Je me suis vraiment bien amusée dans ce film si juste. Très belle réussite pour traiter d'un sujet avec toute l'emotion nécessaire mais plein d'humour et d'optimisme. Merci aussi d'avoir choisi ce cadre de l'opéra, quelle bonne idée et quel enchantement .
(la note est plus positive que mon ressenti c'est parce que l'opéra est le sujet de ce film - et cet art en a grand besoin - mais...) Franchement ce film a autant de qualités que de défauts, et même les défauts de ses qualités en fait : quand il est virevoltant et spectaculaire, il sacrifie la compréhension et lisibilité des situations au profit d'une mise en scène qui manque de didactisme par rapport à un public populaire (mes parents qui ont plus de 70 ans n'ont pas compris l'intrigue principale mais ont trouvé tout très beau et notamment Jaoui), tandis que les personnages qui ont la grande qualité d'être humains donc imparfaits ch*ent dans la colle durant tout le film et ça fout un profond malaise. Du coup, le film n'est à ce titre pas vraiment un divertissement car il semble avoir plus d'acuité que bien des récits metoo dans la presse où tout est bétonné (au premier abord il semble très caricatural mais n'oublions pas que les gens ne se comportent pas de manière rationnelle dans un tel contexte). Par ailleurs, encore une occasion ratée de montrer qu'il y a des sur-titres à l'opéra (au dessus et sur les côtés de la scène, on peut lire ce qui est dit ou chanté tout au long de la pièce, et, ça, peu de gens le savent à cause de ces représentations archaïques d'un art encore vu comme totalement opaque aux non-connaisseurs).
Et enfin, concernant la fin, non je suis désolé tout n'est pas bien qui finit bien. Il eût fallu le virer quand il a eu des propos racistes plutôt que de le griller à vie pour avoir simplement joué comme il en avait l'habitude (c'était à l'équipe de s'assurer que chaque interprète féminin pouvait poser des limites - car ici on ne parle pas vraiment d'acte se*uel ou v*ol mais d'un geste qui peut être mal vécu, ce qui n'est pas la même chose - sans compter qu'apparemment le mec est gay, même si ce n'est pas si évident à comprendre quand on regarde film), c'est vraiment déprimant.
Une influenceuse décroche la mise en scène des « Noces de Figaro ». Elle doit affronter tout un petit monde qui l’attend au tournant alors que la révolution #metoo est passée par là et que plus personne ne sait comment se positionner en fonction de son sexe ou de son âge. Retour en très grande forme d’Agnès Jaoui qui scrute avec une bienveillance assaisonnée de taquinerie et de petites touches acides la plus grande avancée sociétale de ces dernières années. Avec ceux qui en sont à l’avant-garde, ceux qui sont perdus et ceux qui ont des choses à se reprocher. L’écriture est si réussie qu’on a l’impression que Jean-Pierre Bacri est revenu de la où il est pour participer au scénario. L’une des comédies françaises de l’année sans aucun doute.
Pas spécialement féru d'opéra, j'ai passé un bon moment devant cette troupe jouant "Les Noces de Figaro".On sent la patte d'Agnès Jaoui pour son premier film sans Bacri à l'écriture. L'époque post Meetoo est bien représentée. Les hommes en prennent pour leur grade, Daniel Auteuil le premier en chef d'orchestre au passé trouble. Le racisme, la mysoginie ou les tensions dans un groupes sont autant de sujets abordés avec un humour grinçant. Même si l'on peut reprocher une certaine forme de redondance dans les propos, Jaoui confronte les différents points de vue avec des répliques bien senties. Les comédiens sont impeccables avec un coup de coeur pour Claire Chust dans le rôle irrésistible de Mirabelle. Du cinéma intelligent.
Ce film est une pépite! L'histoire dans l'air du temps, c'est très juste, très drôle, beaucoup de rythme, les dialogues sont percutants et les acteurs excellents! Et quel bonheur d'assister et d'entendre en coulisses les répétitions des Noces de Figaro tout au long du film. 2h15 de grand bonheur, merci Agnès Jaoui.
