Le Rire et le couteau
Note moyenne
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Ricardo Dias de Sousa
Ricardo Dias de Sousa

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5,0
Publiée le 12 juillet 2025
Excellent film qui offre une vision plurielle de la guinée et des cultures lusophones et queer et cela fait du bien.
Les personnages sont complexes, absolument pas manichéens, et le film ne tranche jamais sur certains sujets.

spoiler: Au contraire, il nous plonge dans l'exploration du personne de Sergio qui a une vision tantôt exotique de son expérience, où tout est excitant et sublimé, tantôt beaucoup plus terre-à-terre et immersive, et le film relève davantage du documentaire


C'est un très grand film qui fait du bien
FaRem

10 571 abonnés 11 461 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 décembre 2025
« Le problème, c'est qu'à Guinée-Bissau, tout est à Bissau. » Sergio, un ingénieur portugais travaillant pour une ONG, doit déterminer si le projet de construction d'une route sera utile à la population et si ce ne sera pas un désastre écologique. Il ne se fait pas prier pour se mélanger même si sa mission passe très souvent au second plan. Alors qu'il apprend d'eux, il se découvre lui-même. Une vision du monde et de ses privilèges qui est redéfinie par des expériences en tout genre. Une immersion totale au niveau visuel, sensoriel, émotionnel ou sentimental. "O Riso e a Faca" oscille sans cesse entre le documentaire quand il s'agit de la mission de l'ONG et de la fiction quand Sérgio devient un touriste très curieux qui s'éprend de Diara. Récompensée à Cannes, Cleo Diára est tout simplement magnétique, mais elle n'est pas la seule. La plupart des personnages ont quelque chose de fascinant et on peut dire la même chose de la ville. On comprend mieux le laisser-aller de Sérgio qui se laisse porter par ces nouvelles expériences tout en explorant ses contradictions. Il y a beaucoup de choses à dire sur le contenu avec ces réflexions sociales et post-coloniales, mais j'ai surtout apprécié l'authenticité des personnages, les différentes relations, la bande-son entrainante et le cadre dépaysant. Pour moi, c'est plus un bon film qu'un grand film, mais j'arrondis la note, car faire un film de près de quatre heures aussi captivant et vivant doit être récompensé.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 décembre 2025
Je ne savais rien du film avant de le lancer, si ce n'est que ça se passait en Afrique et c'est sans doute l'un des films les plus surprenants de l'année. Formellement le film ne va jamais s'attacher à un genre en particulier, le film commence ça pourrait être un film de survie dans le désert, puis on se demande si ça ne va pas être une histoire d'amour, puis un thriller... alors qu'en fait c'est surtout un documentaire...

Le film dure plus de 3h30 et les longues séquences s'enchaînent, parfois sans réel lien logique, on suit juste le héros fraichement débarqué du Portugal qui va passer d'un endroit à l'autre, que ça soit pour son travail, pour sa vie perso ou sans qu'on sache trop pourquoi. Il va rencontrer des gens qui vivent leur vie, qui font leurs trucs pendant parfois des longues séquences de vingt minutes, où il interagit quasiment pas, il est là, en arrière plan pendant que les autres s'affairent... On dit qu'il est là pour faire une étude sur l'impact d'une route, qu'il avance dans son enquête, mais on le voit surtout se mêler à la population, qu'elle soit locale ou non... fréquenter des boîtes de nuit, faire la fête et tenter de coucher avec une fille et/ou un mec qu'il a rencontré (le gourmand). On n'avait pas vu aussi belle séquence de boîte de nuit depuis Le gang du bois du temple...

Et au travers de ses rencontres se délivre le message du film, parfois de manière subtile, parfois moins (le coup de l'eau potable dans les toilettes qu'on a déjà entendu mille fois), sur le rapport entre la Guinée-Bissau et l'Occident, notamment sur la colonisation et le néo-colonialisme. On a par exemple une séquence particulièrement gênante où des membres blancs d'une ONG viennent visiter les latrines qu'ils ont fait installer dans un village guinéen. On voit donc des femmes blanches se pavaner et observer un trou dans la terre qu'ils présentent comme étant un grand progrès et demander aux femmes du village comment elles faisaient avant pour aller aux toilettes... Rituel humiliant par excellence, le tout avec un petit rire bourgeois : on fait tous ça, n'ait pas honte.

