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Paul B
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3,0
Publiée le 18 mai 2026
Extrêmement ennuyant mais a le mérite d'être une histoire originale. Cependant les confusions entre le récit du film et celui d'Isabelle Huppert est confus.
Ces histoires sont peut-être parallèles mais elles sont surtout très inintéressantes, sélection de Cannes ou non… et malheureusement elles perdent le spectateur en cours de route par manque de substance
Je dois l'avouer, je ne connais absolument pas le cinéma d'Asghar Farhadi. "Histoires parallèles" fut donc mon premier contact avec celui-ci, ce dernier m'ayant principalement attiré par la puissance de son casting. Avec des noms comme Isabelle Huppert, Virginie Efira, Pierre Niney ou encore Vincent Cassel sur l'affiche, il était peu de dire que ce projet avait l'air intrigant. Malheureusement, je dois dire que je ressors un peu déçu de mon visionnage. Dans l'ensemble, je trouve que le film a des qualités certaines, mais j'ai également la sensation qu'il m'est un peu passé au-dessus et qu'il ne me laissera pas un souvenir très marqué. Dans son concept, je comprends pourtant ce que le réalisateur a voulu mettre en place, avec une histoire qui parle clairement du désir de création. Cela se fait via le personnage de Sylvie, qui est le cliché de l'autrice dans son mode de vie, mais qui permet de mettre en avant les inspirations possibles pour un auteur. Et même, dans une moindre mesure, le fait que les personnages de l'immeuble d'en face soient des doubleurs pour les bruitages (qu'ils doivent donc créer à partir de rien) fait sens. À ce niveau, je pense qu'il est également le bon moment pour saluer toutes les performances du casting. Ils sont tous très bons, et je suis persuadé que ce genre de propositions (avec différentes facettes d'un même rôle) a dû leur plaire. Mais pour revenir à nos moutons, le film créait donc son point de bascule via le personnage d'Adam, un personnage qui souhaite également devenir auteur. Malheureusement, son inexpérience et son vécu jouant beaucoup, il est le penchant trop minimaliste de l'artiste, ne sachant séparer le réel de la fiction. En ce sens, je trouve également que l'idée de mélanger les séquences de l'histoire principale et l'histoire du roman était intéressante, c'était ce qu'il fallait faire. Cependant, c'est là que le long-métrage trouve ses limites pour moi, avec une formule qui ne fonctionne pas si bien au final. Dans l'ensemble, le film est quand même très long à regarder, et la raison principale à cela vient de la composition de sa narration. Au lieu de véritablement mélanger le réel et la fiction dans le montage, il va faire l'un, puis l'autre. On va d'abord imaginer la vie des personnages d'en face, avant d'être confrontés à la réalité. Sur le papier, cela peut paraître logique, mais dans les faits, j'ai quand même la sensation que le film appelait bien plus à un véritable mélange des deux histoires. On aurait alors pu avoir une vraie confrontation, et pas juste une comparaison qui s'effectue bien à part. Je tiens également à rajouter que le final est un peu léger, notamment sa toute dernière séquence, et on a donc un tout qui peine à convaincre. Le long-métrage est clairement rempli d'idées, mais sa narration créait trop rapidement un sentiment de lassitude. Le rythme ne rebondit jamais, et on finit donc logiquement par s'ennuyer. Alors, comme première expérience dans le cinéma de ce réalisateur, je dois dire que j'en ressors avec peu d'envie d'aller découvrir le reste. Pour conclure, un projet intrigant, mais peu concluant.
L’histoire est originale mais le scénario est trop délayé et trop long. Les actrices et acteurs sont excellents dans leur rôle. Dommage qu’il y ait cette lenteur le film aurait pu être parfait.
Un scénario et une mise en scène qui auraient pu mériter une palme. Le casting est excellent et la réflexion sur la frontière entre réel et imaginaire envoûtant. Un film sur la naissance de la création dans un Paris réaliste et fantasmé.
