Garance
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325 critiques spectateurs

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Direct-actu.fr

408 abonnés 569 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 septembre 2026
Avec Garance, Jeanne Herry plonge Adèle Exarchopoulos dans huit années d'alcool, d'amour et de lutte contre l'addiction.

Une prestation sans cesse sur le fil du rasoir. Adèle Exarchopoulos incarne avec justesse la douleur, la crise et le manque. Puis tombe cette question : « Voulez-vous vivre ? » qui se martèle, car quand le corps lâche, il ne reste plus beaucoup de temps. Et c'est ce combat étrange contre l'addiction que Jeanne Herry filme avec sincérité. Quand on travaille sur ses addictions, le pire ennemi est l'ennui et ce temps libre qui se dégage. Et c'est cela que Garance dévoile de manière quasi-naturaliste.

Car l'alcool ne surgit pas dans Garance comme une anomalie immédiatement identifiable. Il accompagne le travail, les sorties, les rencontres, devient une récompense et un moyen de décompression. Garance reste fonctionnelle, travaille, monte sur scène, aime, aide les autres. Cette capacité à tenir brouille justement la perception de la dépendance. Le circuit de la récompense associe progressivement le produit au soulagement, jusqu'à installer une boucle où l'alcool calme momentanément un état qu'il participe ensuite à reproduire. Le verre n'est alors plus seulement recherché pour l'ivresse, il devient une réponse anticipée à l'angoisse et au manque. Le quotidien commence à se construire avec lui, puis autour de lui.

Pauline apporte une stabilité affective sans pouvoir résoudre cette mécanique. C'est l'une des forces du film : refuser l'idée confortable selon laquelle être suffisamment aimé permettrait de sortir d'une addiction. L'amour peut accompagner, poser des limites, offrir un autre espace, il ne supprime ni la dépendance ni la peur physiologique et psychique attachée au sevrage. Lorsque le corps de Garance commence à céder, le problème change brutalement d'échelle. Il ne s'agit plus d'excès socialement tolérés, mais d'un rapport au produit dans lequel consommer et arrêter semblent, pour elle, constituer deux dangers concurrents.

Une personne addicte finit par organiser une partie de son existence autour de l'objet de son addiction, jusqu'à anticiper sa disponibilité, son absence et surtout les manifestations du manque. Le paradoxe devient alors vertigineux : Garance boit alors même que l'alcool menace directement sa survie, parce que l'arrêt est lui aussi vécu comme une menace. La peur ne porte plus seulement sur la mort, mais sur ce qui pourrait arriver avant elle, le manque, la douleur, l'angoisse, le corps qui réclame. La perception du danger se tord progressivement : continuer à consommer rassure dans l'immédiat tandis que ne plus consommer devient effrayant, quand bien même cette consommation conduit à la mort. Le film touche ici quelque chose de particulièrement brutal dans l'addiction, cette capacité du produit à devenir simultanément ce dont Garance pense avoir besoin pour tenir et ce qui, désormais, l'empêche précisément de continuer à vivre.

Le sevrage ouvre alors un autre combat, moins spectaculaire et peut-être plus ingrat : réapprendre à disposer du temps. Les heures autrefois occupées par la consommation, son anticipation ou ses conséquences redeviennent disponibles. Avec elles reviennent l'ennui, le vide et la nécessité de reconstruire des habitudes sans réponse chimique immédiate. Garance laisse ainsi apparaître une dimension sociale souvent moins visible de l'abstinence : continuer à vivre dans un monde où l'alcool reste associé à la fête, au groupe et à la convivialité, tandis que celui qui ne boit plus doit apprendre à distinguer les relations qui demeurent lorsque le verre disparaît.
Baba S
Baba S

18 abonnés 25 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 septembre 2026
Après le bouleversant "Je verrai toujours vos visages", Jeanne Herry continue de saisir avec justesse les maux de notre société avec l'alcoolisme insidieux porté par Garance, comédienne avec 19 verres par semaine au compteur.
Le film prend à bras le corps le réel et met en exergue l'infraordinaire pour démontrer l'omniprésence de cette béquille liquide : l'occasion est toujours là, elle guette, soupoudrée par la fête, les amis, l'afterwork. Le processus est passif, guidé par le déni qui attribue l'arrêt des angoisses à la pinte du soir.
Ici, Jeanne Herry s'attache à montrer la vie de sa muse, Adèle Exarchopoulos, dont on ne peut que saluer l'interprétation tant la palette d'émotions dépasse même la hauteur de l'enjeu. Gros plans, plans plus larges, et surtout qui nous montre sans voir frontalement : un rapport suggestif très apprécié, le tout sous couvert d'une tendresse qui ne larmoie pas et un humour qui n'entache pas la gravité. Sans oublier nos représentations renouvellées du genre, de l'amour et des rapports entre les hommes et les femmes (ça fait du bien!!)
Mention tout aussi magique à Sara Giraudeau, impressionnante par son empathie, sa pureté et sa lucidité touchante.
Tout simplement le tandem de 2026.
Jeanne Herry démontre surtout que l'alcoolisme n'est pas qu'une question de drame intime, mais surtout politique avec une addiction qui, de près comme de loin, nous concerne tous.
Foncez !!
Thomas Foubert
Thomas Foubert

