Obsession
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Obsession" et de son tournage !

Un parcours atypique

Curry Barker s’est d’abord fait connaître grâce à un tandem comique qu’il formait avec Cooper Tomlinson, l’un des acteurs d’Obsession. Sous le nom That’s a Bad Idea, le duo a séduit un public fidèle avec ses sketchs diffusés sur YouTube. La situation a évolué il y a quelques années grâce au court métrage The Chair, puis à Milk & Serial.

Tout d’abord, The Chair, réalisé par Barker, a cumulé plus de 9 millions de vues sur YouTube. Ensuite, Milk & Serial, long métrage d’horreur réalisé et interprété par Barker, avec également Cooper Tomlinson au casting, est devenu un phénomène viral. Le film a fait forte impression à Hollywood, permettant au réalisateur de monter son premier long métrage destiné à sortir en salles : Obsession.

Naissance du projet

Même s’il vient de la comédie, Curry Barker a toujours été intéressé par les possibilités dramaturgiques offertes par le cinéma d’horreur. Pour Obsession, le metteur en scène souhaitait se servir du genre pour évoquer un thème qui touche tout le monde à des degrés divers : l’obsession.

"Qu’on soit obnubilé par une personne ou par quoi que ce soit d’autre, le fait d’être totalement habité par quelqu’un ou quelque chose m’a toujours fasciné, et le cinéma d’horreur m’a semblé être le genre idéal pour en parler".

Cette idée est devenue plus concrète encore grâce à un épisode des Simpson qui a inspiré le réalisateur : on y voit Bart acheter une patte de singe capable d’exaucer des vœux, mais aussi de provoquer le chaos. "Ce croisement entre mon intérêt pour l’obsession et un objet susceptible d’exaucer des vœux est à l’origine du film", explique Barker.

Une fixation...

Avec Obsession, Curry Barker a cherché à raconter une histoire dans laquelle un personnage fait une fixation sur un autre pour voir jusqu’à quelles extrémités peut conduire une telle obsession. Le réalisateur confie : "À quel moment ce qu’on considère habituellement comme de l’amour cesse-t-il de l’être ? Et au fond, quel est le sens du mot « amour » ? Je souhaitais partir d’un récit bien connu – celui d’un vœu qui se voit exaucé – et l’ancrer dans le monde réel, en en renversant les codes pour raconter une histoire résolument nouvelle."

"J’adore placer des personnages comme vous et moi dans des situations extraordinaires, mais ce qui est tout aussi important, c’est que chaque personnage réagisse de manière naturelle et crédible."

Laisser le spectateur se faire sa propre idée

Avec Bear, Curry Barker a voulu donner forme à un protagoniste qui ne se contente pas d’être un type bien. Il est faillible, complexe, tour à tour vulnérable et cruel. Le cinéaste ne souhaitait pas influencer le spectateur en lui indiquant ce qu’il doit ressentir à l’égard de Bear, ou en lui suggérant que ce qu’il fait est juste ou pas. Il précise :

"À l’inverse, mon intention était de raconter l’histoire avec sincérité et de laisser le spectateur se faire sa propre idée. J’aimerais que les gens, en quittant la projection, continuent de parler du film – qu’ils expriment ce qu’ils en ont pensé, comment ils auraient réagi à la place du protagoniste, et si les sentiments de Nikki relèvent de l’amour ou de l’obsession."

Une scène difficile

Comme dans tout film d’horreur, la pression pour le metteur en scène est plus forte encore au moment des scènes de mise à mort, et Obsession comporte une séquence de tuerie particulièrement violente et obsédante. "La scène de la mort de Sarah était extrêmement difficile", confie Barker. D’après le réalisateur, tout s’est joué à la dernière prise. L’équipe disposait de trois vitres en sucre. "Alors que l’équipe déco transportait la première dans la voiture, la première s’est brisée entre leurs mains", détaille-t-il.

Si les techniciens ont réussi à installer la deuxième sur le véhicule, pendant le tournage, "un gros morceau de polystyrène est tombé dans le cadre et, du coup, c’était totalement inutilisable". Il ne restait donc à l’équipe qu’une vitre en sucre. "Si on n’avait ,pas pu utiliser celle-là, je ne sais pas ce qu’on aurait fait", ajoute Barker. "Par chance, c’est donc cette toute dernière prise qu’on voit dans le film."

Le "Exauce Un Vœu"

Le dispositif inspiré de la patte de singe, le Exauce Un Vœu (en anglais : One Wish Willow), joue un rôle central dans le film. Curry Barker a commencé par un travail de recherche. "Je me suis pas mal documenté sur d’autres objets censés exaucer les vœux, comme l’os du bonheur, les puits à souhait, les étoiles filantes et les pattes de singe", explique le réalisateur. En constatant que rien ne le satisfaisait, Barker a choisi de créer son propre talisman.

Barker indique que c’est sa mère qui lui a donné l’idée de départ. Ils ont conçu ensemble le concept du Exauce Un Vœu, avant de passer le relais à la chef-décoratrice Vivian Gray et à la graphiste Amy Vega qui en ont assuré la fabrication. Viven Gray se souvient : "On a d’abord fabriqué la boîte. Curry et Amy ont travaillé ensemble pendant plusieurs mois avant même que la plupart des membres de l’équipe ne soient engagés."

Qui pour Bear ?

Pour Bear, Curry Barker recherchait un acteur à l’allure innocente et c’était d’autant plus important qu’il "perd son innocence au cours du récit", précise le metteur en scène. C’est justement cette évolution qui a intéressé Michael Johnston. "J’étais fasciné par l’aveuglement volontaire de Bear", indique le comédien. "Au départ, c’est un garçon naïf mais lorsque la situation se corse, ses choix sont de plus en plus discutables. J’avais très envie de relever le défi consistant à bousculer les clichés du ‘type sympa’ tout en faisant en sorte que le personnage reste attachant".

Johnston évoque une métaphore : "Bear sait qu’il y a un monstre sous le lit, mais il refuse d’y jeter un œil parce qu’il a vraiment envie que son fantasme se réalise."

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