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Nathbar
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3,5
Publiée le 17 mai 2026
Quand la fiction influence la réalité...cela pourrait bien résumer ce scénario où le portrait psychologique de chaque personnage est bien campé. Certains ont craint les longueurs de certaines scènes mais c'est, à mon sens, ce qui apporte de l'intérêt et du suspens au film.
Cinéma d’auteur français dans toutes ses traditions, avec ses qualités comme ses défauts, Histoires parallèles est un film typique du Festival de Cannes, bénéficiant en prime d’un casting cinq étoiles. Néanmoins le film tire inutilement en longueur.
Le début du film est vraiment lent et personnellement, passé l'effet de surprise au tout début, j'ai eu un peu de mal à accrocher les premières dizaines de minutes et à comprendre comment une telle brochette d'acteurs, un tel casting, avait pu être attiré par un tel film, mais l'intérêt vient en grandissant au fil du déroulé de cette histoire qui explore une nouvelle fois le thème de l'inspiration littéraire. Après le dernier Almodovar (Autofiction) et aussi le très récent "A pied d'œuvre" avec Bastien Bouillon, on explore ici une nouvelle fois ce thème mais côté sombre, à l'instar de "Autofiction". Le thème n'est pas facile, il y a aussi un petit côté "Crime du 3eme étage" (2026) et par conséquent aussi "Fenêtre sur cour" (1954), le scénario est alambiqué mais il met ici l'accent sur les ravages que peut avoir une inspiration littéraire échappant à son auteur (mais y a t-il des inspirations maîtrisées / maîtrisables ?) ; le spectateur est témoin d'une descente aux enfers pour divers personnages en apparence équilibrés et l'escroc qui est figuré par un étranger, ex-taulard qui va s'emparer d'un texte destiné au rebus va semer bien du bazar autour de lui... Des vies détruite, des équilibres rompus, et la fin annonce la poursuite des agissements sous couvert de bonne conduite, c'est très pessimiste mais cela illustre aussi un thème qui semble bien ancré dans l'air du temps...
Le titre annonce beaucoup et les attentes envers le cinéaste (Asghar Farhadi) sont grandes. Pour l’épauler dans sa mission, le film prend place à Paris, où Sylvie (Isabelle Huppert), écrivaine recluse, observe à la lunette astronomique une voisine qu’elle rebaptise Anna. Regarder devient écrire, l’œil précède la plume, et le film promet une architecture en miroir : d’un côté Sylvie qui fabrique une histoire depuis son superbe appartement infesté de souris ; de l’autre, le trio de techniciens du studio de post‑production (Nita, Christophe, Pierre) dont l’interprétation des gestes quotidiens devient la matière première de son roman. Tout semble prêt pour un jeu de récits et pour une dynamique de vies parallèles. Promet, oui. Tient, beaucoup moins.
D'emblée, avant la déferlante de défauts à citer, le film a de brillant qu’il fait de la lunette astronomique un outil narratif. Au-delà d'espionner, Sylvie interprète et construit une intrigue. Son regard devient producteur de fiction. Ce postulat a de fécond qu'il installe une réflexion métafictionnelle où le cinéma se regarde lui-même en train de fabriquer des histoires. Mais très vite, Farhadi multiplie les strates, introduit des doubles, ajoute Adam Bessa, le sans‑abri, qui lit le manuscrit et projette à son tour ses fantasmes sur Nita. Là tient lieu d'un premier défaut majeur, Adam ne développe pas un récit autonome : il réactive celui de Sylvie en le rejouant dans la rue, en suivant Nita comme un personnage déjà écrit, en déclenchant chez Cassel et Niney les mêmes jalousies que celles imaginées dans le livre.
Ainsi la contamination des niveaux de réalité constitue le moteur affiché du récit. Montrer que les récits façonnent les comportements. Mais le mécanisme se laisse voir. L’effet de démonstration prend le pas sur l’incarnation. Les scènes censées illustrer cette porosité — Adam qui rejoue les situations du manuscrit, Nita qui adopte malgré elle les gestes décrits dans le texte, Cassel qui bascule dans la jalousie après avoir lu les pages griffonnées — ne créent pas deux lignes narratives qui avancent côte à côte : elles forcent l’une à imiter l’autre. Le manuscrit absorbe la réalité. Tout converge vers un même mouvement d’assimilation fictionnelle plutôt que vers un jeu de parallèles.
Même les trajectoires des personnages d’en face (Efira, Cassel, Niney) ne se déploient pas en contrepoint, mais en dégradé affadi d’une fiction mal digérée. Les jeux de surveillance se superposent sans jamais produire de tension. Les “échos” entre passé et présent restent des signaux faibles noyés dans l’inertie du récit. D'où l'impression d'un titre trompeur. La durée du film accentue cette impression par l'impression d'axes superflus comme l’apparition d’un vieil homme mort, l’histoire d’un père suicidé, une tentative de viol, les échos d’un cri ancien ajoutent des couches qui semblent greffées plutôt qu’organiques.
Tout cela est d'autant plus dommage qu'en s'appropriant sa voisine, le film pose alors une question passionnante : l’artiste est-il responsable des vies qu’il invente. Pourtant, à mesure que la fiction échappe à son autrice, la réflexion sur la responsabilité créatrice finit par se dissoudre dans une série d’intrigues secondaires qui affaiblissent la nécessité dramatique initiale.
J'aime aussi l'idée qu'Efira travaille comme bruiteuse. Le cinéma du regard rencontre le cinéma du son. Le voyeur voit sans entendre. La bruiteuse fabrique des sons pour des images absentes. Deux régimes perceptifs incomplets se font face. Cette dialectique suggère que toute perception est lacunaire. Pourtant, cette piste reste en suspens.
