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Jean-Pierre JANY
1 critique
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1,0
Publiée le 15 juillet 2025
Un de ces films sans scénario, qui sont déjà ennuyeux sur 1h30,, mais là ça devient insupportable avec ces 3h30. On croit toujours que ça va se finir là, comme les scènes s'enchaînent sans lien entre elles, et puis en arrive une nouvelle. L'idée de la disparition de son collègue précédent est évoquée deux fois, mais ça ne débouche sur rien..
Le Rire et le Couteau déconstruit brillamment les résidus du néocolonialisme par une approche subtile et incarnée, où le politique passe par les corps, les silences et les regards. Pedro Pinho ne dénonce pas : il expose, il renverse, il laisse se dérouler sous nos yeux l’absurde engrenage d’une présence occidentale « bienveillante » mais toujours chargée de pouvoir.
spoiler: Ce renversement est d'autant plus évident quand Diára propose à Sérgio de la regarder avoir un rapport sexuel avec son petit ami. Pensée comme une subversion du regard blanc, elle place Sérgio — et le spectateur avec lui — dans une position d’attente, de marginalité. Là où le cinéma a si souvent fétichisé les corps racisés pour le plaisir du regard dominant, ici ce sont les corps noirs qui s’aiment d’abord, se regardent entre eux, se suffisent. L’invitation ne vient qu’après, et elle est conditionnée. Dans ce sens, le désir est politique, et la frustration devient pédagogique.
C’est cette logique de déplacement, d’humilité forcée, qui traverse le parcours de Sérgio comme une Odyssée contemporaine : il n’est jamais le centre, tout en étant l'un des personnages principaux. Il est obligé d’endurer, d’apprendre en se taisant, parfois même d’être exclu. Mais ce n’est qu’au prix de cette dépossession qu’il accède enfin — ou peut-être non — à la complexité, à la beauté et à la richesse de ce qui l’entourent.
Un film dense, exigeant, dérangeant mais décidément nécessaire.
Le scénario part d'un prétexte : un jeune ingénieur portugais ( vaguement bisexuel, certainement homosexuel ) est en mission pour le compte d'une ONG dans l'ancienne colonie portugaise de Guinée Bissau.
A travers une suite de rencontres diverses, le cinéaste nous donne à voir ce que représente concrètement une différence culturelle et le mur d'incompréhension infranchissable ( ou quasi ) qu'elle installe finalement entre les êtres.
On nous donne à voir un élément exogène qui tente de comprendre les codes, slalome dans des situations imperméables à sa compréhension, sur fond d'aide humanitaire qui fait penser au tonneau des Danaïdes.
Sorte de fiction réaliste, " le rire et le couteau" laissera en grande partie le spectateur à son analyse personnelle.
Au plan formel, on est proche du slow cinéma ( plans longs sans beaucoup de dialogues ou l'atmosphère est utilisée comme élément clef dans la transmission d'émotions ).
A titre de comparaison, à destination du spectateur éventuel, il m'a semblé que le récent " Pacifiction" de Albert Serra n' était pas très éloigné, ni au plan formel, ni au plan thématique de ce " le rire et le couteau".
Il faut commencer par dire que ce film est magnifique. Malgré une longueur effrayante (3H30), l’histoire de Sergio, ingénieur missionné pour rédiger un rapport en Guinée vaut le coup. Le jeune homme y découvre un pays encore marqué par le colonialisme, mais très ouvert. C’est une véritable ode à l’ouverture, à la réflexion. En découvrant la vie locale, ses enjeux et ses traditions, Sergio fait aussi des rencontres intimes. Ces scènes assez explicites sont tout autant réussies. Un grand coup de coeur pour ce film racontant une époque.