1 abonné 3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 septembre 2026
Vu en avant première à Lille. Sujet passionnant et souvent tabou sur la dépendance au féminin, à la fois touchant et drôle, sans sombrer dans leur dramatique. Les actrices sont très justes dans leur rôle. Les accompagnements soignants beaucoup moins mais probablement sur une satyre de ce qui peut être rencontré.
Domvill
Domvill

41 abonnés 261 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 septembre 2026
vu au festival de Cannes, j'attendais beaucoup du film de Jeanne Herry, mais je suis déçue. Sur la forme, rien à redire, elle sait indéniablement tenir une caméra de main de maitre, mais le scénario m’a quand même paru léger, très superficiel.
Une jeune actrice bousille sa carrière et sa santé par son addiction à l’alcool, et elle rencontre une femme avec laquelle elle va établir une relation stable : magnifique Ana Girardot, avec sa douceur légendaire. De leur relation émergera une note positive, mais, pour moi, à la limite d’un mélo très aseptisé. La description des comportements addictifs est très édulcorée. Lorsqu’elle perd le contrôle de sa vie personnelle et quand les failles de son comportement se propagent et deviennent perceptibles dans le cadre professionnel, les quelques situations significatives qui témoignent de sa maladie ne sont jamais filmées dans toute leur ampleur. A l’inverse, on minimise au maximum et les manifestations décrites n’ont rien à voir avec les véritables symptômes des crises de délirium. Il y a peu de recul, pas de réflexion sur la toxicité qui perturbe les relations personnelles et familiales, le miracle de l’amour lesbien la sauve de son addiction dans une happy end.
Julien Charlemagne
Julien Charlemagne

2 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 septembre 2026
J’étais à l’avant première à Paris. Le film est touchant bien joué, il prend le temps et cela lui donne beaucoup d’humanité
Maxime Dartis
Maxime Dartis

2 abonnés 134 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 septembre 2026
Après Je verrai toujours vos visages, Jeanne Herry s’empare d’un sujet trop souvent minimisé : l’alcool. Loin des clichés habituels, le film décrit une dépendance discrète, presque invisible, avec une justesse rare. Le scénario, même si bien écrit, reste classique, mais Adèle Exarchopoulos transforme tout par la puissance de son jeu. Elle porte le film d’une intensité émotionnelle qui frappe en plein cœur. Hypnotique et déstabilisant, Garance est de ces œuvres qui marquent durablement.

insta : maxfaitsoncinema
LucyYy
LucyYy

14 abonnés 94 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 septembre 2026
Découvert en avant-première, ce film est touchant de par sa capacité à nous émouvoir comme à nous faire rire.
Lucascloutet
Lucascloutet

4 abonnés 7 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 septembre 2026
Film magnifique où l’on suit le parcours de vie d’une jeune femme (exceptionnellement bien joué par Adèle Exarchopoulos), marqué par des épreuves très dures. On suit son parcours d’alcoolique dans un duo qui marche très bien avec Sara Giraudeau.
Superbement réalisé par Jeanne Herry, qui nous a fait le plaisir de venir échanger avec nous lors de l’avant-première.
Arthur Brondy

311 abonnés 1 541 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 septembre 2026
J’attendais ce film impatiemment et je suis ressorti très déçu. J’avais beaucoup apprécié Pupille et Je verrais toujours vos visages, et ce Garance marquait une rupture pour la réalisatrice dans la manière de raconter l’histoire. Mais ce n’est pas vraiment là que le bat blesse. Garance est une comédienne alcoolique. Elle fait partie d’une troupe qui choisit de l’écarter, la rendant encore plus vulnérable. Ce que je n’ai pas du tout apprécié, et qui m’a mis largement mal à l’aise est le sentiment que le sujet de l’alcoolisme soit traité à la légère. Certains dialogues poussent le spectateur à la rigolade alors que le sujet est sérieux et grave. Un décalage gênant pour un film qui semble oublier l’essentiel selon moi.
Jipéhel
Jipéhel

103 abonnés 664 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 septembre 2026
A votre santé !

