Las Corrientes a été présenté en avant-première mondiale lors de l’édition 2025 du festival de Toronto avant d’être sélectionné dans de nombreux festivals comme ceux de San Sebastian, Busan, Hambourg ou encore Bangkok.
Cela faisait neuf ans depuis la sortie de son précédent long-métrage, La idea de un lago (2016), que la cinéaste Milagros Mumenthaler n’avait pas réalisé de nouveau film.
Le film a été en partie tourné à Genève, en Suisse, ce qui n’est pas vraiment un hasard pour la réalisatrice. En effet, c’est dans cette ville que sa famille s’est réfugiée lors de la dictature militaire en Argentine. Aujourd’hui encore, Milagros Mumenthaler y revient chaque année.
Las Corrientes est né en partie de la lecture du livre The Shaking Woman de l’écrivaine Siri Hustvedt dans lequel cette dernière revenait sur une expérience particulière. En effet, lors d’une conférence donnée en hommage à son père, son corps s’est soudainement mis à trembler de manière inexpliquée alors qu’elle continuait à parler comme si de rien n’était. Comme si son esprit se dissociait de son corps. Cette idée est longtemps restée dans la tête de la réalisatrice et c’est ainsi que le personnage de Lina s’est peu à peu dessiné dans sa tête.
Comme c’était déjà le cas dans ses deux premiers longs-métrages (Trois sœurs – 2011 ; La idea de un lago – 2016), Milagros Mumenthaler a de nouveau cherché à représenter l’intime à l’écran. Une gageure qui a été néanmoins possible grâce à la relecture du roman Mrs. Dalloway de Virginia Woolf, en particulier dans la manière dont le livre circule à travers la conscience de la protagoniste et passe d’un personnage à un autre.
Bien qu’originaire d’Argentine, la comédienne Isabel Aimé González-Sola n’avait jamais tourné dans son pays d’origine jusqu’à présent. En effet, elle vit en France depuis qu’elle a dix-huit ans et c’est dans l’Hexagone qu’elle a fait l’essentiel de sa carrière. Pour le rôle de Lina, Milagros Mumenthaler cherchait une actrice qui ne soit pas trop connue en Argentine car sa personnalité aurait pu effacer celle du personnage qu’elle interprète. Au contraire, elle cherchait quelqu’un qui soit davantage et mystérieux et a donc cherché des actrices argentines vivant à l’étranger. C’est ainsi qu’Isabel Aimé González-Sola est apparue. Le hasard a bien fait les choses, car elle se trouvait en Argentine au moment de l’étape des castings. De l’aveu de la cinéaste, bien que très différente de son personnage, elle partage néanmoins avec elle un mystère absolu.