Note moyenne
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L'objet du délit est un excellent film, un régal de musique et un merveilleux scénario digne du tandem Jaoui/ Bacri (à qui est dédié le film). La mise en scène drôlissime met efficacement en lumière les différents regards qui peuvent être portés sur des attitudes qu'on peut qualifier de maladresse, de mufflerie, de sexisme, de racisme selon qu'on souhaite dramatiser ou non les situations. Parfois les "dramatiseurs" sont pris à leur propre piège. Parfois l'humour, l'amour de l'art, la bienveillance et l'empathie permettent une issue heureuse aux relations conflictuelles et c'est jubilatoire!
Pardon Pardon Pardon : j’ai revu le film ce soir, et je modifie profondément mon texte initialement vraiment inapproprié.
Beaucoup de passages très amusants. Le contexte du mouvement « Me too » rapporté au secteur des chanteurs lyriques est disséqué avec l’œil coquin, amusé, sincère et quelque peu désabusé d’Agnès Jaoui, et c’est très bien vu.
Lorsqu’un brillant ténor italien se voit accusé « d’agression sexuelle » pour des gestes considérés comme inappropriés et même scandaleux (!) lors d’une scène des « Noces de Figaro » où la passion amoureuse est supposée s’exprimer à la fois en chants et en gestes sur scène par les chanteurs lyriques : on frise le ridicule complet. Mais bon….
Le film est EXCELLENT
Beaucoup de passages très amusants. Le contexte du mouvement « Me too » rapporté au secteur des chanteurs lyriques est disséqué avec l’œil coquin, amusé, sincère et quelque peu désabusé d’Agnès Jaoui, et c’est très bien vu.
Lorsqu’un brillant ténor italien se voit accusé « d’agression sexuelle » pour des gestes considérés comme inappropriés et même scandaleux (!) lors d’une scène des « Noces de Figaro » où la passion amoureuse est supposée s’exprimer à la fois en chants et en gestes sur scène par les chanteurs lyriques : on frise le ridicule complet. Mais bon….
Le film est EXCELLENT
En 2023, le canadien Denys Arcand nous proposait une critique drôle et très réussie des dérives du wokisme, avec " Testament".
C'est Agnès Jaoui qui reprend le flambeau dans cet opus, il est vrai moins accompli à la fois de celui de Denys Arcand et que ceux de sa collaboration avec Jean Pierre Bacri, qui nous a malheureusement quitté. Le film lui est dédié.
Mais malgré ses petits défauts ( trop de personnages pas suffisamment décrits ) " l'objet du délit ', film choral, comporte toutefois suffisamment de moments sympathiques, parfois incisifs, pour ne pas le manquer.
Il est vraisemblable que le film fera grincer des dents. Mais tout le monde en prend pour son grade. Distrayant, pas prise de tête, je ne bouderai pas mon plaisir car j' ai passé un bon moment !
Vu à l'Ugc Rotonde.
C'est Agnès Jaoui qui reprend le flambeau dans cet opus, il est vrai moins accompli à la fois de celui de Denys Arcand et que ceux de sa collaboration avec Jean Pierre Bacri, qui nous a malheureusement quitté. Le film lui est dédié.
Mais malgré ses petits défauts ( trop de personnages pas suffisamment décrits ) " l'objet du délit ', film choral, comporte toutefois suffisamment de moments sympathiques, parfois incisifs, pour ne pas le manquer.
Il est vraisemblable que le film fera grincer des dents. Mais tout le monde en prend pour son grade. Distrayant, pas prise de tête, je ne bouderai pas mon plaisir car j' ai passé un bon moment !
Vu à l'Ugc Rotonde.
Hier, je suis allé voir en avant-première "L'Objet du délit", le nouveau film d'Agnès Jaoui.
Cela fait des années que je suis un grand admirateur de son travail, que ce soit comme scénariste, réalisatrice ou actrice. Pour son sixième long métrage, le premier depuis la disparition de Jean-Pierre Bacri, elle s'attaque seule à un sujet particulièrement délicat : MeToo dans le milieu de l'opéra, mais aussi les différentes visions du féminisme qui traversent notre société. Et j'ai tout simplement adoré le film.
