OFNI hors de contrôle
Effectivement, on ne sait comment qualifier le film écrit et réalisé par Raphaël Quenard et Hugo David. Faux biopic, comédie déjantée, fable absurde, road-trip entre potes, patchwork délirant… il y a un peu de tout ça dans ces 69 minutes pour le moins singulières. Lancé dans une course effrénée vers le succès, un comédien biscornu abandonne ses plus fidèles alliés. Seul face à lui-même, une vision troublante le percute. Direction le Pérou pour une aventure spirituelle. Je ne sais pas si j'ai tout aimé mais j'ai fini par être touché par ce film qui parle d'amour, d'amitié, de lumière, de vérité et de solitude. Une expérience !
Le film ose tout et même parfois n’importe quoi. C’est sympathique, mais si on n’est pas fan du comédien et de sa manière très personnelle de parler et de concevoir le monde qui l’entoure, on peut vite se lasser de l’exercice et de la prise de vue par smartphone. 200 heures de rushes pour une grosse heure de film qui évite de sombrer dans le vulgaire ego-trip, et s’avère même être une vraie réflexion sur l’amitié, sur la soudaineté de la gloire et de ses conséquences sur l’intimité. Le pitch est plus qu’improbable, la qualité de l’image plus que douteuse, les enchaînements scénaristiques très brouillons, ça sent l’improvisation à tous les étages, mais ce grand petit film baigné d’humour absurde, est aussi attachant que jouissif.
Raphaël Quenard ne quitte évidemment pas l’écran. Son pote de toujours, Hugo David, s’occupe de la caméra et de la voix-off. Et tous les autres – ils sont très nombreux – tiennent leur propre rôle parfois que pour quelques secondes seulement comme Anaïde Rozam, José Garcia, Jean-Pascal Zadi, Michel Hazanavicius, Jonathan Cohen, Emmanuelle Devos, François Civil, Eric Judor, Benoit Poelvoorde, Gustave Kervern, Gilles Lellouche, Marina Foïs… et j’en oublie. Une autofiction en forme de documenteur pour fan de Quenard toujours aussi débordant, barré et lunaire. Pour le moins surprenant et clivant.