Disons-le, « I love Peru » doit son existence à la célébrité éclatante de Raphaël Quenard, omniprésent au cinéma et dans l’espace médiatique où sa personnalité et sa verve singulières font sensation. L’animal, malin, le sait et en profite. Produit par Hugo Sélignac, qui a à son actif les succès de Quentin Dupieux et de Gilles Lellouche bien connus de l'énergumène, le film a même eu les honneurs d’une présentation à Cannes laissant dubitatif.
Dans « I love Peru », selon le principe du faux documentaire, Raphaël Quenard joue son double, un acteur tête à claques, atteint de logorrhéite et melonite aiguës, radin, puéril, vulgaire, tordu, prêt à tout pour réussir dans le milieu. Affecté par la rupture avec sa petite amie, Raphaël a une révélation qui le conduit au Pérou avec son ami Hugo David, aspirant réalisateur, sur les traces du mythique condor.
Le film a un côté bricolé sympathique en mode « road trip ». Très court (1h09), avec un scénario ténu basé sur l’égocentrisme de son personnage, il est souvent drôle, cringe, potache, l’introspection y est carrément bidon. A l’instar de Benoît Poelvoorde dans « C’est arrivé près de chez vous », le personnage de Raphaël Quenard disserte sur tout et rien. Les images et les scènes s’enchaînent à un rythme ébouriffant, avec un défilé d’acteurs et réalisateurs amis jouant leur propre rôle (Jonathan Cohen, Jean-Pascal Zadi, François Civil, Emmanuelle Devos, Marina Foïs, Gilles Lellouche, Gustave Kervern dans une séquence très gênante).
Avec son côté amateur, film de fin d'études, « I love Peru » ressemble un peu à un gag, une farce, qui pourrait virer au culte pour certains.