On retrouve ici le style choral qu'Agnès Jaoui affectionne tant. Comme à son habitude, l'écriture est remarquable, les dialogues ciselés, la mise en scène élégante et la direction d'acteurs exemplaire. Tous les comédiens sont excellents et d'une justesse rare, une véritable marque de fabrique de son cinéma.
Malgré la complexité de son sujet, le film fait preuve d'une immense subtilité et d'une grande nuance. Jaoui dresse le portrait de plusieurs générations de femmes et d'hommes et explore les différentes sensibilités qui s'expriment autour de ces questions. Un sujet omniprésent dans l'espace médiatique, mais finalement encore assez peu traité au cinéma.
Le film ne plaira peut-être pas à tout le monde, justement parce qu'il refuse les positions simplistes sur un sujet où les débats sont souvent extrêmement polarisés. Comme Agnès Jaoui l'expliquait lors de sa présentation avant la projection, elle utilise pleinement les plus de deux heures de son récit pour explorer en profondeur ses personnages, son univers et les mécanismes sociaux qu'elle observe. Grâce à la comédie, elle dissèque avec finesse les comportements humains sans jamais tomber dans la facilité.
Mais "L'Objet du délit" ne se résume pas à son sujet principal. C'est aussi une plongée passionnante dans le monde du spectacle vivant, dans la fabrication d'un opéra et dans les dynamiques de groupe qui accompagnent toute création artistique. On sent à chaque instant la passion de la réalisatrice pour cet univers.
Le film est non seulement très intelligent, mais aussi extrêmement drôle. C'est sans doute l'une des comédies françaises les plus réussies que j'ai vues depuis longtemps. Je suis vraiment heureux d'avoir découvert ce film en avant-première. Une nouvelle fois, Agnès Jaoui nous rappelle à quel point le cinéma français est capable d'offrir des œuvres ambitieuses, intelligentes et profondément humaines.
On rit beaucoup, on réfléchit beaucoup, et le film ouvre la porte à des discussions passionnantes.
Foncez le voir en salle.
Cela fait des années que je suis un grand admirateur de son travail, que ce soit comme scénariste, réalisatrice ou actrice. Pour son sixième long métrage, le premier depuis la disparition de Jean-Pierre Bacri, elle s'attaque seule à un sujet particulièrement délicat : MeToo dans le milieu de l'opéra, mais aussi les différentes visions du féminisme qui traversent notre société. Et j'ai tout simplement adoré le film.
On retrouve ici le style choral qu'Agnès Jaoui affectionne tant. Comme à son habitude, l'écriture est remarquable, les dialogues ciselés, la mise en scène élégante et la direction d'acteurs exemplaire. Tous les comédiens sont excellents et d'une justesse rare, une véritable marque de fabrique de son cinéma.
Malgré la complexité de son sujet, le film fait preuve d'une immense subtilité et d'une grande nuance. Jaoui dresse le portrait de plusieurs générations de femmes et d'hommes et explore les différentes sensibilités qui s'expriment autour de ces questions. Un sujet omniprésent dans l'espace médiatique, mais finalement encore assez peu traité au cinéma.
Le film ne plaira peut-être pas à tout le monde, justement parce qu'il refuse les positions simplistes sur un sujet où les débats sont souvent extrêmement polarisés. Comme Agnès Jaoui l'expliquait lors de sa présentation avant la projection, elle utilise pleinement les plus de deux heures de son récit pour explorer en profondeur ses personnages, son univers et les mécanismes sociaux qu'elle observe. Grâce à la comédie, elle dissèque avec finesse les comportements humains sans jamais tomber dans la facilité.
Mais "L'Objet du délit" ne se résume pas à son sujet principal. C'est aussi une plongée passionnante dans le monde du spectacle vivant, dans la fabrication d'un opéra et dans les dynamiques de groupe qui accompagnent toute création artistique. On sent à chaque instant la passion de la réalisatrice pour cet univers.
Le film est non seulement très intelligent, mais aussi extrêmement drôle. C'est sans doute l'une des comédies françaises les plus réussies que j'ai vues depuis longtemps. Je suis vraiment heureux d'avoir découvert ce film en avant-première. Une nouvelle fois, Agnès Jaoui nous rappelle à quel point le cinéma français est capable d'offrir des œuvres ambitieuses, intelligentes et profondément humaines.
On rit beaucoup, on réfléchit beaucoup, et le film ouvre la porte à des discussions passionnantes.
