"I Love Peru" est un « mockumentaire », un documentaire parodique tourné par Raphaël Quenard et son pote Hugo David. Inconnu il y a quelques années à peine, Quenard est omniprésent depuis cinq ans sur les écrans et a tourné dans une trentaine de films. Avec son phrasé si particulier, sa gouaille et son sens de la répartie, il est devenu rapidement célèbre grâce au César de la meilleure révélation masculine qui lui a été décerné début 2024 pour "Chien de la Casse" puis ses rôles dans "Yannick", "Le Deuxième Acte" (un de mes coups de cœur de 2024) ou "L’Amour ouf" (idem). Il endossera bientôt le rôle de Johnny dans le biopic que lui consacrera Cédric Jimenez
Projeté à Cannes, sorti sur les écrans cette semaine, "I Love Peru" a été accueilli par une critique quasi-unanime : Raphaël Quenard a du talent, il sait être drôle, son humour auto-dépréciatif fait souvent mouche…. mais son documentaire tourne vite en rond et verse trop souvent dans une vulgarité malaisante.
Je n’aurai pas la dent si dure. Quenard m’est spontanément sympathique. Loin de m’horripiler, il m’amuse. J’ai franchement ri à ses outrances quand bien même elles tangentent dangereusement, voire transgressent sans vergogne, le politiquement direct. Son « documenteur » aurait-il été plus long, je l’aurais peut-être trouvé trop bavard et trop égocentrique. Mais il a la politesse de ne durer qu’une heure neuf à peine.
Ça casse pas trois pattes à un lama. La gouaille de Quenard ne suffira plus pour un César avec ce vlog loufoque qui va un peu nul part. La quête serait plus charmante avec davantage de chaman. Faute de quoi je cherche toujours la consistance, bref c'est pas le Pérou !
"Ne crains plus jamais le vide, c'est le refuge de ceux qui volent"
Ego-Quenard Le film est à l’image du personnage, cosmique! Si ses caractéristiques peuvent avoir un côté rebutant, si on dépasse cet aspect, Quenard démontre toute sa palette qui oscille entre sa folie, son émotion et son humour décalé. Ce film documentaire satirique est une réussite inattendu.
Dans "I love Peru", Quenard fait du Quenard pour le plaisir des uns ... et l'agacement des autres. Dans ce documentaire — qu'il paraît préférable de qualifier d'auto-fiction — Raphaël, comédien déjanté, fréquente assidument les plateaux de tournage avec son acolyte Hugo David et réussit à percer brillamment jusqu'à obtenir un césar. Ayant essuyé une déception amoureuse, il plaque tout et part avec Hugo pour le Pérou à l'issue d'un rêve étrange, réalisant une quête initiatique. Les dialogues (en réalité monologues) ont volontairement un air de non-préparé, avec cette diction (au demeurant pas forcément déplaisante) du bon élève cherchant ses mots, alternant le vulgaire et le raffiné. L'affrontement de la solitude et du vide reste omniprésent. Même si le tournage semble avoir été fait avec un matériel basique, on se lasse de voir la tête de Raphaël Quenard en gros plan pendant la quasi-totalité du film. Il nous explique qu'il ne faut pas avoir peur du vide, refuge de ceux qui volent : on peut malheureusement craindre que le vide ne constitue la majeure partie de cette histoire...
Un petit bijou ! Atypique, drôle, tendre, émouvant, rafraichissant. Raphaël Quenard est excellent (comme d'habitude) ainsi qu'Hugo David, qui n'apparait pourtant jamais à l'écran. Super bande son également. J'ai déjà envie de le revoir.
Film ? Comédie ? Biopic ? Très difficile à classer la dernière co-production de Raphaël Quenard himself, avec Hugo David ! C'est vrai qu' on le voit énormément, pourtant révélé seulement depuis 3 ou 4 ans, et surtout récompensé aux Cesar de 2024. Il s' agit bien d' un phénomène au talent certain, au moins celui de ne jamais laisser deviner où se situe la frontière du réel dans ses propos, volubiles et abondants, voire excessifs parfois. Un caractère affirmé. Dans ce exercice, il se livre, nous semble-il, car encore une fois, où commence et où s' arrête sa composition, reste extrêmement flou. Mais, ce personnage provocateur, réussit son cheminement, tout en osant tout le temps, 100% disruptif. Et ça fonctionne assez bien ! Ce dernier exercice nous livre plus de sa personnalité à travers les dialogues avec son ami Hugo, avec le Chaman à Lima, ses interactions avec des acteurs confirmés. J' ai particulièrement apprécié celui avec sa petite amie - dans cette comédie - Anaïde Rozam, une jeune femme qui se prête (?) magnifiquement au jeu de Raphaël. Je pense qu' il a poussé le cochonnet un peu loin, encore plus loin... lui peut le faire, il en a l' étoffe. Bref il m' a emballé........!!**
Il y a des films qui se font démonter, tu as l’impression que les gens ne l’ont pas vu et ne se sont même pas renseigner. Ça n’est pas un documentaire, ça n’est pas la vraie vie de Raphaël Quenard, même si le film s’en approche légèrement. C’est un docu-fiction totalement assumé et revendiqué.
On y suit les premiers pas au cinéma de Raphaël, jusqu’à la gloire et son burn-out sentimental. Pendant tout le film, je me suis qu’on ne devait pas être loin de la vérité mais je me disais l’exact contraire 2 secondes après. Je pense que c’est exactement le sentiment recherché par Raphaël et Hugo, ce qui fait que le film est belle réussite pour moi.
Excellent ce film, un joyeux bordel ! Perché, cringe et poétique, scato parfois. Raphaël Quenard nous prouve une fois de plus l'étendu de son jeu, et de sa folie douce :)