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Un film bouleversant et profondément nécessaire. J’ai eu la chance de découvrir Les fleurs du manguier en avant-première au Le Louxor, en présence du réalisateur, qui a partagé des éléments précieux et des messages forts autour du film. Cela a rendu l’expérience encore plus marquante.
Le film aborde un sujet d’une immense complexité avec une justesse remarquable. Là où beaucoup auraient pu tomber dans le pathos, il choisit la retenue, laissant toute la place à l’émotion brute et à la réflexion.
C’est une œuvre qui marque, qui fait grandir, et qui ouvre les yeux. En mettant en lumière la tragédie des Rohingyas, elle dépasse son sujet pour toucher à une réalité universelle : celle de l’exil, de la survie et de la dignité humaine.
Dans un contexte où l’individualisme tend à nous éloigner des drames qui ne nous concernent pas directement, ce film agit comme un rappel essentiel. Il nous invite à regarder, à comprendre, et surtout à ne pas détourner les yeux.
Un film important, porté par une grande sensibilité, qui mérite d’être vu et partagé.
Le film aborde un sujet d’une immense complexité avec une justesse remarquable. Là où beaucoup auraient pu tomber dans le pathos, il choisit la retenue, laissant toute la place à l’émotion brute et à la réflexion.
C’est une œuvre qui marque, qui fait grandir, et qui ouvre les yeux. En mettant en lumière la tragédie des Rohingyas, elle dépasse son sujet pour toucher à une réalité universelle : celle de l’exil, de la survie et de la dignité humaine.
Dans un contexte où l’individualisme tend à nous éloigner des drames qui ne nous concernent pas directement, ce film agit comme un rappel essentiel. Il nous invite à regarder, à comprendre, et surtout à ne pas détourner les yeux.
Un film important, porté par une grande sensibilité, qui mérite d’être vu et partagé.
Un réalisateur talentueux. Une triste réaliste à travers les yeux de deux enfants qui sont extrêmement attachants. Foncez !
Un film bouleversant dont on ne ressort pas indemne. Le peuple rohingya, après avoir été invisibilité pendant des années remonte à la surface et c'est une gifle pour le spectateur occidental assis dans son fauteuil rouge feutré. Il ne remonte pas seul ce peuple rohingya, il emporte avec lui les centaines de milliers de fantômes qui quelque part sur terre, en Afrique, en orient ou aux frontières de l'Europe, traversent des mers agressives et des forêts hostiles, dans la nuit ou sous un soleil brulant, pour tenter d'échapper à leur condition misérable.
Du début à la fin, l'impression est donnée de ne pas voir un film mais de le vivre tant les acteurs sont justes.
Chapeau l'artiste et merci pour les émotions ressenties, si bouleversantes soient-elles cela nous fait sentir humain et nous aide à grandir.
Du début à la fin, l'impression est donnée de ne pas voir un film mais de le vivre tant les acteurs sont justes.
Chapeau l'artiste et merci pour les émotions ressenties, si bouleversantes soient-elles cela nous fait sentir humain et nous aide à grandir.
Deeply moving, a distopic reality through fairytale lenses. Captivating storytelling, incredible actors, amazing photo.
Un frère et une sœur entreprennent une traversée périlleuse depuis le Bangladesh jusqu'en Malaisie.
Les Rohingyas forment une minorité musulmane dans l'ouest de la Birmanie privée de tout droit civique depuis 1982. Persécutés par la majorité bouddhiste, ils ont fui en masse vers le Bangladesh voisin. Ils s'y entassent dans des camps de réfugiés. Longtemps ignorée de la communauté internationale, leur situation s'est lentement médiatisée depuis 2017.
Le jeune réalisateur japonais Akio Fujimoto - dont les deux premiers films, inédits en France, suivaient le parcours d'une famille birmane et de jeunes Vietnamiennes immigrées au Japon - s'est intéressé au sort des Rohingyas. Il aurait pu tourner un documentaire. Il choisit la fiction pour raconter, à travers l'itinéraire semée d'embuches de deux enfants, les vicissitudes de ce peuple persécuté.
Pour ne pas divulgâcher les rebondissements de l'histoire, on ne décrira pas les différentes étapes de leur longue odyssée. On se bornera à révéler sans surprise que le bateau dans lequel Shafi, quatre ans, et sa sœur Somira, neuf ans, embarquent avec leur tante au Bangladesh en direction de la Malaisie n'arrivera pas à bon port. Sur leur chemin, les deux gamins rencontreront à la fois des bons Samaritains prêts à les aider sans contrepartie et des salauds capables des pires ignominies pour profiter de leur précarité.
