Suite, parue trois années après le volet originel, Sisu : Le Chemin de la Vengeance, toujours réalisé par Jalmari Helander, est un film correct, mais en deçà de son aîné. L'histoire se déroule en 1946, et nous fait suivre Aatami Korpi qui, de retour dans sa Carélie natale, toujours occupée par les Soviétiques, démonte la vieille maison familiale où sa famille a été brutalement assassinée pendant la Seconde Guerre mondiale. Il charge alors toutes les poutres sur un camion, déterminé à la reconstruire en lieu sûr en leur honneur, et prend la route avec son chien. Mais lorsque l'Armée rouge découvre l'arrivée de Korpi sur son territoire, Igor Draganov, l'homme ayant tué sa femme et ses deux enfants, revient pour achever sa mission consistant à tuer l'ancien soldat légendaire des commandos finlandais, et cela, par tous les moyens. Ce scénario s'avère divertissant mais grotesque à visionner tout du long de sa durée d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue découpée en chapitres donnant lieu à une traque intense et dynamique, après une introduction assez calme. Cette vengeance, se déroulant sur la route, au fil des kilomètres, est aussi jouissive que saugrenue. En effet, si l'action, très présente, est généreuse et permet de faire passer le temps, celle-ci est tout de même particulièrement abusée, tombant presque dans le nanard. Les scènes, plus absurdes les unes que les autres et faisant dans la surenchère à outrance, nous offrent une confrontation tout sauf crédible à base de violence, d'explosions, d'échanges de coups de feu, de courses-poursuites, en un mot : de boucherie. Mais elles font preuve de créativité afin d'aller toujours plus loin dans le n'importe quoi. Le ton se veut en plus sérieux alors que les situations sont, elles, ubuesques. Mais l'ensemble est porté par un personnage charismatique, futé et increvable, qui fait face à une horde d'ennemis qu'il martyrise malgré les coups reçus, qu'on prend plaisir à retrouver dans ce deuxième opus. Un rôle toujours aussi bien interprété par un Jorma Tommila tentant de masquer sa douleur morale et physique. Dans la distribution, on retiendra uniquement son antagoniste, campé par Stephen Lang, les autres comédiens étant uniquement des faire-valoir là pour mourir. Ces deux ennemis entretiennent des rapports de force provoquant beaucoup de dommages collatéraux. Des échanges à sens unique puisque seul Igor s'exprime. Enfin, si l'on peut dire cela. Ses phrases sont laconiques et uniquement destinées à insulter son vis-à-vis. Aatami est, lui, totalement mutique mais son visage parle pour lui. Sur la forme, la réalisation du cinéaste finlandais s'avère qualitative. Sa mise en scène est efficace, dynamique, et constamment en mouvement, à l'instar des véhicules filmés. De plus, elle évolue au sein d'environnements naturels très jolis, théâtres d'un bain de sang. La photographie lumineuse et soignée permet de nous gratifier de quelques beaux plans marquants. Ce visuel, aussi propre esthétiquement que salement violent, est accompagné par une bande originale de bonne facture dont les compositions accompagnent bien l'action et les images, sans pour autant être mémorables. Reste une fin satisfaisante venant mettre un terme à Sisu : Le Chemin de la Vengeance qui, en conclusion, est un long-métrage regardable mais clairement pas indispensable.