Plutôt moyen, malheureusement la fin n’apporte pas de réelle clé de lecture à l’ensemble. Un très bon casting, mais une difficulté à saisir la démarche du réalisateur et l’intention du film. Malgré un récit intriguant par moments, ce drame laisse finalement peu d’émotion et un intérêt assez limité en sortie de salle.
Vous l’aurez compris, je ne décernerai donc pas ma Palme d’or à ce film.
Sylvie (Isabelle Huppert) espionne ses voisins (Virginie Efira, Pierre Niney et Vincent Cassel, associés travaillant sur les bruitages des films) et invente leur vie pour nourrir l’écriture de son nouveau roman. Sa vie va être bouleversée par l’arrivée d’Adam (Adam Bessa) embauché par sa nièce pour s’occuper d’elle. L’intrigue est surprenante, difficile à raconter mais très bien menée car tout est toujours très clair malgré la complexité, le scénario est très bien écrit, tout est bien imbriqué. C’est un vrai plaisir de voir jouer tous ces acteurs de renom. Il y a aussi souvent de l’humour et ça marche très bien. Mention spéciale à Isabelle Huppert, très douée dans ce domaine avec ses mimiques, sa façon de dire ses répliques, sa scène avec Catherine Deneuve est particulièrement savoureuse, c’est un bonheur de voir ces deux actrices dans ces rôles. Aussi, la mise en lumière du métier de bruiteur est très intéressante car on parle peu de cette discipline pourtant si importante.
Le film n'est pas mauvais et bien interprété mais malheureusement on se perd un peu dans des longueurs, répétitions ou un scénario alambiqué entre histoire et réalité.....
Quand la fiction influence la réalité...cela pourrait bien résumer ce scénario où le portrait psychologique de chaque personnage est bien campé. Certains ont craint les longueurs de certaines scènes mais c'est, à mon sens, ce qui apporte de l'intérêt et du suspens au film.
Cinéma d’auteur français dans toutes ses traditions, avec ses qualités comme ses défauts, Histoires parallèles est un film typique du Festival de Cannes, bénéficiant en prime d’un casting cinq étoiles. Néanmoins le film tire inutilement en longueur.
Le début du film est vraiment lent et personnellement, passé l'effet de surprise au tout début, j'ai eu un peu de mal à accrocher les premières dizaines de minutes et à comprendre comment une telle brochette d'acteurs, un tel casting, avait pu être attiré par un tel film, mais l'intérêt vient en grandissant au fil du déroulé de cette histoire qui explore une nouvelle fois le thème de l'inspiration littéraire. Après le dernier Almodovar (Autofiction) et aussi le très récent "A pied d'œuvre" avec Bastien Bouillon, on explore ici une nouvelle fois ce thème mais côté sombre, à l'instar de "Autofiction". Le thème n'est pas facile, il y a aussi un petit côté "Crime du 3eme étage" (2026) et par conséquent aussi "Fenêtre sur cour" (1954), le scénario est alambiqué mais il met ici l'accent sur les ravages que peut avoir une inspiration littéraire échappant à son auteur (mais y a t-il des inspirations maîtrisées / maîtrisables ?) ; le spectateur est témoin d'une descente aux enfers pour divers personnages en apparence équilibrés et l'escroc qui est figuré par un étranger, ex-taulard qui va s'emparer d'un texte destiné au rebus va semer bien du bazar autour de lui... Des vies détruite, des équilibres rompus, et la fin annonce la poursuite des agissements sous couvert de bonne conduite, c'est très pessimiste mais cela illustre aussi un thème qui semble bien ancré dans l'air du temps...
Le titre annonce beaucoup et les attentes envers le cinéaste (Asghar Farhadi) sont grandes. Pour l’épauler dans sa mission, le film prend place à Paris, où Sylvie (Isabelle Huppert), écrivaine recluse, observe à la lunette astronomique une voisine qu’elle rebaptise Anna. Regarder devient écrire, l’œil précède la plume, et le film promet une architecture en miroir : d’un côté Sylvie qui fabrique une histoire depuis son superbe appartement infesté de souris ; de l’autre, le trio de techniciens du studio de post‑production (Nita, Christophe, Pierre) dont l’interprétation des gestes quotidiens devient la matière première de son roman. Tout semble prêt pour un jeu de récits et pour une dynamique de vies parallèles. Promet, oui. Tient, beaucoup moins.
