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ben desiles
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4,0
Publiée le 12 août 2026
un très bon film sur la chute d'un avocat tiraillé entre ses ambitions et des liens de fidélité qui sont autant de filets dans lesquels il va s'empêtrer. Egalement un très bon portrait de l'amertume d'une communauté à l'endroit de ceux dont l'ascension sociale dans la société française est vécue comme une trahison. Le regard que porte le cinéaste sur la société est particulièrement sombre : les victimes de racisme sont condamnées au silence, la corruption gangrène tous les milieux, que ce soit la politique ou le barreau. L'homme qui devait finir au banc des accusés finit au gouvernement Et le héros lui-même n'a rien d'un incorruptible. Un film à voir !
Film intégralement noir. Le "héros" , un avocat d'origine turque, n'écoutera jamais sa conscience et négociera avec des gens puissants afin d'empêcher le recours à la justice pour une victime d'origine turque elle aussi, qui a subi dans son travail insultes et violences racistes.
Jusqu'à l'extrême dernière scène du film face à un cadre de la police judiciaire, l'avocat niera la vérité.
Qu'en retenir ? Qu'a voulu suggérer le réalisateur ? Une dénonciation des avocats ? puisque spoiler:
même l'avocate travaillant dans une association humanitaire va marchander avec son confrère la possibilité de bloquer le recours à la justice en exigeant que son cabinet rompe avec une personnalité spoiler:
D'où le sentiment de noirceur. La victime est abandonnée par les professionnels . spoiler: il ne parviendra pas à obtenir justice. Même sa mort brutale n'aboutira à aucune reconnaissance : " C'est comme s'il n'avait pas existé" dit le cadre de la PJ en annonçant le transport du corps en Turquie.spoiler:
Un thriller qui nous tient en haleine jusqu’à la fin, une plongée dans la communauté Franco-turque que je n’ai jamais vue ailleurs, et une distribution éblouissante menée par un Lionel Erdogzn en grande forme. Beaucoup de talent pour un premier long !
Très bon scénario, suspense assuré du début à la fin avec en prime une très belle interprétation, un bon moment qui confirme que l'argent est maître du monde
Un excellent film noir, sur le communautarisme turque en région parisienne. Sur fond, de politique européenne. Lionel Erdogan ( Matthieu rôle principal, avocat) est brillant dans son interprétation… De même que la victime qu’il défend ( Metehan Aygün) C’est à la fois un film social et juridique, avec beaucoup de délicatesse dans ses analyses, et un regard sur les traditions turques qui soulèvent quelques questions. Quelques rôles féminins de belle facture. Ce cinéma porte des valeurs, et beaucoup d’enthousiasmes. À voir sans tarder et sans hésiter. Sans doute le film du mois.
Une affaire turque est une excellente surprise, un film noir et intelligent qui vous prend aux tripes du début à la fin. Le scénario est hyper bien ficelé. Ce qui fait la force du film, c'est vraiment son duo d'acteurs Erdogan est magistral. Il est tout simplement bluffant dans le rôle de Mathieu/ joue tout en retenue, avec les yeux et la mâchoire serré ressent toute sa détresse et sa honte de classe à travers son é performance puissante qui mérite une nomination/ Face à lui, le jeune Metehan Aygün est une immense claque.
Woaw, vraiment une belle claque de thriller qui se passe dans le milieu turc en parallèle d'une affaire d'injustice sociale dans le monde dur des avocats. Le film est vraiment prenant. Beaucoup de plaisir à voir. Lionel Erdogan crève l'écran dans ce rôle sombre et manipulateur. Chapeau au casting,les autres comédiens sont magnifiques.
Film vu en avant première le 10 août et qui m'a convaincu. Sujet peu traité mais déjà vu dans une version " iranienne" sur la difficulté d'être français mais aussi de rendre à sa communauté - ici Turque. La partie Thriller est très convaincante et la peinture sociale très juste car vu par le réalisateur qui a connu ce déchirement envers ses racines et son envie d'intégration. Lubna Abzabal toujours excellente
Une affaire turque confronte Mathieu à une intégration qui semble toujours conditionnelle. Devenu avocat et proche d'accéder aux hautes sphères du pouvoir, il reste ramené à ses origines. Hüseyin Aydin Gürsoy construit un thriller politique où le plafond de verre se double d'un conflit intime : peut-on s'intégrer sans s'éloigner de sa famille, de sa culture et de ses traditions ?
