Stups
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Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 octobre 2025
Au tribunal judiciaire de Marseille comparaissent des hommes et des femmes accusés de participer au trafic de stupéfiants comme vendeurs, comme transporteurs, comme guetteurs ou comme « nourrices » (les personnes qui conservent à leur domicile les stupéfiants). Avec leurs avocats, ils essaient tant bien que mal d’infléchir le président du tribunal, qui ne se laisse pas faire, en niant les faits contre toute évidence ou en invoquant leur vie de galère, leur volonté de se réinsérer ou leur regret d’un acte isolé accompli sous la pression d’un gain élevé et facile.

Cinq ans après nous avoir fait pénétrer au cœur de la prison des Baumettes ("Des hommes"), Alice Odiot et Jean-Robert Viallet restent dans la cité phocéenne et y tournent un documentaire similaire, aux comparutions immédiates et chez le juge des enfants. On y voit la Justice à l’œuvre, pas celle qui fait la Une des journaux avec ses grands procès médiatiques, sur lesquels tous les internautes, surtout ceux les moins versés en droit pénal, ont un avis définitif, mais celle, quotidienne, qui juge des petits délinquants misérables impliqués de près ou de loin dans le trafic de stupéfiants.

Il y a deux façons de recevoir ce film, selon qu’on soit de gauche ou de droite. La première est d’y voir une Justice de classe, exercée par des Blancs, appartenant aux CSP les plus aisées (les bijoux dorés de la procureure rutilent), maniant une langue absconse que les accusés ne comprennent pas (ah ! les « nonobstant » de la procureure !), maniant parfois à l’égard des accusés une ironie méprisante et versant souvent dans un paternalisme déplacé. La seconde au contraire salue le travail patient des juges qui ne se laissent pas amadouer par les dénégations embrouillées des accusés et les forcent à se confronter à leurs actes et à en assumer les conséquences. Ils se féliciteront qu’à rebours de l’image qui a cours, la Justice ne soit pas si laxiste et emprisonne ceux qui lui sont déférés.

L’immense qualité de "Stups" est de garder le juste milieu entre ces deux lectures trop tranchées. Elle nous montre la Justice telle qu’elle est, telle qu’elle se fait, confrontée à l’humanité des inculpés qui comparaissent devant elle, mais aussi chargée de rappeler la Loi et la faire respecter. Elle interroge les différentes fonctions de la peine. Sa fonction répressive, protective et dissuasive en premier lieu : la peine sanctionne la commission d’un délit, protège la société de sa réitération et est censée dissuader l’inculpé de la récidive. Sa fonction éducative ensuite : l’accusé est censé sortir de prison dans de meilleures dispositions qu’il n’y est entré, prêt à se réinsérer dans une société qui l’avait temporairement banni.

C’est évidemment sur ce dernier point que le bât blesse. À quoi sert, nous interroge "Stups", de mettre en prison des pauvres bougres auxquels la société ne propose aucun espoir et qui fatalement, dès qu’ils seront sortis de prison, comme le montrent d’ailleurs leurs casiers judiciaires bien remplis, n’auront d’autres solutions que de replonger dans la même spirale criminelle ? C’est sur cette interrogation que se clôt le documentaire, sur la condamnation à la prison ferme d’une femme toxicomane, enceinte, violentée par des dealers, acculée à servir de « nourrice » et sur le regard interrogateur de son avocat.
Ufuk K

