Pedro Almodóvar n’avait manifestement pas grand-chose à dire, mais voulait faire un film quand même. Comme le personnage central de cette Autofiction… Almodóvar en manque d’inspiration a donc fait un film sur un cinéaste en manque d’inspiration, pour un résultat qui manque d’inspiration. C’est cohérent mais assez désolant. Le principe d’une mise en abîme, et même de deux mises en abîme, est pourtant intéressant en soi : Almodóvar se regarde via le personnage d’un autre cinéaste qui se regarde via le personnage d’une réalisatrice de pubs dans le scénario qu’il est en train d’écrire. Le thème principal du film, la “vampirisation” du réel pour nourrir la fiction, est tout aussi intéressant sur le papier. Mais sans élément fort ou nouveau en matière de réflexion ou d’imaginaire, le concept et le thème, dans leurs tenants et et aboutissants, n’éveillent qu’un aimable ennui. On peut par ailleurs n’éprouver qu’une empathie modérée pour ces personnages si beaux, si riches, si bien habillés, qui ont des crises d’inspiration, des crises d’angoisse. On peut enfin ne voir dans ce film qu’une caricature, le réalisateur espagnol semblant se singer lui-même sur le fond (dans une veine mélodramatique très appuyée, aussi décousue que sans effet) et sur la forme (dans une esthétique lisse de magazine de mode et de déco, pub géante pour Chanel, Prada…). Autodérision et autocritique ? Ou bien jeu de miroirs complaisant ? Difficile à dire, même si la seconde option paraît plus probable. Au final, peu importe. L’ensemble du projet, ainsi conçu, est assez vain et donc dispensable.
Je dois avouer que je ne suis pas du tout rentré dans les personnages de fiction crées (ou plutot adaptés) par le réalisateur dans le film. Ils m'ont paru inintéressants et fades. Ce n'est qu'au dernier quart du film que j'ai eu l'impression que le film allait enfin commencer avec le réveil des "vrais" personnages. Mais le film se termine déjà et je repars sans avoir eu l'impression que les problématiques soient poséses. La patte d'Almadovar est là : les cuisines sont toujours aussi colorées, tous les appartements ressemblent à des appartements témoins tant ils sont impeccables. Ca en devient presque caricatural. On aurait pu imaginer que les "vrais" personnages auraient pu vivre dans un univers différent de celui des personnages de fiction.
Friand d ALMODOVAR, j étais enthousiaste pour voir ce film… Malgré les images colorées toujours léchées (qui motivent mon étoile) le reste est d un ennui mortel , on accroche pas une seconde au récit , scénario plat et histoire sans aucun intérêt. Je suis sorti avant la fin !
Almodovar n'a plus grand chose à dire. Il se répète. Ses images sont toujours très belles (couleurs et cadrages), mais elles servent ici un roman de gare bavard et sans intérêt. Ses personnages souffrent. Oh mon dieu qu'ils souffrent ! Mais c'est plus agréable dans un appartement arty ou dans une belle maison avec piscine... Tout cela frise le ridicule, le factice et le nombrilisme. Qu'est-ce que faisait à Cannes ? Ah oui c'est quand même Almodovar...
5/26 je ne m'attendais a rien vu que je déteste autant de film d'Almodovar que j'en aime, mais celui-ci est décevant par sa mise en scene plate, son intrigue trop longue a venir et surtout sa fin qui n'en nest pas une
Je ne suis pas le plus grand connaisseur du cinéma de Pedro Almodóvar. Le seul film de sa filmographie que j’ai vu est « La Chambre d’à côté » sorti l’année dernière, j’avais vraiment beaucoup aimé surtout pour le jeu des actrices et la manière dont le cinéaste parle de la mort de manière plutôt belle et originale. Et ici, malheureusement, rien de tout ça.
Décidément, les nouveaux films parlant de la fiction et de la réalité ne font que de me décevoir (en pensant à « Histoires Parallèles »). Pourtant le synopsis du film me donnait envie, mais les passages avec Raúl (réalité) sont très limités dans le récit et 80% des séquences dans la réalité sont présentes dans la bande-annonce. Le reste du film c’est la fiction, mais honnêtement, je suis resté de marbre devant le film, alors que la salle réagissait aux situations comiques et dramatiques.
C’est dommage car le début j’étais dedans, et même dans le film il y a des plans que j’ai trouvés réussis. Mais l’histoire devient, à mon goût, répétitive. Et j’ai eu la sensation que le réalisateur met en scène beaucoup d’idées introduites, mais au final, j’en ai été perdu alors que ce n’est pas spécialement complexe à comprendre.