D'emblée, avant la déferlante de défauts à citer, le film a de brillant qu’il fait de la lunette astronomique un outil narratif. Au-delà d'espionner, Sylvie interprète et construit une intrigue. Son regard devient producteur de fiction. Ce postulat a de fécond qu'il installe une réflexion métafictionnelle où le cinéma se regarde lui-même en train de fabriquer des histoires. Mais très vite, Farhadi multiplie les strates, introduit des doubles, ajoute Adam Bessa, le sans‑abri, qui lit le manuscrit et projette à son tour ses fantasmes sur Nita. Là tient lieu d'un premier défaut majeur, Adam ne développe pas un récit autonome : il réactive celui de Sylvie en le rejouant dans la rue, en suivant Nita comme un personnage déjà écrit, en déclenchant chez Cassel et Niney les mêmes jalousies que celles imaginées dans le livre.
Ainsi la contamination des niveaux de réalité constitue le moteur affiché du récit. Montrer que les récits façonnent les comportements. Mais le mécanisme se laisse voir. L’effet de démonstration prend le pas sur l’incarnation. Les scènes censées illustrer cette porosité — Adam qui rejoue les situations du manuscrit, Nita qui adopte malgré elle les gestes décrits dans le texte, Cassel qui bascule dans la jalousie après avoir lu les pages griffonnées — ne créent pas deux lignes narratives qui avancent côte à côte : elles forcent l’une à imiter l’autre. Le manuscrit absorbe la réalité. Tout converge vers un même mouvement d’assimilation fictionnelle plutôt que vers un jeu de parallèles.
Même les trajectoires des personnages d’en face (Efira, Cassel, Niney) ne se déploient pas en contrepoint, mais en dégradé affadi d’une fiction mal digérée. Les jeux de surveillance se superposent sans jamais produire de tension. Les “échos” entre passé et présent restent des signaux faibles noyés dans l’inertie du récit. D'où l'impression d'un titre trompeur. La durée du film accentue cette impression par l'impression d'axes superflus comme l’apparition d’un vieil homme mort, l’histoire d’un père suicidé, une tentative de viol, les échos d’un cri ancien ajoutent des couches qui semblent greffées plutôt qu’organiques.
Tout cela est d'autant plus dommage qu'en s'appropriant sa voisine, le film pose alors une question passionnante : l’artiste est-il responsable des vies qu’il invente. Pourtant, à mesure que la fiction échappe à son autrice, la réflexion sur la responsabilité créatrice finit par se dissoudre dans une série d’intrigues secondaires qui affaiblissent la nécessité dramatique initiale.
J'aime aussi l'idée qu'Efira travaille comme bruiteuse. Le cinéma du regard rencontre le cinéma du son. Le voyeur voit sans entendre. La bruiteuse fabrique des sons pour des images absentes. Deux régimes perceptifs incomplets se font face. Cette dialectique suggère que toute perception est lacunaire. Pourtant, cette piste reste en suspens.
Puis, certes, la mise en scène est élégante. La photographie de Guillaume Deffontaines enveloppe les intérieurs d’une lumière dorée. Les cadres sont précis, les espaces clos soigneusement composés. Mais cette élégance fonctionne comme un écrin trop poli pour un dispositif qui aurait gagné à ne pas lisser les écarts. Tout est traité avec la même douceur lumineuse, comme si chaque niveau appartenait au même monde. D’où l’impression d’un raffinement formel qui, loin d’ouvrir des pistes narratives distinctes, referme tout dans un même flux.
Un film aux éclats puissants mais qui ne produisent rien de fécond en retour.
C’est un peu mou dans la première heure , lent . Mais après on se rends compte que c’est original, bien fait , bien joué. Il y a la société, mais surtout des gens ; l’être humain. Et on y dit plein de choses intéressantes.