Face à ce vaste éventail de comportement humains, les deux enfants n'ont rien à opposer, sinon leur impassibilité. Le petit garçon est trop jeune pour avoir conscience de ce qui leur arrive ; sa sœur aînée est encore une enfant dont le seul réflexe quasi-animal est de protéger son frère et d'aller de l'avant quoi qu'il en coûte.
Leur entêtement, leur fragilité sont des crève-cœurs. On ne ressort pas indemne d'un tel film dont le scénario rebondissant a le talent de déjouer tous nos pronostics.
Les Rohingyas forment une minorité musulmane dans l'ouest de la Birmanie privée de tout droit civique depuis 1982. Persécutés par la majorité bouddhiste, ils ont fui en masse vers le Bangladesh voisin. Ils s'y entassent dans des camps de réfugiés. Longtemps ignorée de la communauté internationale, leur situation s'est lentement médiatisée depuis 2017.
Le jeune réalisateur japonais Akio Fujimoto - dont les deux premiers films, inédits en France, suivaient le parcours d'une famille birmane et de jeunes Vietnamiennes immigrées au Japon - s'est intéressé au sort des Rohingyas. Il aurait pu tourner un documentaire. Il choisit la fiction pour raconter, à travers l'itinéraire semée d'embuches de deux enfants, les vicissitudes de ce peuple persécuté.
Pour ne pas divulgâcher les rebondissements de l'histoire, on ne décrira pas les différentes étapes de leur longue odyssée. On se bornera à révéler sans surprise que le bateau dans lequel Shafi, quatre ans, et sa sœur Somira, neuf ans, embarquent avec leur tante au Bangladesh en direction de la Malaisie n'arrivera pas à bon port. Sur leur chemin, les deux gamins rencontreront à la fois des bons Samaritains prêts à les aider sans contrepartie et des salauds capables des pires ignominies pour profiter de leur précarité.
Face à ce vaste éventail de comportement humains, les deux enfants n'ont rien à opposer, sinon leur impassibilité. Le petit garçon est trop jeune pour avoir conscience de ce qui leur arrive ; sa sœur aînée est encore une enfant dont le seul réflexe quasi-animal est de protéger son frère et d'aller de l'avant quoi qu'il en coûte.
Leur entêtement, leur fragilité sont des crève-cœurs. On ne ressort pas indemne d'un tel film dont le scénario rebondissant a le talent de déjouer tous nos pronostics.
Somira, neuf ans, et son petit frère de 4 ans, quittent un camp de réfugiés au Bangladesh dans l’espoir de retrouver leur famille dispersée en Malaisie. Pour ces deux enfants, commence alors une traversée périlleuse, dont ils affrontent les dangers avec leurs yeux encore empreints d’innocence. Le regard de Shafi et Somira donne au film une force particulière. Le monde qu’ils traversent est fait de menaces et d’incertitudes, mais aussi de petits instants où l’enfance persiste malgré tout. Leur perception, parfois naïve, contraste avec la gravité de leur situation et rend leur parcours d’autant plus bouleversant. Le film n’a pas besoin d’en rajouter : la vulnérabilité des deux jeunes personnages suffit à faire ressentir le danger et l’injustice de leur condition. « Les Fleurs du manguier » est un film de mémoire et de solidarité. Son dénouement prend tout son sens à la lumière de la dédicace adressée à celles et ceux qui ont perdu la vie au cours de leur périple, mais aussi à toutes les personnes qui continuent de vivre et de se battre pour l’avenir. Une œuvre profondément humaine.
Le sujet est important pour cette communauté dont tout le monde se moque , meme les musulmans et traité par un japonais...
Le film lui n'est pas abouti car jamais vraiment prenant.
Le film lui n'est pas abouti car jamais vraiment prenant.