Jeanne Herry a décidément le génie de parler de sujet éminemment grave, comme l’adoption et les familles d’accueil, - Pupille-, ou de la justice restaurative – je verrai toujours vos visages – de manière claire, lumineuse et surtout très positive. Cette fois, ses 106 minutes noue plongent dans les affres de l’alcoolisme au féminin. Garance est une jeune actrice alcoolique. Huit ans d’un parcours fait de déménagements, de travail, de rencontres, de fêtes et d’angoisses, de joies et de coups durs… Mais aussi une révolution intime, amicale et sexuelle, un chaos aux allures de « grande récré » où se mêlent autant d’amour que de destruction. J’ai bien dit « génie », car elle possède l’art et la manière d’éviter le pathos, la dramatisation inutile, les outrances et surtout de savoir, à chaque fois, ouvrir une porte sur un avenir meilleur. Chapeau bas !
D’emblée, j’ai du mal à comprendre comment ce film est reparti bredouille de Cannes ! Rien pour le scénario, pour le montage virtuose et surtout l’interprétation hors pair des deux femmes têtes d’affiche. C’est incompréhensible. Jeanne Herry, - après un bon ¼ d’heure pendant lequel on se demande vraiment où va le film -, nous entraîne dans les pas de sa « Garance », un cœur gros ça, sincère, franche et d’une gentillesse débordante... Puis, discrètement, les symptômes arrivent, s’accumulent pour devenir de plus en plus fréquents, voire irréversibles… l’alcoolisme est devenu une vraie pathologie. C’est le deuxième volet de ce drame, dans lequel l’héroïne cherche une porte de sortie, une guérison, un nouveau chemin de vie et pourquoi pas une rédemption. On voudrait l’aider, la défendre. La cinéaste, - qui se base, ici, sur une histoire parfaitement vraie -, prend garde à montrer une quelconque condescendance à son égard et surtout à ne pas la juger. Il s’agit certes d’un drame, un film sur la solitude et les dangers pernicieux de l’alcoolisme et des difficultés liées à sa dépendance, mais jamais dénué d’optimisme. Ce n’est ni complaisant, ni larmoyant. C’est magnifique.
Adèle Exarchopoulos, qui porte le film de bout en bout, est devenue sans doute une des plus grandes actrices de sa génération. Elle convainc totalement en nous faisant partager, à petites touches, la longue et lente déchéance de son personnage. Elle trouve en Sara Giraudeau son parfait complément. Un duo magnifique de justesse, de tendresse et de vérité. Le reste du casting, - pour le moins très féminin – réunit encore Sarajeanne Drillaud, Anne Suarez, Mathilde Roehrich, Raya Martigny, Brigitte Sy, Hélène Alexandridis… Tout ce beau monde tutoie la perfection. En s’appuyant, je l’ai dit, sur un montage somptueux, Jeanne Herry, pour la troisième fois nous démonte son art si particulier pour dresser des portraits sociaux et discourir sur des sujets tabous, pour ne pas dire clivants avec une habilité renversante. A ne surtout pas rater.
maevatd
maevatd

2 abonnés 22 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 septembre 2026
Vu en avant première à Vannes 56 en présence de la réalisatrice Un film émouvant et poignant, très juste et magnifiquement interprété. J'ai été tenue en haleine !
Le personnage principal est adapté du vécu d'une véritable personne rencontrée par Jeanne Herry
Malgré l'histoire sombre le film est vraiment lumineux et plein d'amour et d'humour ! Bravo !
Marion Cine
Marion Cine

3 abonnés 12 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 septembre 2026
Toujours au top Adèle, sujet important à traiter qui me rappelle bien pourquoi j'ai jamais touché à l'alcool.
gurlukovitch
gurlukovitch

4 abonnés 47 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 septembre 2026
Comment faire un film sur l’alcoolisme sans tomber dans les pièges du spot de prévention ? Tout simplement en ne faisant pas un film sur l’alcoolisme mais sur la trajectoire d’un personnage dont l’addiction fait partie intégrante de la personnalité, sans remise en question brutale ni coups d’éclats. Ceci grâce à l’interprétation tout en nuances d’Adèle Exarchopoulos qui parvient à créer beaucoup d’empathie pour son personnage et parfois même d'identification en nous remémorant nos propres moments de fête et de lâcher-prise. L’enchaînement de courtes séquences permet également de ne pas s’appesantir sur les situations d’ébriété et la mise en scène très délicate et précise nous fait ressentir les hauts et les bas de cette comédienne et de son entourage mis à rude épreuve. Une nouvelle réussite donc pour Jeanne Herry dans un registre différent de son habitude.
vincent COLLIER
vincent COLLIER

71 abonnés 237 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 septembre 2026
Malgré Adele comme toujours bonne actrice et Sara giraudeau trop rarement présente sur ce scénario minimaliste où elle n'apparaît qu'à la moitié du film, le résultat est assez poussif... On s'ennuie largement avec un petit espoir vers les 15 dernières minutes....
Katou
Katou

20 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 septembre 2026
Je viens de voir Garance en avant-première, comme les précédents films de Jeanne Héry (pupille, je verrai toujours vos visages) , celui-ci m'a profondément touchée. Ce qui caractérise les films de cette réalisatrice, c'est une très grande humanité, elle pose sur les gens un regard lucide et sans jugement, le personnage de Sara Giraudeau pourrait être son double ! Et Adèle Exarchopoulos est encore une fois extraordinaire. !
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