617 abonnés 1 719 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 octobre 2025
"Stups" bien noté la critique est un documentaire français pertinent. Alice Odiot et Jean-Robert Viallet présentent aux spectateurs un captivant documentaire sur les tribunaux de Marseille, mettant en lumière des problématiques d'actualité, notamment les conséquences du trafic de stupéfiants dans la ville, à travers le procès des "petites mains du trafic de drogue". Leurs parcours, ainsi que ceux des juges, avocats et procureurs, sont remplis d'humanité et d'engagement pour l'intérêt public.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 octobre 2025
Ce film est une plongée sans fioriture et sans commentaire dans l'univers des comparutions immédiates. Plus particulièrement, celles qui relèvent des trafics de drogue à Marseille, avec la comparution devant des juges de plusieurs "petits" délinquants, jeunes ou vieux, impliqués dans le monde parallèle du shit ou de la cocaïne en tant que nourrices, transporteurs, dealers. Des gamins, des hommes et des femmes qui ne veulent pas assumer leurs actes, qui nient farouchement les faits qui leur sont reprochés même quand les preuves sont apportées. Un film qui donne le cafard, car on ne voit pas, vue la société dans laquelle on vit dans laquelle la négation de faits avérés règne au plus haut niveau, ce qu'on peut faire pour "sauver" cette population. En fait, ces comparutions se terminent systématiquement par un envoi en prison dont tout le monde sait très bien (ou devrait savoir !) qu'il ne fera qu'empirer les choses. Une petite remarque en passant : dans ce genre de film, filmé sur le vif, on se demande toujours si le fait de se savoir filmé modifie ou non le comportement des protagonistes. Une question qu'on se pose particulièrement concernant le juge chauve et barbu qui, tout au long de ses prestations, face à ces situations déprimantes, ne cesse de faire le malin en prenant un peu trop les choses à la rigolade.
Direct-actu.fr
Direct-actu.fr

371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 septembre 2025
Stups d’Alice Odiot et Jean-Robert Viallet est un documentaire qui frappe par sa frontalité et son intensité. En filmant les geôles et les comparutions immédiates du Tribunal de Marseille, les réalisateurs révèlent un théâtre social où se confrontent deux solitudes : celle du juge débordé par le flux des affaires, et celle du prévenu, prisonnier d’une misère sociale et économique. Le film déconstruit le mythe du « gros dealer » pour montrer les petites mains du trafic, exploitées comme des esclaves modernes : guetteurs, nourrices, jeunes déjà marqués par la prison. Si la mise en scène capte la comédie involontaire des prévenus tentant de convaincre, elle met surtout en lumière une réalité implacable : la justice punitive échoue à réinsérer et entretient une spirale sans fin. Stups agit comme un électrochoc, un miroir brut de nos contradictions collectives, rappelant que juger ne suffit pas si l’on ne donne pas d’avenir à une jeunesse abandonnée.
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 octobre 2025
 Me retrouver sur @cinémasansfard (Youtube) !

Stups, c’est pas un film. C’est un choc. Un truc brut, rugueux, qui colle à la peau. Un morceau de réel arraché à la ville de Marseille. On entre par une porte en métal. Froide. Lourde. Et derrière… il n’y a pas de décor. Il y a des hommes, des femmes, des gamins. Des vies qui se cognent aux murs d’un tribunal. Alice Odiot et Jean-Robert Viallet n’observent pas, ils s’enfoncent. Ils ne racontent pas une histoire, ils la ramassent, à la main, dans la poussière du sol. Le film est sec, sans musique, sans souffle inutile. Chaque plan semble voler un instant à la réalité, comme s’il n’avait pas le droit d’exister. Et pourtant, tout est là : la tension, la misère, la dignité, les visages. Des flics fatigués. Des jeunes épuisés. Des juges dépassés. C’est le ballet absurde de la répression, la mécanique lente de la justice, usée jusqu’à la corde. Ce qu’il y a de plus fort, c’est ce silence. Ce silence entre deux cris, entre deux portes qui claquent. Odiot et Viallet ne cherchent pas à moraliser. Ils montrent. Juste ça. Et dans cette pudeur, on sent quelque chose de presque sacré : une humanité qu’on croyait perdue. Mais… Stups, c’est aussi un film qui fait mal. Parce qu’il ne propose rien. Pas d’issue, pas de lumière. Il te laisse là, au milieu du couloir, entre un jeune dealer qui pleure et un magistrat qui soupire. Et toi, tu regardes, impuissant. C’est le système, dit-on. Oui. Mais c’est aussi la faillite d’un pays qui ne sait plus quoi faire de sa jeunesse. Alors non, ce n’est pas un film “plaisant”. C’est un miroir. Sale, rayé, mais vrai. Et c’est sans doute ça, le plus courageux : regarder la société sans fard, sans effet, sans issue. Un cinéma de la fatigue, du réel, du désespoir lucide. Un cinéma qui dérange parce qu’il dit : voilà où on en est. Ma note : 13 sur 20.