Le film e part d'un paradoxe particulièrement cruel : Mathieu a accompli presque tout ce que le modèle de l'intégration attendait de lui. Il a travaillé, gravi l'échelle sociale, intégré un prestigieux cabinet d'affaires et changé jusqu'à son prénom pour faciliter son parcours professionnel. Pourtant, lorsqu'il approche enfin du statut d'associé, cette réussite ne suffit toujours pas à faire disparaître ses origines. Le plafond de verre ne tient plus seulement à l'accès aux fonctions de pouvoir. Il réside aussi dans l'impossibilité d'être regardé comme un Français dont l'origine n'aurait plus constamment besoin d'être rappelée.
Cette assignation devient d'autant plus violente qu'elle ne passe pas nécessairement par une hostilité déclarée. Lors d'un dîner chez Claude, une remarque apparemment bienveillante suffit à replacer Mathieu dans la catégorie de celui qui vient d'ailleurs. Sa réussite devient remarquable parce qu'elle est implicitement considérée comme moins ordinaire que celle des autres. Le film installe ainsi une discrimination diffuse, parfois enveloppée de bonnes intentions, dont il devient difficile de désigner un responsable précis.
Mathieu n'est cependant pas réduit au statut de victime. Lorsque Abdullah menace indirectement son ascension, l'avocat utilise à son tour les rapports de pouvoir qu'il a appris à maîtriser. Celui qui voulait entrer dans le système finit par exercer sa domination sur un jeune homme moins armé socialement. Le jeu magistral de Lionel Erdogan accompagne cette dégradation sans effacer l'ambivalence du personnage : peur du déclassement, culpabilité et désir de reconnaissance restent perceptibles derrière des décisions de plus en plus contestables.
À cette intégration toujours inachevée s'ajoute le conflit avec ses propres attaches. Mathieu demeure attaché à sa famille et aux traditions qu'il n'a jamais totalement abandonnées, tandis que sa trajectoire l'en éloigne progressivement. Son milieu professionnel continue de le renvoyer à ses origines, quand sa communauté peut désormais considérer certains de ses actes comme une trahison. Une affaire turque enferme ainsi son personnage dans un entre-deux particulièrement sombre : l'intégration exige des concessions identitaires sans jamais lui garantir, en retour, une appartenance complète.
Vu en avant première avec l’équipe du film à l’UGC de Bordeaux. Le film est vraiment bien rythmé et permet au spectateur de s’imaginer à la place du personnage principal. De plus Lionel Erdogan est très bon dans son rôle de personnage principal
Pour son 1er film, le franco-turc Hüseyin Aydin Gürsoy nous propose un thriller politique qui s’empare de thématiques aussi importantes que l'immigration, l'intégration, l'ascension sociale et l'identité… Mathieu, avocat brillant et déterminé, s'est éloigné de sa communauté turque pour grimper l'échelle sociale. Il se donne sans compter pour devenir associé d’un influent cabinet d'affaires. Mais l'irruption dans sa vie d'un jeune turc en situation précaire ayant besoin d'aide va le précipiter dans une affaire de corruption mettant en péril tout ce qu’il a bâti. 92 minutes sous très haute tension qui respecte tous les codes du genre. A voir sans crainte, du bon cinoche classique mais efficace. Tout est turc ici, du cinéaste, à la majorité du casting en passant par la musique qui mêle instruments traditionnels turcs et sonorités occidentales. Car, c’est bien là le cœur du sujet. La communauté turque est-elle assimilable – j’allais écrire soluble – dans la société française ? Pour le héros, visiblement non puisque que « Mathieu » se prénomme en réalité « Mustapha ». Mais pour réussir dans les affaires, il faut accepter quelques concessions… Cette communauté est l'une des plus présentes en France, avec près de 700 000 personnes turques ou issues de l’immigration. Le réalisateur avait visiblement envie de raconter leur histoire, de les faire exister à l’écran, c’est un exercice inédit dans le cinéma français. Aussi, avais-je peur de la victimisation et d’une trop grande subjectivité du scénario. Or, et c’est la bonne surprise, il n’en est rien. Gürsoy n’est pas tendre avec les siens pointant du doigt sans aménité les travers de ses congénères, à l’image de son personnage central qui dit avec pudeur l’impossible réconciliation de soi. Pour le reste, c’est très bien mené. Loin des fresques communautaires convenues, le scénario, souvent haletant, ouvre une réflexion sensible et juste sur l’appartenance et la filiation. Lionel Erdogan porte le film de bout en bout avec un charisme qu’on ne lui connaissait pas. Face à lui, Charles Berling, impeccable, Metehan Aygün, Lubna Azabal, - magnétique et rageuse -, et Maud Wyler, apportent tous au film des pierres essentielles. Ce thriller d’excellente facture classique prouve, encore une fois, que malgré un parcours brillant, la vie et l’habitus social vous ramènent sans cesse à vos origines.