Les soulèvements de la terre, sans doute en avez vous entendu parler. Oui, vous savez bien, ce mouvement réunissant des "écoterroristes", comme dirait Darmanin, ce grand démocrate, qui a cherché à dissoudre le mouvement, mais sans succès puisqu'il s'est vu renvoyé dans les cordes par le Conseil d'Etat. Thomas Lacoste présente un certain nombre de membres du mouvement et celles et ceux qui l'ignoraient du fait des informations biaisées en provenance d'un certain nombre de médias pourront constater que ce sont des personnes posées, des personnes réfléchies, qui sont loin de rechercher la bagarre avec qui que ce soit, qui aiment leur terroir, qui aiment les animaux qui le peuplent, des personnes qui, quand elles ne font pas directement partie du monde paysan, entretiennent d'excellentes relations avec lui, avec le monde des vrais paysans, ceux de la Confédération paysanne et pas les agro-industriels de la FNSEA. Lorsqu'on porte toujours en soi l'espoir que la vie sur notre planète puisse continuer à être possible, grâce à des actions telles que celles menées par Les soulèvements de la terre, on ne peut que se féliciter de l'existence d'un film comme "Soulèvements". Par contre, d'un point de vue purement cinématographique, l'enthousiasme n'est pas de mise : cette succession d'interviews face caméra devient vite très lassante. Lorsque quelqu'un ou quelqu'une vous débite son discours pendant 10 minutes, sans plan de coupe, il lui faut des qualités bien particulières pour qu'on puisse rester accroché à ses lèvres jusqu'au bout. Parmi les 16 intervenant(e)s, certain(e)s y arrivent, le passionné d'oiseaux en particulier, mais chez d'autres, on décroche très vite, trop vite. Et puis, on regrette d'avoir beaucoup de difficultés pour arriver à deviner de quelle lutte il est question dans le discours. Et puis avoir d'autres points de vue que ceux des militants du mouvement aurait été intéressant, que ce soit de la part d'agriculteurs opposés au mouvement, d'élus locaux, voire de membres des forces de l'"ordre". En résumé, un film nécessaire mais mal fagoté et incomplet.