L’Affaire Abdallah a été présenté dans plusieurs festivals en France en 2024 parmi lesquels Cinemed à Montpellier ainsi que le festival Ciné 32 Indépendance(s) et création d’Auch.
Le film se penche sur le combat du militant pro-palestinien Georges Ibrahim Abdallah qui a été, pendant de nombreuses années, le plus ancien prisonnier de France pour des faits à caractère politique. Condamné pour terrorisme, il a été arrêté le 24 octobre 1984 et a été libéré le 25 juillet 2025.
C’est en rendant visite à un autre prisonnier politique au parloir de la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénes), au milieu des années 2000, que le réalisateur Pierre Carles a rencontré une première fois Georges Ibrahim Abdallah, détenu dans ce même établissement. Puis, une douzaine d’années plus tard, son nom lui est revenu lorsque Isabelle Vallade, membre de son comité de soutien, l’a alerté sur sa longue durée d’incarcération en comparaison avec celle d’autres militants arrêtés et condamnés à la même époque que lui pour des crimes politiques comparables. Le cinéaste s’est alors penché sur cette affaire et s’est mis à enquêter notamment grâce à l’appui du site Le Grand Soir alors qu’aucun média ne s’était jusqu’à présent penché sur cette histoire. De ce long travail d’investigation sont donc nés L’Affaire Abdallah mais aussi une enquête parue dans Le Monde Diplomatique ainsi qu’une bande dessinée, Dans les oubliettes de la République, parue aux éditions Delcourt.
En tout, le travail de Pierre Carles sur L’Affaire Abdallah s’est étalé de 2018 à 2025. Il y a tout d’abord eu une étape d’enquêtes et recherches d’archives qui a duré jusqu’au COVID avec notamment un repérage en Liban. Puis, l’essentiel du tournage en France est intervenu entre 2021 et 2024 avec des tournages complémentaires en 2025 au moment de la libération de Georges Ibrahim Abdallah.
Le réalisateur, ainsi que ses deux assistantes de réalisation, Clara Menais et Léa Gasquet, se sont heurtés à la réticence de plusieurs interlocuteurs (Laurent Fabius, François Hollande, Éric Dupond-Moretti…) qui n’étaient pas particulièrement pressés de répondre à des demandes d’interviews. Mais Pierre Carles a pu compter sur le fait que toutes ces personnalités qu’il cherchait à approcher ont fini par se déplacer à Montpellier, là où une grande partie de l’équipe de son film se trouvait. Cela pouvait être pour une inauguration de prison, une conférence à la faculté ou encore pour une signature de livre. Ainsi, le cinéaste et son équipe n’ont eu aucun mal à les approcher puisqu’ils venaient, en quelque sorte, à leur rencontre.