Il fallait oser.
Un film pour enfants, programmé à Noël, censé célébrer la magie, la joie et la réparation… qui repose sur deux piliers narratifs majeurs :
- un héros dont les parents sont morts brûlés dans un incendie alors qu’il était bébé
- une antagoniste devenue “anti-Noël” parce que sa mère est morte d’un cancer que le Père Noël n’a pas pu soigner
On est où, exactement ? Dans un conte de Noël ou dans un groupe de parole post-traumatique ?
Ce qui sidère, ce n’est pas l’existence de thèmes graves (les enfants savent que la vie n’est pas un long fleuve enchanté.)
Ce qui pose problème, c’est la paresse morale et narrative avec laquelle ces drames sont utilisés comme simples ressorts émotionnels.
La mort des parents ? Un raccourci scénaristique.
Le cancer d’une mère ? Un carburant pour fabriquer une méchante “abîmée”.
Et au milieu, Noël, réduit à un décor vaguement scintillant, incapable de porter autre chose qu’un vernis de consolation.
Quel message transmet-on, au juste, aux enfants ?
Que le monde est injuste ? Soit.
Mais surtout que les drames ne servent qu’à expliquer pourquoi quelqu’un est cassé, amer ou dangereux.
Qu’il n’y a pas de véritable élaboration, pas de parole, pas de réparation, juste une causalité simpliste : tu as souffert, donc tu deviens un problème.
Et pardon, mais utiliser un cancer non soigné par le Père Noël comme moteur d’une haine de Noël, c’est franchir une ligne.
C’est instrumentaliser une maladie réelle, vécue par des millions d’enfants et de familles, sans aucune délicatesse, sans recul, sans responsabilité.
Offrir "ça" à des enfants pour Noël, ce n’est pas audacieux. C’est simplement indigent sur le plan narratif et profondément maladroit sur le plan humain.