Bon c’est pas inintéressant. Il parle bien de ce qu’il connaît. Bien sûr qu’on aurait aimé, du sexe , de la provocation et de l’humour.. Ou même un crime lol. Bon ça n’est pas ça , c’est une étude de personnes, de vie, un travail . On parle ici pour la première fois des crises d’angoisses. C’est donc pas fou fou , mais ça retombe sur ses pattes. Pour ma part j’ai retrouvé le visuel d’Almodovar toujours aussi beau , vintage et stylisé. Un film donc de sentiments.
Très surpris par les notes vues ici ou là, à propos du dernier « Pedro Almodóvar », qui m’ a encore emporté dans son univers si particulier et si minutieusement mis en scène. Esthétiquement remarquable, au rythme particulièrement lent comme pour appuyer avec l’ objectif de la caméra sur les ressorts d’ un scénario dans le scénario, sur la juxtaposition de deux périodes à vingt ans d’ écart soit une génération, par une jeu de facettes, où on est, je l’ avoue, assez perdus ou déroutés…. Grâce à un casting remarquable emmené haut la main par Bárbara Lennie ( Elsa ), Leonardo Sbaraglia ( Raul ), Aitana Sánchez-Gijón ( Monica ), Victoria Luengo ( Patricia ) ou Patrick Criado ( Bonifacio ), semblent s’ attacher à dépeindre les mécanismes internes de l’ inspiration du réalisateur lui-même, sorte de film auto-introspectif. Evidement ce nombrilisme lent et répétitif nous endort gentiment sur des images somptueuses de qualité, des portraits sublimes, en exagérant les contrastes colorés et les grisailles, le luxe et la simplicité, resituant immédiatement la période évoquée. Pedro Almodóvar fait du Pedro Almodóvar…. Les rôles féminins mettent en lumière les rôles masculins, et non l’ inverse, avec une scène de striptease masculin très chaude. C’ est archi-classique, de toute beauté, avec une immense Bárbara Lennie impressionnante. Le parfum de la Croisette semble avoir semé les mêmes graines de scénarios aux réalités entremêlées, pour aboutir sur des plages plus sauvages et noires obscures de Lanzarote… tout un symbole ......!!**
Malheureusement l'esthétique et la direction d'acteurs ne sauvent pas le film d'un défaut chronique: l'ennui. A cela se rajoutent: du merchandising grossier digne des années 80, des acteurs mâles caricaturés sous un angle érotique, une lumière par trop artificielle. Dommage. Il doit s'ennuyer lui aussi.
Dans Douleur et Gloire - peut-être son plus grand film - Almodovar faisait du corps le réceptacle de nos absents. Idée bouleversante que nos somatisations - douleurs lancinantes de dos, de genou, de tête - sont autant de rappels des chocs de nos existences nous ayant liés à d'autres. Autant de manières de continuer à faire vivre les fantômes de ceux qui nous ont quittés. La douleur comme façon de ressusciter ce qui n'est plus. Comme façon de supporter le deuil. Poésie mystique. Ici, la réflexion se poursuit mais avec un objet plus conventionnel : le réceptacle ici c'est l'oeuvre. La poésie cède donc la place à la tautologie. Quant à la question du vampirisme de l'auteur vis-à-vis de son entourage, on préférera les éternelles 30 secondes de The Fabelmans où Spielberg ne peut s'empêcher de se voir dans le miroir filmant un climax de son existence plutôt que de le vivre pleinement au fond de son âme... que les 1h50 de ce film-ci. Un Almo agréable à regarder mais mineur.
Il s'agit de savoir que la réalité et la fiction, fondamentalement, sont là même chose. Elles sont la vie. Notre vie. C'est pourquoi l'autofiction est la chose, non pas la plus juste, mais à l'inverse celle des fictions la plus fragile, potentiellement et même par nature, la plus "fausse". S'en extirper, c'est précisément le travail, voire le génie du créateur, de l'artiste.
J'ai été vraiment surpris par le film, j'ai pu le trouver long par moment, un peu étrange à d'autres, mais les dernières minutes donnent tout leur sens au scénario. Le film se révèle à nous dans les dernières paroles des personnages, et tout ce qui m'avait ennuyé a pris sens. Après avoir vu la fin, ne pensez vous pas que le film devrait s'appeler "Autocritique" ? :)