Foncez le voir en salle.
Petit traité des différents points de vue post #metoo autour d'un même évènement ; wokistes vs universalistes ou plus simplement les vieux vs les jeunes.
On ne peut s'empêcher de penser à la polémique il y a quelques années au sein d'un comité d'actrices dont faisait partie Agnès Jaoui : agression sexuelle ou pas agression sexuelle ?
C'est ici transposé dans l'univers de l'opéra et c'est un régal. Bien vu, complexe et léger. Sur tout le chemin du retour, j'ai chantonné Les Noces de Figaro et je suis restée jusqu'à la fin du film. Ça vaut bien 5 étoiles !
On ne peut s'empêcher de penser à la polémique il y a quelques années au sein d'un comité d'actrices dont faisait partie Agnès Jaoui : agression sexuelle ou pas agression sexuelle ?
C'est ici transposé dans l'univers de l'opéra et c'est un régal. Bien vu, complexe et léger. Sur tout le chemin du retour, j'ai chantonné Les Noces de Figaro et je suis restée jusqu'à la fin du film. Ça vaut bien 5 étoiles !
un vrai bijou que ce film, avec une critique fine et intelligente dans un ecrin créé par l'opéra de mozart ... quel bons moments
Ce film traite de la violence faite aux femmes. Une comédienne de l'opéra que monte une jeune star des réseaux. est victime de violence et s'en émeut, le montage est perturbé et tout s'emmêle à cause de la réaction "exagérée" de la comédienne. Ce film dénonce les excès des femmes dans ces affaires, excès ou pas
Le film expose avec beaucoup de tact les dérives possibles liées au phénomène "Meetoo", sans toutefois en altérer son impact décisif sur la société d'aujourd'hui. À voir sans hésiter.
J'ai bien aimé ce film, drôle, intelligent, très humain, la signature d'Agnès Jaoui. Sur un sujet malheureusement très tendance, la denonciation d'"une agression sexuelle", très contestable, à l'évidence, elle réalise un film jamais manichéen où les différents points de vue sont envisagés mais surtout en utilisant comme décor la mise en scène de l'opéra Les Noces de Figaro, non seulement elle nous régale de très beaux moments musicaux mais fait servir le texte de Beaumarchais et l'opéra de Mozart à deux choses, voire trois: d'abord qu' il est stupide de vouloir faire dire à un texte ancien ce qu'il ne dit pas (hilarants phallus du décor), deuxiemement qu'il faut privilégier l'entente et même le pardon ( quand c'est possible bien sûr) à la guerre des sexes et enfin qu'il faut espérer le triomphe de l'amour. Un joyeux moment de cinéma gracieux, léger et pourtant profond.
on retrouve le film choral des films précédents, peut-être un peu plus éparpillé dans les personnages secondaires, la problématique me-too laisse parfois comme un malaise, mais le film, et l'opéra dont on suit l'évolution, d'un coup nous prend, le fina
spoiler:
l est très réussi
l est très réussi
Poussif, excessif, caricatural... surjoué. C'est long à démarrer et on attend la fin tellement c'est n'y crois pas, et pour qui est d'opéra, beaucoup de comé ne sont pas raccord avec les voix. ; heureusement il y a la musique !
Avec L’Objet du délit, Agnès Jaoui livre un film qui peine à convaincre sur presque tous les plans. Derrière son sujet pourtant propice au débat, le résultat donne surtout l’impression d’un long métrage pesant, caricatural et terriblement prévisible.
Le premier défaut saute rapidement aux yeux : le rythme. Le film est lent, parfois excessivement lent, au point que certaines scènes semblent s’étirer inutilement. Là où une véritable tension dramatique aurait pu émerger, le récit préfère multiplier les dialogues démonstratifs et les situations attendues.
Le traitement du mouvement #MeToo et des thématiques qui l’entourent constitue également l’un des aspects les plus discutables du film. Plutôt que de proposer une réflexion nuancée ou complexe, le scénario s’enferme dans une succession de clichés et de caricatures. Les personnages semblent souvent réduits à des fonctions idéologiques plutôt qu’à de véritables êtres humains, ce qui affaiblit considérablement l’impact du propos.
Le film donne ainsi régulièrement l’impression de vouloir délivrer un message avant de raconter une histoire. Cette approche risque de rebuter une partie du public, tant la démonstration paraît parfois prendre le pas sur la narration.
