Le Rire et le couteau
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59 critiques spectateurs

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Emile Louis
Emile Louis

11 abonnés 12 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 juillet 2025
À force de voir des films, une certaine monotonie s’impose, même si on se contente de dire que tel ou tel film est vraiment bien, sans qu’on soit réellement convaincu . Et puis arrive « Le rire et le couteau » film miracle qui surprend et me fait écrire que décidément le cinéma n’est pas mort, mais qu’il peut encore et toujours nous surprendre et nous émouvoir. La générosité du réalisateur de nous faire découvrir un pays à travers l'errance de Sergio, ingénieur environnemental et de ses nombreuses rencontres, fait de ce film un témoignage sur les effets de la colonisation, ici la Guinée-Bissau. On ressort du film un peu sonné, ivre d'images et de sons. C'est peu dire que le film m'a touché et bien qu'il dure 3h30, j'en aurai bien pris pour 3h00 de plus.
Simone Gentile
Simone Gentile

11 abonnés 104 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 juillet 2025
Le Rire et le Couteau déconstruit brillamment les résidus du néocolonialisme par une approche subtile et incarnée, où le politique passe par les corps, les silences et les regards. Pedro Pinho ne dénonce pas : il expose, il renverse, il laisse se dérouler sous nos yeux l’absurde engrenage d’une présence occidentale « bienveillante » mais toujours chargée de pouvoir.

spoiler: Ce renversement est d'autant plus évident quand Diára propose à Sérgio de la regarder avoir un rapport sexuel avec son petit ami. Pensée comme une subversion du regard blanc, elle place Sérgio — et le spectateur avec lui — dans une position d’attente, de marginalité. Là où le cinéma a si souvent fétichisé les corps racisés pour le plaisir du regard dominant, ici ce sont les corps noirs qui s’aiment d’abord, se regardent entre eux, se suffisent. L’invitation ne vient qu’après, et elle est conditionnée. Dans ce sens, le désir est politique, et la frustration devient pédagogique.

C’est cette logique de déplacement, d’humilité forcée, qui traverse le parcours de Sérgio comme une Odyssée contemporaine : il n’est jamais le centre, tout en étant l'un des personnages principaux. Il est obligé d’endurer, d’apprendre en se taisant, parfois même d’être exclu. Mais ce n’est qu’au prix de cette dépossession qu’il accède enfin — ou peut-être non — à la complexité, à la beauté et à la richesse de ce qui l’entourent.

Un film dense, exigeant, dérangeant mais décidément nécessaire.
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 440 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juillet 2025
Il faut commencer par dire que ce film est magnifique. Malgré une longueur effrayante (3H30), l’histoire de Sergio, ingénieur missionné pour rédiger un rapport en Guinée vaut le coup. Le jeune homme y découvre un pays encore marqué par le colonialisme, mais très ouvert. C’est une véritable ode à l’ouverture, à la réflexion. En découvrant la vie locale, ses enjeux et ses traditions, Sergio fait aussi des rencontres intimes. Ces scènes assez explicites sont tout autant réussies. Un grand coup de coeur pour ce film racontant une époque.
Benedicte B
Benedicte B

15 abonnés 52 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 juillet 2025
Film beaucoup trop long qui aborde beaucoup trop de sujets et dont les scènes sont souvent beaucoup trop longues
On fini par être perdus entre le discours politique et la quette personnelle du personnage principal.
On appréciera tout de même, une très belle image, des paysages magnifiques et une volonté de couvrir pleins de sujets importants
Simon Bernard
Simon Bernard

206 abonnés 689 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 19 mai 2025
Sérgio est un jeune portugais expatrié dans l'Afrique de l'Ouest. On le découvre sur la route dans le désert, roulant en direction de la Guinée-Bissau afin de prendre un poste dans une ONG qui travaille sur la déviation de la construction d'une route pour protéger une réserve naturelle. Sérgio fait la rencontre d'un groupe de queers dont font partie Diara et Guilherme.

spoiler: "le rire et le couteau" n'a pas été une séance appréciée de mon côté. Je suis vraiment déçu de cette tentative d'être original en distordant sans raison valable le format classique d'un film. Les 3h30 ne sont absolument pas justifiées et ne sont au final qu'un journal de bord qui se laisse porter sur la vie d'un expatrié bobo en quête de sens. On comprend rapidement que le réalisateur cherche à nous montrer pourquoi cet individu qui s'imagine aider les autres est à côté de la plaque et perçu négativement par les gens qu'il rencontre. La deuxième partie m'a achevé et je n'ai pas réussi à me relever de l'ennui ressenti sur cette plateforme dans le désert.
Jean-Pierre JANY
Jean-Pierre JANY