Si le sujet de cette fiction en mode documentaire sur les malheurs de ces musulmans birmans persécutés par la junte au pouvoir ne peut que serrer le cœur du spectateur - d’autant qu’il s’attache à suivre le périple vers la Malaisie de deux enfants - , le traitement cinématographique lui, est plus sujet à critiques. Filmé en grande partie dans le noir, sans véritable scénario, avec des moyens visiblement réduits, on finit par se désintéresser de cette longue fuite. Le film se concentre sur la perception de la situation à travers les yeux de deux enfants mais l’absence de données sur la nature de ce peuple Rohingya, sur la politique des pays traversés nous empêche d’appréhender l’ampleur de cette atteinte majeure aux droits de l’homme.
Dans Les Fleurs du manguier, Akio Fujimoto propose un regard frontal, mais profondément humain, sur une réalité souvent réduite à des chiffres. À travers le parcours de Shafi (Shofik Rias Uddin), 4 ans, et de sa sœur Somira (Shomira Rias Uddin), 9 ans, le film suit une fuite, mais surtout une transformation. Ces enfants quittent un camp rohingya au Bangladesh avec un objectif simple en apparence, retrouver leur famille en Malaisie, pourtant chaque étape de leur trajet les confronte à une réalité bien plus vaste, celle d’un exil sans garantie de retour ni de stabilité.
Le film s’inscrit dans une continuité thématique déjà explorée par d’autres œuvres sur la migration, mais il s’en distingue par son point de vue. Là où certains récits s’appuient sur une structure dramatique forte, Akio Fujimoto choisit une approche plus discrète, presque silencieuse. Le regard d’enfant devient alors un outil narratif essentiel, car il permet de découvrir un monde hostile sans filtre explicatif. Cette absence de sur-explication renforce l’immersion et oblige à observer, comprendre, ressentir, sans être guidé de manière artificielle.
Très vite, le récit dépasse la simple idée de fuite pour montrer une condition plus insidieuse, celle de l’invisibilité. Les survivants que l’on suit ne sont pas seulement en déplacement, ils doivent s’effacer pour exister. Leur quotidien devient une succession de gestes simples, se nourrir, se cacher, avancer sans attirer l’attention. Cette mécanique répétitive traduit une réalité brutale, où l’identité se fragilise au contact de nouveaux territoires, de nouvelles langues, et de règles implicites qu’il faut intégrer rapidement pour survivre.
La mise en scène repose sur un principe rigoureux, filmer à hauteur des personnages. La caméra ne cherche jamais à dominer ou à expliquer, elle accompagne, elle observe, elle suit les mouvements avec une retenue constante. Ce choix crée une proximité immédiate, mais aussi une forme de respect, car rien n’est surjoué ni dramatisé. Les plans longs participent à cette sensation de réel, laissant les situations se déployer dans leur durée, captant des instants souvent silencieux, mais chargés d’une tension permanente. La frontière entre fiction et réalité s’estompe progressivement, donnant le sentiment d’assister à des fragments de vie plus qu’à une reconstitution.
Ce dispositif met en lumière un autre aspect essentiel, la solidarité. Dans un contexte où les repères familiaux sont fragilisés, l’entraide devient une nécessité. Elle remplace parfois les liens du sang et permet de recréer une forme de structure collective. Le film montre ainsi que, même dans les conditions les plus dures, une humanité persiste. Un regard, un geste, une présence suffisent à maintenir un équilibre précaire. Cette dimension apporte une nuance importante au récit, évitant de réduire ces trajectoires à une simple accumulation de souffrances.
Enfin, le film s’inscrit dans une perspective plus large. Le parcours de Shafi et Somira n’est pas une exception, mais une illustration parmi d’autres. En suivant ces deux enfants sans artifice, Akio Fujimoto donne à voir une réalité systémique, où des milliers d’histoires similaires existent en parallèle. Le quotidien devient alors une succession de décisions rapides, souvent prises dans l’urgence, avec des conséquences immédiates. Ce choix de mise en scène renforce l’idée que ces trajectoires ne relèvent pas de l’exception, mais d’une répétition tragique.
Sans chercher à provoquer artificiellement l’émotion, le film parvient à créer un attachement profond aux personnages. Leur parcours captive, et leur absence laisse une trace durable. En refusant toute surdramatisation, Akio Fujimoto impose une approche plus exigeante, mais aussi plus honnête. Le spectateur ne regarde plus de loin, il accompagne, presque malgré lui, ces existences en transit, contraintes de disparaître pour continuer à avancer.