Puis, certes, la mise en scène est élégante. La photographie de Guillaume Deffontaines enveloppe les intérieurs d’une lumière dorée. Les cadres sont précis, les espaces clos soigneusement composés. Mais cette élégance fonctionne comme un écrin trop poli pour un dispositif qui aurait gagné à ne pas lisser les écarts. Tout est traité avec la même douceur lumineuse, comme si chaque niveau appartenait au même monde. D’où l’impression d’un raffinement formel qui, loin d’ouvrir des pistes narratives distinctes, referme tout dans un même flux.
Un film aux éclats puissants mais qui ne produisent rien de fécond en retour.
C’est un peu mou dans la première heure , lent . Mais après on se rends compte que c’est original, bien fait , bien joué. Il y a la société, mais surtout des gens ; l’être humain. Et on y dit plein de choses intéressantes.
Malgré un casting 4 étoiles sur le papier, Asghar Farhadi livre avec Histoires Parallèles un film d’un vide assez sidérant, où absolument rien n’est exploité, ni les personnages, ni les enjeux, ni même les dialogues. Le scénario tourne en rond pendant plus de deux heures dans une espèce de néant prétentieux, sans tension, sans émotion, sans vraie direction, jusqu’à une fin expédiée à l’arrache qui donne presque l’impression que le film abandonne avant le spectateur. Un immense gâchis pour un projet présenté en compétition au Festival de Cannes.
Un magnifique film sur la création avec des mises en abîme vertigineuses et un casting de luxe. Les histoires, pas si parallèles que ça se croisent et s'enrichissent mutuellement. Un vrai bonheur.
Au début je ne me suis un peu ennuyé, je l'avoue. Ca ne démarrait pas, ces histoires parallèles. Et puis petit à petit, un certain intérêt est venu. Pas immense, car on n'est pas vraiment accroché à l'histoire. Mais les choses se mettent en place. Ce n'est pas un grand film. Mais il y a un bon jeu d'acteurs et on est un peu attendri par la personnalité de ce jeune SDF qui s'essaie à l'écriture.
bon je l'ai vu a Cannes et je suis partie avant la fin...je n'en pouvais plus de ces chasses croisés entre la fiction et la réalité... l idée d'espionnage par la fenêtre a déjà été vue et revue mais bravo à asgar faradhi de rendre hommage au magnifique monsieur Hire....
Le titre est bien trouvé car il s'agit de parallèles, qui par définition, ne se croisent qu'à l'infini. L'histoire mèle le réel à l'imaginaire. Bravo à Virginie Efira qui joue finalement deux rôles dans un même personnage, imaginaire et réel, et pour cela, le réalisateur change la coiffure de Virginie entre blonde et brune. Le film est assez long, pour autant, il n'y a pas de "longueurs", mais la fin qu'on ne révèlera pas est assez frustrante et laisse un sentiment d'inachevé, dommage ! Sur le plan technique, certaines scènes se déroulent dans le métro et le RER parisien. On a notamment une scène tournée dans la très belle station du RER E, "Magenta", mais ensuite, les acteurs se retrouvent à bord d'une rame du RER A, magie du Cinéma ? … ! A noter la très belle prestation du jeune Adam Bessa dans le rôle d'Adam.
Je dois bien avouer que j’étais dans le film du début à la fin, j’ai pas vu les deux heures passées, le montage est vraiment rythmé et donne de l’âme au film ! Je trouve l’idée originale et bien écrit au point de vue de la dramaturgie, c’est rocambolesque et très agréable à regarder, peut être même un peu trop… il n’y a pas de prise de risque sur les plans c’est assez basique filmé en fixe ou en léger mouvement, c’est dommage j’aurais aimé voir une technique suivant l’originalité du récit. Sinon les acteurs et actrices jouent tous parfaitement bien avec une mention pour Adam Bessa qui sublime le film par sa pertinence de jeu !
[Séance de Gala avec équipe du film au grand théâtre lumière au festival de Cannes 2026]
On ne va pas se mentir, avec moi, les films présentés à Cannes c'est j'aime ou je déteste ! J'ai des avis assez tranchants car ce sont des films qui laissent rarement indifférents. Je ne sais jamais en avance ce que je vais en penser et c'est ça que je recherche ! Je suis donc allée à ma séance sans à priori et en ayant conscience qu'il n'y allait pas avoir de juste milieu !
Je sais que la longueur et les silences peuvent en dérouter plus d'un, mais qu'est-ce que ça fait plaisir de voir un film qui prend le temps de poser son histoire !
J'ai eu des flash de "Fenêtre sur cour" avec cette écrivain solitaire qui trouve l'inspiration en espionnant ses voisins et en imaginant leur vie ! On vit la création de son roman à travers ses mots en off.
Le réalisateur arrive à mettre en parallèle deux temporalités, à savoir la fiction et la réalité qui s'entremêlent parfaitement bien. A aucun moment je me suis sentie perdue ou confuse : c'est extrêmement bien maîtrisé !
Même si je trouve que le récit aurait été plus impactant avec des acteurs plus anonymes, ce casting 4*, même s'il n'est pas assez exploité à mon goût, fera venir plus de gens en salle !
Je mets une mention spéciale à Isabelle Huppert que je trouve géniale dans ce rôle à la fois fantasque et atypique ! Son duo avec Adam Bessan est intéressant car deux mondes opposés se rejoignent pour essayer de se compredre. Et cet appartement dans lequel elle vit est un personnage à part entière, riche de son vécu et de son laisser-aller.
Le final, sans spoiler, m'a bouleversé par la réaction d'un proche, qu'on pense être plus compréhensif et empathique, et qui, au final, est celui qui nous déçoit le plus.
C'est un film qui ne plaira pas à tout le monde, mais, pour ma part, j'ai été séduite !