C'est sans doute l'une des scènes les plus explicites, mais on a surtout des moments où c'est tellement absurde qu'on ne sait pas trop quoi penser... Des portugais sur un chantier qui méprisent la population locale, qui écrasent sans vergogne quelqu'un d'allongé sur la route pensant à un braquage... Et puis des vrais moments de respiration, où juste on va filmer des gens qui vivent sur le fleuve et qui espèrent ou redoutent la construction d'une route...

Il y a tout dans le film... Il a un côté insaisissable, où on ne sait jamais bien ce que l'on va nous montrer ensuite... Et qui finit de manière assez incompréhensible, il finit là, il aurait pu finir avant, il aurait pu finir 2h plus tard... tant rien n'a été accompli, tant on a juste été porté par le flot des images et par une vision qui dénote totalement avec les clichés qu'on aurait pu avoir sur la Guinée-Bissau. Pedro Pinho n'est pas là pour nous balancer des lieux communs, des images d'Epinal ou pour faire du tourisme... On a des séquences incroyables dès le début du film sur des mecs travestis qui se préparent à aller danser...

Je ne connais pas le processus de tournage, mais je ne serais pas surpris que très peu soit réellement écrit et que la plupart a été improvisé, tant tout semble libre, avec peu de trame narrative et juste se dérouler au fur et à mesure des rencontres...
Quelque part, le côté très documentaire dans la construction de cette fiction m'a rappelé un peu Pacifiction, les deux films n'ont autrement pas grand chose à voir, mais on y retrouve un plaisir similaire dans la durée des séquences, les boîtes de nuit et les rencontres inattendues...

Donc si j'avais très peur du film à cause de sa durée (respectez mon temps de vie bordel), c'était absolument formidable.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 janvier 2026
À peine plongés dans cette métropole d’Afrique de l’Ouest, nous sommes happés par une multitude d’histoires qui s’entrecroisent avec une densité presque documentaire. "Le Rire et le couteau" ne se contente pas de suivre Sergio, ingénieur environnemental chargé d’une route reliant désert et forêt, il déploie une richesse de personnages et de situations qui déconcertent et fascinent : la liberté sexuelle côtoie un patriarcat omniprésent, les tensions politiques et les cicatrices du néocolonialisme imprègnent chaque plan. La disparition mystérieuse d’un ingénieur italien quelques mois plus tôt n’est qu’un élément narratif parmi ce maillage d’intrigues, renforçant le sentiment que l’histoire individuelle ne peut jamais totalement se détacher du contexte social et historique. Avec ses 3h30 actuelles, le film impose une immersion totale, presque étourdissante par sa richesse. La version de deux heures supplémentaires prévue en 2026 promet de creuser encore davantage ce réseau de relations et d’influences, renforçant le sentiment d’un portrait d’ensemble quasi encyclopédique.
Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

129 abonnés 411 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 août 2025
 LE RIRE ET LE COUTEAU - Pedro Pinho | ⭐ 7/10

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Un film de trois heures et demie, centré sur un seul enjeu narratif — la réalisation ou non d’une route en Afrique — représente un véritable défi pour le spectateur.

Mais avec 38 degrés à l'extérieur, j'avoue ne pas avoir boudé mon plaisir de me retrouver dans une salle climatisée pendant un si long moment ! Comme le résume parfaitement Télérama, Le Rire et le Couteau « est le film idéal pour oublier la canicule : une demi-journée ou presque de cinéma sans tabou ni certitude, autrement et ailleurs. »

Et il est vrai que la promesse d’évasion est tenue. Le film dépayse totalement, prenant le temps de dépeindre une Afrique riche et complexe, non pas à travers des rebondissements spectaculaires, mais via les rencontres et les déplacements du personnage principal.

Au point qu’on se surprend souvent à ressentir davantage l’intensité d’un documentaire que celle d’une fiction.

Le film est très riche et aborde une multitude de thématiques : les conséquences de la post colonisation et du capitalisme, la corruption, les inégalités entre classe dirigeante et une population qui vit dans le plus grand dénuement... et il surprend par le virage sensuel, voie érotique, que le récit prend à plusieurs reprises, renforçant encore l'aspect envoutant du film.

