Du grand n’importe quoi
C’est le 3ème long-métrage de Wilfried Meance. Le moins qu’on puisse dire c’est que les deux 1ers n’avaient pas révolutionné la comédie française. Car si, Plus si affinités était plutôt sympa, on ne peut pas en dire autant de Jumeaux mais pas trop… rien que le titre… Donc, voilà ces nouvelles 82 minutes – un quasi court-métrage dans le cinéma d’aujourd’hui. Fanny, 30 ans, enceinte, n’en peut plus de vivre chez son père avec Virgil, son compagnon, champion de la procrastination. Alors quand elle tombe sur une offre en or : un appartement « parquet, moulures, cheminées » en viager dans Paris, elle fonce tête baissée. Mais Masséna, la vendeuse, est tout sauf mourante… Bien décidée à récupérer les clés de sa nouvelle vie, Fanny s’engage dans une guerre sans pitié contre l’arnaqueuse professionnelle. N’est pas Pierre Tchernia qui veut ! Faut dire qu’avec son scénario co-écrit avec Goscinny et sa pléiade d’acteurs – Serrault en tête -, ce film de 1972 reste le must de la comédie qui parle de viager. Ici, c’est plutôt une ode au grand vide. Sidéral !
Ce film minuscule est revenu bredouille de l’Alpe d’Huez… On comprend pourquoi. Sa seule qualité est d’être très court. On est toujours désemparé quand il faut parler de ce type de films, tant ils sont médiocres. Rien à sauver du naufrage même pas le casting. La vulgarité de l’ensemble est assez affligeant et, en plu, pour couronner le tout, le scénario est truffé de clichés, d’erreurs monumentales – surtout en ce qui concerne le viager en lui-même -, et d’invraisemblances énormissimes. Ce n’est pas parce qu’on écrit une comédie qu’on doit écrire n’importe quoi et, par conséquent, se moquer du public – potentiel -, qui ira voir ce nanar. Ce moment de non-cinéma condense tout ce que le divertissement populaire français peut offrir de pire. Aucun sens de la comédie sinon l’application d’un cahier des charges qui consiste à installer par un dialogue de quelques secondes une situation, à exploiter l’outrance de ses personnages pour en tirer une chute facile ; aucune vision esthétique, la mise en scène étant réduite à l’état d’illustration avec plans au drone, panoramiques illisibles parce que trop rapides, montage brouillon qui fait tente en vain d’installer un semblant de rythme. Sans âme, ni talent.
Fadily Camara aurait pu être une bonne découverte si elle avait eu quelque chose de consistant à défendre. Josiane Balasko, égale à elle-même, fait du Balasko mais en moins bien que d’habitude. Jean-Pascal Zadi, Tiphaine Daviot, Bertrand Usclat, Pablo Pauly, Amaury de Crayencourt, Denis Mpunga, et la participation d’Henri Guybet - 89 ans -dans le rôle d’un notaire libidineux particulièrement antipathique, complètent le tableau de portraits de personnages tous plus désagréables les uns que les autres. La comédie italienne des grandes années savait faire rire avec ce type de silhouettes. Ici, on ne rit jamais, on grince des dents. Le pire, c’est qu’on n’est même pas surpris.