1 critique Suivre son activité

1,0
Publiée le 15 juillet 2025
Un de ces films sans scénario, qui sont déjà ennuyeux sur 1h30,, mais là ça devient insupportable avec ces 3h30. On croit toujours que ça va se finir là, comme les scènes s'enchaînent sans lien entre elles, et puis en arrive une nouvelle. L'idée de la disparition de son collègue précédent est évoquée deux fois, mais ça ne débouche sur rien..
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 juillet 2025
Sergio est un ingénieur embauché par une ONG pour réaliser en Guinée Bissau l’audit environnemental d’un projet de route censée désenclaver l’arrière-pays mais traversant une mangrove fragile. Ce jeune trentenaire taiseux rejoint son affectation en voiture, à travers le Sahara. Il découvre progressivement son travail et son environnement.

"Le Rire et le Couteau" a été projeté à Cannes dans la section "Un certain regard". Sa durée est hors normes : trois heures trente. Je me plains trop souvent de l’obésité de certains films pour ne pas souligner que cette durée est, ici, parfaitement appropriée. Car elle nous laisse le temps de pénétrer un univers et de nous débarrasser de nos préjugés.

Le parcours de son réalisateur, Pedro Pinho, engagé dans la militance altermondialiste, et les interviews qu’il a données autour du film pouvaient laisser craindre une charge en règle contre le post-colonialisme et ses avatars capitalistes. Mais heureusement, son film évite le piège du manichéisme.

Loin d’opposer pied à pied les Noirs et les Blancs, les gentils et les méchants, Le Rire et le Couteau prend le temps d’analyser les relations qui se nouent autour de Marcello dans toute leur complexité. Il jette un regard d’une rare intelligence sur la « situation postcoloniale », pour reprendre le titre du livre séminal de Marie-Claude Smouts qui m’a nourri dans l’écriture de « La France en Afrique » (c’était le moment #Autopromotion !)

"Le Rire et le Couteau" interroge le sens de l’action humanitaire en Afrique. Est-elle utile ? ou donne-t-elle au Blanc bonne conscience ? les deux répond le film qui a l’intelligence d’examiner la question sous plusieurs aspects, en filmant par exemple la tournée en brousse d’une bande d’humanitaires blondinets interrogeant les habitants sur l’usage qu’ils font des latrines impeccables qui leur ont été livrées.

Il interroge aussi le sens du progrès. La route que Sergio construira bouleversera l’écosystème des paysans ; elle encouragera aussi l’exode rural ; mais elle facilitera l’accès aux villes, la commercialisation des productions, l’évacuation sanitaire des malades…

Sergio se rend sur un chantier situé en plein désert. De vieux Portugais y sont employés comme contremaitres. Ils vivent loin de leur famille, avec pour seule motivation l’appat du gain. Leur dur labeur est interrompu par quelques beuveries et par des sorties au night-club du village du coin tenu, mondialisation oblige, par une maquerelle chinoise.

"Le Rire et le Couteau" explore aussi le domaine de l’intime et ici encore propose de dépasser les frontières. Bisexuel, Sergio va faire deux rencontres. Gui, un travesti brésilien, moustachu et poilu, venu en Guinée Bissau à la recherche de ses racines africaines. Et Diara, une auto-entrepreneuse débrouillarde, reine de la nuit, perruquée, maquillée et piercée.

Après trois heures trente, "Le Rire et le Couteau" se termine en épingle à cheveux, sans répondre aux questions en suspens. On trouvera à bon droit cette issue frustrante habitué qu’on est à l’usage qui veut qu’un film se close sur lui-même. Mais celui-ci ressemble à la vraie vie qui, pour le meilleur et pour le pire, ne donne pas toujours les réponses aux questions qu’elle lance.
be-bop
be-bop

3 abonnés 19 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 juillet 2025
Vu en avant première, après une courte nuit, j’ai été tenu de bout en bout par l’énergie et la fusion des idées de ce film, qui force a penser, à penser contre soi, tout en prônant la vie et le désir ! Courrez y!
mimi067
mimi067

8 abonnés 15 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 juillet 2025
Très novateur dans la réalisation, le montage, le script, la direction d’acteur et le scénario. Une grande liberté laissée au spectateur. Un voyage au cœur de l’âme humaine blessée où les sentiments humains révèlent le vrai visage de la responsabilité
Antoine
Antoine