À l’image de son héros, qui observe plus qu’il n’agit et dont la passivité se décline à l’écran sous toutes ses formes, le film n’impose jamais de point de vue. Il réussit ainsi à s’affranchir de tout procès en néocolonialisme que l’on pourrait lui faire.

Le Rire et le Couteau demeure une œuvre exigeante, qui demande au spectateur d’accepter de lâcher prise et de se laisser guider par le rythme et l’atmosphère singulière du film.

헥헲́헰헼헺헽헲헻혀헲 : prix d'interprétation féminine pour Cleo Diára, dans la section Un Certain Regard du dernier Festival de Cannes.

Ma page ciné instagram : fenetre_sur_salle
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

228 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 décembre 2025
Alors qu’il apprend la disparition mystérieuse de son prédécesseur, Sergio, ingénieur en vadrouille en Guinée Bissau, tombe sous le charme ensorcelant de l’Afrique. Et de ses habitants.
Un film balayant un spectre de thématiques très large, on parle autant de colonialisme que de néo-colonialisme, de paternalisme que de genres.
Sergio n’est pas un mauvais bougre mais il est englué dans un système de pensée rétrograde alors que le continent évolue, il est contemporain au reste du monde.
Une Afrique qui finira par prendre, dans tous les sens du terme, ce petit européen. Notamment lors d’une superbe scène d’abandon total d’un érotisme absolu.
Un film qui rappellera des souvenirs à ceux qui connaissent le monde des expatriés et qui plaira aux autres.
Il dure 3h40 mais on signerait sans problèmes pour le double.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 780 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 janvier 2026
Qui est le film ?
Après L’Usine de rien, chronique ouvrière où la parole collective fissurait les cadres économiques et narratifs, Le Rire et le Couteau déplace la question politique vers un terrain plus risqué, celui de la présence occidentale en Afrique postcoloniale. Tourné en Guinée Bissau, pays marqué par l’histoire portugaise, le film suit Sergio, ingénieur environnemental chargé d’évaluer l’impact écologique d’un projet.

Par quels moyens ?
Dès son prologue désertique, Le Rire et le Couteau se pose la question de ce que signifie être ici quand on vient d’ailleurs. Sergio n’est pas un aventurier, encore moins un conquérant. Il est un reste, une figure anachronique. Un Occidental tardif, arrivé après la "grande histoire coloniale" mais incapable d’en être totalement dégagé. Le film raconte l'incapacité à s’installer narrativement. Rien ne fonctionne vraiment. La voiture tombe en panne. Les "rencontres" se dérobent. La chaleur envahit le corps jusqu’à le rendre grotesque. Sergio se déshabille sans cesse, comme si son corps tentait de se débarrasser de son identité sociale. L’ingénieur environnemental est un homme en trop, un corps surnuméraire dans un monde qui ne l’a pas appelé. Cette inadéquation est structurelle.

Pedro Pinho organise méthodiquement l’échec de toute fiction néocoloniale. La mission de Sergio reste floue. Évaluer l’impact écologique d’une route dont on ne comprend jamais vraiment les enjeux. Les gestes techniques s’accumulent sans jamais produire de récit clair. Le film refuse délibérément la dramaturgie du sauveur, du médiateur, du témoin éclairé. La seule scène ouvertement satirique, celle de l’humanitaire venue récolter des remerciements pour ses latrines, agit comme un repoussoir. Elle montre ce que le film aurait pu être s’il avait choisi la voie du discours, du cynisme confortable. À l’inverse, Sergio n’impose rien. Il écoute. Il doute. Il accepte d’être contredit. Cette posture pourrait sembler vertueuse mais Pinho la maintient dans une ambiguïté permanente. Car même l’écoute est une position de pouvoir. Même la bienveillance peut reconduire une domination. Le film ne sanctifie jamais la bonne volonté.

La puissance politique du film tient dans l’analogie constante entre Sergio et Pedro Pinho. Sergio est au monde ce que le cinéaste est à son film. Un étranger qui filme un territoire qu’il ne possède pas. Un regard qui sait qu’il est chargé d’histoire. Un geste qui ne peut pas être innocent. La réponse de Pinho est formelle et relationnelle. Le film devient polyphonique. Il ne se limite jamais au point de vue de Sergio. Diara et Guilherme existent en dehors de lui. Ils ont leurs scènes, leurs silences, leurs désirs. Le film accepte de se laisser déplacer par eux. Le trouble est accentué par le brouillage entre acteurs et personnages. Les prénoms identiques, les récits manifestement autobiographiques, les moments quasi documentaires produisent une sensation où le film ne parle pas à la place. Il parle avec. Ou parfois, il se tait.