Début très difficile à suivre. Il faut passer le 1 er quart d’heure … par ailleurs le geste choisi pour le scandale metoo n’est pas répétitif de la part du chanteur et la chanteuse qui le subit aurait pu réagir en s’écartant. Ce geste qui est donc monté en épingle n’est pas très réaliste pour provoquer un metoo . De ce fait on comprend bien que le chanteur ne comprenne pas ce qu’il a fait de mal. C’est un peu léger de ce côté là. Pourtant le sujet est d’actualité et le fait que le chef d’orchestre craint qu’une ancienne relation l’accuse après de nombreux années d’être un agresseur sexuel… est bien une actualité très chaude ces jours ci. Quand on aime Mozart on apprécie les chanteurs
Ce qu'on aime tout d'abord dans le denier Jaoui, c'est le casting. On sait que l'auteure du "Goût des autres" est une directrice d'acteurs exceptionnelle. Elle le prouve à nouveau ici. Et on se dit même que Claire Chust, la ravissante idiote de "Scènes de ménages" est peut-être une bonne comédienne... Après, il y a l'intrigue, un peu dans l'air du temps : harcèlement, agression sexuelle, castration d'un mâle, chanteur d'opéra tout puissant, aussi égoïste qu'autoritaire, raciste et misogyne. Son portrait est chargé, un peu trop sans doute mais le procès en cours est désamorcé peu à peu pour des raisons commerciales, que les jeunes accusatrices finissent par rallier, plus par sympathie pour la metteur en scène débutante, issue de la mode et des réseaux. Beaucoup de sujets sont imbriqués dans "L'objet du délit" et il faut reconnaître que tout ne fonctionne pas. Cependant, on retrouve chez la cinéaste un plaisir intact de raconter des histoires et, huit ans après "Place publique", qui tombait souvent dans la caricature, on se dit que la réalisatrice peut exister sans Bacri, même si ce dernier nous manque terriblement.
J'ai hésité à aller voir ce film au ragard de la note mitigée donnée par les spectateurs mais je ne le regrette pas. J'ai passé un excellent moment et je trouve que certaines critiques sont dures. On rit sans que ce soit une farce et le sujet de la domination masculine sur le corps des femmes dans le monde du spectacle est traité de manière intéressante.
Difficile de m’emballer complètement à cause d’une première partie qui s’étire et qui aurait mérité d’être resserré. Mais la manière avec laquelle Jaoui prend plaisir à égratigner subtilement les abus et le manichéisme de la société actuelle est jubilatoire. Elle ne juge pas. Elle expose et laisse le spectateur à hauteur. Reste aussi une belle peinture d’une troupe.
Magistral et admirable. La bande son, la mise en scène, les prises de vues, l'histoire, l'intrigue d'une part et le jeux des acteurs d'autre part sont top. Ce film présente des similitudes avec le sens de la fête de feu son mari sur les difficultées de l'engrprenariat et des fautes humaines qui le mettent en danger. Agnes rajoutte la problématique meetoo avec sous différents angles. Bon, si vous n'aimez pas la bande annonce, allez voir un autre film la bataille de gaulle par exemple.
Une réussite ! On retrouve la "patte" d'Agnès Jaoui qui met en présence des personnages aux antipodes sur fond des coulisses (fort intéressantes) de la préparation des Noces de Figaro. Confrontation du passé avec un opéra quelque peu sous l'égide du marivaudage à l'heure de Met too et du tribunal médiatique qui semble mettre une chappe de plomb sur les rapports hommes/femmes. La confrontation entre passé et présent est poussée jusqu'à l'absurde. Sans nier la souffrance des femmes victimes, le film nous fait entrevoir tous les angles d'observation du sujet. Daniel Auteuil est excellent en chef d'orchestre quelque peu lâche, le personnage joué par Agnès Jaoui tente de garder son bon sens quand le chaos survient et Claire Chust est la personne ad hoc pour jouer une metteuse en scène à la fois persuadée du bien-fondé de sa mise en scène, à vraie dire originale ,et maladroite au possible. Le film est également servi par de nombreux seconds rôles très bien interprétés. Comme dans les précédents films d'Agnès Jaoui, à nous de nous faire une opinion. Difficile de ne pas rire aux éclats devant certaines scènes épiques qui nous rappellent que tout n'est pas forcément noir ou blanc. Une certaine dédramatisation à prendre avec des pincettes, chaque cas dans la réalité étant particulier, mais un film qui fait du bien et que je recommande aussi aux amoureux de l'opéra.