Le film s’inscrit dans une continuité thématique déjà explorée par d’autres œuvres sur la migration, mais il s’en distingue par son point de vue. Là où certains récits s’appuient sur une structure dramatique forte, Akio Fujimoto choisit une approche plus discrète, presque silencieuse. Le regard d’enfant devient alors un outil narratif essentiel, car il permet de découvrir un monde hostile sans filtre explicatif. Cette absence de sur-explication renforce l’immersion et oblige à observer, comprendre, ressentir, sans être guidé de manière artificielle.
Très vite, le récit dépasse la simple idée de fuite pour montrer une condition plus insidieuse, celle de l’invisibilité. Les survivants que l’on suit ne sont pas seulement en déplacement, ils doivent s’effacer pour exister. Leur quotidien devient une succession de gestes simples, se nourrir, se cacher, avancer sans attirer l’attention. Cette mécanique répétitive traduit une réalité brutale, où l’identité se fragilise au contact de nouveaux territoires, de nouvelles langues, et de règles implicites qu’il faut intégrer rapidement pour survivre.
La mise en scène repose sur un principe rigoureux, filmer à hauteur des personnages. La caméra ne cherche jamais à dominer ou à expliquer, elle accompagne, elle observe, elle suit les mouvements avec une retenue constante. Ce choix crée une proximité immédiate, mais aussi une forme de respect, car rien n’est surjoué ni dramatisé. Les plans longs participent à cette sensation de réel, laissant les situations se déployer dans leur durée, captant des instants souvent silencieux, mais chargés d’une tension permanente. La frontière entre fiction et réalité s’estompe progressivement, donnant le sentiment d’assister à des fragments de vie plus qu’à une reconstitution.
Ce dispositif met en lumière un autre aspect essentiel, la solidarité. Dans un contexte où les repères familiaux sont fragilisés, l’entraide devient une nécessité. Elle remplace parfois les liens du sang et permet de recréer une forme de structure collective. Le film montre ainsi que, même dans les conditions les plus dures, une humanité persiste. Un regard, un geste, une présence suffisent à maintenir un équilibre précaire. Cette dimension apporte une nuance importante au récit, évitant de réduire ces trajectoires à une simple accumulation de souffrances.
Enfin, le film s’inscrit dans une perspective plus large. Le parcours de Shafi et Somira n’est pas une exception, mais une illustration parmi d’autres. En suivant ces deux enfants sans artifice, Akio Fujimoto donne à voir une réalité systémique, où des milliers d’histoires similaires existent en parallèle. Le quotidien devient alors une succession de décisions rapides, souvent prises dans l’urgence, avec des conséquences immédiates. Ce choix de mise en scène renforce l’idée que ces trajectoires ne relèvent pas de l’exception, mais d’une répétition tragique.
Sans chercher à provoquer artificiellement l’émotion, le film parvient à créer un attachement profond aux personnages. Leur parcours captive, et leur absence laisse une trace durable. En refusant toute surdramatisation, Akio Fujimoto impose une approche plus exigeante, mais aussi plus honnête. Le spectateur ne regarde plus de loin, il accompagne, presque malgré lui, ces existences en transit, contraintes de disparaître pour continuer à avancer.
Shafi 4 ans, et sa soeur Somira 9 ans n’ont pas vraiment le temps pour l’insouciance. Ils s’apprêtent à quitter le Bangladesh pour rejoindre leur famille en Malaisie et espèrent retrouver la liberté. Leur voyage est périlleux et poignant. Ces deux enfants vont traverser tout un tas d’émotions, livrés à eux même. Comme souvent dans ce type d’histoire, tout passe par le regard, plus que par les mots. Ces deux là ne laissent personne indifférent.