Là où beaucoup de films politiques traitent le désir comme un supplément, Le Rire et le Couteau en fait le cœur battant de sa réflexion. Le désir n’est jamais neutre. Il est chargé de rapports de force, d’histoire, de classe, de couleur de peau. Pendant plus de trois heures, le film retarde l’accès à l’intimité. Les corps se frôlent, se désirent mais quelque chose résiste. Cette résistance est éthique. Lorsque la scène de sexe à trois advient enfin, elle opère un renversement. Sergio est pénétré. Littéralement. Symboliquement. Le colon devient passif. Le corps occidental cesse d’être celui qui prend, qui cadre, qui impose. Il accueille. Cette passivité n’est pas une humiliation. Elle est proposée comme une manière d’être au monde. Une manière de faire cinéma. Accueillir une parole. Accueillir un corps.

Le film oppose deux formes spatiales. La route est droite, imposée, tracée depuis l’extérieur. Elle évoque la rationalité coloniale, le découpage arbitraire des territoires, la violence infrastructurale qui prétend organiser le monde pour son bien. Elle est liée au projet de Sergio, mais aussi au cinéma classique, linéaire, progressif. Le fleuve, au contraire, est sinueux, imprévisible, lent. Il impose un autre rapport au temps et à l’espace. La dernière partie du film, en pirogue, cesse d’avancer pour simplement dériver. Ce passage signifie que le film lui-même abandonne la route. Il renonce à conclure, à démontrer, à résoudre.

Quelle lecture en tirer ?
Le Rire et le Couteau est un film exigeant, parfois déroutant, souvent inconfortable. Il propose une expérience de cinéma où le regard est constamment mis à l’épreuve, où le désir devient un lieu de réflexion, où la politique se loge dans les gestes, les silences, les corps. Le film ne dit pas comment bien faire. Il montre à quel point faire est déjà problématique.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 412 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 juillet 2025
Le scénario part d'un prétexte : un jeune ingénieur portugais ( vaguement bisexuel, certainement homosexuel ) est en mission pour le compte d'une ONG dans l'ancienne colonie portugaise de Guinée Bissau.

A travers une suite de rencontres diverses, le cinéaste nous donne à voir ce que représente concrètement une différence culturelle et le mur d'incompréhension infranchissable ( ou quasi ) qu'elle installe finalement entre les êtres.

On nous donne à voir un élément exogène qui tente de comprendre les codes, slalome dans des situations imperméables à sa compréhension, sur fond d'aide humanitaire qui fait penser au tonneau des Danaïdes.

Sorte de fiction réaliste, " le rire et le couteau" laissera en grande partie le spectateur à son analyse personnelle.

Au plan formel, on est proche du slow cinéma ( plans longs sans beaucoup de dialogues ou l'atmosphère est utilisée comme élément clef dans la transmission d'émotions ).

A titre de comparaison, à destination du spectateur éventuel, il m'a semblé que le récent " Pacifiction" de Albert Serra n' était pas très éloigné, ni au plan formel, ni au plan thématique de ce " le rire et le couteau".
Hors Jeu
Hors Jeu

32 abonnés 62 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 juillet 2025
La réflexion de fond de ce film est intéressante. il laisse présager quelque chose de prometteur dès les premières 20 minutes. Malheureusement, j'ai regretté que le travail d'analyse et d'interprétation du spectateur lui soit mâché et servi sur un plateau de façon tellement évidente que ce film en perd son intérêt au bout d'une heure et demie...
Jerican
Jerican

14 abonnés 113 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 août 2025
Film d'une ampleur sidérante, une expérience de cinéma unique. J'ai besoin de le revoir, mais y retourner, bon, pas tout de suite, alors allez le voir !
GARAL
GARAL

