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Helene Deligny
3 abonnés
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5,0
Publiée le 14 novembre 2025
Franchement apprécié ce film hors sentiers battus qui nous parle de poésie dans un monde de brutes ! Le personnage principal est parfaitement atypique, un looser au physique ingrat, agaçant au possible mais si attachant ... Et cette famille nombreuse au statut précaire, d'où jaillit une petite fée talentueuse qui ne rêve que de devenir manucure C'est plein de tendresse, d'humour et une sacrée claque aux institutions officielles : bref, je recommande vivement !
N’EST PAS RIMBAUD QUI VEUT… Le poète colombien Oscar publie deux recueils dans sa jeunesse. Puis, plus rien. Sa veine créative tarit. Il se réfugie dans son poste d’enseignant et découvre Yurlady, une élève talentueuse. Il l’encourage à écrire et tente de revivre son rêve d’écriture à travers elle. Il réussit à la propulser à un festival de poésie où elle est sur le point de gagner un prix en adaptant ses textes aux attentes psycho-sociales de la partenaire qui finance l’événement. L’histoire se déroule de manière linéaire, comme une sorte de documentaire réalisé par Simon Mesa Soto avec un œil de sociologue des inégalités. Argent et poésie ne font pas bon ménage. On ne sera pas surpris, sauf par le dénouement.
Un film incroyable, une œuvre qui touche au cœur car elle aborde un sentiment commun aujourd'hui : l'échec. À voir absolument. (J'ai vu ce film au festival du film colombien PACCPA)
Un film extraordinairement bien fait décrivant la société colombienne sous d'autres problématiques que celles qui lui sont réeservées habituellement ! Une très belle leçon de vie sur le mépris de classe qui nous traversent tous et sur la position ambigue de l'éducation nationale qui est à la la fois légitime pour "sauver" les personnes issues de milieu populaire, mais à la fois non légitime par leur non appartenance au milieu, et par les dérivs misérabilistes qui peuvent les habiter. Un film en plus de cela excellement drole, un acteur principal dont on en revient juste pas ! Je recommande très très fortement, ce film donne une bonne claque aux films français white saviorists qui mettent en scène des professeurs qui repèrent des talents dans les collèges et lycées REP et les " sortent de la misère ".
J'ai été bouleversée par ce film colombien et je n'oublierai pas le regard désespéré de l'acteur principal qui traine sa tristesse abyssale de poète dans une société mercantile où il n'a pas sa place. Ce loser magnifique a écrit 2 recueils dans sa jeunesse mais en panne d'inspiration depuis des lustres traine ses idées noires dans les bars. Quand contraint par sa soeur d'accepter un poste de prof de philo, il croit pouvoir combattre ses démons en transmettant sa passion de la poésie à une jeune élève défavorisée, tout s'emballe: il tente par procuration de réparer sa relation fragile avec sa propre fille. Mais comment devenir un père qu'on admire quand on est si immature et qu'on habite encore chez sa mère? Comment faire gagner un prix de poésie à une lycéenne qui se rêve en esthéticienne et dont l'occupation principale est de nourrir sa famille XXL? Oscar va découvrir que sa pureté n'y suffira pas...
Homme-grenouille, inapte à tout sauf à procrastiner, Oscar nous fait du bien. Il refuse le monde jusqu’à se refuser lui même. Il ne vaut rien, ne veut rien, capitalise jusqu’à la moelle son coup d’éclat poétique de jeunesse, si parfait qu’il le souhaite intact. Trop peureux de s’y réessayer ? Tout sombre depuis cette inhibition parfaite. Attendre. Attendre quoi ? Attendre qu’il faille rendre à la vie ce qu’il a engendré - sa fille et cette jeune poétesse qu’il révèle. Même si elles ne veulent pas de son aide, maladroite et grossière, mais toujours sincère.
On rit beaucoup. Aucune complaisance du réalisateur. La première partie tient un rythme cinématographique surprenant jusqu’à s’essouffler un peu par la suite mais on lui pardonne tout tant c’est intelligent et bien travaillé.
