Du grand art ! A croire que les critiques les plus basses ont été rédigées par des "spectateurs" venus tout spécialement pour casser un film cannois (mais ceci n'est que mon humble avis). Avant d'attaquer ma critique, je partage ma philosophie du cinéma : l'écran n'est jamais qu'une palette sur laquelle chaque réalisateur va mettre sa patte, tout comme le fait un peintre. On sait tout de même un peu quand on s'installe dans la salle si l'on vient pour une comédie (mais va-t-elle être bien ficelée, facile, stupide ?), un thriller (trop effrayant, pas assez), une comédie romantique (désuète, un peu moderne), un drame sociologique, etc. Si l'on vient pour voir un film d'Ashar Farhadi, il va falloir aller au delà de ce qu'on voit, faire preuve d'autant d'imagination que le personnage principal (en apparence principal) du film, interprété par Isabelle Huppert, s'intéresser à" l'effet papillon" provoqué par le vrai personnage principal du film (Adam) qui, n'étant en apparence qu'un personnage transparent, que l'on remarque à peine dans une rue, en errance perpétuelle, mais qui va changer le destin de tous les personnages qu'il rencontre, comme dans la vie, les personnages secondaires peuvent faire basculer nos vies. Un magnifique film, des thèmes autour de l'écriture, du cinéma, des conséquences de notre imagination, des interprétations toutes plus brillantes que les autres, un régal de voir Isabelle Huppert, une fois de plus, interpréter un rôle comme s'il avait été écrit pour elle et une interprétation tout en finesse d'Adam Bessa. Brillant ! Dommage que tout cela soit passé sous silence dans la plupart des critiques.