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🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 174 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 octobre 2025
Alice Odiot & Jean-Robert Viallet commencent à bien connaître le sujet, après s’être intéressés à la prison des Baumettes (Des Hommes - 2020), toujours dans la cité phocéenne, cette fois-ci, ils posent leurs caméras dans le tribunal de Marseille, à la rencontre des petites mains du shit.

À l'image de la 10e chambre - Instants d'audience (2004) de Raymond Depardon qui filmait les petits délits de la vie courante au tribunal judiciaire de Paris, cette fois-ci, on passe un cran au-dessus. La plupart des prévenus ont tous pour point commun d’être des esclaves du shit, les petits travailleurs des réseaux de trafiquants (nourrices, guetteurs, revendeurs, …), bien loin de l’image des caïds qui empochent des millions à chaque fin de mois. Ce sont les petits soldats d’un trafic qui gangrène la plupart des quartiers de Marseille.

On suit le parcours de A à Z de tous les prévenus, de leur arrivée au tribunal à l’interrogatoire auprès de l’enquêteur social, jusqu’à l’attente dans les geôles avant de rejoindre le juge dans la salle d'audience. On assiste à une comédie humaine, une sorte de scène de théâtre où deux classes sociales s’affrontent (entre réquisitoires et plaidoiries), avec d’un côté, les juges, blancs et bien éduqués et de l’autre, des pauvres gens, issus des minorités et peu instruits. Les réalisateurs mettent en lumière l’impuissance de la justice à enrayer le trafic de drogue (qui concerne plus seulement les grandes villes de France), face à la délinquance juvénile.

⦿ http://bit[POINT]ly/CinephileNostalGeek ⦿ http://twitter[POINT]com/B_Renger ⦿
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 mars 2026
"Stups" rappelle le célèbre reportage belge "La Cour des miracles", qui en 2011 dressait le portrait de la délinquance de Charleroi à travers le passage de petites frappes devant les tribunaux. Alice Odiot et Jean-Robert Viallet adoptent un processus similaire, documentant le jugement en comparution de divers criminels ayant trempé dans le trafic de stupéfiant à Marseille.
Une manière de montrer le faisceau des "professions" proposées par la filière : nourrice, guetteur, vendeur, gérant... Mais aussi leur avenir bouché, face à une justice dépeinte comme insensible devant leurs défenses ras-des-pâquerettes.
"Je ne sais rien", "j'ai oublié, "j'vous jure j'dis la vérité", "je le connais pas", "j'ai jamais vu de drogue"... des stratégies de défenses basiques de déni, complètement ébranlées par les preuves dont disposent à chaque fois le tribunal (écoute téléphonique, messages, vidéo). Un décalage assez amusant, il faut le dire.
C'est une manière de montrer comment le trafic gangrène Marseille et ses habitants victimes... pour lesquels une interdiction de séjour à Marseille est d'ailleurs suggérée, comme si la cité phocéenne était le trou noir du narcotrafic.
Il y a sans doute également une volonté politique, en montrant les peines dégainées et les propos moralisateurs des juges. Dont l'une d'entre elle qui pointe justement que l'argent facile rapporté au temps passé en prison revient à un taux horaire absolument minable.
Sur la forme, cela reste sage. La mise en scène est très sobre, focalisée sur les personnages (juge, procureur, suspect). Et l'image reste professionnelle, on n'est pas une émission TV.
A l'arrivée, il n'y a pas une folle originalité, mais des portrait humain, et la peinture d'une réalité qui ne s'arrange malheureusement pas.
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 635 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 octobre 2025
Le quotidien d'un juge du tribunal correctionnel, d'un juge pour enfants et d'un parquetier. Saisissant documentaire sur cet effrayant fléau qui gangrène le pays
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 408 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 octobre 2025
Documentaire réalisé dans la stylistique de Raymond Depardon (" délits flagrants " 1994 ou de " 10 ème chambre" 2004 ), de Frédéric Wiseman : la caméra filme des prévenus, leurs avocats aussi, au cours du procès ou dans leurs échanges avec le juge chargé du prononcé du jugement.

