On voit bien ce que Jaoui veut faire, le film synthèse équilibré sur MeToo et le wokisme où "chacun aurait sa vérité et ses raisons", et où elle jouerait la madame Loyal au centre du jeu. Pourquoi pas, mais il faut un très grand talent de cinéaste pour faire cela surtout avec le choix d'un système choral, à l'intérieur d'un film sur un film (théâtre), et face au miracle Mozart. Cela fait beaucoup de challenges dont Jaoui se tire comme elle peut, pas très bien ou plutôt mieux selon les moments. Et puis, elle a beaucoup de mal à choisir un style. Elle commence dans le grotesque. Pendant le premier tiers du film, on se demande si le monde artistique est aussi nul, egotique et incompétent dans la réalité. Puis, thématique oblige, elle glisse vers la comédie plus classique, sans beaucoup de relief. C'est appliqué, digne et très thèse-antithèse, mais quand même assez paresseux, et surtout trop long. Mais c'est le cas de 80% des films actuels, un vrai problème aujourd'hui. Enfin, il y a les acteurs, pas franchement bons globalement (mal dirigés ?), avec mention spéciale à Auteuil, qui depuis plusieurs année joue comme un super fatigué. Évidemment le dernier quart d'heure, il n'y a presque plus que Mozart, et là, pas besoin de faire grand chose, c'est gagné d'avance. Si on met l'adagio du 23eme concerto dans un film nul, tout le monde pleurera...