Ai vu « Les fleurs du manguier » premier film du réalisateur japonais Akio Fujimoto qui a obtenu le Prix spécial du Jury lors de la dernière Mostra de Venise. Shafi, 4 ans (Muhammad Sofia Rias Uddin extraordinaire) et sa grande soeur Somira (Shomira Rias Uddin) accompagnent leur mère dans la fuite du Bangladesh. Tous trois sont Rohingyas et essayent d’échapper à la violence et la misère quotidiennes pour retrouver un oncle en Malaisie. La traversée en mer et celles de la jungle et de nombreuses villes sont parsemées de périls et de malheurs. Cette migration est filmée à hauteur d’enfant ce qui permet aussi au réalisateur d’intégrer à son scénario de très beaux moments de poésie et d’humanité. Les deux acteurs (qui sont réellement frère et soeur) sont très crédibles et leur naturel tant dans les jeux d’enfants très bien filmés que dans les moments dramatiques apporte de la fantaisie et de l’émotion. Le film est découpé en une multitude de petits chapitres qui compte les jours depuis celui du départ. La mise en scène, malgré le peu de moyen, est toujours inventive et les moments en caméra subjective sont les plus intenses. Parfois l’on frôle le documentaire et cela nous permet de mettre des images précises sur le drame que vivent les Rohingyas. Le long métrage ne s’éternise pas sur les difficultés que rencontrent les deux enfants, mais prend aussi le temps de s’attarder sur les liens nouveaux avec d’autres personnages, et l’appropriation d’un territoire continuellement renouvelé. La fuite en avant constante des enfants provoque une vraie tension. Aucun misérabilisme, aucune théâtralisation du drame, c’est au contraire la sobriété et la mise en lumière de la solidarité et d’un certain espoir qui fait l’originalité de cette première oeuvre totalement maitrisée. L’on s’attache de suite à ce duo extrêmement bouleversant et à qui l’on repense plusieurs heures après la projection. J’ai beaucoup aimé aussi la musique d’Ernst Reijsager, toute au violoncelle que ce soit en duo où en solo.
Difficile d’être dur avec un film qui met en avant le sort tragique réservé aux Rohingyas par le régime birman. Ce peuple musulman et minoritaire quitte massivement la Birmanie pour regagner sa terre d’origine en Malaisie par les voies maritimes ce qui fait écho à ce que l’on voie en Europe aussi. Ce film nous éclaire aussi sur d’autres flux migratoires ; dans le monde entier, des exodes massifs ont lieu et le plus souvent dans son propre pays ou dans des pays voisins ; il permet donc d’élargir la focale de notre regard d’occidentaux.
Difficile d’être trop dur aussi avec un film mettant en scène deux enfants, un frère et une sœur (et frère et sœur dans la vie réelle aussi) si attachants ; et qui souvent insouciants passent du mode survie aux jeux, courses et rigolades inhérentes à leur âge.
Et pourtant, même s’il parvient à éviter le pathos, il ne parvient jamais à nous faire ressentir des émotions ; l’ennui l’emporte tout au cours de ce chemin macabre. Un documentaire aurait été tellement plus efficace pour défendre la cause de ce peuple apatride plus qu’une fiction sans guère d’âme. Monter avec un petit budget, ce long périple manque d’amplitude. Pour faire ressentir cette perte de repère, des plans larges étaient indispensables ; mais la caméra offre sans cesse des plans tout rikiki à la focal étroite pour filmer le moins possible. Et les scènes de nuit, nombreuses, caméra à l’épaule, par le manque de lumière et le mouvement incontrôlé de la caméra nous empêche de capter les enjeux dramatiques. On ne voie rien, on ne comprend rien aux événements.
Rien ne va si ce n’est le sujet qui nous ouvre au monde.
Difficile d’être trop dur aussi avec un film mettant en scène deux enfants, un frère et une sœur (et frère et sœur dans la vie réelle aussi) si attachants ; et qui souvent insouciants passent du mode survie aux jeux, courses et rigolades inhérentes à leur âge.
Et pourtant, même s’il parvient à éviter le pathos, il ne parvient jamais à nous faire ressentir des émotions ; l’ennui l’emporte tout au cours de ce chemin macabre. Un documentaire aurait été tellement plus efficace pour défendre la cause de ce peuple apatride plus qu’une fiction sans guère d’âme. Monter avec un petit budget, ce long périple manque d’amplitude. Pour faire ressentir cette perte de repère, des plans larges étaient indispensables ; mais la caméra offre sans cesse des plans tout rikiki à la focal étroite pour filmer le moins possible. Et les scènes de nuit, nombreuses, caméra à l’épaule, par le manque de lumière et le mouvement incontrôlé de la caméra nous empêche de capter les enjeux dramatiques. On ne voie rien, on ne comprend rien aux événements.
Rien ne va si ce n’est le sujet qui nous ouvre au monde.