11 abonnés 53 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 octobre 2025
Ce film emprunte sa nonchalance et son imprévisibilité au cours d'eau sur lequel on naviguera vers la fin du film;.Le héros, un humanitaire blanc chargé d’étudier la faisabilité d’une route,en Guinée Bissau ainsi que son impact sur l'écosystème ambiant navigue avec indolence face à un 'il ne comprend pas et qui ne le comprend pas tout en restant consciencieux de sa mission. Incompréhension mutuelle structurelle qui n'empêche pas une volonté de bienveillance réciproque quand d'autres intérêts ne sont pas en jeu. Parallèlement à la découverte de cet environnement nouveau pour lui, notre héros se découvre lui-même progressivement. Le réalisateur est connu pour des positions "militantes" mais le film n'est jamais didactique et ne tombe jamais dans la caricature.
Catherine c
Catherine c

4 abonnés 18 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 juillet 2025
Superbe film, alliant fiction et documentaire. Malgré la durée du film, je n’ai pas vu le temps passer. Bon acting, en large des clichés, surprenant. Un beau moment de cinéma.
Simon_Reshevsky
Simon_Reshevsky

4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 juillet 2025
Le plus beau des films, dont on sort en ayant l'impression d'avoir été frappé par la foudre. Un récit-fleuve, sensuel et libre, qui rappelle les romans de Joseph Conrad : une galerie de personnages flamboyants, à la parole abondante et précise, un thriller bucolique dans un décor d’empires en lutte, une histoire de désir et de solitude. Incroyable.
Eric Dugelay
Eric Dugelay

8 abonnés 162 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 août 2025
Magnifique fable du rire et du couteau en Guinée Bissau

Pedro Pinho frappe un grand coup avec son très beau et très long film (3 h 31), Le rire et le couteau. Les trois acteurs principaux sont exceptionnels : Sérgio Coragem (Sergio), Cleo Diára (Diara) et Jonathan Guilherme (Guillermhe). Le réalisateur ne tombe jamais dans la caricature. Le débat sur l’impact de la colonisation portugaise en Guinée Bissau et le rebond ultérieur du pays décolonisé sont subtilement au cœur de l’intrigue. Difficile de rester insensible à l’enthousiasme et la naïveté de Sergio, ingénieur portugais venu diagnostiquer l’impact écologique d’un projet de construction de route.
oloc
oloc

9 abonnés 72 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 juillet 2025
Le rire et le couteau de Pedro Pinho est un film fleuve pas tranquille.
Jeune ingénieur portugais engagé dans une ONG, Sergio (Sérgio Coragem) est venu d'Europe pour expertiser le tracé d'une route en Guinée-Bissau. Sur place, il fait des rencontres : des queers, des expatriés, une bourgeoisie heureuse, des paysans et Diara la débrouillarde (Cleo Diara). Cette nouvelle voie est peut-être une chance...

Ce film est entre fiction et documentaire dans un cinéma qui déroute, sort des sentiers battus. Il prend le temps de nous plonger dans cet univers et, comme Sergio, nous y cherchons nos repères. C'est bigarré, foisonnant et envoûtant. On se balade comme sur un chemin mal tracé dans ce film polyphonique passant d'une pièce d'un large puzzle à l'autre. Au fur et à mesure on les découvre et ça finit par s'emboiter.

Pedro Pinho prend le temps (et ça fait du bien) d'y aborder bien des questions. Le colonialisme, la décolonisation et le néocolonialisme, le travail des ONG. La richesse et la pauvreté, de bien et d'esprit. La question de l'identité, individuelle, ethnique, tribale, mondiale, la couleur de peau, l'orientation sexuelle, la quête personnelle, les envies, les désirs. La question de l'équilibre entre le progrès et la tradition. Cette route est-elle une menace ou un bienfait ? Faut-il rester chez soi ou aller ailleurs ? Etre ici, être à sa place.
Le titre du film est trompeur car si les personnages rient beaucoup, ils ne tranchent que peu, les questions restent suspendues au crochet philosophe.

Cette route en devenir est le symbole de la vie que l'on trace, que l'on explore au travers de Sergio dans un parcours initiatique. Une épopée extrêmement humaine.
Et ce projet ? Il avance ? simple question qui en rejoint une plus intense : et cette vie, elle avance ?

Ce film profondément humain, sensible, sensuel, d'un cinéma créatif est à voir absolument !
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