Highlights :
- Oscar dans sa bagnole - jeunes poétesses en colère - la hollandaises qui applaudie - la première scène chez Yolardia
Un véritable chef d'oeuvre, je ne connaissais personnellement pas le réalisateur, et je me suis littéralement prise une sacrée claque. Le message du film est très fort, mais est mis en scène très subtilement, et personnellement je ne m'attendais pas à ce que le scénario prenne une telle tournure. Je n'en dis pas plus mais ce film risque de vous habiter un bon temps après visionange.
C'est un film génial. L'histoire est vraie et captivante. Je suis tombé sur ce film sans rien savoir à son sujet... et j'ai été époustouflé ! Le jeu des acteurs était superbe ! C'est la raison pour laquelle nous avons besoin du cinéma Luminor.
drôle, triste,émouvant, social, poétique, dépaysant,.. ce film est attachant j y suis allé sans m attendre a quoi ce soit mais bonne surprise prix mérité a cannes Fabuleux interprète principal : une gueule et une présence je leur souhaite a tous une belle carrière
Très intéressant, drôle et original avec ce côté complètement grotesque du personnage principal, les "amis" innocents et poètes qui révèlent tous leurs vices... Une belle histoire, qui évite de suivre à la lettre le schéma de l'homme qui va de manière providentielle aider une jeune défavorisée. Les ressorts "classiques" de ce genre d'intrigue ont toujours quelque chose de novateur et de détourné.
J'ai surtout envie de dédier ce poème d'Émile Nelligan au personnage Óscar Restrepo magnifiquement interprété par Ubeimar Rios.
MON ÂME
Mon âme a la candeur d’une chose étoilée, D’une neige de février… Ah ! retournons au seuil de l’Enfance en-allée, Viens-t-en prier…
Ma chère, joins tes doigts et pleure et rêve et prie, Comme tu faisais autrefois Lorsqu’en ma chambre, aux soirs, vers la Vierge fleurie Montait ta voix.
Ah ! la fatalité d’être une âme candide En ce monde menteur, flétri, blasé, pervers, D’avoir une âme ainsi qu’une neige aux hivers Que jamais ne souilla la volupté sordide !
D’avoir l’âme pareille à de la mousseline Que manie une sœur novice de couvent, Ou comme un luth empli des musiques du vent Qui chante et qui frémit le soir sur la colline !
D’avoir une âme douce et mystiquement tendre, Et cependant, toujours, de tous les maux souffrir, Dans le regret de vivre et l’effroi de mourir, Et d’espérer, de croire… et de toujours attendre !
Un film poignant parsemé de pointes d'humour. L'acteur principal, dont l'existence tend vers les vers à moitié vide, est excellent dans son jeu. Un prix du Jury à Cannes amplement mérité. A voir absolument
Que comprendre?... Commençant par montrer un anti-héros insupportable d'égoïsme, de fainéantise, de déni qui se repose sur ses proches et refuse d'assumer toute responsabilité, cette "comédie" dramatique prend un premier virage spoiler: lorsqu'il semble revenir à la raison, comprenant que passion de la poésie et sens des réalités ne sont pas incompatibles et montrant combien les plus défavorisés sont englués dans des considérations fort éloignées des élégances littéraires mais aussi que la contraception ne fait guère partie de leurs préoccupations... Le second chemin, inattendu, spoiler: renforce l'image opportuniste d'une famille profiteuse que le professeur tente d'aider à travers le talent de la jeune fille tout en manifestant le cynisme de ceux qui souhaitent protéger leurs intérêts et le comportement contre-productif d'Oscar, toujours à rebours de la justesse (est-ce censé être burlesque?). Quant à la dernière partie, elle montre une maturité surprenante de la part de l'adolescente par une analyse faisant office de morale lourdement explicite spoiler: et débouchant sur le rallumage de la flamme artistique pour celui qui ne s'est jamais autrement que comme un poète. Peu convaincant.