Lu arrive de Chine à New York et tente de survivre dans cette ville difficile. Alors qu’il est rejoint par sa femme et sa fille, il doit traverser de nombreuses galères d’argent. Ce film met en lumière la beauté du New York, pas touristique, cruel pour les foyers modestes, pressés par l’ubérisation, et l’individualisme. C’est très fort, touchant.
Lloyd Lee Choi est américain né en Corée et ces103 minutes de drame social constituent son 1er film sur grand écran. Lu, arrivé de Chine à New York avec le rêve d’ouvrir son restaurant, voit rapidement ses espoirs s’effondrer, le laissant enlisé dans les dettes et les petits boulots invisibles. Sa femme et sa fille, qu’il n’a pas vues depuis des années, viennent enfin le rejoindre, avec le désir de reconstruire une vie à ses côtés. Alors, le temps de quelques jours, Lu s’efforce de leur offrir un moment de bonheur et de raviver les lumières d’un avenir possible. Filmer la misère sans misérabilisme, en faire un beau film sans l'esthétiser, c’était une gageure. Pari parfaitement tenu pour ce jeune réalisateur à suivre.
On aime surtout la manière de filmer le New-York des bas-fonds, bien loin de l’American Way of Life. Pourtant, malgré sa vie sordide, le héros croit toujours aux fameuses lumières de la Grosse Pomme. Même si le scénario, dans son ensemble, se base sur une suite d’événements hautement invraisemblables, on se prend à suivre ce père maladroit, menteur, qui ne prend que de mauvaises décisions et fait des mauvais choix. Il est en vérité sa propre victime. C’est à travers ce personnage ambivalent que Choi s’est interroger sur la vie quotidienne des travailleurs essentiels, invisibles mais omniprésents. A se poser des questions sur leurs familles, leurs rêves et leurs défis… La belle idée a été de lui associer ce personnage de la petite fille, qui agit sur lui comme un miroir révélateur de ses errances. La volonté de réalisme et de crédibilité des décors n’occulte en rien une stylisation dans l’atmosphère immersive d’un Chinatown volontairement éloigné des clichés visuels habituels. Une belle réussite à découvrir.
Cheng Chen ne quitte pratiquement pas l’écran et se révèle tout simplement magnifique et bouleversant. La grande découverte de ce drame c’est la jeune Carabelle Manna Wei. Faire porter une grande partie du film sur ses jeunes épaules a été un pari osé, mais payant. On ajoutera à ce duo, Fala Chen, Perry Yung , Laith Nakil… entre autres. L’histoire est cruelle, car au fur et à mesure que les rêves du héros se confrontent à la réalité, le fossé se creuse et le mensonge et les petites arnaques ne trompent plus personne, même pas mes petites filles. Très émouvant.
Film visionné au cinéma. Il y a forcément beaucoup de douleur et de frustration à voir évoluer quelqu'un qui mérite mais qui n'obtient rien. Cela peut même toucher personnellement tellement le parallèle peut s'établir facilement avec nous-même. Toutefois, si l'idée est brillante elle est également ennuyante. La dynamique ne décolle pas vraiment et on fait vite le tour...
Bof c'est long pas vraiment intéressant, il ne se passe rien, l'histoire d'un looser qui foire tout même les choses les plus simples de la vie, et peu de dialogues.
Intéressant par l'immersion au sein des communautés immigrantes défavorisées de New York, attrayant par les images des rues de New York toujours aussi envoutantes, mais beaucoup moins dynamique et politique que l'"Histoire de Souyleymane" auquel on peut s'empêcher de le rapprocher. Bien interprété sinon et sans fausses notes mais bon, un brin décevant.
Une famille perdue dans la ville, le père qui ne sait plus quoi faire pour survivre de mal en pis touchant mais lent et difficile à entrer dans le rythme À voir une fois
On pense forcément à Souleymane en voyant ce film. Tout pareil on frémit quand il est sur son vélo à fond la caisse, on se demande comment il va se sortir de toutes ces galères. Mais ici en plus, on est très émus par sa petite fille si perspicace et attachante, même si on se sent un peu bête de n'être que spectacteur de toutes les difficultés que ces personnes rencontrent. Un autre très beau film sur ce sujet si difficile.