Peut-être un peu trop court, " Stups" tisse le portrait de délinquants de tous âges, impliqués à différents égards dans le trafic et la vente de stupéfiants à Marseille.

Le spectateur est convié à se prononcer pour lui-même.

Pour intéressant qu'il soie, ce documentaire m'a semblé toutefois moins réussi que les opus de Depardon et de Wiseman lorsqu'ils s'attachent au sujet. Peut-être manque t il un supplément d'âme pour hisser " Stups" au niveau de ses prestigieux prédécesseurs ?
Bart Sampson

414 abonnés 850 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 septembre 2025
Dans la veine des œuvres documentaires de Raymond Depardon, STUPS nous propose une plongée au cœur des comparutions immédiates des affaires de "stups" du tribunal de Marseille. Sans jamais jouer la carte du sensationnalisme ou du burlesque " à la striptease ", l'ensemble tient grâce au ciment de l'humain qui transparait dans la manière de juger et d'accompagner les mineurs souvent multi récidivistes.

Le juge Vincent Clergerie est également à l'écoute des différentes affaires qu'il est amené à juger en 20 minutes en moyenne.

Au final, un documentaire équilibré, sans voix off et où le hors champ est aussi important que les gros plans et qui démontre s'il n'était nécessaire le grand gâchis social de cette jeunesse exploitée par les gros bonnet du trafic de stupéfiant
Nicolas Métrich
Nicolas Métrich

41 abonnés 738 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 juin 2026
Un documentaire choc !
Un chef d'oeuvre du cinéma documentaire , un bon message pour dissuader la jeunesse , de ne pas sombrer dans le trafique de drogue !

Ce film qui se veut un documentaire , filme les plaidoiries du tribunal de Marseille , sur les trafiquants de drogue , quels que soient leurs rôles dans le trafic , du guetteur , jusqu'au chef , on n'y voit l'accusation , la défense , la condamnation , en parti , les meilleurs moments , on ne voit pas les procès entier, bien sûr , car le film durerait au moins 20 heures , voir plus .

Mais c'est tellement bien filmé , les plaidoiries sans qu'un narrateur disent un commentaire , on entend juste les dialogues , des juges , accusés , avocats , qu'on ne croirait pas voir un documentaire , mais un film dramatique , sur des procés de trafiquants de drogue , avec du suspens et de l'émotion .

Sauf , que ce n'est pas un film dramatique , c'est la vraie vie , c'est le réel , des vrais juges , des vrais avocats , des vrais policiers , des vrais accusés filmés à visage découvert , toutes ces personnes ont bien sûr , signer leur accord v, pour être filmé à visage découvert .

Et comme , c'est la réalité , le suspens , les tensions et les émotions sont plus intenses , que un film dramatique sur les tribunaux , avec des acteurs .

Ce documentaire devrait être montré , dans tout les collèges , tout les lycées , toutes les maisons de quartier , ect ... aux enfants et adolescents .
Pour dissuader la jeunesse , de ne pas sombrer dans le trafique de drogue .

Je croyais la justice Française laxiste , elle ne l'ai pas toujours , en voyant ce documentaire .
Milogeminel
Milogeminel

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 octobre 2025
Incroyable, touchant, dans ce film vous fait faire face à une réalité à la fois dure et très touchante je vous recommande vraiment cet film
Papsbab
Papsbab

6 abonnés 1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 octobre 2025
Formidable immersion au sein du tribunal correctionnel de Marseille… un très grand film documentaire !
Clélie
Clélie

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 octobre 2025
Un film poignant, touchant qui nous plonge dans la dur réalité du trafic de stupéfiants à Marseille. Toute mes félicitations aux réalisateurs, ce film est un travail remarquable d’une qualité rare.
Jade
Jade

1 abonné 79 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 février 2026
Documentaire réaliste sur le narco-trafic qui gangrène la ville de Marseille et la justice. À l’image de l’émission télévisée « Justice en France » qui permet de faire connaître au grand public la justice sous toutes ses formes. Il ne montre toutefois que la seule phase d’audience, ce qui est loin d’être représentatif de l’entièreté du procès pénal.
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