46 abonnés 77 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 juillet 2025
Film ambitieux, peut être trop, et comme c’est souvent le cas c’est l’écriture qui pêche. Les protagonistes ne sont pas tous traités avec la même profondeur, leurs interactions sont minimalistes à une exception près, le récit tombe parfois dans la critique qu’il est censé porter. Le film reste intéressant, même si caricatural parfois dans l’opposition colon/colonisé, il suggère bien la persistance des effets de la colonisation, la tutelle ininterrompue, l’action caritative bonne conscience des héritiers de la spoliation, mais reste très manichéen. Les images restent très belles et la réalisation qualitative.
traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 juillet 2025
Plus de 7 ans après son très long L'usine de rien, qui a toutefois ses amateurs, Pedro Pinho récidive, avec un sujet très différent, quoique, qui dépasse largement les 3 heures d'horloge. Il vient avec son rire et son couteau (non, ce n'est pas une expression portugaise) nous conter l'histoire d'un ingénieur plongé dans la réalité de la Guinée-Bissau, pays assez peu fréquenté par le cinéma. Il y a plusieurs strates dans le film, dont celle de la démonstration que le colonialisme est toujours vivant, même s'il sh'abille de vêtements nouveaux et s'exerce avec moins de sang versé mais avec davantage d'argent et un mépris constant pour les populations locales. Il arrive que Le rire et le couteau insiste lourdement sur le sujet par les mots, alors que le long métrage est bien plus efficace quand il se contente des images et des situations. Un autre aspect est documentaire, notamment sur la fin, mais l'on préférera retenir le vertige romanesque du scénario, qui renvoie à l'autre grand cinéaste lusitanien, Miguel Gomes, avec une errance de son héros, portugais ensablé, marquée par des rencontres et une sensualité qui s'épanouit. Pinho ne mène pas tous fils narratifs jusqu'au bout mais, contrairement à son opus précédent, l'ennui n'est pas présent, remplacé par la curiosité de découvrir un cheminement particulier et personnel, qui n'a rien de linéaire mais humaniste et sensoriel.
Christian RZ
Christian RZ

87 abonnés 266 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 8 août 2025
C’est très long, c’est un documentaire dans lequel on a distillé quelques personnages de fiction qui nous montrent les différents aspects bizarroïdes de la Guinée Bissau, à travers le regard faussement naïf d’un humanitaire qui se prend au passage d’amitié pour les trois quatre drag queen que doit compter le pays… prix d’interprétation improbable
Flower 0478
Flower 0478

106 abonnés 440 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 juillet 2025
Quand j'ai vu que ça allait parler de la Guinée-Bissau j'étais enthousiasme car c'est un pays méconnu et c'est mes origines l'idée de base est intéressante on a voulu montrer que le colonialiste est toujours présent c'est dommage car je trouve qu'il a pas mis plus que ça en avant les paysages de la Guinée-Bissau qui sont magnifiques ce qui est bien c'est qui montre que les gens des autres pays qui viennent aider au développement du pays par contre je n'ai pas aimé comment ils montre les femmes noir comme des objets de sexe, je n'ai pas aimé une scène que je trouve complètement malaisantes avec le duo à trois en plus longue à la limite du porno et le réalisateur à préféré s'attarder sur le monde de la nuit et fête pourtant il avait de quoi faire en 3h30 dommage.
Sergio Savoie
Sergio Savoie

5 abonnés 25 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 juillet 2025
interessant pour une durée normale malheureusement beaucoup trop long par rapport au peu de rebondissements du scénario
Mikaël D
Mikaël D

10 abonnés 33 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 juillet 2025
Il y a dans ce film quelques instants de grace, mais le délire critique qui l'entoure reste pour moi incompréhensible.
Les 3h30 passent sans ennui - grand talent du cinéaste - mais le film finit par rejoinde les défauts du personnage principal: mollesse et indécision. La passivité du héros, très bien interprété, devient à la fin insupportable.
L'actrice principale existe vraiment, magnétique, elle a une indéniable présence.
De beaux personnages, l'aspect queer est élégant et empathique, ouvrant les esprits comme chez Audiard.
Le fillm délivre en permanence un discours (le film est très bavard) extrêmement complexe sur le racisme, la colonisation, la corruption, le conflit entre tradition et modernité, le point de vue et les défauts des différentes communautés, les "valeurs" occidentales véhiculées niaisement, naïvement ou cyniquement par les ONG. C'est audacieux.
L'aide au développement centrée sur la santé, l'écologie et le climat: peut-être une forme moderne de colonisation ?
Mais la peau blanche reste rédibitoire, et cela a du attrister les spectateurs 100% blancs de la salle pleine à craquer.
Le film n'apporte aucune conclusion à ses différents fils narratifs ou scénaristiques: c'était très à la mode en 1960 (L'Aventura) mais c'est nul et poseur aujourd'hui.
Et malgré les qualité de l'image, de la mise en scène, de la musique, et de l'interprétation, le défaut majeur reste cette léthargie contemplative menant à une quasi absence d'émotion, humaine ou cinématographique, à l'exception d'une longue scène très crue qui réveille indéniablement le cardio - un comble.
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