S'appuyant sur la vie souvent difficile et incertaine des immigrés (notamment asiatiques) en Amérique, le scénario cherche à rester fidèle à la réalité du vécu de ces femmes et hommes, et de leurs enfants, dans un milieu urbain peu connu de New-York dépourvu des grandeurs et du clinquant le plus souvent apparent sur le grand écran. Ce dépouillement du décor permet une mise en relief efficace des personnages, tous bien plantés et finement incarnés par des actrices et acteurs pertinemment choisis, tant par leur apparence que par leur qualité de jeu. Le personnage principal est très vite attachant, de par sa volonté de réussir, malgré les déboires connus précédemment, par sa détermination à regrouper sa famille après trois ans de séparation sans parvenir au succès économique et social espéré, sa lutte presque infatigable malgré les embûches successives qu'il rencontre, le combat intérieur qui peut finir par l''amener au-delà de l'honnêteté et la droiture a priori chevilées au corps. Face à des incompréhensions, des rejets, des trahisons, du mépris, l'homme se bat, tombe, se redresse, il poursuit sa quête profondément désireux de surnager et d'offrir à ses femme et fille une vie en Amérique digne de ce nom. A ses côtés, sans oublier tous les autres personnages, une très jeune actrice, "Queenie", à l'étonnant talent, donne au film une dimension affective et lui apporte des moments d'humanité. Le scénario fait alternativement porter l'attention et l'attachement sur le père et sur la fille, ou sur les deux ensemble, avec des dialogues très sobres qui font la part belle au jeu des regards et des postures, avec beaucoup de plans directs et une gestion de la lumière qui les captent. S'il n'y a pas de quoi en faire un succès mondial, ce film reste plaisant, et l'on peut aisément s'approprier le personnage, avec l'envie qu'il s'en sorte, malgré toutes les difficultés qui s'y opposent, dans un monde vénal, dur et marqué d'égoïsme, une sorte de jungle urbaine où les lianes du désespoir pendent un peu partout et où les êtres doivent sans cesse puiser dans leurs ressources internes pour espérer s'en sortir. L'amour des siens pouvant être l'une d'elles. Un film sympathique, qui soutient la thèse des forces de l'âme, du coeur et de l'esprit.
Un film social puissant et d’une grande justesse. "Les lumières de New York" montre avec une sobriété remarquable la précarité des livreurs immigrés, pris dans la nébuleuse qu'est la ville indifférente et individualiste. Le réalisateur capte la dignité fragile d’un père qui tente de tenir debout malgré un système qui l’écrase. L’enfant, d’une maturité bouleversante, révèle tout ce que le père cherche à cacher et redonne une humanité à ce quotidien brutal. Un récit simple, nécessaire, profondément humain.
La descente dans l’envers du décor d’un immigré chinois dans le New York de nos jours. Donne à voir le courage, et l’espoir inaltérables de Lu p dans sa lutte our échapper à son destin. L’entrée en scène de la petite fille ajoute encore à son désarroi. L’intrigue s’épaissit avec les minutes qui passent. Pour qu’elle chûte ? À voir, pour être un peu bousculé
Plus le film se déroulait devant mes yeux, plus j’y voyais une vaine tentative du réalisateur de nous émouvoir au forceps, avec des procédés douteux et non sincères, ou en tout cas pas très subtil et anachronique.
Le film est sensé nous dépeindre le portrait réaliste d’une immigration chinoise ultra-précarisé dans un New York post COVID. J’y ai vu un fantasme bourgeois d’étudiant en cinéma, vivant dans le quartier surcoté de Little China, pour aborder le thème de la pauvreté ( qu’il n’a sûrement jamais vécu ), avec un traitement racoleur et tire larmes façon néo-realisme italien mal digéré, mais pas vraiment documenté et ne se basant sur aucune réalité sociologique ( D’ailleurs le réal avoue lui même dans son presskit avoir eu l’idée de ce film en se faisant livrer son repas uber-eat durant le confinement… quel immersion! )
Sur ce point de départ visiblement louable mais un peu superficiel, on ne peut que constater le côté très scolaire de son traitement et de son écriture. Des le début du film, on voit un repompage littéral de « l’histoire de Souleymane », à la séquence près. C’est déjà déceptif mais on pourrait lui laisser le bénéfice du doute. Certes il a présenté son film à Cannes l’année suivante de son modèle, pensant amadouer le même publique, mais passons.
Le film plonge ensuite sans plus de subtilité dans le classique « Le Voleur de Bicyclette » de Vittorio de Sicca. C’est tellement les mêmes situations que ça m’a sorti du film. Aucune remise en perspective pertinente. La référence du chef d’œuvre est beaucoup trop pesante pour ce pauvre cinéaste en herbe. On croit très peu au réalisme de la situation, inspiré d’un film de 1948 mais très mal recontextualisé dans l’Amérique des années 2020:
A notre époque, une famille immigrée de première génération chinoise en situation de précarité n’a plus aucune raisons de tenter ce rêve de carte postale, ce fantasme surannée de « l’american dream », si ce n’est pour romantiser une énième fois avec un filtre Instagram le décor bigarré et très « festival de Deauville compatible » quartier de Chinatown, alors que cette famille a ironiquement plus d’opportunités de vivre ce même rêve de manière bien plus authentique dans leur pays de naissance, à Chongqing, Shenzen, Chengdu ou autre Shanghai et Pékin, villes beaucoup plus attractives économiquement ( voir parfois plus belles ) que la vieillissante et inabordable New York, qui n’est plus une ville à vivre, mais juste un terrain de jeu à actif financier à destination des touristes Airbnb ( merci la speculation immobilière ).
Malheureusement, ce manque de lucidité sur notre époque rend le protagoniste tout aussi agaçant , incarnant la propre vanité de son réalisateur, qui cherche continuellement à soigner les apparences en vivant à crédit dans ses illusions, aux dépends de sa propre famille, ne comprenant plus son époque et ne la remettant pas du tout en question.
Le film commence comme un remake de "l’histoire de Souleymane", puis part dans une autre direction, et raconte la vie des précaires asiatiques à New York.
Entre dureté sociale et éclats de poésie discrète :un rayon de lumière, un moment de calme, un geste suspendu; le film trouve une émotion sincère, même si certains ressorts paraissent attendus et si la référence tutélaire pèse parfois sur sa singularité.