À cela s’ajoute une galerie de personnages peu attachants. Difficile de s’investir émotionnellement dans leur parcours tant ils manquent de profondeur et de nuances. Même lorsque le film tente de créer de l’empathie, l’effet peine à fonctionner.
Au final, L’Objet du délit ressemble davantage à un discours illustré qu’à un véritable drame captivant. Malgré un sujet qui aurait pu donner naissance à une œuvre forte et subtile, le film s’enlise dans la lenteur, les clichés et des personnages qui ne parviennent jamais à susciter un réel intérêt.
Le premier défaut saute rapidement aux yeux : le rythme. Le film est lent, parfois excessivement lent, au point que certaines scènes semblent s’étirer inutilement. Là où une véritable tension dramatique aurait pu émerger, le récit préfère multiplier les dialogues démonstratifs et les situations attendues.
Le traitement du mouvement #MeToo et des thématiques qui l’entourent constitue également l’un des aspects les plus discutables du film. Plutôt que de proposer une réflexion nuancée ou complexe, le scénario s’enferme dans une succession de clichés et de caricatures. Les personnages semblent souvent réduits à des fonctions idéologiques plutôt qu’à de véritables êtres humains, ce qui affaiblit considérablement l’impact du propos.
Le film donne ainsi régulièrement l’impression de vouloir délivrer un message avant de raconter une histoire. Cette approche risque de rebuter une partie du public, tant la démonstration paraît parfois prendre le pas sur la narration.
À cela s’ajoute une galerie de personnages peu attachants. Difficile de s’investir émotionnellement dans leur parcours tant ils manquent de profondeur et de nuances. Même lorsque le film tente de créer de l’empathie, l’effet peine à fonctionner.
Au final, L’Objet du délit ressemble davantage à un discours illustré qu’à un véritable drame captivant. Malgré un sujet qui aurait pu donner naissance à une œuvre forte et subtile, le film s’enlise dans la lenteur, les clichés et des personnages qui ne parviennent jamais à susciter un réel intérêt.
merci à Agnès Jaoui , c'est frais, joli, bien joué, bien mené, bien drôle, bien vu , avec une pointe d'émotion .
Très drôle
me too sauce musique classique
super , a ne pas louper.
on ressort avec le cœur léger. les airs de Mozart plein la tête....
un chanteur homo accusé par la troupe de d attouchements sur une femme. génial .
jusqu au bout ils s engueulent , pour finir par faire correctement le spectacle
me too sauce musique classique
super , a ne pas louper.
on ressort avec le cœur léger. les airs de Mozart plein la tête....
un chanteur homo accusé par la troupe de d attouchements sur une femme. génial .
jusqu au bout ils s engueulent , pour finir par faire correctement le spectacle
L’Objet du délit, d’Agnès Jaoui, est un film d’une grande intelligence d’écriture et de mise en scène. On y retrouve cette manière très particulière qu’a Jaoui d’aimer ses personnages, même lorsqu’ils se trompent, lorsqu’ils se défendent mal, lorsqu’ils ne savent plus très bien comment se situer dans le monde. La présence de Jean-Pierre Bacri, à qui le film est dédié, semble affleurer partout : dans l’ironie douce-amère, dans la précision des dialogues, dans cette attention portée aux contradictions humaines.
Le film s’inscrit dans un après-#MeToo troublé, non pas pour distribuer des bons et des mauvais points, mais pour regarder le désordre que la parole libérée provoque dans les relations entre hommes et femmes. Les hommes y sont parfois perdus, dépassés, incapables de comprendre que certaines attitudes ne peuvent plus être considérées comme de simples jeux de séduction. Les femmes, elles, portent des blessures anciennes, des colères légitimes, mais aussi parfois des jugements trop rapides, des paroles qui se referment avant même que le dialogue ait pu commencer.
Tout cela se joue en miroir du montage des Noces de Figaro de Mozart. L’opéra devient un espace de tension, de projection, presque un laboratoire des rapports sociaux. Sur scène comme dans la troupe, les voix cherchent leur place. Certaines s’élèvent, d’autres se brisent, d’autres encore n’arrivent plus à s’accorder.