Très novateur dans la réalisation, le montage, le script, la direction d’acteur et le scénario. Une grande liberté laissée au spectateur. Un voyage au cœur de l’âme humaine blessée où les sentiments humains révèlent le vrai visage de la responsabilité
Plus de 7 ans après son très long L'usine de rien, qui a toutefois ses amateurs, Pedro Pinho récidive, avec un sujet très différent, quoique, qui dépasse largement les 3 heures d'horloge. Il vient avec son rire et son couteau (non, ce n'est pas une expression portugaise) nous conter l'histoire d'un ingénieur plongé dans la réalité de la Guinée-Bissau, pays assez peu fréquenté par le cinéma. Il y a plusieurs strates dans le film, dont celle de la démonstration que le colonialisme est toujours vivant, même s'il sh'abille de vêtements nouveaux et s'exerce avec moins de sang versé mais avec davantage d'argent et un mépris constant pour les populations locales. Il arrive que Le rire et le couteau insiste lourdement sur le sujet par les mots, alors que le long métrage est bien plus efficace quand il se contente des images et des situations. Un autre aspect est documentaire, notamment sur la fin, mais l'on préférera retenir le vertige romanesque du scénario, qui renvoie à l'autre grand cinéaste lusitanien, Miguel Gomes, avec une errance de son héros, portugais ensablé, marquée par des rencontres et une sensualité qui s'épanouit. Pinho ne mène pas tous fils narratifs jusqu'au bout mais, contrairement à son opus précédent, l'ennui n'est pas présent, remplacé par la curiosité de découvrir un cheminement particulier et personnel, qui n'a rien de linéaire mais humaniste et sensoriel.
À force de voir des films, une certaine monotonie s’impose, même si on se contente de dire que tel ou tel film est vraiment bien, sans qu’on soit réellement convaincu . Et puis arrive « Le rire et le couteau » film miracle qui surprend et me fait écrire que décidément le cinéma n’est pas mort, mais qu’il peut encore et toujours nous surprendre et nous émouvoir. La générosité du réalisateur de nous faire découvrir un pays à travers l'errance de Sergio, ingénieur environnemental et de ses nombreuses rencontres, fait de ce film un témoignage sur les effets de la colonisation, ici la Guinée-Bissau. On ressort du film un peu sonné, ivre d'images et de sons. C'est peu dire que le film m'a touché et bien qu'il dure 3h30, j'en aurai bien pris pour 3h00 de plus.
Excellent film qui offre une vision plurielle de la guinée et des cultures lusophones et queer et cela fait du bien. Les personnages sont complexes, absolument pas manichéens, et le film ne tranche jamais sur certains sujets.
spoiler: Au contraire, il nous plonge dans l'exploration du personne de Sergio qui a une vision tantôt exotique de son expérience, où tout est excitant et sublimé, tantôt beaucoup plus terre-à-terre et immersive, et le film relève davantage du documentaire
Un chef d’œuvre ! Une plongée intense, perturbante et fascinante dans un voyage à la fois géographique, physique et mental. L’impression de lire un long roman à la Conrad. Il y a un avant et un après ce film. Il nous change.
Le plus beau des films, dont on sort en ayant l'impression d'avoir été frappé par la foudre. Un récit-fleuve, sensuel et libre, qui rappelle les romans de Joseph Conrad : une galerie de personnages flamboyants, à la parole abondante et précise, un thriller bucolique dans un décor d’empires en lutte, une histoire de désir et de solitude. Incroyable.
Film beaucoup trop long qui aborde beaucoup trop de sujets et dont les scènes sont souvent beaucoup trop longues On fini par être perdus entre le discours politique et la quette personnelle du personnage principal. On appréciera tout de même, une très belle image, des paysages magnifiques et une volonté de couvrir pleins de sujets importants
Vu en avant première, après une courte nuit, j’ai été tenu de bout en bout par l’énergie et la fusion des idées de ce film, qui force a penser, à penser contre soi, tout en prônant la vie et le désir ! Courrez y!
Sérgio est un jeune portugais expatrié dans l'Afrique de l'Ouest. On le découvre sur la route dans le désert, roulant en direction de la Guinée-Bissau afin de prendre un poste dans une ONG qui travaille sur la déviation de la construction d'une route pour protéger une réserve naturelle. Sérgio fait la rencontre d'un groupe de queers dont font partie Diara et Guilherme.
spoiler: "le rire et le couteau" n'a pas été une séance appréciée de mon côté. Je suis vraiment déçu de cette tentative d'être original en distordant sans raison valable le format classique d'un film. Les 3h30 ne sont absolument pas justifiées et ne sont au final qu'un journal de bord qui se laisse porter sur la vie d'un expatrié bobo en quête de sens. On comprend rapidement que le réalisateur cherche à nous montrer pourquoi cet individu qui s'imagine aider les autres est à côté de la plaque et perçu négativement par les gens qu'il rencontre. La deuxième partie m'a achevé et je n'ai pas réussi à me relever de l'ennui ressenti sur cette plateforme dans le désert.