Une relative déception par rapport à l'attrait d'un sujet rarement traité et à l'accueil critique très positif. Le scénario est squelettique et les péripéties traversées par les enfants s'enchainent trop rapidement, sans l'éclairage contextuel nécessaire, Film de fuite, on ne peut qu'apprécier son aspect documentaire qui force le réalisme de scènes parfois terribles mais regretter également le côté amateur des prises de vue. En effet, il s'agit d'un long-métrage essentiellement nocturne dont trop de plans sont peu ou pas éclairés, laissant au spectateur l'impression désagréable d'une œuvre de fin d'études tournée avec des bouts de ficelle. En revanche, les deux jeunes personnages principaux sont admirablement incarnés.
Le sujet des migrants a été largement exploré au cinéma depuis quelques années, principalement, ceux d’Afrique traversant le Sahel puis la Méditerranée. Contrairement à la minorité ethnique des Rohingyas, principalement musulmane et localisée dans l’état côtier birman d’Arakan ou Rahkine (frontalier du Bangladesh), persécutée en Birmanie (= Myanmar) par la dictature militaire, qui leur refusa la citoyenneté birmane en 1982 (d’où leur statut d’apatride). Ce pays est d’ailleurs peu évoqué au cinéma : « Rangoon » (1995) de John Boorman et « The Lady » (2011) de Luc Besson. Le réalisateur japonais a fait le choix d’une fiction mais réaliste, à la frontière avec le documentaire, concernant le long voyage (28 j) en minibus, en bateau (6 j), à pied, d’un frère (Shafi, 4 ans) et d’une sœur (Somira, 9 ans) qui doivent rejoindre des parents en Malaisie (le fait que leurs vêtements restent relativement propres pendant 1 mois est peu crédible, ainsi que la présence ou l’absence de chaussures portées par Shafi). Néanmoins, le film, long et lent (malgré une durée de 1h39), reste austère, voire « janséniste », évoquant le style de Robert Bresson (1901-1999), qui lui aussi, faisait appel à des acteurs non professionnels. Bien que Japonais, le réalisateur pourrait adhérer au mouvement cinématographique danois « Dogme95 », impulsé par Lars von Trier et Thomas Vinterberg : caméra portée à la main (d’où des images floues et brinquebalantes lors de poursuites), absence d’éclairage artificiel (scènes nocturnes très sombres), etc. En outre, le sous-titrage en français était minimaliste : tous les dialogues n’étaient pas traduits (et la ligne inférieure n’était pas visible à l’écran) et le film manque d’indication géographique (localisation exacte du camp de Somira et Shafi au Bangladesh ou Birmanie, traversée de la Birmanie, de la Thaïlande et de la Malaisie),
spoiler:
seule la vision des tours Petronas confirmant l’arrivée à Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie).
Toutes ces caractéristiques mettent à distance le spectateur et dessert, finalement, la cause des Rohingyas. Dommage ! On est loin, par exemple, de « Moi capitaine » (2023) de Matteo Garrone, sur le voyage périlleux de 2 adolescents sénégalais pour rejoindre l’Italie via la Lybie. Etonnant qu’il ait obtenu le prix spécial du jury Orizzonti à la 82e Mostra de Venise. Seul point positif, l’évocation des jeux d’enfants pratiqués par Shafi et Somira dans l’adversité [cf. « Jeux interdits » (1952) de René Clément, qui se déroule pendant l’exode en France en 1940 et qui obtint le Lion d’Or à la Mostra de Venise en 1952].
Toutes ces caractéristiques mettent à distance le spectateur et dessert, finalement, la cause des Rohingyas. Dommage ! On est loin, par exemple, de « Moi capitaine » (2023) de Matteo Garrone, sur le voyage périlleux de 2 adolescents sénégalais pour rejoindre l’Italie via la Lybie. Etonnant qu’il ait obtenu le prix spécial du jury Orizzonti à la 82e Mostra de Venise. Seul point positif, l’évocation des jeux d’enfants pratiqués par Shafi et Somira dans l’adversité [cf. « Jeux interdits » (1952) de René Clément, qui se déroule pendant l’exode en France en 1940 et qui obtint le Lion d’Or à la Mostra de Venise en 1952].
Le destin épouvantable des réfugiés Rohingyas. Quitter la Birmanie pour rejoindre la Malaisie et espérer avoir enfin une vie apaisée. Les passeurs, les jours en mer, les tempêtes, puis la jungle et les criminels qui rackettent et tuent. Une fillette de 9 ans et son petit frère affrontent tout, et alternent jeux d’enfants et persévérance pour se nourrir et survivre. Un film rude malgré cette relation lumineuse.
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