La troupe vacille lorsqu’une jeune chanteuse accuse un ténor italien d’agression sexuelle, tandis que le chef d’orchestre redoute d’être à son tour mis en cause par une ancienne cantatrice qu’il a harcelée. À cela s’ajoute un producteur misogyne, persuadé que les vieilles habitudes de domination et de séduction peuvent encore survivre en 2026. Mais le film ne se contente jamais d’une lecture simple : il montre aussi un ténor condamné trop vite, privé de parole et de chant, alors même que son innocence finit par apparaître autrement, notamment à travers la découverte de son homosexualité.
Ce qui est beau dans le film, c’est cette façon de ne jamais réduire les personnages à leur fonction dans le débat. La jeune chanteuse novice, par exemple, n’est pas seulement celle qui déclenche la crise. Elle est aussi une femme fragile, empêchée, écrasée par le poids d’un père encombrant, minée par un manque de confiance tel qu’elle préfère faire exploser la troupe plutôt que de dire simplement son malaise face à une mise en scène qui ne l’aide pas.
Agnès Jaoui filme ce chaos avec beaucoup de finesse. Elle observe les failles, les angles morts, les douleurs et les malentendus sans jamais renoncer à la complexité. Et au milieu de cette confusion, l’art apparaît comme un recours possible. Non pas comme une solution facile, mais comme un lieu où les êtres peuvent encore tenter de s’écouter, de s’ajuster, de retrouver un accord.
Quand plus personne n’est d’accord sur le La, il devient difficile d’être au diapason. Mais c’est précisément cette recherche d’accord — entre les voix, les corps, les générations, les blessures et les désirs — qui donne au film sa profondeur.
Un film fin, sensible, drôle, politique sans être démonstratif, et profondément humain.
À voir.
Le film s’inscrit dans un après-#MeToo troublé, non pas pour distribuer des bons et des mauvais points, mais pour regarder le désordre que la parole libérée provoque dans les relations entre hommes et femmes. Les hommes y sont parfois perdus, dépassés, incapables de comprendre que certaines attitudes ne peuvent plus être considérées comme de simples jeux de séduction. Les femmes, elles, portent des blessures anciennes, des colères légitimes, mais aussi parfois des jugements trop rapides, des paroles qui se referment avant même que le dialogue ait pu commencer.
Tout cela se joue en miroir du montage des Noces de Figaro de Mozart. L’opéra devient un espace de tension, de projection, presque un laboratoire des rapports sociaux. Sur scène comme dans la troupe, les voix cherchent leur place. Certaines s’élèvent, d’autres se brisent, d’autres encore n’arrivent plus à s’accorder.
La troupe vacille lorsqu’une jeune chanteuse accuse un ténor italien d’agression sexuelle, tandis que le chef d’orchestre redoute d’être à son tour mis en cause par une ancienne cantatrice qu’il a harcelée. À cela s’ajoute un producteur misogyne, persuadé que les vieilles habitudes de domination et de séduction peuvent encore survivre en 2026. Mais le film ne se contente jamais d’une lecture simple : il montre aussi un ténor condamné trop vite, privé de parole et de chant, alors même que son innocence finit par apparaître autrement, notamment à travers la découverte de son homosexualité.
Ce qui est beau dans le film, c’est cette façon de ne jamais réduire les personnages à leur fonction dans le débat. La jeune chanteuse novice, par exemple, n’est pas seulement celle qui déclenche la crise. Elle est aussi une femme fragile, empêchée, écrasée par le poids d’un père encombrant, minée par un manque de confiance tel qu’elle préfère faire exploser la troupe plutôt que de dire simplement son malaise face à une mise en scène qui ne l’aide pas.
Agnès Jaoui filme ce chaos avec beaucoup de finesse. Elle observe les failles, les angles morts, les douleurs et les malentendus sans jamais renoncer à la complexité. Et au milieu de cette confusion, l’art apparaît comme un recours possible. Non pas comme une solution facile, mais comme un lieu où les êtres peuvent encore tenter de s’écouter, de s’ajuster, de retrouver un accord.
Quand plus personne n’est d’accord sur le La, il devient difficile d’être au diapason. Mais c’est précisément cette recherche d’accord — entre les voix, les corps, les générations, les blessures et les désirs — qui donne au film sa profondeur.
Un film fin, sensible, drôle, politique sans être démonstratif, et profondément humain.
À voir.
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