui est beau dans le film, c’est cette façon de ne jamais réduire les personnages à leur fonction dans le débat. La jeune chanteuse novice, par exemple, n’est pas seulement celle qui déclenche la crise. Elle est aussi une femme fragile, empêchée, écrasée par le poids d’un père encombrant, minée par un manque de confiance tel qu’elle préfère faire exploser la troupe plutôt que de dire simplement son malaise face à une mise en scène qui ne l’aide pas.

Agnès Jaoui filme ce chaos avec beaucoup de finesse. Elle observe les failles, les angles morts, les douleurs et les malentendus sans jamais renoncer à la complexité. Et au milieu de cette confusion, l’art apparaît comme un recours possible. Non pas comme une solution facile, mais comme un lieu où les êtres peuvent encore tenter de s’écouter, de s’ajuster, de retrouver un accord.

Quand plus personne n’est d’accord sur le La, il devient difficile d’être au diapason. Mais c’est précisément cette recherche d’accord — entre les voix, les corps, les générations, les blessures et les désirs — qui donne au film sa profondeur.

Un film fin, sensible, drôle, politique sans être démonstratif, et profondément humain.

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